Voila, c’est fait: La liste complète des oeuvres en nomination aux Prix Aurora Awards 2006 vient d’être affichée sur le site officiel du Prix. Des dix catégories, retenons pour l’instant les trois catégories francophones…
Meilleur livre en français
- Alégracia et le Serpent d’Argent, Dominic Bellavance (Les Six Brumes)
- Aurélie et l’île de Zachary, Véronique Drouin (La courte échelle)
- Le Dragon de l’Alliance, Michèle Laframboise (Médiaspaul)
- Les Archipels du temps (La Suite du temps – 2), Daniel Sernine (Alire)
- Reine de Mémoire 1. La Maison d’Oubli, Élisabeth Vonarburg (Alire)
- Reine de Mémoire 2. Le Dragon de Feu, Élisabeth Vonarburg (Alire)
Meilleure nouvelle en français
- «Montréal: trois uchronies», Alain Ducharme (Solaris 155)
- «La Danse de la mer», Mathieu Fortin (Le Bilboquet août)
- «Au jardin comme à la guerre», Éric Gauthier (Solaris 155)
- «Équilibre», Patrick Senécal (Solaris 156)
Meilleur ouvrage en français (Autre)
- L’Année de la Science-Fiction et du Fantastique Québécois 2000, dir. Claude Janelle (Alire)
- Jean Pettigrew, critiques (Solaris 153-156)
- Solaris, réd. Joël Champetier
- «Les enfants de Jules Verne au Canada: la génération étouffée», Jean-Louis Trudel (Solaris 156)
…ainsi qu’une catégorie bien bilingue:
Fan Achievement / Accomplissement fanique (Publication)
- Brins d’Éternité, réd. Mathieu Fortin
- In Places Between: The Top Five Stories of The Robyn Herrington Memorial Short Story Contest 2005, IFWA
- MensuHell, réd. direction: Francis Hervieux
- Nocturne, éditeurs: Jonathan Reynolds, Guillaume Houle et Fred Proulx
- The Royal Swiss Navy Gazette, Garth Spencer, ed.
Il y finalement peu de choses à dire sur ces oeuvres en nomination, surtout parce qu’elles représentent un bon portrait de la SF canadienne-française en 2005. Qui plus est, la liste comprend (à une malheureuse exception près) les lauréats des Prix Solaris, Boréal et le GPSFFQ, en plus des deux finalistes à ce même GPSFFQ. Tout un contraste avec la sélection anémique (et parfois franchement bizarre: Suzanne, ouvre-toi?) des années passées. Bravo à tous ceux qui ont envoyé leurs nominations!
On me permettra un moment de partialité éhontée à féliciter tout particulièrement mon co-fractaliste Éric Gauthier de sa nomination pour «Au jardin comme à la guerre».
Voter au Prix Aurora est un peu plus compliqué que de soumettre les nominations: Pour financer les tracasseries administratives du Prix (ce qui veut surtout dire payer pour les trophés), il faut être membre de la convention hôte des Prix Aurora Awards (cette année, Toronto Trek), ou bien s’inscrire comme membre de soutien à la Canvention pour pouvoir voter, ce qui implique habituellement une cotisation de 5 à 10 dollars. J’amenderai ce billet avec les détails lorsqu’ils seront disponibles. Tous les votes doivent être mis à la poste d’ici le 26 juin; les prix seront remis durant la fin de semaine du 7 au 9 juillet, à Toronto Trek.
Nous auront amplement le temps de revenir à la liste complète des oeuvres en nominations d’ici la fin de la période de vote. En attendant, lisez et votez!
16 commentaires
Avant de me faire lancer des tomates, j’aimerais dire que je suis aussi surpris que vous de voir mon nom se retrouver parmis les finalistes. J’ai l’impression d’être un intrus dans une liste de livre qui me semble d’un tout autre niveau. Devrais-je m’en réjouir ou m’en inquiéter?
Dominic, comme c’est un prix populaire, il suffit que les gens aient apprécié et t’aient mis en nomination.
Oui, c’est bien vrai. Je suis juste facilement perturbable :P
C’est intéressant de voir de la relève dans ce genre de prix! :-)
C’est quand même dommage qu’on voit toujours les mêmes. Sauf pour Dominic, là c’est une belle surprise. Je fais une petite plug en passant, j’ai bien apprécié dernièrement L’Archipel des sorcières de Jean-Nicholas Vachon, un autre jeune de la relève. Tout à fait inconnu, mais ouf, quel talent!
Les prix Aurora sont des prix « populaire ». tu peux donc convaincre tous tes amis de faire des mises en nomination si tu veux changer quelque chose.
M
Ah, L’Archipel des sorcières… Je l’avais trouvé bien, ce livre, mais frustrant. Écriture soignée et évocatrice, éléments fantastiques mémorables, mais ça dérape vers la fin avec le passage narré à la première personne, puis la Genèse Maudite. Pourtant, l’auteur a réussi à rendre intéressantes des sorcières très stéréotypées (balais, chapeaux pointus, verrues et tout), et la scène avec la Mère sur l’archipel est digne de Bosch. Je vois que le tome 2 est disponible; je serai curieux de le lire, dans l’espoir d’y retrouver la même écriture et moins de maladresses. Ça vaut bien un autre coup d’oeil.
Quant aux prix Aurora, toutes mes félicitations aux finalistes. Je vois que je m’y retrouve en bonne compagnie. Intéressant de voir qu’Élisabeth Vonarburg se trouve deux fois dans la même catégorie pour des livres qui sont censés ne former qu’un roman. Ce sera intéressant de voir la répartition des votes dans cette catégorie.
Je suis bien d’accord, Éric. C’est un roman bien façonné que celui de Vachon, mais auquel on a reproché d’être trop influencé par Ann Rice. Pour ma part, je ne crois pas que ce fut un défaut pour un premier roman, et cette scène incroyable avec la Mère en valait bien la peine. L’éditeur, Arion, malgré quelques lacunes éditrices dans le genre, a bien misé avec cette oeuvre, et j’ai déjà dit que j’allais suivre ce jeune beauceron. Ce n’est pas une oeuvre de très grande qualité, mais elle méritait certainement un peu plus d’attention que ce qu’elle a eu, comme pour Frédérique Durand par exemple.
Mais tant qu’à être dans cette veine, je reviens à L’île d’Aurélie de Véronique Drouin, probablement l’oeuvre la plus sous-estimée de 2004, ce qu’est venu me confirmer ses nombreuses nominations en 2005. Une ignorance bien triste probablement due au public visé (les moins de 10 ans) et pour lequel l’ensemble de la production, pour 2004 à tout le moins, était passablement décevante. Je vais certainement me le procurer au cours des prochaines semaine (you hou, Marie-Dominique!).
Je suis bien d’accord avec toi, Benoît. Je suis très contente que Véronique Drouin soit en nomination pour le prix : j’ai beaucoup aimé ses deux livres. Tu m’avais d’ailleurs parlé de l’Île d’Aurélie avec enthousiasme : son talent est confirmé avec le 2ème tome, ça ne fait aucun doute. Je suis très enthousiaste et attend avec impatience les 3ème et 4ème tomes…
Bonjour à vous tous qui m’avez lu!
Je noterai bien vos commentaires au sujet de mes sorcières et tenterai de vous en donner davantage avec la Mère, dans le tôme final! Cette horrible incarnation semble faire l’unanimité.
Un mot, pourtant, au sujet de la Genèse Maudite : donnez-lui une chance de se faire valoir! La Genèse rend plausible tout le reste…
Anne Rice? Inspirante? Ah oui, je ne m’en cacherai certainement pas!!! D’ailleurs, après les sorcières, je donnerai dans le vampire. Non pour plagier, mais bien par passion. Je prendrai soin de ne pas vous rappeler l’auguste écrivaine louisianaise.
N’hésitez pas à m’écrire pour me faire part de vos commentaires! J’aime toutes les critiques, pour autant qu’elles soient constructives!
JN. Vachon
J’ai trouvé lourd aussi dans le 1er tome des sorcières l’utilisation de la Genèse, mais elle a prit tout son sens dans la Papesse. C’est pour ça que je n’ai pas relevé ce commentaire.
Je viens de découvrir un autre auteur qui aurait mérité plus d’attention, Gaëtan Picard pour sa série Azura, le Double Pays. J’ai trouvé son écriture très poétique et il a maintenu l’intrigue avec brio tout le long de ses quatre tomes.
Benoit parle de Frédérique Durand. Qu’est ce qu’il a écrit? Je ne connais pas.
Les quelques tomes de la série Azura que j’ai lus m’ont beaucoup plu. Je me souviens surtout de Baha-Mar et les miroirs magiques dont j’avais fait la critique dans Lurelu — ça remonte à 2001 déjà! L’auteur a un style très riche qui convient aussi aux adultes, ce qu’on ne voit pas fréquemment en littérature jeunesse. Il a un site perso avec la liste de ses publications.
Mireldar: Désolé pour l’erreur, il s’agit de Frédérick Durand, qui a écrit Dernier train pour Noireterre, L’île des cigognes fanées et Au rendez-vous des courtisans glacés. Ce dernier possède une qualité d’atmosphère assez remarquable, mais il en ressort une certaine confusion. Les 2 autres romans se situent dans un même univers glauque et plutôt morbide.
Moi je ne l’ai pas classé jeunesse. Je l’ai mis 16 ans et +, soit adulte. Son découpage et l’intrigue est assez complexe, l’action est soutenu et il est dur à suivre par moment. J’ai trouvé ses deux premiers livres intéressants, mais les deux suivants soit Le Temple de la nuit (2003) et La Tour sans ombre (2005) sont géniaux.
Moi aussi j’aimerais féliciter Véronique Drouin, qui a le mérite de non seulement avoir écrit une oeuvre fantastique et originale, mais en plus, possède le talent pour faire ses propres dessins. Ceux et celles qui ont aimé son style ou qui aiment Amos Daragon devraient aimer aussi L’éclair jaune de Louis Laforce (Tisseyre), dont on annonce le 2e tome. C’est aussi de la littérature jeunesse. Mais ça ne vaut pas l’extraordinaire profondeur de la série de Philip Pullman À la croisée des mondes (qui n’est pas canadien-français, toutefois ;p
Avis aux intéressés et aux voteurs potentiels: je viens de mettre en-ligne le texte intégral de ma nouvelle « Montréal: trois uchronies »:
http://geocities.com/alainducharme/