The Dark

The DarkNe cherchez pas The Dark en salles. Ce petit film du Canadien John Facett (Ginger Snaps, yeah!) est très librement basé sur le roman Sheep du Britannique Simon Maginn (1997). L’histoire se passe au pays de Galles, ce qui nous donne droit à de magnifiques paysages verdoyants au bord de la mer. James et Adèle (Maria Bello et Sean Bean) son atterrés par la disparition de leur fille Sarah, que l’on présume noyée lorsque les recherches s’avèrent vaines. Surgit alors Ebrill (prononcez Ebreth), une gamine qui semble en savoir long sur le passé mystérieux de la maison où réside James. Sarah est-elle vraiment morte où est-elle retenue dans l’au-delà gallois, l’Annuyn? Or, selon la règle, il faut échanger un vivant contre un mort.

Si je me fie au résumé du roman de Maginn, le scénariste a pris des libertés certaines avec les personnages et les grandes lignes de l’histoire. Le résultat ressemble à une version britannique de ces fameux films japonais dont les Américains raffolaient il n’y a pas si longtemps. Les rapport entre The Dark et The Ring, ou même Dark Water, sont évidents. (On pourrait faire un méga succès underground intitulé The Dark Watering avec un champ de fillettes aux cheveux longs qu’il faudrait toujours arroser, sinon…) On nous refait le coup de la gamine de l’au-delà, dont les cheveux longs et sales en font tout de suite une suspecte. Celle-ci est blonde, par contre, et a un accent charmant.

Si l’on veut bien fermer les yeux sur ces ficelles que l’on connaît par cœur, The Dark fait passer une très bonne soirée devant la télé. Le triste passé d’Ebrill et de son père pasteur pique la curiosité et finit par provoquer un élan de sympathie envers ce petit monstre. Des moutons sont mis à contribution pour renforcer l’atmosphère inquiétante de l’histoire, avec en prime une scène sortie d’un roman d’Arthur Machen. Adèle, la mère éplorée, est la seule à reconstituer les pièces du puzzle et James finit par la croire folle. Le jeu de Bean et Bello est excellent, mais est-ce bien surprenant vu le calibre des acteurs? (À signaler, Sean Bean reprend un rôle en tout point semblable dans l’infernal Silent Hill. Et ce n’est pas l’unique point commun entre les deux films.)

Visuellement, le film vaut le détour si vous n’êtes pas trop sensibles aux scènes de torture. Une pré-conclusion se termine sur un punch — ou plutôt, une porte claquée au visage. La véritable conclusion, elle, est ambiguë. Ne vous attendez pas à une fin hollywoodienne, surtout quand les morts vous tendent une arnaque. Le DVD offre en prime une fin alternative clairement plus heureuse, quoique les interprétations varient sûrement d’un spectateur à l’autre.

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