Silent Hill
par Laurine - mardi, 9 mai 2006 - 9:26 (Arts visuels, Cinéma, Critiques, SF&F autre)
Je ne savais pas à quoi m’attendre en allant voir Silent Hill. Je n’avais pas vu de bande-annonce, je ne savais pas non plus qui avait écrit et réalisé le film. Tout ce que je connaissais, c’était la distribution principale (Rhada Mitchell, Sean Bean, Laurie Holden) et l’histoire dans les grandes lignes. Dans une petite ville paumée, une mère cherche sa fille Sharon, qui a disparu. Jusqu’ici, rien de bien original, sauf que la ville en question est plutôt spéciale. En fait, Silent Hill est une ville minière que les autorités ont déclarée inhabitable à la suite des incendies qui l’ont ravagée, car le feu couve toujours dans le sol. Ce que les autorités ne savent pas, c’est qu’il y a deux Silent Hill, dans deux dimensions différentes — selon l’interprétation du spectateur. N’y entre pas qui veut. Ni n’en sort. C’est ce que découvre Rose (Rhada Mitchell de Pitch Black) et l’agent Bennett (Laurie Holden, la Marita Covarrubias des X-Files) qui sont littéralement prisonnières d’une ville où il neige constamment de la cendre. De façon ponctuelle, la lumière cesse d’exister et les ténèbres sortent de partout. C’est là que les ennuis commencent.
Silent Hill a été écrit par Roger Avary et réalisé avec brio par Christophe Gans (Le Pacte des loups). L’histoire est basée sur un jeu vidéo éponyme, ce que l’on ne soupçonne pas nécessairement au premier visionnement, mais qu’on reconnaît sans peine une fois qu’on le sait. En tant que tel, le scénario ne réinvente pas la roue. Une mère qui cherche son enfant disparu, voilà le genre d’histoire qu’on nous sert régulièrement à toutes les sauces, polar, fantastique ou autre. De plus, il y a un pattern évident qui se dégage: Rose poursuit un fantôme qui l’appâte avec des indices, et elle se retrouve poursuivie par une chose immonde qui empire chaque fois qu’elle «monte de niveau». S’entremêlent là-dedans des histoires de secte, de meurtre et de vengeance. Les dialogues sont limités. Quand Rose a fini de hurler «Sharon!» aux quatre coins de Silent Hill, on entame la deuxième moitié du film.
Mais vous ne verrez pas de films d’horreur pareils avant longtemps. Ou plutôt si, vous verrez celui-ci, et les 36 000 copies qui vont immanquablement suivre. Parce que visuellement, Silent Hill est époustouflant. Il y a une bonne dose de gore, c’est vrai, mais c’est encore la partie la moins horrifiante de l’ensemble. Tout se déroule comme dans un cauchemar, avec la même absence de logique. Le jour, une pluie de cendres mêlée de brouillard efface toute notion du temps en plongeant la ville dans le silence et la blancheur (voir l’affiche). Résonne soudain une alarme dans toute la ville qui annonce l’arrivée de la noirceur. Et celle-ci prend des formes que Jérôme Bosch ne renierait pas. C’est du grand spectacle! Et dans une ville minière abandonnée, on peut mettre beaucoup de choses pointues à contribution.
La touche est indiscutablement européenne, et j’en veux pour preuve une poignée de personnages qui portent des goggles. Depuis Moebius et Terry Gilliam, si ce n’est pas avant, les Européens ont développé un fétichisme inexplicable pour cet article. Ça, et les impers. Je n’ai rien contre, mais un jour, il faudra qu’on m’explique.
Ma scène préférée est celle des infirmières dans le couloir, qui font une sorte de parodie de Thriller. Par parodie, je ne sous-entends pas qu’on a envie de rire, loin de là. Autres scènes percutantes, toutes les apparitions du boucher-inquisiteur, les mutants brûlés dans les sous-sols, les corps desséchés qu’on semble avoir oubliés dans leur enveloppe de barbelés. L’état de ruine totale des lieux est fort bien rendu, et le visuel impeccable s’accompagne d’une bonne trame sonore.
À voir… en attendant une suite?

#1 Ronan (9 mai 2006 - 14:32)
J’ai adoré ce film. Enfin une critique à sa hauteur! Mon approche à été un peu différente puisque c’est pour Gans que je suis allé le voir. Cela n’a pas loupé : j’ai écarquillé les yeux pendant deux heures… même lors des longs moments dans le noir total. C’est esthétiquement magnifique, les directeurs photo ont fait un boulot génial. L’image de synthèse n’enlève de plus rien à l’aspect “sale” de certaines scènes.
Je redoutais un film d’épouvante classique, mais on réussit à se sentir mal à l’aise sans sursaut, seulement des crescendos et “en douceur”, comme dans le cinéma trash.
Ce film est quand même tiré d’un jeu, et même sans le connaître j’ai senti que le réalisateur a voulu satisfaire les fans tout en suscitant la curiosité d’un public moins avisé, avec ce monstre à tête de pyramide et l’épée trop grande, l’infirmière défigurée, les longs travellings ou encore la présence de la flic ou du mari.
Mon petit bémol concerne ce dernier point : les plans avec Sean Bean ne semblent servir que de prétexte à la relance du film. Mais la réponse est peut-être là.
En tout cas, même remarque pour les passages gores et surtout pour les infirmières, par ailleurs très sexy.(hum)
Bonne continuation de la part d’un fan français, pour qui vous contribuer à l’enrichissement de sa modeste culture SF.
#2 mathieu f (9 mai 2006 - 17:24)
Pour ma part, j’ai trouvé le film trop long, particulièrent la finale. La petite fille faisait beaucoup trop “The Ring”. D’ailleurs, quelqu’un a mentionné que les enfants manifestent toujours le paranormal par leurs dessins?
J’ai trouvé le premier 45 minutes très bon, avec du rythme et des surprises. Seulement voilà, après un moment, je trouvais que c’était répétitif, et je doute toujours de la pertinence d’avoir voulu tout expliquer dans l’église.
Mais visuellement, c’est un chef d’oeuvre.
Mathieu F
#3 mario (11 mai 2006 - 11:14)
J’avait vu la bande annonce, amlheureusement montée comme toutes les bandes annonces de film d’horreur depuis des années, plein de plans rapides et supposément chocs. Seulement j’avait aimé LE PACTE DES LOUPS et les gars de Mad Movies prévoyaient un bon film, alors oui, j’ai vraiment aimé Silent Hill. Quelques bémols, mais l,ambiance, l’approche onirique et la création visuelle, sans parler du final sanglant, m’ont convaincu. Hier j’étais à un souper mensuel de dessinateurs ou deux gars ont simplement dit que c’était pas bon… que voulez-vous !
#4 Christian B. (12 mai 2006 - 9:53)
J’ai aussi adoré le film. Petite note par contre par rapport à l’article. Dans les jeux de Silent Hill, le protagoniste ne « monte pas de niveau ». En fait une des particularités des jeux de « survival horror » est l’absence d’évolution des habiletés du héro. Au plus il va trouver une arme plus puissante de temps en temps, mais avec si peu de munitions qu’il devra souvent se rabattre sur son arme initiale. Je n’ai d’ailleurs pas remarqué que la « chose immonde » empirait à chaque fois.
#5 Anna H (15 mai 2006 - 17:24)
Un chef d’oeuvre du genre et je peux dire enfin car depuis les années 80 nous n’avions plus eu l’occasion de voir un film d’horreur à la fois glauque et malsain pour ce qui est du sentiment et gore pour le visuel, nous retrouvons enfin nos poltergeist et autres exorsistes dans ce film. ET pourvu que cela dure car il y en a marre des scary truc et souviens toi …machin consu pour ados boutonneux sans réflexion ici ça tiens aux tripes et ca tire le coeur et de la réflexion il en faut bref si vous ne l’avez pas vu et que vous regrettez l’ambiance glauque de freddy et de tous ces mondes cauchemardesques silent hill est pour vous
#6 elodie (19 juillet 2006 - 16:00)
J ai adore le film bien que jai trouver la fin difficile a saisir. Je me suis fermer les yeux a quelque reprise c,est sans aucun doute un excellent film avec un tres bon suspence. Par contre ce film nest pas pour ceux qui veullent se creuser la tete ha ke non .
#7 Joel Champetier (27 août 2006 - 19:56)
Eh ben… J’ai loué _Silent Hill_. Je pense ne pas avoir d’atomes crochus avec ce réalisateur. J’avais été surpris par ma déception face au _Pacte des Loups_, suite aux critiques généralement élogieuses. Même scénario avec _Silent Hill_; des gens dont je respecte généralement l’opinion l’ont aimé, je suis surpris et déçu par mon écoute.
A aucun moment n’ai-je senti la moindre empathie pour ces personnages, dont les actions et les réactions sont presque toujours des poncifs cinématographiques. Je n’ai pas cru à cette mère, je n’ai pas cru à ses réactions, je n’ai pas cru à ce qu’elle disait. Combien de fois me suis-je dit: “N’importe quoi.”
Un beau catalogue d’image, j’admets. Et quelques moments agréablement dérangeants. C’est tout. Comme dit Patrick Senécal: un film de bibittes.
#8 Claude (28 août 2006 - 11:24)
Ma réaction ressemble à celle de Joël: n’importe quoi.
Pour ma part, c’est vers la douzième minute que je me suis dit «Ben voyons donc» en regardant agir la mère.
Ça m’a paru digne d’un scénario de jeu vidéo. On avance, on avance, oh! une bibite monstrueuse apparaît soudain, mais il y a moyen de s’en sortir. On avance, une pièce, oh! un indice qui ne demande qu’à être cueilli.
Tout m’a semblé gratuit.
Bien sûr, beaux effets spéciaux.
Enfin, je ne porterai pas de jugement définitif aujourd’hui. Je ne saurais dire si la deuxième heure peut sauver la première. Il était tard, je me suis endormi.
#9 Douwie (15 avril 2009 - 21:39)
Bah Silent hill c’est ca: un jeu video et ans a justement retranscrit de nombreuse choses des trois jeux Silent Hill initiaux.
Le film comme le jeu doit etre lu, car chaque monstres, chaques situations a sont explications psychologiques et pathologiques.
Silent hill france donne d’ailleurs une belle explication a ce propos!
Autant j’ai detesté le pacte des loups (indiens qui font du kung fu, le gros delire avec les epées,…), autant silent hill est un film intelligent.
Si on va le voir que pour le spectacle: autant le dire: on sera decu, le cotés avec Sean bean est justement la pour expliquer quelques choses, et donner une coherence avec le monde alterné ou se trouve rose et Sharon.
Si on regarde Silent Hill en cherchant a comprendre: la signification des monstres, et de ce qui se passe, alors oui: on decouvre un film tres travaillé et intelligent.
Tout le film tourne autour de themes centraux: Le matriarcat, la femme, le Viol, et leurs reprensentation dans la societé.
Piramid head (monstre phare de Silent hill) a diverses signification suivant le jeux, ici il signifie tout simplement qu’Alessa a preferer, au lieu de donner du pouvoir a une figure feminine, le donner a une figure masculine surpuissante.
Et ce n’est qu’un exemple des sous entendu et autres relectures que l’on peut faire.
La scene finale notement a, elle aussi une sacré signification!