SLO 2006: Une première visite

Image: Salon du Livre de l'Outaouais 2006Et c’est parti: Jusqu’à dimanche, le Salon du Livre de l’Outaouais bat son plein. Fidèle à mes habitudes, je suis passé y faire un premier tour avant la cohue du samedi.

Les habitués du salon seront toujours à l’aise cette année: Très peu de choses ont changés pour cette 27e édition toujours tenue dans les locaux exigus du Palais des Congrès de HullGatineau.. Beaucoup d’exposants, souvent situés au même endroit que de par les années passés. Le prix d’entrée est toujours de 6$, bien que l’on vous remette en échange l’équivalent en coupons-rabais valides chez certains exposants. (Mais pas tous!)

Ce jeudi soir-ci était fort calme, peut-être même plus que d’habitude: La région d’Ottawa/Gatineau ayant subi une journée verglacée, plusieurs écoles (qui organisent des visites au Salon) ont préféré ne pas sortir les autobus. Mais même en temps normal, le jeudi soir est un des moments les moins achalandés du salon. J’en ai donc profité pour faire mes achats et réaliser deux entrevues.

Photo: Quelques visiteurs au SLO
Soirée calme au Salon du Livre

La première entrevue a eu lieu au stand des éditions Alire, en compagnie de Louise Alain (Direction Commerciale) et Frédéric Fournier (Adjoint à la promotion). La retranscription:

Le Salon du Livre de l’Outaouais compte près d’une centaine d’exposants. Pourquoi arrêter au stand d’Alire plutôt que n’importe quel autre?

FF: Alire est un des rares éditeurs qui sont à leur stand et qui connaissent leurs livres. En général, dans les grands stands des distributeurs (pour réutiliser l’expression d’une collègue), c’est des vendeurs de hot-dogs. Ils surveillent plus pour le vol que pour vendre des livres.

LA: Souvent, les professionnels qui sont ici pendant le salon et qui pourraient parler de leurs livres, ils préfèrent parler entre eux.

FF: Ils sont plus là pour surveiller si les surveillants font bien leur travail.

LA: Ou bien ils sont là pour faire des contacts. Ils n’ont pas le souci de rencontrer leurs clients.

Pour les visiteurs au Salon du Livre, la routine est simple: beaucoup de bouquinage et quelques achats. Mais quelle est la réalité d’un salon tel que vu par un exposant?

LA: Quand il y a des visiteurs, on s’occupe d’eux. Sinon, on s’amuse entre exposants. Il existe une certaine fraternité qui c’est créée au fil des salons… On se connaît tous, et quand il n’y a personne on prends plaisir à se retrouver.

FF: Nous sommes ici de l’ouverture à la fermeture.

LA: Douze heures. Dans notre cas, puisqu’on est deux, on peut se relayer, mais il y a beaucoup de petits éditeurs qui sont seuls. Il y a des bénévoles pour les remplacer, mais…

Est-ce que chaque journée a ses propres caractéristiques?

LA: En semaine, oui, parce qu’il y a des écoles. Une journée c’est le primaire, l’autre c’est le secondaire. Il arrive aussi que le vendredi après-midi soit la journée des aînés: ça a été populaire il y a quelques années, mais moins de nos jours. La fin de semaine, c’est vraiment le grand public. Selon la température, il y a toujours une grosse journée durant la fin de semaine, soit le samedi ou le dimanche. Si ce n’est pas le samedi, on se dit que c’est demain, et quand on a un gros samedi on se dit bon, ça va être mollo demain.

Alire célèbrera bientôt son dixième anniversaire. Aux Salons du Livre, comment est-ce que la réaction des gens à la maison d’édition a changé depuis vos débuts?

LA: Souvent on voit les gens qui disent Ah, ils sont ici! (…) Ce qui a changé, c’est qu’ils ont maintenant le plaisir de retrouver un terrain connu. La clientèle que l’on s’est bâtie nous demande bon, bien qu’est-ce que vous avez de nouveau depuis l’an dernier? Il y a des gens qui achètent ici, qui veulent nous voir, qu’on leur présente les livres, qu’on leur dise quels sont les nouveautés. Puisqu’ils nous connaissent –moi, je suis ici à chaque année depuis dix ans, Fred est ici de plus en plus – les gens ont développés une confiance et se fient à nos recommandations.

En tant que vétérans de multiples salons, qu’est-ce qui distingue le Salon du Livre de l’Outaouais des autres événements du genre?

LA: C’est un des salons, des marchés que j’ai trouvé le plus difficile à pénétrer. Les collègues éditeurs disent toujours Ah, l’Outaouais, c’est un des meilleurs salons, ça vend bien mais pour Alire, ça a décollé tranquillement. Depuis quelques années, on a atteint une clientèle fidèle, comme ailleurs. Mais j’ai trouvé ça difficile ici aux débuts. Je ne suis pas certaine que ce soit un de nos salons les plus forts non plus.

FF: C’est le troisième en importance. Mais avec le temps, j’ai l’impression que tu lui a fait prendre sa place auprès des autres salons.

LA: Il a finit par réagir comme les autres. Mais je me suis souvent posé la question: Il est dur, ce salon-là. Pourquoi? Je ne sais toujours pas pourquoi ça a été plus lent.

En Outaouais, on parle depuis plusieurs années de déménager le salon à un autre endroit. Est-ce que les lieux actuels vous causent des problèmes au niveau logistique ou organisationnel?

LA: Je n’aime pas les deux salles séparées. J’aimerais mieux un salon avec une grande salle où tout le monde est réuni. C’est plus facile pour tout le monde. Autrement, ça oblige les petits éditeurs à être dans les couloirs ou à être mal positionnés. Ce que je trouve désolant ici, c’est que si je ne viens pas avec mon distributeur, c’est difficile d’obtenir un bon positionnement.

FF: Le Salon ici est trop saturé; il n’y a plus de place pour personne d’autre.

Comment s’organise un salon pour un exposant; quelle planification, combien de livres; comment sont-ils acheminées ici?

FF: La commande est passée au distributeur, qui amène les livres sur place. Cette année, nous avons amené une demi palette de livres: Tout est placé sur les étagères, avec quelques-uns en dessous. Nous n’allons certainement pas revenir avec autant de livres: l’essentiel va se vendre. Les quantités sont bien calculées.

LA: D’une année à l’autre, on voit les tendances, on peut planifier d’année en année; on sait ce que l’on a vendu l’année précédente, donc on en ajoute quelques-uns de plus.

FF: Il faut aussi prendre compte des auteurs en séances de signature, des nouveautés… Faut aussi s’assurer de ne pas avoir un stand trop vide, avoir trop de trous sur les étagères.

Il est entendu que vos visiteurs sont, de loin, la meilleure chose à propos du salon. Ceci dit, est-ce qu’il y a certain… comportements… que vous aimeriez ne plus voir?

LA: Oui! Absolument! Enfin; ce n’est pas la responsabilité des visiteurs, mais ce qui m’agace, c’est la politique du salon… les fameux coupons-rabais. Les visiteurs sont toujours très heureux de les utiliser ici, et nous on est toujours les gros méchants qui disent: On ne les accepte pas. Mais quand on leur explique, quand ils voient effectivement que nos livres ne sont pas chers sans que l’on ait à leur faire un rabais en plus, les gens acceptent facilement notre décision. Quand il y a un rabais de un ou deux dollars sur un livre qui en coûte trente ou quarante, ça fait du bien, mais quand le livre ne coûte que douze dollars, bon… C’est mon plus grand irritant par rapport à l’organisation du salon, qui tient à cette politique-là.

FF: En ce qui concerne les visiteurs, peu importe les salons, je veux seulement dire: Nous n’acceptons pas les manuscrits aux salons du livre. Nous ne voulons pas entendre l’histoire.

LA: Mais ça, c’est moins les visiteurs que les auteurs. C’est tout à fait correct qu’ils magasinent une maison d’édition au salon, c’est le lieu où le faire. Mais ce n’est pas l’endroit où traîner son manuscrit.

FF: On leur donne un catalogue, et on les réfère au site Internet: Toutes les informations nécessaires sont là.

Photo: Alire, SLO 2006
Un moment chez Alire

Et c’est tout pour Alire, avec mes remerciements à Louise et Fred pour tant de candeur.

J’ai également profité de cette première visite pour faire une toute petite entrevue avec Claude Bolduc, mais vous devrez attendre à demain pour en lire la retranscription. Patience…

# Les commentaires sont fermés.
Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.