Fractale Framboise

Laurine

Pirates of the Caribbean: Dead Man’s Chest

par Laurine - samedi, 15 juillet 2006 - 18:13 (Cinéma, Critiques)

Dead Man's Chest Dead Man’s Chest (Le coffre du mort) reprend l’histoire peu de temps après la fin du volet précédent, The Curse of the Black Pearl. Le mariage d’Elizabeth Swann et de Will Turner est interrompu par l’arrivée impromptue de Lord Cutler Beckett, qui vient les arrêter pour avoir aidé l’impayable Jack Sparrow à s’enfuir. Ce qu’il souhaite surtout, c’est de mettre la main sur la boussole magique de Sparrow, celle qui pointe vers ce que l’utilisateur désire vraiment. Will part donc à la recherche de Sparrow, dans l’espoir d’éviter la corde à sa fiancée. Celle-ci réussit à se faire la malle, et part à la recherche de Will dans l’espoir de lui éviter… eh bien, la corde aussi. Pendant ce temps, Jack Sparrow reçoit une visite de Bootstrap Turner qui lui annonce que le marché qu’il a conclu avec Davey Jones — 12 ans à la tête du Black Pearl — arrive à son terme. Comme le Davey Jones en question est un capitaine immortel qui commande le Flying Dutchman (le Hollandais volant), Sparrow ne pourra pas l’embobiner aussi facilement. S’ensuit une longue série de retournements rocambolesques (au sens propre et au figuré) dans lesquels tous les personnages se cherchent, se trouvent et se tapent dessus. On veut désespérément mettre la main sur une clé mystérieuse qui ouvrira un coffre non moins mystérieux, mais on ne sait pas où se trouvent les deux objets.

Nous retrouvons dans Dead Man’s Chest plusieurs personnages secondaires du volet précédent, ce qui crée une impression de continuité bienvenue et nous indique déjà qui ne mourra pas dans l’histoire (le singe mort-vivant, par exemple, qui sert de défouloir à quiconque a besoin de tirer sur quelque chose). Apparaissent ainsi plusieurs membres de l’équipage du Black Pearl, mais également les deux pirates débiles à la solde de Barbossa («Hello, puppet poppet!»). Revient également… ah, et puis non, je vous laisse la surprise.

L’histoire part dans tous les sens en multipliant les quêtes, les lieux d’action et les groupes de protagonistes. Au quart du film, le spectateur comprend confusément que l’un cherche une boussole, l’autre une clé et un coffre, et le dernier sa fiancée. Beaucoup de poursuites (sur terre et sur mer), d’affrontements et d’explosions ponctuent l’ensemble, et une certaine quantité de rhum est gaspillée. Interviennent là-dedans des sauvages catapultés du dernier King Kong, des pirates multilingues, beaucoup d’objets circulaires qui déboulent, une sorcière vaudoue et un kraken.

Les décors, qu’ils soient naturels ou faits par ordinateur, sont superbes. Nous anticipons déjà l’usage qu’en feront les concepteurs de jeux vidéos. (Oui, de nos jours, c’est ce genre de synergie à laquelle il faut s’attendre: tout est conçu en prévision d’un recyclage dans un autre média.) Les artistes de Disney ont réussi à créer un univers de pirates mythique et entièrement crédible, si l’on ferme les yeux sur de longs trajets en bateaux qui se couvrent en un clin d’œil. Le plus étonnant est la noirceur qui se dégage du film. L’enfer que recrache la mer est franchement repoussant, visqueux et malodorant. Il broie des os, tranche des gorges, assassine brutalement, et a très mauvaise haleine. On en vient à se demander si c’est bien un film pour enfants — en tout cas, les tout jeunes spectateurs n’ont pas intérêt à être impressionnables.

Le volet final s’intitule At World’s End et sortira l’an prochain. On nous menace déjà de nous infliger la présence de Keith Richards dans le rôle du père de Jack Sparrow. Au moins, avec lui, Disney pourra économiser sur le maquillage.

Davey Jones

  5 commentaires

5 commentaires:    (ajoutez-en un)

  1. #1  Daniel Sernine   (15 juillet 2006 - 20:58)

    Je dois ajouter que les hybrides humains/créatures marines sont fort réussies, exceptionnellement réussies dans le cas de Davey Jones, montré ci-haut. Le kraken n’est pas mal non plus…

  2. #2  Daniel Sernine   (15 juillet 2006 - 21:00)

    Euh, Daniel, «hybrides» c’est masculin.
    Oups.
    Mais on dit bien une voiture hybride?
    Duh.

  3. #3  Jean-Louis Trudel   (16 juillet 2006 - 1:04)

    Hmmm, Laurine, ce n’est sans doute pas « Hello, puppet ! » que disent les affreux du film, mais « Hello, poppet ! ». Nuance, comme disait l’autre.

    L’autre étant correcteur de son métier, il fut un temps.

  4. #4  Guy T.   (17 juillet 2006 - 23:44)

    Une histoire complexe (méta-disney) et de très bons effets spéciaux — les bibittes sont vraiment réussies. Rien de bien nouveau, mais c’est parfait pour l’été.

  5. #5  Joel Champetier   (8 août 2006 - 7:57)

    J’ai été un peu déçu par cette suite. Remarquable visuellement, certes, mais les scripteurs et producteurs s’inscrivent dans la foulée des “Jurassic Park” ou “Die Hard”: une suite doit offrir du même, en moins intelligent et plus bruyant. Certains éléments sont clairement répétitifs. Le kraken attaque au moins une fois de trop. Dommage: l’atmosphère est vraiment réussie et, ma foi, Johnny Depp est un clown talentueux.

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