Ad-Astra 2006 (troisième journée)

Le dimanche matin est toujours morose à n’importe quelle convention de fin de semaine. Après la tornade du samedi et les partys divers de la nuit, tous se lèvent (souvent avec un mal de tête) en sachant que c’est déjà presque fini. La journée en sera une de bilan, de voyage, de retour à la normale.

Pour Ad Astra 2006, ce fut encore pire que d’habitude: Puisqu’il s’agissait de la fin de semaine où l’on devait avancer notre horloge d’une heure, les gens ont du composer avec encore plus de sommeil en moins. L’effet était évident: il manquait des participants à toutes les tables rondes, et ceux qui restaient était plus prompts à critiquer l’énoncé du programme et se demander ce qu’ils faisaient là. (À l’énoncé de table ronde « 1900 to 2000 to 2100: How did we get here? Where are we going? What will 2100 look like?« , Glenn Grant a facilement répondu « By car down the 401 highway; back to Montréal; and why don’t you ask me again at nine o’clock?« )

J’ai moi-même déchanté dès que je me suis aperçu que les thèmes commençaient à se répéter. Une table-ronde sur des conseils d’écriture ne m’ayant pas beaucoup appris à part quelques anecdotes amusantes et une nouvelle blague sur les écrivains, j’ai décidé de partir tôt pour me rendre à la maison à une heure raisonnable. C’est donc durant les quelques heures passées sur ladite autoroute 401 que j’ai fait mon bilan d’Ad-Astra 2006.

Ma première conclusion hâtive, c’est que je serai de retour à Ad Astra 2007: Ayant fait des débuts conventionnels dans des événements régionaux à Ottawa, Ad Astra m’a rappelé un juste milieu entre les conventions intimistes à la Boréal et les extravagances de style Worldcon. Si l’une et l’autre sont essentielles, il n’en demeure pas moins que les conventions de SF ont habituellement l’air d’événements à la Ad Astra: on y retrouve (assez littéralement) les fans et auteurs locaux. Ad Astra se tient à Toronto, mais peut compter sur une bonne représentation d’Ottawa et Montréal. La cohésion d’un tel groupe est de loin la bonne raison pour aller à ce type d’événement; sans même y penser, j’y ai croisé une demi-douzaine de francophones et près de deux douzaines de gens ayant passé à Boréal à un moment ou un autre et plusieurs, plusieurs visages familiers. Si Ottawa ne peut ou ne veut plus tenir de conventions SF, je me vois bien osciller entre Toronto et Montréal pour retrouver les membres du triangle est-canadien de la SF.

Certains vont à des conventions pour les amis; d’autres pour faire la fête; d’autres pour se ressourcer. Que l’on soit écrivain ou lecteur, les conventions sont d’excellentes occasions pour raviver la flamme qui nous anime. Les écrivains ont l’occasion de discuter de leur métier entre eux, s’échangeant conseils et vacheries sur le monde de l’édition. Les lecteurs peuvent obtenir des recommandations, mettre un visage et une voix sur certains auteurs favoris et rencontrer des lecteurs aussi voraces qu’eux.

Une des forces d’une convention de la magnitude d’Ad Astra, c’et de pouvoir offrir une panoplie d’événements divers. Que l’on soit intéressé à la SF, l’écriture, la socio-technologie, l’anime, les comics, le jeu de rôle, la science, les costumes ou autres, il était possible de passer une fin de semaine entière concentrée sur ce sujet. Ad Astra est une collection de conventions plutôt qu’une seule: il est tout à fait possible à deux personnes d’y passer la fin de semaine sans se croiser.

L’hôtel Crowne Plaza où s’est tout déroulé comporte sa part de bons et de moins bons points. Je n’ai rien à redire sur l’excellent service wi-fi disponible à travers l’hôtel, et je dois reconnaître qu’ils ont été fort serviables lorsque ma réservation n’est pas initialement apparue dans leurs dossiers. Mais l’agencement de la convention elle-même n’était pas idéal: Plusieurs tables rondes comprimées dans des salles à peines plus grandes qu’une simple chambre d’hôtel; un agencement étroit de tables faniques à côté des salles de conférences principales (avec conséquences audibles); nombreux goulots d’étranglement où même le bambin le plus inoffensif pouvait bloquer des douzaines de personnes; plusieurs escaliers; etc. Il n’est pas simple que de caser une convention de centaines de personnes dans un hôtel pas trop dispendieux, mais certains irritants demeurent.

Chose surprenante, je suis revenu de la convention en n’ayant ramassé aucun livre. S’il est vrai que j’ai rarement été autant à la fine pointe de la SF que je ne le suis présentement (donc pas vraiment en manque de nouveautés), il est aussi vrai que mes efforts à ne pas acheter de livres superflus semblent moyennement efficaces. Il est aussi vrai que la salle de vente du congrès semblait à la fois moyenne et surchargée.

Mais ce ne sont pas autant les livres qui font une convention que la qualité des gens qui y sont. J’y ai retrouvé avec plaisir quelques amis moins-que-célèbres dont je garderai l’anonymat; ce fut un plaisir que de discuter avec eux. J’ai été particulièrement choyé d’avoir échangé quelques mots avec Guy Gavriel Kay, Allan Weiss, James Allan Gardner, Nancy Kilpatrick, Isaac Szpindel, Claude Lalumière, Karl Schroeder et Tobias Buckell. (Et pas seulement parce que certains d’entre eux seront à Boréal!) Ce fut également toute une expérience que d’assister à des tables rondes avec des gens aussi exceptionnels que Robert J. Sawyer, John Allen Price, Carl Frederick, Peter David ou Ed Greenwood —et j’en oublie.

Prochaine étape? Hé bien, vous n’avez pas besoin que je vous dise que le congrès Boréal approche à grands pas. Ce qui est un peu plus neuf, cependant, c’est que l’on a profité d’Ad Astra pour annoncer Con*Cept 2006, qui va se dérouler du 13 au 15 octobre à Montréal. J’ai une petite idées des invités (un d’eux s’est fait abordé alors que j’étais dans les parages), mais je laisserai le site du congrès annoncer les nouvelles. Plus près de la maison, je note avec une curiosité croissante la tenue de C-ACE 2006 à Ottawa du 23 au 25 juin, une convention de plus en plus intéressante à tous les égards. Si vous lisez ce billet en vous demandant ce à quoi ressemble une convention « à l’américaine » avec costumes, klingons, table rondes, auteurs anglophones et tout le reste, pourquoi ne pas profiter de Con*Cept ou C-ACE pour aller jeter un coup d’œil dans une convention près de chez vous?

# Les commentaires sont fermés.

Un commentaire

  1. Christian, n’ayant pas assisté à la convention, je ne commenterai pas celle-ci, mais je ne voulais pas que tu aies l’impression d’avoir écrit ça dans le vide, vu l’absence de commentaires :)
    Je partage beaucoup de tes points de vue sur les conventions (je devrais d’ailleurs assister à plus qu’une par deux ans, mais bon…)…
    Je prévois d’ailleurs assister à Boréal pour une seconde année de suite (!)
    Anyway, j’ajouterais à tes raisons d’y assister (aux conventions) que parfois, avec le temps, une même personne y sera pour des raisons bien différentes que lors de ses visites précédentes, et que le mélange de toutes ces raisons demeure le moteur principal.
    Et lâche pas ta résolution de ne pas sur-acheter, après un temps, l’exercice devient plus facile à maîtriser :)

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.