SLO 2006: Entrevue avec Pierre-Luc Lafrance

(Cinquième dans une série d’entrevues réalisées au Salon du Livre de l’Outaouais 2006)

Pierre-Luc Lafrance est une des vedettes montantes de la SFQ: Toujours à quelques années de sa trentaine, il cumule les diplômes et écrit à un rythme époustouflant. Sa feuille de route compte déjà, entre autres choses, un passage d’un an aux éditions Alire et quelques numéros du fanzine Ailleurs. La dernière fois que nous avons regardé sa bibliographie, il y a cinq minutes, ses romans étaient Y a-t-il un héros dans la salle? (2004) et Princesse à enlever (2005) chez Soulières, ainsi que Le pays des yeux-morts (2005) chez Médiaspaul. Une bibliographie complète se trouve sur son site officiel.

Photo: Pierre-Luc Lafrance au SLO 2006
« Regarde, Maman! Je vais toucher à la tête de Pierre-Luc! »

Pourquoi les lecteurs devraient-ils se procurer tes livres plutôt que ceux d’un autre auteur?

Parce que mes livres ont une personnalité, parce que ce n’a pas été une création spontanée, du genre Bon, la fantasy est un genre populaire, alors je vais en écrire même si je ne m’y connais pas. Des romans humoristiques comme Princesse à Enlever et Y’a-t-il un héros dans la salle?, jusqu’à preuve du contraire, je n’en connaîs pas d’équivalents au Québec. Il y a de la fantasy humoristique qui se fait ailleurs dans le monde, mais je pense qu’il s’agit de romans qui sont typiquement québécois, avec des référents culturels spécifiques. Pour ce qui est du Pays de Yeux noirs, c’est un roman de fantasy urbaine avec une création d’univers parallèle à l’intérieur de la ville de Québec. Je pense que ça a son intérêt.

Est-ce que tes livres ont des qualités sociales ou médicinales?

Oui, c’est certain. D’ailleurs, quelqu’un me disait qu’il pilonnait mes livres pour en mettre un peu dans son pablum et cela a empêché des coliques chez son enfant.

Quelle place tes livres occupent-il dans tes plans de domination mondiale?

Je ne pensais pas que quelqu’un l’avait deviné, mais je pense que c’est important d’abrutir la masse et c’est pourquoi il y a des messages subliminaux à l’intérieur de mes livres pour l’abrutir encore plus. Malheureusement, ça s’est retourné contre moi, avec comme résultat que les Amos Daragon vendent encore plus.

Quel traumatisme tente-tu d’infliger à toute la population canadienne avec ta fiction?

Soyons honnête: je ne crois pas qu’il est possible d’infliger plus de traumatismes à la population canadienne. Le but, c’est plutôt d’en rajouter aux autres populations afin qu’on devienne tous des citoyens canadiens, c’est-à-dire qu’on continue à se faire [*****] de tout bords tout côtés et qu’on en redemande encore. C’est pour cette raison que Y’a-t-il un héros dans la salle? sera bientôt traduit en Espagne et y paraîtra plus tard cette année afin de rendre les espagnols aussi canadiens que nous.

Puisque ceci est une entrevue avec Fractale-Framboise, je dois demander: Pourquoi n’y a-t-il pas plus de framboises dans ta fiction?

C’est à cause de mon directeur littéraire. À l’origine, mon personnage ne s’appelait pas Cochon mais bien Framboise. Sauf qu’il y a un gros lobby de l’industrie de la framboise qui a jugé que ça n’allait pas projeter une bonne image de la framboise. J’ai donc eu deux choix: soit l’appeler Cochon parce que le lobby porcin n’est pas très fort, soit le transformer en héros positif avec des valeurs canadiennes que l’on pourrait transmettre partout dans le monde. Ce qui, bien sûr, m’était impossible.

Si un groupe quelconque doit condamner tes histoires et te désigner comme hérétique, lequel préférait-tu?

L’association des zéros héros amateurs. Un nouveau groupe, où on y retrouve des gens exceptionnels qui ont, entre autre, sauvés de chats dans un arbre après les y avoir préalablement mis dans l’arbre pour les sauver. J’aimerais bien avoir des problèmes avec eux.

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5 Commentaires

  1. Je jeune en arrière-plan sur la photo a vraiment l’air de vouloir se procurrer le dernier roman de Pierre-Luc. C’est que c’est une vedette ce Pierre-Luc!

  2. Je pense plutôt qu’il veut lui pratiquer un toucher occipital.

  3. Anonyme J.

    Vous ne l’avez pas : il vient d’apercevoir le roman Samuel de la chasse-galerie de Michel J. Lévesque

  4. Benoit

    Le geste du jeune garçon devrait à mon sens être strictement interprété en fonction de la personne qui lui tient la main. En prenant pour acquis qu’il ne s’agissait pas du kiosque d’Amos Daragon, on pourrait presque croire que ce pourrait être Daniel Jetté, auquel cas la thèse du toucher occipital se confirmerait. Mais s’il s’agit de Jean-Pierre Normand, je me demande bien ce qu’il fait là en compagnie d’un jeune garçon? À moins qu’il mène une vie parallèle, ce qui serait loin de m’étonner. Si j’ai le don d’ubiquité, pourquoi Jean-Pierre ne pourrait-il être un bon père de famille aimant à fréquenter les salons du livre?

    Non, Joël, je n’ai pas bu!

  5. Benoit

    En passant, Valérie te salue, Pierre-Luc.

    Mignonne comme tout, bien qu’un peu énergétique cette Valérie.

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