Prix Aurora Awards 2006: Bulletin de vote avec commentaires
par Christian - jeudi, 22 juin 2006 - 22:36 (Critiques, SF&F autre, SF&F francophone)
Que le temps passe vite: Il ne reste que quelques jours avant la date limite du vote pour les Prix Aurora Awards! En erret, tout doit être mis à la poste pour le lundi 26, ce qui comprend le bulletin de vote et un chèque de $6. (Le montant est surtout pour financer la manufacture des trophées. En sachant un peu sur l’administration des prix, je peux vous garantir que personne ne s’enrichit grâce aux Auroras.) Les prix eux-mêmes seront remis à Toronto Trek 20, qui aura lieu du 7 au 9 juillet prochain.
Profitons donc du bulletin de vote vide que j’ai devant moi pour explorer les catégories et, chemin faisant, une sélection de ce qui s’est fait de bien (si pas de mieux) en SF canadienne en 2005. Donc, dans l’ordre approximatif de remise des prix…
Fan Achievement (Other) / Accomplissement fanique (autre)
- Don Bassie (Made in Canada website/site web)
- Judith Hayman (filksinging)
- Martin Springett (filksinging)
- Larry Stewart, entertainer / personnalité: amuseur
- Urban Tapestry, filksinging
Hmmm… Ceux pour qui le filksinging n’a aucun intérêt voient donc leur choix réduits à deux alternatives. Si Don Bassie n’est rien de moins qu’Un Bon Gars, 2005 n’a pas été une grande année pour le site Made in Canada, qui a souffert de mises à jour peu fréquentes à un point tel qu’on croyait le site abandonné. Hm. Si je n’ai pas vu Larry Stewart en 2005, je l’ai souvent croisé depuis 1995 (il vit à Ottawa et est un habitué du circuit fanique Montréal/Ottawa/Toronto) est il n’est rien de moins qu’une force de la nature. Hélas, la plupart de ses activités se traduisent mal sur le web, ce qui rend difficile de voter pour lui si on ne le rencontre pas au fil des conventions! Mais n’ayez crainte pour ses chances d’ajouter un quatrième Aurora à sa collection: Il sera maître des cérémonies à Toronto Trek 20…
Fan Achievement (Organizational) / Accomplissement fanique (Organisation)
- Debbie Hodgins (Avenging Dragon Squadron, KAG)
- Randy McCharles (Westercon 58 “Due North”)
- Roy Miles (I.D.I.C.)
- Barbara Schofield (TT Masquerade)
- Joan Sherman (I.D.I.C.)
La prochaine fois que l’on questionnera la présence de Toronto comme métropole de la SF canadienne-anglaise, regardez cette liste à nouveau: KAG et I.D.I.C. sont deux fan clubs de Star Trek de la grande région métropolitaine de Toronto (respectivement Oshawa et Mississauga, si je me souviens bien), et compte tenu de la convention hôte des Prix en 2006, vous pouvez deviner sans peine ce que veut dire le premier T de “TT Masquerade”) Mes contacts avec la fandom Torontois n’étant pas encore très solide, je suis ironiquement plus familier avec le travail de Randy McCharles, qui a mené un bien bon congrès avec Westercon 58 “Due North.” (Nous en avons parlé.)
Fan Achievement (Publication) / Accomplissement fanique (Publication)
- Brins d’Éternité, réd. Mathieu Fortin
- In Places Between: The Top Five Stories of The Robyn Herrington Memorial Short Story Contest 2005, IFWA
- MensuHell, réd. direction: Francis Hervieux
- Nocturne, éditeurs: Jonathan Reynolds, Guillaume Houle et Fred Proulx
- The Royal Swiss Navy Gazette, Garth Spencer, ed.
C’est la première fois depuis 2003 que la catégorie comporte cinq nominés, mais la compétition n’est peut-être pas aussi féroce que vous le croyez: “The Royal Swiss Navy Gazette” est une APA à publication plus qu’irrégulière: Je compte une édition de janvier 2005 pour septembre 2004 et une édition de décembre 2005 produite en février 2006. Wuu? Je ne doute pas des bonnes intentions de l’auteur à produire son APA, mais permettez-moi de questionner le bon sens de ceux qui décident que ça mérite une nomination. “In Places Between” est une anthologie annuelle de fiction amateur, ce qui mérite un certain respect… mais puisque je n’ai pas vu l’objet en question, passons. J’ai eu l’occasion de feuilleter Mensu-Hell brièvement et ce n’est pas inintéressant, sauf que ça s’adresse aux amateurs de BD plutôt aux fans de SF.
Reste donc Nocturne et Brins d’Éternité. Je n’hésiterai pas longtemps: Au risque de hérisser des lecteurs de ce blog, c’est Brin d’Éternité que je préfère, et ce en grande partie grâce au spécial fantasy des numéros 7-8, un dossier indispensable sur l’état de la fantasy canadienne française contemporaine. Nocturne est très intéressant, mais Mathieu m’a tout simplement épaté avec le bon matériel dans ces deux numéros. Reste à voir si les anglophones ont même entendu parler de Brins d’éternité, bien sûr… Ils sont probablement en train de googler le titre et se poser des questions.
Artistic Achievement / Accomplissement artistique
- Elaine Chen (Wasps at the Speed of Sound, Mockingbird)
- Lar deSouza
- Stephanie Ann Johanson (Cover for Neo-opsis 6, illustrations Neo-opsis 5, 6 & 7)
- Jean-Pierre Normand (Asimov’s Apr-May/05, Analog Sept/05, Asimov’s Dec/05, Solaris 154)
- Martin Springett
- Ronn Sutton (Elvira, Mistress Of The Dark; “5 Alarm Charlie” in Even More Fund Comics)
L’avantage de cette catégorie, c’est qu’on peut simplement suivre les liens et juger pour soi-même de la qualité des oeuvres de l’artiste. Le problème est toujours de savoir ce qui s’est fait en 2005, mais comme ce problème afflige traditionnellement toutes les catégories où des Å“uvres spécifiques ne sont pas nommées, ignorons ce casse-tête pour l’instant.
Reste tout de même plusieurs artistes doués sur la liste: Elaine Chen semble être capable d’illustrer avec plusieurs approches très différentes, une polyvalence qui rends parfois difficile de discerner un style précis. Lar deSouza opte pour une direction différente (tout au moins sur son site web) avec des caricatures de A à Z. Stephanie Ann Johanson, que j’ai rencontré à Westercon l’an dernier, est d’un professionnalisme exemplaire: Son travail pour Neo-Opsis est très bien… et ce autant comme directrice artistique que comme illustratrice.
Mais année après année, trois artistes aux styles très différents reviennent au premier rang: Ronn Sutton, dont les Å“uvres sont parfois d’un humour irrésistible, Martin Springett, au style iconique immédiatement reconnaissable et “notre” Jean-Pierre Normand (inter)national, grand habitué de Alire et Solaris lorsqu’il n’est pas trop occupé avec Asimov’s ou Analog…
Meilleur ouvrage en français (Autre)
- L’Année de la Science-Fiction et du Fantastique Québécois 2000, dir. Claude Janelle
- Jean Pettigrew, critiques (Solaris 153-156)
- Solaris, réd. Joël Champetier
- «Les enfants de Jules Verne au Canada: la génération étouffée», Jean-Louis Trudel (Solaris 156)
Voilà qui se corse. Immédiatement, mes choix volent aux phares de la SFQ: Solaris ou l’ASFFQ. Vais-je laisser mon propre affiliation avec Solaris dicter mon vote, ou vais-je vouloir signaler la parution de ce qui sera peut-être le dernier millésime de l’ASFFQ? Je couvre la catégorie de ma main pour que vous ne puissiez rien voir alors que je fais mon choix final…
Best Work in English (Other)
- Birth, Michael Lennick and Robert J. Sawyer (writers); Joe Mahoney (producer) (CBC Radio One, July 8, 2005) [radio drama]
- Fantastic Companions, Julie E. Czerneda, editor (Fitzhenry & Whiteside) [anthology]
- Neo-opsis Science Fiction Magazine, Karl Johanson, editor [sf magazine]
- On Spec, Diane Walton, managing editor (The Copper Pig Writers Society) [sf magazine]
- Six Impossible Things, Nalo Hopkinson (host & curator); Joe Mahoney (series coordinating producer) (CBC Radio One, May 16-27, 2005) [radio anthology]
- Tesseracts Nine: New Canadian Speculative Fiction, Nalo Hopkinson and Geoff Ryman, editors (Edge Publishing, July/2005)
En tant qu’habitué de la radio de la CBC/Radio-Canada, je suis assez embarrassé d’avouer que je n’ai pas entendu ni Birth ni Six Impossible Things. Hm. Je n’ai pas non plus lu Fantastic Companions. Cela laisse quand même trois Å“uvres de bon calibre: Tesseracts Nine m’a globalement déçu, mais on y retrouvait deux ou trois bien bonnes histoires. De leur côté, On Spec continue de maintenir sa réputation de revue-phare de la SF canadienne anglaise, et ce malgré une compétition de plus en plus solide de la part de Neo-Opsis. Je n’ose pas prédire qui va remporter la catégorie, surtout avec l’effet Sawyer!
Meilleure nouvelle en français
- «Montréal: trois uchronies», Alain Ducharme (Solaris 155)
- «La Danse de la mer», Mathieu Fortin (Le Bilboquet août)
- «Au jardin comme à la guerre», Éric Gauthier (Solaris 155)
- «Équilibre», Patrick Senécal (Solaris 156)
Bon, voila que les choses se corsent: Une catégorie avec trois lecteurs assidus du site, et un estimé collaborateur. Je pourrais être gentil, siffloter, féliciter les nominés et m’en tirer avec une vague allusion. Mais comme on nous a reproché de ne pas causer suffisamment de SFQ, voici les sales détails de mon classement:
La Danse de la mer: Pas disponible. Pas lu.
Au jardin comme à la guerre: Bonne histoire, écrite de manière plus élégante que les deux suivantes, mais qui ne m’a pas particulièrement accroché.
Montréal: trois uchronies: Ça me fend le cÅ“ur de ne pas mettre cette nouvelle en première place. C’est aisément la fiction la plus amusante que j’ai lu dans Solaris l’an dernier, et même à la relecture je demeure époustouflé de la densité d’humour et d’idée dans ce texte. Si Alain veut me vendre un roman, il n’a qu’à en écrire un situé à Drapolis. Naturellement, j’aurais peut-être encore mieux aimé si j’étais Montréalais… Qu’attendez-vous pour lire la nouvelle, puisqu’elle est courte et disponible en ligne?
Équilibre: Certains diront que c’est une nouvelle écrite sans grâce, filant à toute allure vers sa finale convenue. Feh: J’imagine Senécal perché sur son clavier, à écrire la nouvelle à cent mots minutes, simplement pour que les mots soient mis sur papier, pour exorciser son horreur à regarder l’actualité. J’exagère sans doute, mais Équilibre demeure quand même la nouvelle fantastique de l’année: Quelque chose qui n’aurait pu être publié qu’en 2005. Simple, clair, net et percutant.
Best Short-Form Work in English
- “She’s Such a Nasty Morsel”, Julie E. Czerneda (Women of War, DAW)
- “Transubstantiation“, Derwin Mak (Northwest Passages: A Cascadian Anthology, Windstorm Creative)
- “Identity Theft“, Robert J. Sawyer (Down These Dark Spaceways, Science Fiction Book Club)
- “Alexander’s Road”, Karl Schroeder (The Engine of Recall, Robert J. Sawyer Books)
- “Going Harvey in the Big House“, Douglas Smith (Cicada, Jan/Feb 2005)
- “Like Monsters of the Deep”, Hayden Trenholm (On Spec #61 Summer/2005)
- “Mayfly”, Peter Watts and Derryl Murphy (Tesseracts Nine, Edge)
À ma grande surprise, j’avais déjà lu deux des histoires à l’annonce des nominations, et trois autres ont été mises en ligne depuis lors. Je suis assez déçu de ne pas pouvoir avoir lu celles de Czerneda et Trenholm (ce dernier avait une excellente nouvelle en nomination l’an dernier) mais bon, passons aux autres.
Si jamais vous vous sentez trop optimiste et que la vie va trop bien pour vous, mettez la main sur des histoires de Peter Watts, Derryl Murphy ou bien Douglas Smith et vous vous retrouverez rapidement assis dans une pièce sombre à vous poser des questions en compagnie d’une corde et d’un couteau. “Going Harvey in the Big House” n’est pas une exception à l’habitude pour Smith, et “Mayfly” n’est pas trop décalé du corpus Watts/Murphy non plus. Ceci dit, “Mayfly” est une nouvelle beaucoup plus absorbante, et ce dès la première scène-choc. Pas mauvais du tout.
“Transubstantiation” est passablement plus amusant: Une charpente hard-SF fournit à l’auteur une excuse pour explorer des questions de foi et de neurobiologie en compagnie d’un athée fondamentaliste, d’un prêtre astronome et d’un Jésus possiblement réincarné en écolière catholique. Sur un astéroïde en orbite autour de Mars. Fort divertissant, mais peut-être pas aussi maîtrisé qu’on pourrait le souhaiter, avec un ton qui oscille entre au moins trois pôles émotionnels différents.
Question contrôle, “Identity Theft” de Sawyer est tout ce que l’on peut s’attendre de l’auteur: une ou deux bonnes idées (dans ce cas-ci, un pastiche de roman noir situé sur Mars à une époque où l’on peut se télécharger dans un robot), une exécution strictement professionnelle et une bonne impression finale. Une des meilleures nouvelles que j’ai lu de Sawyer, qui (c’est vrai) n’a pas toujours été très habile sur de courtes distances.
Reste donc “Alexander’s Road”, un incroyable techno-thriller mettant en vedette un des concepts les plus déments de la guerre froide, soudainement tombé entre les mains des terroristes. Sans doute mon histoire préférée du groupe, sauf une question: Est-ce vraiment de la SF, ou simplement un thriller à forte composante scientifique glissé à la fin d’une collection de hard-SF?
Best Long-Form Work in English
- Migration (Species Imperative 2), Julie E. Czerneda (DAW Books, May/2005)
- Cagebird, Karin Lowachee (Warner Aspect, Apr/2005)
- Mindscan, Robert J. Sawyer (Tor, Apr/2005)
- Silences of Home, Caitlin Sweet (Penguin, Feb/2005)
- Lone Wolf, Edo van Belkom (Tundra Books, Oct/2005)
- Spin, Robert Charles Wilson (Tor, Apr/2005)
Soupir: Des six titres, il y a trois deuxième-livres-d’une-série et un troisième-livre-d’une-série, ce qui me simplifie la tâche: Je rejette les quatre titres du revers de la main. Heureusement, ce qui reste n’est vraiment pas mauvais: Mindscan est un retour à un bon niveau de qualité pour Sawyer, alors que Spin est un des mes livres préférés de 2005. Avantage: Spin, pour des raisons mieux décrites bientôt dans un survol des livres en nomination pour le Prix Hugo.
Meilleur livre en français
- Alégracia et le Serpent d’Argent, Dominic Bellavance
- Aurélie et l’île de Zachary, Véronique Drouin
- Le Dragon de l’Alliance, Michèle Laframboise
- La Suite du temps 2. Les Archipels du temps, Daniel Sernine
- Reine de Mémoire 1. La Maison d’Oubli, Élisabeth Vonarburg
- Reine de Mémoire 2. Le Dragon de Feu, Élisabeth Vonarburg
Six livres, six tomes de séries. Gaah: Quand est-ce que le singleton est mort en SFQ? Je ne rigole pas quand je dis que ça simplifie mes choix: Puisque j’attend habituellement d’avoir la série en main avant de commencer à lire, cela veut dire que je n’ai lu qu’un seul livre dans cette liste. Il n’est pas dit que je vais voter.

#1 mathieu f (23 juin 2006 - 9:22)
Merci Christian pour ce vote de confiance envers Brins d’éternité. C’est évident, dans une telle catégorie, que les anglophones, qui votent en plus grand nombre, sont avantagés. Cependant, j’espère que les francophones voteront pour Brins d’éternité ou Nocturne, et en plus grand nombre que les anglophones, pôur qu’un fanzine franco l’emporte.
Votez!!!!!
M
#2 mathieu f (23 juin 2006 - 9:38)
ET tiens, je viens de mettre en ligne ma nouvelle, jusqu’au 26 juin, pour ceux qui ne l’aurait pas lue et qui voudrait en prendre connaissance!
http://chuckontheroc.spaces.msn.com/blog/
Elle est directement là !
Mathieu F
#3 Alain Ducharme (23 juin 2006 - 22:58)
Merci beaucoup pour les bons commentaires Christian, j’apprécie énormément. Et se retrouver au deuxième rang derrière Patrick Sénécal… merde, c’est tout un honneur!
#4 Carfy (24 juin 2006 - 7:35)
Je me pose une question : Pourquoi le “Toronto Trek 20″?
Il n’y a pas de convention digne de ce nom au Canada anglais, convention qui aurait comme titre, genre “SF & Fantasy Convention”?
Il faut s’affilier aux Trekkies pour qu’on parle de la SF Québécoise?
C’est aberrant qu’avec plus de 20 ans de science-fiction québécoise dans le corps qu’on soit encore en passe de faire encore des courbettes aux anglophones! Je tiens à préciser que je ne déteste pas les anglophones — j’ai vécu des années en milieu anglophone — mais c’est toujours la même chose: les francophones font des efforts d’intégration (c’est-à -dire que nous parlons tous 2 langues) mais pas les anglophones. Quand se metteront-nous dans la tête qu’ils ne veulent rien savoir, à moins qu’il n’y ait des bénéfices pour eux! Autre exemple, typique: Solaris cause de livres anglophones mais est-ce que les anglophones causent des livres francophones?
#5 Christian (24 juin 2006 - 9:08)
Carfy: Pour répondre à ces questions, il faut préciser quelques petites choses.
De un, la remise des Prix Aurora Awards est un événement itinérant: à chaque année, le comité Aurora sollicite les candidatures, et il appartient aux conventions canadiennes de se proposer. En 2005, ça a eu lieu à la Westercon de Calgary et en 2003 à Toronto pour la Worldcon. Les prix ont été remis à une convention bilingue au moins deux fois (en 1995, à Ottawa pour Can-Con et en 1998 à Montréal pour Con*Cept) et en 2004, la remise a eu lieu à Montréal dans le cadre de Boréal. La réponse à “Toronto Trek?” est que Toronto Trek s’est proposé pour accueillir l’événement en 2006. L’an prochain, ce sera ailleurs, selon les plans des organisateurs de conventions canadiennes.
De deux, je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir une convention de “SF & Fantasy” pour l’entièreté du Canada anglais quand il y en a déjà plusieurs, de V-Con (Vancouver) à Con-Version (Calgary) à Ad-Astra (Toronto) à Con*Cept (Montréal).
De trois, cela fait déjà un moment que Toronto Trek a quitté le domaine des strictes conventions Star Trek pour s’intéresser à la SF et la fantasy au sens large. Leur programmation de cette année accorde une digne place à la lecture et l’écriture. Joël Champetier a même été invité par eux il y a quelques années, et je crois me souvenir qu’il n’avait pas détesté l’expérience. Il n’y a pas “d’affiliation nécessaire aux Trekkies pour parler de SFQ”, surtout quand on connaît la véritable ampleur de l’événement.
Finalement, je n’ai pas vu personne faire de courbettes à quiconque depuis longtemps. Ceux qui font des efforts pour s’intéresser à “l’autre” SF canadienne (pour ceux qui aiment y penser en terme “d’autre”: moi, j’appartiens à la SF canadienne) sont bien accueilli. Boréal charme ses invités anglophones qui veulent se joindre à nous (y compris participer à des discussion en français) et les francophones comme moi n’ont aucune difficulté à parler de SFQ aux congrès hors Québec. Le plus on s’intéresse à ce qui se passe ailleurs, le plus réceptifs ils sont à communiquer: ce n’est pas en maugréant dans son coin que les choses vont avancer. Grâce en grande partie au forum des 6 brumes, le nombre de nominations francophones cette année à *doublé* depuis l’an dernier, avec une plage de nominés beaucoup plus touffue –et une excellente représentation dans la catégorie fanzine.
En ce qui concerne l’asymétrie des discussions, elle reflète l’asymétrie de la production. En une bonne année, il y aura quinze bons livres de SF canadienne anglophone versus cinq bons livres de SFQ. C’est comme se demander pourquoi nos critiques de films parlent souvent de cinéma Hollywoodien: c’est parce que c’est là qu’est l’action. Ce qui n’empêche par Hollywood de commenter (voire récompenser d’un Oscar) les succès étrangers qui franchissent la barrière de la compréhension. Quoi de plus normal?
(Ceci dit, l’argument des critiques dans Solaris n’est pas particulièrement bien choisi: Depuis un an, Solaris a publié 64 critiques. De ce nombre, 60 était à propos de livres publiés en français, y compris les traductions. Des 4 critiques restantes, on compte deux livres de la maison canadienne Edge, y compris Tesseracts Nine qui comptait des oeuvres francophones traduites en anglais. Ahem.)
#6 Joel Champetier (24 juin 2006 - 9:28)
Les prix Aurora sont remis à la Canvention, la convention nationale canadienne. Elle n’a pas de lieu fixe: elle s’intègre dans les conventions canadiennes qui existent déjà . La Canvention a déjà été intégrée à Boréal, par exemple.
Toronto Trek, malgré son nom, n’est pas une convention spécialisée sur Star Trek, mais plutôt sur les médias en général (anglo-saxons, il va sans dire). L’année où j’y étais invité, aucun kiosque de la salle de vente ne proposait de livres neufs. Par contre, au niveau de la programmation, les sujets et les propos n’auraient pas nécessairement juré dans un Boréal. Notez que j’ai été particulièrement bien traité comme invité: hotel de luxe, cachet, cadeaux, etc.
En théorie, la Canvention invite un auteur francophone chaque année: la tradition s’est-elle maintenue? Ils ont un site, faudrait vérifier.
C’est vrai qu’il y a un déséquilibre entre la couverture comparée des livres de l’autre langue dans les revues du Canada anglais et du Canada français. C’est un fait que les anglos, même ceux qui se débrouillent pour le parler, lisent très peu le français. C’est aussi une question “pente naturelle” des empires culturels vers les colonies. Ainsi, _Solaris_ parle de livres publiés en France, alors qu’une revue comme _Galaxies_ ne parlera pas des livres de SF publiés au Québec, même ceux d’Alire, qui sont pourtant distribués dans l’Hexagone.
#7 Joel Champetier (24 juin 2006 - 9:41)
Bon, je vois que nos messages à Christian et moi ont été écrits en parallèle.
Mini éditorial et profession de foi: il m’est arrivé par le passé de démontrer un peu plus d’énergie à tenter de “rapprocher” les deux solitudes littéraires du Canada.
Je crois depuis ce temps que la voie à suivre est simplement d’écrire, de publier, et d’assurer la meilleure promotion possible à nos livres à nous, écrits dans les langues que l’on maîtrise. Ceux qui écrivent bien l’anglais, comme Yves Meynard, serait bien fous de ne pas tenter leur chance. Ca m’attristerait qu’il abandonne le français, mais ce n’est pas le cas, ouf!
Moi, j’écris en français, et j’ai accepté que dans ces efforts, sporadiques mais non négligeables au fil des années, je souffrirais du handicap d’être obligé de passer par des traducteurs et traductrices — sympathiques au demeurant — pour être lu par ceux qui lisent la langue de l’Empire.
C’est ça qui est ça.
#8 rené (28 juin 2006 - 15:35)
Vote Pour Les Prix Auroras : Quelques Precisions Utiles….
Christian nous rapelle aimablement à nos devoirs de citoyens SF du Canada (Et il fait bien, etant donne l’habituel tres bas (doux euphemisme ici) taux de participation aux votes habituel, du cote francophone…
Mais, concernant un des textes nomines dans une des categories, je tiens a preciser ses écrits (et a rappeller qu’il ne faut pas generaliser une situation personelle en situation generale) :
>Meilleure nouvelle en français
>«La Danse de la mer», Mathieu Fortin (Le Bilboquet août)
>La Danse de la mer: Pas disponible.
Eh bien non, justement. Ce texte est relativement disponible, pour qui veut bien s’en donner la peine, et chercher un peu… ;-)
Tout d’abord, les numeros de la revue _Le Bilboquet_ peuvent generalement s’acquerir (ou se commander, s’ils ne sont plus en vente) dans la plupart des bonnes librairies, à Quebec ou Montreal, au moins… Ensuite, une bonne partie des numemros de cette revue presentant des textes (ou entrevues avec) d’auteurs ou amateurs des litteratures de l’Imaginaire (Éric, M. Fortin, Pierre-Luc Lafrance, Natalie Faure et autres… ) etaient disponibles (et accesssibles et tres “acquerables” , hum… ) a ma table de vente, au dernier Boreal, l’ami Guillaume Marchand ayant ammene les dites revues et m’ayant demande de les offrir a la vente, ce qque je fis, avec indication de la presence des auteurs nommes plus haut dans chacun des numeros en question…
Las, aucun ne s’est vendu au Congres, et je le deplore (pas pour mon portefeuille, mais pour les gens du _Bilboquet_ et les auteurs y ayant publies) et Guillaume dut repartir avec ses revues…
Vous aurez une chance de vous reprendre, ceci dit, au prochain Congres, et egalement au deux Salon des Jeunes Auteurs De La releve (a Quebec et Montreal) ou bien des jeunes auteurs seront present, avec leur production…
Adonques, vous savez ce qu’il vous reste a faire, je pense bien… ;-)
Pour le reste, j’avouerai que, parmi les nomines de cette annee, mon choix, dans cette categorie, irait au beau texte d’Eric, qui est ici, me semble-t-il, dans une classe a part… Le Senecal m’a particulierement decu, et par son ecriture, qui m’a parue sans relief particulier, et surtout fort indigente, et surtout par le total non interet (pour moi) de son scenario, m’etant franchement bien ennuye tout du long de ma lecture… Et je ne suis pas le seul…
Il faut dire que la nouvelle n’a jamais ete la force de Patrick, quant a moi…
Mais il a ses fans, et ils sont en nombre…
Enfin, on verra bien, selon le vote…
Allez y donc, selon vos preferences, et en votre ame et conscience, comme on dit…
Amites.
Rene
#9 mathieu (4 juillet 2006 - 0:42)
Est-ce que des gens ici présents iront à Toronto???
M
#10 Élyyse (9 juillet 2006 - 9:27)
Bravo À Dominique pour son prix Aurora!!!
Et Félicitation à Solaris,
Le magazine qui survit au temps!
#11 Jonathan Reynolds (9 juillet 2006 - 12:53)
FÉLICITATIONS À DOMINIC BELLAVANCE (ALÉGRACIA) POUR LE PRIX!!!
BRAVO À TOUS LES GAGNANTS!!!
#12 Eric (9 juillet 2006 - 15:23)
La liste complète des lauréats (tirée du site officiel des prix Aurora):
Meilleur livre en français: Alégracia et le Serpent d’Argent, Dominic Bellavance (Les Six Brumes)
Meilleure nouvelle en français: «Montréal: trois uchronies», Alain Ducharme (Solaris 155)
Meilleur ouvrage en français (Autre): Solaris, réd. Joël Champetier (www.revue-solaris.com)
Meilleur livre en anglais: Cagebird, Karin Lowachee (Warner Aspect, Apr/2005)
Meilleure nouvelle en anglais: “Transubstantiation“, Derwin Mak (Northwest Passages: A Cascadian Anthology, Windstorm Creative)
Meilleur ouvrage en anglais (Autre): Tesseracts Nine: New Canadian Speculative Fiction, Nalo Hopkinson and Geoff Ryman, editors (Edge Publishing, July/2005)
Accomplissement artistique: Lar deSouza [www.lartist.com]
Accomplissement fanique (Publication): The Royal Swiss Navy Gazette, Garth Spencer, ed. (www.eFanzines.com/RSNG)
Accomplissement fanique (Organisation): Barbara Schofield (TT Masquerade)
Accomplissement fanique (autre): Urban Tapestry, filksinging [www.urbantapestry.org]
Félicitations à tous les lauréats!
#13 Thérèse Maheux (10 juillet 2006 - 7:55)
Bravo à Dominic Bellavance (Alégracia) pour le prix
Et a tous les autres…T
#14 Christian (10 juillet 2006 - 17:12)
Revenant tout juste de Boston, je prends connaissance des résultat ici même, et ce une journée après tout le monde. Bravo à tous les gagnants… et commencez à penser à l’an prochain.
#15 Dominic Deschênes (13 juillet 2006 - 10:00)
Précisions supplémentaires à propos du Bilboquet…
Comme le disait René dans son commentaire du 28 juin, il est possible de trouver ou de commander la plupart des numéros de la revue Le Bilboquet dans plusieurs librairies de Québec et de Montréal. J’ajouterais simplement qu’il est également possible de faire une commande en s’adressant directement aux Éditions du Sablier via le site http://www.le-bilboquet.com, où se trouve aussi la liste de nos principaux points de vente.
Puisqu’il n’existe que deux ou trois revues comme la nôtre à Québec, nous avons opté pour une vocation généraliste plutôt que pour une spécialité dans un genre. Toutefois, sans être spécialisée dans la littérature de l’imaginaire, la revue Le Bilboquet est toujours ouverte aux textes de science-fiction, de fantastique, etc.
Au plaisir de vous lire, donc !
Dominic Deschênes, directeur général
Éditions du Sablier et Le Bilboquet
#16 Jonathan Reynolds (15 juillet 2006 - 13:46)
Félicitations à tous les gagnants!
Et je recommande à vous tous la revue Bilboquet, très bonne publication avec textes de qualité! Un bon moyen de se rafraîchir l’imagination.