Dix raisons pour décoder Dan Brown

Je suis fasciné par The Da Vinci Code, mais peut-être pas pour les mêmes raisons que tout le monde.

Bien que le lancer de l’insulte à Dan Brown soit devenu un sport favori du plusieurs critiques littéraires allant de la Bookslut au Bookninja, il me semble plus intéressant d’examiner son œuvre, y compris l’adaptation cinématographique du Da Vinci Code, comme une clé nous permettant de décoder plusieurs des facettes du divertissement populaire contemporain. Quand vous en aurez assez de taper sur Dan Brown, considérez les dix hypothèses suivantes:

1. Un livre mal écrit peut être bien écrit: En tant que lecteur, je ne suis normalement pas très sensible au style, alors imaginez ma surprise quand je me suis retrouvé à grincer des dents devant l’écriture des quelques premières pages du livre de Dan Brown. Mêmes les lecteurs les moins exigeants finissent par rechigner devant certaines phrases, certain qu’il doit y avoir une meilleure façon d’écrire tout cela. Et pourtant, il y a une réelle charge narrative à l’écriture de Dan Brown, une astuce primitive qui nous propulse sans cesse vers l’avant malgré l’écriture maladroite. Si Dan Brown est devenu la cible favorite des soi-disant fines plumes, il est désolant de voir comment peu de critiques sont disposés à lui reconnaître une redoutable efficacité lorsque vient le moment de faire embarquer le lecteur. Qu’il s’agisse des courts chapitres, du rythme racoleur ou de l’illusion d’érudition pédagogique, Brown sait exploiter l’instinct primitif du raconteur qui réussit à capter l’attention de ses lecteurs. Quitte à hérisser la fierté de plus d’un(e) collègue, je suis convaincu que plusieurs auteurs ont des leçons à apprendre de Brown.

2. Si raconteur et écrivain sont obligés de s’affronter, c’est le raconteur qui sera le favori de la foule: N’en déplaise à tous mes amis écrivains pour qui l’écriture est un but en soi, la vaste majorité des lecteurs tiennent avant tout à se faire raconter une histoire. La différence entre ces deux pôles est, je soupçonne, une donnée importante mais souvent occultée en critique littéraire —mais je m’aventure ici en terrain académique dangereux, alors passons. De toute façon, l’idée à retenir est la suivante: le public veut se faire raconter une histoire et il n’est pas patient. S’il est toujours préférable d’allier une belle écriture à une intrigue intéressante, ce n’est pas vraiment important si le but est de divertir. Voyez mes véritables couleurs: Je ricane à la lecture de ceux qui s’arrachent les cheveux devant le succès bœuf de Brown: Les fines plumes écrivent, presque par définition, pour un lectorat spécialisé… et ce lectorat spécialisé vit seul dans sa tour d’ivoire. Heureusement que la littérature est suffisamment grande pour tous les types de lecteurs et d’écrivains.

3. Tout le monde aime apprendre un secret: Impossible de le nier: un des plaisirs de lecture les plus accrocheurs du Code Da Vinci est le flot de secrets, petits et grands, que déballe Brown et son symbologiste de service. Signification de tel ou tel symbole, secrets de l’église chrétienne, pratiques exotiques de sociétés sombres… si on ne s’y connaît pas, c’est comme être pris en confidence par quelqu’un qui s’y connaît: entre autres talents, Brown sait projeter ses théories avec autorité. Ne diminuons pas le plaisir d’apprendre comment fonctionnent les choses, puisqu’il mène aussi au techno-thriller ou à la hard-SF: Est-ce qu’un si grand fossé sépare le Code Da Vinci du Cryptonomicon de Neal Stephenson? Évidemment, on laissera aux experts le soin (et les retombées lucratives) de nous dire en détail ce qui est vrai ou pas. Ce n’est pas un hasard si le seul roman de Brown que je n’ai vraiment pas aimé, Digital Fortress, est celui qui se rapproche le plus de mon domaine d’expertise.

4. Les protocoles de lecture sont importants: Alors que les lecteurs d’expérience consomment le Code Da Vinci avec un sourire torturé de grincements de dents, il en est tout autre de ceux qui ne lisent essentiellement jamais de thrillers. Les grands lecteurs qui fréquentent Fractale Framboise comprennent mal la crédulité de ceux qui ne sont tout simplement pas habitués à ce type de lecture. Si les vétérans du genre savent faire la part des choses entre fiction, hypothèse et réalité, il n’est pas donné à tous d’être aussi calés en protocoles de lecture. L’expression «si c’est sur l’Internet, ça doit être vrai» fait maintenant rire, mais il y a beaucoup, beaucoup de lecteurs néophytes pour qui «si c’est écrit dans un livre, ça doit être vrai». Ne sous-estimez pas le nombre de personnes, peu importe leur âge, pour qui The Da Vinci Code était le premier roman qu’ils lisaient depuis l’école secondaire.

5. Le succès a sa propre masse gravitationnelle: Moussé par une campagne de marketing vigoureuse et d’excellent commentaires de bouche-à-oreille, le Code da Vinci a connu un succès initial assez encourageant. Puis, le succès du livre est devenu une des raisons pour le lire, entraînant un cercle vertueux difficile à briser et interrompu seulement par l’épuisement du bassin de lecteurs potentiels. Tout comme TITANIC, Harry Potter ou bien THE PASSION OF THE CHRIST, Le Code Da Vinci est devenu sa propre marque de commerce, aidée par la controverse et une mini-industrie dérivée servant à faire la promotion de l’objet au centre des dénonciations. Le succès attire l’attention populaire, et souvent celle de personnes qui ne sont simplement pas équipés pour commenter un thriller écrit à la pulp: journalistes, crackpots… et membres de groupes extrême droite.

6. Personne n’accusera certaines autorités religieuses d’être trop confiantes ou trop intelligentes: Si une église se sent menacée par un simple thriller, elle mérite d’être menacée par un simple thriller. Et pourtant, on voit la même routine se répéter à intervalle réguliers depuis JESUS CHRIST SUPERSTAR: Plutôt que d’ignorer la chose de mystérieuses controverses jaillissent de nulle part. Certaines forces religieuses, fidèles au modus operandi démagogique si profitable, saisissent le livre comme un chien s’éprend d’un os, brûlant (figurativement) l’objet sur l’autel de la «guerre des cultures», fouettant leur troupeau et récoltant les donations. Différente année, même rengaine. Pendant ce temps, plus d’un lecteur se dit «si ils contestent si vigoureusement, il doit y avoir quelques chose de vrai…» Et de leur côté, les experts en histoire des religions secouent la tête…

7. Priez pour que le livre ne redevienne jamais aussi populaire que le cinéma: Allez jeter un coup d’œil sur les tablettes de votre libraire, surtout dans vos genres favoris, et vous y verrez des œuvres dégoulinantes de sang, de sexe, de vérités dangereuses et d’idées perverses. Comment ces choses sont-elle passées inaperçues par la masse bien-pensante? C’est que lire, c’est un acte actif! Il ne s’agit pas seulement que de s’asseoir en quelque part pendant 90-180 minutes et subir une histoire: les livres demandent du temps, de l’effort et un peu d’imagination. D’où leur marginalisation populaire, et la vigueur qui accompagne les mauvaises herbes laissés en friche: Si vous vous amusez autant à lire sur des anarchistes, des serial-killers, des héros amoraux et des dénonciations stridentes de l’ortodoxie religieuse, c’est parce que personne ne porte attention aux livres. Le cinéma, c’est autre chose: il faut faire attention à ce que l’on dit, sous peine de se faire coller une cote R, de traumatiser des enfants, de se faire dénoncer par la droite américaine et (le pêché ultime) de perdre de l’argent. Ayez peur d’attirer trop de lecteurs: si SHREK 2 peut être dénoncé par des groupes de « parents concernés », imaginez ce qu’ils peuvent trouver dans votre livre favori.

8. Rien ni personne ne peut survivre à la surexposition populaire: Pris au milieu de tant d’autres romans lancés sur le marché, Le Code Da Vinci est un thriller moyen, avec des vertus et des failles évidentes. Les lecteurs peuvent y trouver du matériel à discussion et admirer l’audace d’un auteur aussi racoleur. Il n’est pas difficile d’imaginer une réalité parallèle où Dan Brown est un auteur culte bien apprécié par un cercle restreint de lecteurs dévoués. (Ah, si il avait écrit de la SF…) Mais lorsque le livre brise les records de vente, tombe dans les mains de millions de nouveaux lecteurs et finit par être banni au Liban, les règles du jeu changent: On accorde une attention démesurée à un thriller mid-list, qui se voit soudainement attaqué de toute part. Dan Brown devient l’antéchrist de la fine littérature et The Da Vinci Code devient symbole de la déchéance de la civilisation séculaire occidentale. Tom Clancy a l’habitude d’écrire, en clin d’oeil, que « le succès peut ruiner votre vie. » D’une certaine façon, Dan Brown n’existe plus: il est devenu une caricature que tous se permettent de critiquer pour des raisons qui en disent parfois plus sur le critique que l’œuvre de Dan Brown lui-même.

9. Le snobisme est une terrible chose: Le succès populaire peut être agaçant, mais pas autant que le backlash qui semble accompagner chaque phénomène culturel. De voir les bien-pensants critiquer le Da Vinci Code à sa moindre mention est le genre de chose qui devient rapidement aussi lassant que les failles de l’oeuvre elle-même. Il était pathétique de voir les critiques de cinéma aiguiser leurs couteaux à l’approche du film, comme s’il était original ou astucieux de descendre un thriller somme toute bavard mais adéquat. Aussi insupportable: Ceux qui se complaisent dans des opinions bien arrêtées au sujet du Da Vinci Codesans en avoir lu une seule traître ligne. Vous connaissez le type: Ceux qui se justifient avec « j’ai entendu que… » et « on m’a dit que… » dans l’assurance absolue qu’il est indigne pour eux de condescendre à lire quelque chose d’aussi… populaire. Vivement les phrases boiteuses de Brown plutôt que le snobisme ignorant.

10. On peut trop adapter une œuvre trop fidèlement: Si les étudiants en cinéma cherchent un autre exemple pour illustrer que l’adaptation n’est pas nécessairement une transcription, il y en a beaucoup à dire sur la version grand écran du DA VINCI CODE. Trop fidèle à la lettre du livre, cette adaptation manque d’énergie, et transforme le plaisir narratif du roman en une série d’épreuves imposées. On blâmera les producteurs du film d’avoir choisi Ron Howard, Akiva Goldsman et Tom Hanks, le trio beige du cinéma américain, pour réaliser un film aussi banal que possible malgré le potentiel du matériel d’origine. Le résultat reflète fidèlement les failles profondes de l’original (au delà son écriture), plus particulièrement une structure qui atteint son sommet à la mi-livre, s’essoufflant pour ne laisser qu’un pétard mouillé de troisième acte. Drôle à dire, mais le film aurait bénéficié d’une approche plus ridicule, plus fidèle à l’impression reçue par le lecteur plutôt que celle qu’avait voulu projeter l’auteur. Mais bon; reste à voir si on se souviendra suffisamment du livre ou du film dans trente ans pour l’inévitable remake!

Sur cette masse de contradictions, je vous laisse vous époumoner sur le sujet.

# Les commentaires sont fermés.

20 Commentaires

  1. Joel Champetier

    J’ai lu une cinquantaine de pages du livre (en français), et je retrouve beaucoup de clairvoyance dans ce que tu dis, même et surtout les points 1 et 2. Un livre qu’on ne peut s’empêcher de terminer est une *réussite littéraire*, et ceci peu importe les défauts que l’on peut identifier par ailleurs. C’est une forme de « bonne écriture » qui nous renvoit aux sources de la littérature, l’oralité, l’art de raconter.
    Je paraphraserai je ne me rappèle plus quel critique français: « Le public a adoré le livre de Dan Brown. Il est bien le seul. »

  2. Yves

    Pour ceuzes qui lisent l’anglais, un commentaire fascinant sur la… fascination que génère le Da Vinci Code: http://www.juancole.com/2006/05/davinci-code-as-parable-of-american.html

  3. Christian,
    Que dire de plus que de se réjouir d’avoir dans le monde au moins une personne qui a lu le même livre que moi et de la même manière. J’avoue que tu es le seul à l’avoir fait et à avoir les compétences de lecteur pour exprimer ton opinion qui rejoint totalement la mienne!
    Tout ce que j’ai lu d’autre sur le sujet me fais secouer la tête :)

  4. Denis Labbé

    Je trouve cette analyse assez pertinente. Ayant lu ce livre, en long, en large et en travers (eh oui, puisque les éditions Ellipses ont eu l’idée étrange de m’en demander une étude), je trouve que tout cela est vraiment bien tourné.
    Il manque peut-être une référence à l’art et à De Vinci, et sans doute le besoin des hommes du 21ème siècle de se remettre à croire en quelque chose, mais sans doute en quelque chose de différent.

  5. marie-dominique

    Comme libraire, je ne peux que remercier Dan Brown pour cette profusion de ventes.
    Comme lectrice, mon opinion rejoint la tienne. C’est un roman qui malgré tout à de bons éléments narratifs. Comme tu disais, les chapitres courts et « punchés » embarquent les lecteurs et ceux qui n’en sont pas.(car oui, je suis une des rares libraires qui ait lu ce livre… même si, dans mon milieu le snobisme est assez flagrant)
    Par contre, la crédulité populaire me déprime.
    Sans même chercher plus loin, la masse croit toujours ce qu’on lui dit….

  6. mathieu f

    « la masse croit toujours ce qu’on lui dit… »

    ce qui est souvent trop vrai, non? En tant qu’enseignant, je combats tous les jours les faussetés véhiculées par la télé.

    M

  7. Benoit

    Est-ce que que quelqu’un quelque part a pensé faire un parallèle Da Vinci Code versus Les Versets Sataniques ? Si je me souviens bien, la droite islamique avait réagi aussi fort sur Rushdie que la chrétienne sur Brown. Mais n’ayant lu qu’une dizaine de pages en diagonale pour Brown et les 2 premières pages de Rushdie, je n’ai qu’un seul commentaire: l’un des 2 sait écrire. À noter que c’était la traduction dans les 2 cas.

    Marie-Dominique: Anges et Démons semble loin de connaître le même succès. Serait-ce dû à une moins bonne position dans les best-sellers ?

  8. Jean-Louis

    J’ai lu The Satanic Verses à l’époque de la fatwa iranienne. Comme il s’agit d’un roman qui commence par la descente du ciel de deux personnages qui ont survécu à l’explosion de leur avion et qui font la conversation, le lecteur sait tout de suite qu’il ne se trouve pas dans un cadre réaliste… Nous sommes loin de l’affirmation initiale de Brown qui affirmait se fonder sur des faits véridiques. Rushdie sème aussi des allusions sans les expliquer, contrairement à Brown, sans doute, de sorte que son lecteur a intérêt à être cultivé. A priori, The Satanic Verses est blasphématoire parce qu’il manque de respect au Prophète, mais The Da Vinci Code serait carrément hétérodoxe dans la mesure où l’auteur prétend détenir la vérité.

  9. marie-dominique

    Benoit, en fait, Anges et démons ainsi que Deception Point sont également des best sellers. La plupart des gens qui ont lu Da vinci code vont lire les deux autres. Par contre, comme ils sont beaucoup moins médiatisés, ils ne seront jamais aussi populaires que Da vinci code.

  10. Pascale Raud

    Mais non, mais non, moi aussi je l’ai lu (en cachette), bien que je sois libraire et que mes oreilles soient devenues rouges de fatigue à force d’en entendre parler. Je l’ai trouvé efficace, divertissant, sans être un chef-d’oeuvre de la littérature policière (loin s’en faut) : quoiqu’il en soit, j’encourage quand même ce genre de romans, car il a amené à la lecture de nombreuses personnes qui ne lisaient pas à priori, et qui du coup y ont pris goût. C’est déjà pas mal : il y a un petit pourcentage qui continuera à lire régulièrement (et pas seulement du Danielle Steel, Dan Brown, soit loué!).

  11. marie-dominique

    Pascale, soyons honnêtes, nous restons tout de même des exeptions chez les libraire….
    Mais, je te l’accorde, ce bouquin a fait lire bien des gens qui ne lisaient pas. C’est le même phénomène chez les enfants, il ne suffit que d’un seul livre passionant pour leur donner goût à la lecture….. Alors, vive Dan Brown ;o)

  12. Pascale Raud

    C’est exact, pour être librairement correct, il faudrait que je prétende que c’est nul (quand bien même je n’en aurais pas lu une ligne). Résistons…

  13. Concernant Angels and Demons, notons que le livre raconte en fait l’assassinat du Pape par son fils, qui devient alors le nouveau Pape. Bien moins scandaleux que The Da Vinci Code ;-) ce qui explique qu’il n’a pas eu la même controverse pour mousser sa popularité.
    Ceci dit, Angels and Demons est presque un meilleur roman (avec les mêmes faiblesses que l’autre), même s’il adopte exactement la même trame d’événements que le Code.

  14. marie-dominique

    En fait, Anges et Démons doit sa popularité à Da Vinci code. Je ne crois pas qu’il aurait été un Best seller sans la controverse que Da Vinci a créée, bien que plusieurs, comme Hugues le trouve meilleur (ou presque).

  15. Dame Ézechielle

    C’est drôle d’entendre dire que des libraires ont snobés le livre. Chez nous, à la librairie, c’est le contraire: je suis la seule qui n’ait pas aimé. Ma patronne, qui est libraire depuis 15 ans, me dit que je suis difficile et que je cherche la bête noire. Et oui, je suis bien d’accord avec l’analyse de Christian. La plupart de ses points rejoingnent ma propre théorie.

  16. Mario Tessier fait également un commentaire sur le Code Da Vinci à cette adresse:

    http://blogue.sciencepresse.info/culture/item/264

  17. Daniel Jetté

    Tu fais une analyse très fine du phénomène Da Vinci, Christian, qui change des vociférations habituelles. Je ne l’ai pas encore lu personnellement mais c’est seulement parce que je n’aime pas le tordage de bras publicitaire. J’attends simplement d’en avoir vraiment envie pour m’y mettre.

    C’est vrai que c’est fatiguant de voir des intellos cracher sur la littérature populaire continuellement, comme si eux-mêmes ne lisaient jamais que des chef d’oeuvre. On constate ce genre d’attitude même chez certains amateurs éclairés de SF, laquelle littérature a pourtant émergé du pulp avec Hugo Gernsback. Bon, il y a eu Wells avant mais disons que la SF moderne a ses origines dans le pulp. Pour un amateur de genres, renier la littérature populaire équivaut à renier ses origines.

  18. Daniel Sernine

    Je profite de l’intervention de Pascal pour étaler mon ignorance Internet: sur le blogue de Science Presse, que signifient «trackback» et le verbe «pinger»? Et n’existe-t-il pas d’équivalent francophone? :o)
    (Christian, Éric, vous avez le droit de répondre aussi)

  19. Alain Ducharme

    On peut traduire « trackback » par « rétrolien ». Grosso modo, c’est ce qui permet à l’auteur d’un blogue d’être averti lorsque d’autres blogueurs font référence à l’un de ses billets. Ainsi, on peut connaître ceux qui s’intéressent à ce que l’on écrit, et on peut aller les lire.

    Un « ping » est une commande envoyée à une autre machine pour savoir si celle-ci est rejoignable ou non. Si on ne reçoit pas de réponse, c’est qu’il n’est présentement pas possible de communiquer avec cette machine. La commande « ping » est un outil très utilisé pour connaître les temps de connexion entre les ordinateurs d’un réseau.

  20. Raymond Dumoulin

    Le Code Da Vinci. J’ai lu et j’ai été à la fois un peu amusé et déçu.

    Je crois que l’opposition vociférante de l’Église au CDV est un genre de marketing en soi. Elle se remet sur la « mappe » en gueulant. C’est une vieille, vieille astuce qui marche toujours de la part d’une vieille, vieille pute qui commence à pogner un peu moins. Comptez sur l’Église Catholique Romaine pour connaître intimement et utiliser judicieusement les plus vieilles astuces qu’il soit. La religion, c’est avant tout de la politique.

    L’on ne peut nier le succès, mais je reproche au Code Da Vinci un peu la même chose qu’à certains bouquins de Preston-Childs. Autant que j’ai aimé l’agent Pendergast, j’ai eu l’impression que les auteurs auraient pu se forcer le cul un peu plus. Éventuellement, ils l’ont fait. Mais ça a été long et j’allais débarquer. En fait, j’avais totalement débarqué, mais quelqu’un m’a remis la copie de « Relic » que je lui avais prêté plusieurs années auparavant.

    Il ne me reste donc qu’à bitcher contre la dramatique facile du Code Da Vinci. C’est tellement niais que ça me ferait honte d’avoir pris les gens pour des imbéciles comme ça. En lisant, j’me disait : « Y’aurait pu s’forcer un peu, hostie d’paresseux! »

    Apparemment, non. Ça a passé à 100 milles à l’heure.

    L’intrigue est très amusante mais en fin d’compte, au niveau de la dynamique et de l’action, c’est comme un Harlequin Passion pour théologien.

    Du pain et des jeux are par for the course, my dear Watson…

Un trackback

  • Par Culture le 6 juin 2006 à 16 h 08

    Le pendule de Léonard…

    Le succès mondial du Code Da Vinci mystifie quantité d’auteurs et de critiques. Apparemment mal écrit et bourré d’interprétations historiques et artistiques plus ou moins catholiques, d’une part on croit……

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.