Archives: mars 2006
par Eric - vendredi, 31 mars 2006 - 1:26 (Cinéma, SF&F francophone)
Après Grande Ourse, Radio-Canada nous propose une nouvelle série télévisée à saveur fantastique. Cette série, “bâtie comme un recueil de nouvelles”, sera composée de dix épisodes semi-indépendants, mais tous reliés par une mystérieuse chambre d’hôtel. Parmi la multitude de réalisateurs et d’auteurs annoncés, les amateurs du genre noteront Patrick Senécal, Éric Tessier (réalisateur de Sur le seuil), Frédéric Ouellet (auteur de Grande Ourse) et Kim Nguyen (Le Marais).
On trouve encore peu d’informations sur le site de Radio-Canada: aucune mention sur la page d’entrée de la zone télé ni dans l’index des émissions. Il faut savoir quand sera diffusé le premier épisode (lundi 3 avril à 19h30) pour trouver une mention sur la grille horaire, ce qui mène enfin à cette description. Les curieux, heureusement, trouveront quelques articles ailleurs sur le web. Et pour ceux qui veulent tout maintenant, le Festival de cinéma des 3 Amériques propose une projection de l’intégrale de la série, ce samedi 1er avril, à l’Impérial de Québec (voir leur communiqué en PDF).
Ça vous intéresse? Regardez ça lundi et revenez-nous avec vos commentaires…
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par Christian - jeudi, 30 mars 2006 - 22:26 (Lectures, SF&F autre)
Les lecteurs de mes critiques savent que j’accorde une emphase parfois démesurée à l’originalité et à l’innovation. Si un livre de science-fiction peut me faire penser à de nouvelles choses, c’est déjà ça de mieux. Mais quelquefois, bien faire les bonnes vieilles choses est tout à fait admirable. D’où ma réaction fort positive à Crystal Rain, le premier roman de Tobias Buckell.
Né en Grenade, Buckell fait partie de la nouvelle vague de jeunes auteurs dont les origines mènent à une vision légèrement différente de l’héritage culturel anglo-saxon de la SF. Crystal Rain est d’un contenu convenu, mais l’atmosphère n’est pas déplaisante du tout. À première vue, on retombe dans le cadre d’une aventure SF bien classique: Deux peuplades primitives (une basé sur la culture Aztèque et une autre inspirée des Caraïbes –vous pouvez sans doute deviner qui sont les bons) sur une planète qui maîtrise timidement les chemins de fer tout en se racontant des légendes au sujet des ancêtres venus du ciel. Au milieu de tout cela: un protagoniste avec d’importants trous de mémoire. Ajoutez une guerre imminente, la carte d’un trésor enfoui et une poursuite en dirigeables (yesss!) et vous avez les ingrédients pour une bonne aventure SF.
Heureusement, Buckell maîtrise bien son art: Malgré un départ un peu hésitant, Crystal Rain se révèle rapidement être un excellent exemple de la forme, un roman d’aventure SF qui dévoile tranquillement ses secrets et manipule bien les conventions du genre. L’écriture atteint un équilibre satisfaisant entre la limpidité et la flamboyance appropriée à une telle aventure, faisant de ce roman une lecture plus rapide que prévue. Seul défaut aux lecteurs qui préfèrent l’anglais strictement correct: Plusieurs personnages parlent avec un accent calqué sur celui des Caraïbes: L’effet est charmant, mais peut irriter ceux dont la langue seconde n’est pas tout à fait calibrée.
Le tout se termine par une conclusion qui fait plus que présager d’autres romans dans le même univers, avec une expansion vertigineuse des enjeux traités. Je ne suis pas habituellement un amateur de séries, mais je suis curieux de voir ce que Buckell fera la prochaine fois. Crystal Rain (le titre fait référence à… de la neige) est un excellent départ pour un auteur prometteur: Lisez donc son blog pour en savoir plus.
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par Eric - mercredi, 29 mars 2006 - 19:25 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)
V, le mystérieux personnage masqué qui est le héros — ou du moins la vedette — de ce film, fait sa première apparition dans une ruelle sombre, volant au secours d’une demoiselle en détresse. C’est une entrée en scène classique et convenue, du genre qu’on enseigne en première année à l’école de superhéros. Cependant, après avoir brutalisé les méchants avec panache et efficacité, il se lance dans un monologue allitératif assez surprenant et l’on découvre bientôt qu’il se réclame bien plus d’Edmond Dantès que de Batman. Tout au long du film, V demeure un personnage fascinant, joué avec verve et assurance par Hugo Weaving (et ce, en dépit du masque qu’il n’enlève jamais).
Ce personnage, on le doit d’abord à Alan Moore et David Lloyd, respectivement auteur et dessinateur[1] de la bande dessinée V for Vendetta, publiée dans les années 1980. L’oeuvre dépeint une Angleterre future (1997!) étouffée par un régime totalitaire et dans laquelle un individu combat l’oppression en s’offrant comme symbole, affublé d’un masque de Guy Fawkes (un conspirateur qui avait tenté, près de quatre cents ans auparavant, de faire sauter le Parlement). Une jeune citoyenne, Evey, se retrouve impliquée dans ses plans et forcée à prendre position.
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par Laurine - samedi, 25 mars 2006 - 17:11 (Arts visuels, Insolite, Société)
Je ne les ai remarqués que cet été. Des grandes silhouettes efflanquées avaient été peintes à la bombe ici et là sur la rue St-Charles dans le Vieux-Longueuil. Une simple bulle disait «Mi-août». Depuis, ils ont commencé à se répandre sur les boîtes à ordure, aux coins des immeubles, sous les balcons — on le sait bien, avec les chats… J’en ai croqué quelques uns avant que la municipalité ne décide de les effacer.
(J’espère que de nouveaux modèles sortiront cet été. Ces matous sont bien plus rigolos que les sculptures que nous inflige la ville dans ses parcs et ses bibliothèques.)
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par Christian - mercredi, 22 mars 2006 - 22:22 (SF&F autre)
La grande nouvelle du jour dans le monde de la SF, c’est l’annonce des nominations aux Prix Hugo 2006. Des égos d’auteurs ont explosés, la blogoSFère est en furie et je suis étonnamment d’accord avec la majorité des nominations —ce qui est entièrement naturel puisque plusieurs de mes propres choix figurent en sélection finale.
Alors, qu’est-ce qui représente le top du top en SF d’aujourd’hui? Plus de détails avec la pause, en plus de quelques réactions initiales.
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par Eric - lundi, 20 mars 2006 - 20:20 (Montréal et environs, Plogues, Société, Écrire)
Ça commence différemment pour chacun. Pour moi, c’est arrivé dans un bar miteux, par un soir d’égarement où je ne savais plus trop ce que je voulais faire de mon existence. Une bagarre a éclaté et, dans la confusion, j’ai été mordu par un conteur. Depuis, chaque fois que la nuit tombe, je deviens conteur à mon tour.
Un de mes confrères dit avoir été mû, lui, par la honte et la peur. Beaucoup d’autres, rassurez-vous, ont débuté dans la joie. Nombreux sont ceux qui sont devenus conteurs graduellement et ne s’en sont rendu compte qu’une fois confrontés au fait accompli. Peu importe nos origines, nous vivons tous pour les histoires: pour l’image évocatrice, pour le mot juste, pour le plaisir de partager notre imaginaire. Parce qu’on peut se faire payer pour proférer des niaiseries en public.
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par Laurine - dimanche, 19 mars 2006 - 13:28 (Critiques, Lectures, Société)
Dans un premier ouvrage intitulé Stiff: The Curious Lives of Cadavers (disponible en français), Mary Roach s’est penchée sur le sort parfois surprenant réservé aux cadavres. Tout récemment est paru son deuxième titre, Spook: Science Tackles the Afterlife, et cette fois l’auteure se met à la recherche de faits qui pourraient nous éclairer sur ce qui arrive à l’esprit d’un défunt. Y a-t-il une âme, une après-vie? Cette grande question n’a comme réponse que des affirmations doctes venant de croyants ou d’athées. Prétendre que l’âme va au Paradis, en Enfer, ou qu’elle se réincarne, est une hypothèse. Déclarer, à l’instar de Francis Crick, que l’identité humaine n’est rien de plus que la somme des comportements d’un ensemble de cellules nerveuses et de leurs molécules associées en est une aussi. Pourquoi? Parce qu’il n’y a pas de preuves. Roach part donc en quête de ces preuves, interrogeant indifféremment scientifiques, excentriques et experts de tout acabit, et proposant un genre de compte rendu historique des recherches menées dans ce domaine. Elle le fait avec beaucoup d’humour, ce qui rend la lecture de ce petit bouquin divertissante et instructive malgré sa facture un peu surperficielle. Organisé en une douzaine de chapitres thématiques, il est truffé d’anecdotes révélatrices, de notes en bas de page hilarantes et d’observations judicieuses.
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par Christian - samedi, 18 mars 2006 - 22:54 (Congrès Boréal, Montréal et environs, SF&F francophone)
(Reprise amendée d’un message précédent)
Comme l’annonçait Laurine il y a quelques temps, le congrès Boréal 2006 arrive à grand pas (5, 6 et 7 mai: notez-le bien sur vos calendriers!) et nous encourageons tous les lecteurs de Fractale Framboise à y assister.
Pourquoi donc? Parce que Boréal, c’est 55 heures (du vendredi, 10h à dimanche, 17h) de pure science-fiction et fantaisie. D’accord, il y a vingt heures de sommeil et au moins six heures de repas compris dans ces 55 heures (jetez un œil sur le programme de l’an dernier, et notez que le congrès est plus long cette année), mais le reste du congrès est rempli de discussions, de rencontres, de tables-rondes, de présentations, d’ateliers, de jeux avec un thème commun: la science-fiction, le fantastique et la fantasy. Ne laissez pas le mot “congrès” vous impressionner: Boréal, c’est avant tout une rencontre entre passionnés et professionnels. Vous n’êtes pas les seuls au monde à lire Vonarburg, Champetier, Senécal et Sernine: venez rencontrer des gens qui ont au moins ça en commun avec vous! (Et même rencontrer ces quatre auteurs!) Boréal, c’est comme lire Fractale Framboise pendant trois jours. Qui plus est, vous aurez l’occasion tout à fait unique de rencontrer les trois fondateurs de Fractale Framboise dans la même pièce. Et, qui sait, peut-être aurons-nous quelque chose pour les habitués du site…
Tous les détails du congrès (endroit, instructions pour s’inscrire, information au sujet des congrès précédents) se trouvent au site officiel congresboreal.ca. Enfin, presque tous: Si la programmation s’ébauche toujours, c’est que Boréal offre à ses participants la chance de déterminer quels seront les thèmes abordés lors du congrès. Vous n’avez qu’à vous diriger vers le formulaire/sondage de programmation et nous envoyer vos préférences. Avez-vous quelque chose à contribuer à la discussion? Alors inscrivez-vous comme participant! Mais dépêchez-vous: Le sondage entrera dans son cocon mardi le 21 mars pour en ressortir quelques jours plus tard, transformé en programme resplendissant.
(Coup de chapeau à Jean-Louis Trudel et Alexandre Lemieux, pour avoir mentionné la chose bien avant nous.)
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par Eric - samedi, 18 mars 2006 - 17:37 (Lectures, Société, Écrire)
Nous n’avons malheureusement pas de correspondant français pour vous parler du Salon du livre de Paris, mais parlons-en quand même. C’est à l’émission radiophonique “Samedi et rien d’autre“, à la Première Chaîne de Radio-Canada, que j’ai d’abord entendu parler du cahier spécial du journal Libération dans lequel des auteurs francophones étaient appelés à expliquer pourquoi ils écrivaient en français. Parmi lesdits auteurs, Monique Proulx s’est fait remarquer en soulignant à juste titre ce que la question a d’absurde. Le cahier ne semble pas être disponible en ligne, mais vous pouvez en lire des extraits par la magie du blogue (et obtenir la réaction d’un lecteur français par la même occasion).
C’est que cette année, c’est la Francophonie toute entière qui fait figure de “pays invité” au Salon. Un article de Michel Dolbec résume bien le déséquilibre du concept qui, vu de Paris, tend à décrire la périphérie en excluant la France elle-même, centre et sommet de la langue. Un article de 2002 sur Africultures montre que le malaise n’est pas nouveau (Monique Proulx à l’appui, ici aussi). Comment faire évoluer cette mentalité? Continuer d’écrire des oeuvres de qualité, j’imagine, et ne pas trop s’en faire si la littérature québécoise ne s’exporte pas. Si elle brille assez fort, elle finira peut-être par susciter l’intérêt qu’elle mérite, et en attendant, on se parlera entre nous autres…
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par Christian - vendredi, 17 mars 2006 - 21:56 (Plogues, SF&F francophone)
(Septième et dernière dans une série d’entrevues réalisées au Salon du Livre de l’Outaouais 2006)
Alexandre Lemieux se décrit comme “geek, artiste et auteur”, une description tout à fait confirmée par son blog, une lecture essentielle pour tous les amateurs de SFQ. Ingénieur certifié, il est constamment à cinq minutes de l’onde de choc technologique et possède un site web d’une sophistication à faire pâlir d’envie l’équipe de Fractale Framboise. Depuis quelques mois, il podcaste régulièrement et a ainsi profité du Salon du Livre de l’Outaouais pour mener des entrevues avec des auteurs de SF. Sa nouvelle “Retouche sur le futur” est parue dans Solaris 155.
[Note: Cette entrevue, qui s'est déroulée sous les regards perçants de Laurent McAllister, a été doublement enregistré, et sera corroborée, si nécessaire, par Alexandre lui-même.]

Podcaster prêt à tout!
Pourquoi les lecteurs devraient-ils lire ton blog plutôt n’importe quel autre?
Aucune raison, ce qui est le problème que tous les bloggeurs ont: Il y en a tellement que, bon… Moi c’est périodique: je vais découvrir un blog et le lire pendant un moment: c’est en rotation. Si quelqu’un tombe sur mon site et que ça peut l’intéresser pendant quelque temps, tant mieux. Ce qui va bien vieillir [sur mon blog], c’est le côté critiques de livres. Le reste, c’est du spontané: je ne suis pas certain que dans cinq ans, ça faudra la peine de lire cela.
Est-ce que ton blog a des qualités sociales ou médicinales?
Très peu. Peut-être pour tuer le temps libre, si on en a trop. Peut-être quelques blagues absurdes de temps en temps, pour démontrer les bienfaits du rire. Sinon, je me tiens loin des sujets médicaux.
Quelle place ton blog occupe-t-il dans tes plans de domination mondiale?
Évidemment, quand je me suis procuré le nom de domaine fortrel.net, c’était la première étape dans mon plan de domination mondiale, plans qui –avec une femme et une enfant- ont été mis sur une tablette jusqu’à, peut-être, une vie ultérieure.
Quel traumatisme tente-tu d’infliger à toute la population canadienne avec ton blog?
J’essaie de rendre le gens les moins productifs que possible. En écrivant le plus de billets insensés et ridicules, les gens passent plus de temps sur mon blog et oublient de payer leur facture d’électricité ou d’aller faire l’épicerie.
Puisque ceci est une entrevue avec Fractale-Framboise, nous devons demander: Pourquoi n’y a-t-il pas plus de framboises sur ton blog?
Je ne sais pas d’où vient cette attaque soudaine: Je fais régulièrement des liens à votre site! Je suis outré!
Si un groupe quelconque doit condamner ton blog et te désigner comme hérétique, lequel préfèrerait-tu?
Il y a sûrement un club de macramé extrême à Gatineau qui doit compter moins que vingt personnes: Ça me suffirait.
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par Christian - jeudi, 16 mars 2006 - 20:32 (Plogues, SF&F francophone)
(Sixième dans une série d’entrevues réalisées au Salon du Livre de l’Outaouais 2006)
Qui est Laurent McAllister? Un être à deux cerveaux, un double docteur ou un serial pseudonyme? Chose certaine, on ne peut nier son œuvre: grâce à plusieurs nouvelles de SF et une série de fantasy pour jeunes, McAllister a été finaliste aux Prix Auroras Awards et au GPSFFQ, en plus d’avoir reçu un prix Boréal en 2002 pour Le messager des orages. Ses deux derniers romans sont Sur le chemin des tornades et Le maître des bourrasques, tous deux chez Médiaspaul. On le dit inséparable d’Yves Meynard et Jean-Louis Trudel.

Laurent et un ami… ou le contraire
Pourquoi les lecteurs devraient-ils se procurer vos livres plutôt que ceux d’un autre auteur?
LMM: D’abord, parce qu’ils sont les meilleurs.
Dans le premier 50%?
LMM: Non, dans le premier 10%. (…) Blague à part, je pense que l’on écrit dans l’espoir d’être lu, et savoir que l’on rejoint un public qui prend plaisir à ce que l’on écrit, c’est important pour nous en tant qu’auteurs. Nous ne voudrions pas écrire sans avoir de lecteurs, c’est comme prêcher dans le désert: vaut mieux se taire.
Est-ce que vos livres ont des qualités sociales ou médicinales?
LTM: Absolument! Nous écrivons de la littérature édifiante. Alors qu’il y a beaucoup d’auteurs qui se promènent en disant que leurs ouvrages montrent aux gens comment réaliser leur rêves, comment persévérer et surmonter les obstacles, nous montrons absolument le contraire: Tous les rêves ne se réalisent pas. Par exemple, [notre protagoniste] Petrel a embarqué dans un grand voyage d’une inutilité complète et il termine le troisième tome à bout d’espoir. Ceci est très important parce que ça démontre au jeune lecteur qu’il faut savoir survivre à la mort de nos rêves.
LMM: D’autant plus que dans la société où on est, il est de plus en plus difficile d’espérer réaliser quoi que ce soit. Il faut donc se préparer à la médiocrité future de sa vie adulte.
Quelle place vos livres occupent-il dans vos plans de domination mondiale?
LMM: Celle d’une cinquième colonne. On commence par pervertir et corrompre la jeunesse. Et, une fois que ces gens sont en place et acquis à nos vues, on peut penser donner le signal d’un soulèvement généralisé.
Quel traumatisme tentez-vous d’infliger à toute la population canadienne avec votre fiction?
LMM: D’abord, le multiculturalisme de Zodiaque est aussi indéniable qu’insupportable, ce qui, je pense, correspond beaucoup à la réalité canadienne. Mais en plus, c’est écrit en français même si c’est tellement bon que ça devrait être écrit en anglais. Je crois que ce traumatisme là, déjà, est capable de déstabiliser l’industrie du livre.
LTM: Non seulement est-ce écrit en français, mais c’est écrit en bon français. Je pense que, dans le Québec et ou le Canada francophone d’aujourd’hui, ceci peut être extrêmement traumatisant pour tous les lecteurs, tous les acheteurs de livre qui se sentiront extrêmement inadéquats.
Puisque ceci est une entrevue avec Fractale-Framboise, nous devons demander: Pourquoi n’y a-t-il pas plus de framboises dans votre fiction?
LTM: Parce que l’on ne nous l’a pas encore demandé.
LMM: Sauf que l’expression product placement, n’est-ce pas, implique un paiement et d’habitude, qui dit paiement dit à-valoir-
LTM: Ce serait effectivement plus convaincant si-
[Bruit d'argent glissé sur la table]
LTM: Il y aura donc une framboise. Cinquante sous achètent une framboise. Pour un framboisier, il faudra y mettre un peu plus d’argent.
Si un groupe quelconque doit condamner vos histoires et vous désigner comme hérétique, lequel préfériez-vous?
LMM: Cela pourrait être les fondamentalistes chrétiens, mais ceux-là sont typiquement associés aux américains. Pour quelque chose de québécois, ce pourrait être les Bérets Blancs parce que, après tout, il y a des démons à profusion dans notre série: On parle de Moloch, on parle de Mardouk. J’ai fait des recherches démonologiques sur le web pour notre fiction et je crois donc qu’en tant qu’agent des forces démoniaques, on représente tout ce que les Bérets Blancs détestent. J’aimerais beaucoup que Gilberte Côté-Mercier, si elle est encore de ce monde, nous dénonce en première page de Vers Demain, Ça me rendrait immensément heureux.
LTM: Ou bien encore les Raéliens. Vu leur croyances en les vertus de l’amour libre, il serait sans doute horriblement offensant pour eux de constater que dans cet ouvrage, il n’y ai pas une scène d’amour, pas une scène de sexe et pas même un sein nu au bout rouge comme une framboise.
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par Christian - mercredi, 15 mars 2006 - 21:16 (Plogues, SF&F francophone)
(Cinquième dans une série d’entrevues réalisées au Salon du Livre de l’Outaouais 2006)
Pierre-Luc Lafrance est une des vedettes montantes de la SFQ: Toujours à quelques années de sa trentaine, il cumule les diplômes et écrit à un rythme époustouflant. Sa feuille de route compte déjà, entre autres choses, un passage d’un an aux éditions Alire et quelques numéros du fanzine Ailleurs. La dernière fois que nous avons regardé sa bibliographie, il y a cinq minutes, ses romans étaient Y a-t-il un héros dans la salle? (2004) et Princesse à enlever (2005) chez Soulières, ainsi que Le pays des yeux-morts (2005) chez Médiaspaul. Une bibliographie complète se trouve sur son site officiel.

“Regarde, Maman! Je vais toucher à la tête de Pierre-Luc!”
Pourquoi les lecteurs devraient-ils se procurer tes livres plutôt que ceux d’un autre auteur?
Parce que mes livres ont une personnalité, parce que ce n’a pas été une création spontanée, du genre Bon, la fantasy est un genre populaire, alors je vais en écrire même si je ne m’y connais pas. Des romans humoristiques comme Princesse à Enlever et Y’a-t-il un héros dans la salle?, jusqu’à preuve du contraire, je n’en connaîs pas d’équivalents au Québec. Il y a de la fantasy humoristique qui se fait ailleurs dans le monde, mais je pense qu’il s’agit de romans qui sont typiquement québécois, avec des référents culturels spécifiques. Pour ce qui est du Pays de Yeux noirs, c’est un roman de fantasy urbaine avec une création d’univers parallèle à l’intérieur de la ville de Québec. Je pense que ça a son intérêt.
Est-ce que tes livres ont des qualités sociales ou médicinales?
Oui, c’est certain. D’ailleurs, quelqu’un me disait qu’il pilonnait mes livres pour en mettre un peu dans son pablum et cela a empêché des coliques chez son enfant.
Quelle place tes livres occupent-il dans tes plans de domination mondiale?
Je ne pensais pas que quelqu’un l’avait deviné, mais je pense que c’est important d’abrutir la masse et c’est pourquoi il y a des messages subliminaux à l’intérieur de mes livres pour l’abrutir encore plus. Malheureusement, ça s’est retourné contre moi, avec comme résultat que les Amos Daragon vendent encore plus.
Quel traumatisme tente-tu d’infliger à toute la population canadienne avec ta fiction?
Soyons honnête: je ne crois pas qu’il est possible d’infliger plus de traumatismes à la population canadienne. Le but, c’est plutôt d’en rajouter aux autres populations afin qu’on devienne tous des citoyens canadiens, c’est-à-dire qu’on continue à se faire [*****] de tout bords tout côtés et qu’on en redemande encore. C’est pour cette raison que Y’a-t-il un héros dans la salle? sera bientôt traduit en Espagne et y paraîtra plus tard cette année afin de rendre les espagnols aussi canadiens que nous.
Puisque ceci est une entrevue avec Fractale-Framboise, je dois demander: Pourquoi n’y a-t-il pas plus de framboises dans ta fiction?
C’est à cause de mon directeur littéraire. À l’origine, mon personnage ne s’appelait pas Cochon mais bien Framboise. Sauf qu’il y a un gros lobby de l’industrie de la framboise qui a jugé que ça n’allait pas projeter une bonne image de la framboise. J’ai donc eu deux choix: soit l’appeler Cochon parce que le lobby porcin n’est pas très fort, soit le transformer en héros positif avec des valeurs canadiennes que l’on pourrait transmettre partout dans le monde. Ce qui, bien sûr, m’était impossible.
Si un groupe quelconque doit condamner tes histoires et te désigner comme hérétique, lequel préférait-tu?
L’association des zéros héros amateurs. Un nouveau groupe, où on y retrouve des gens exceptionnels qui ont, entre autre, sauvés de chats dans un arbre après les y avoir préalablement mis dans l’arbre pour les sauver. J’aimerais bien avoir des problèmes avec eux.
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par Christian - mardi, 14 mars 2006 - 20:21 (Plogues, SF&F francophone)
(Quatrième dans une série d’entrevues réalisées au Salon du Livre de l’Outaouais 2006)
Native de Florence et habitante de Besançon, Serena Gentilhomme est pratiquement une membre à part entière de la SFQ étant donné ses nombreuses présences au congrès Boréal et ses fréquentes contributions aux revues d’ici. Nouvelliste, anthologiste (Âmes Sœur), critique (Québec Français 139), enseignante experte en cinéma d’horreur italien (entre autres), elle partage peut-être également quelques liens de parenté avec la mystérieuse “Serena” qui commente parfois sur Fractale Framboise. Ses deux derniers romans sont Villa Bini et Les Nuits Étrusques.

Pourquoi les lecteurs devraient-ils se procurer vos livres plutôt que ceux d’un autre auteur?
Mais c’est ce que je me demande! Il vaudrait mieux qu’ils achètent, peut-être, les livres d’autres personnes. Ou alors les miens, parce ce qu’ils veulent lire de l’horreur qui a des décors un peu différents, comme Florence, ou bien des allusions à des auteurs, à des mondes qui ne se retrouvent pas souvent en cette littérature, comme la Divine Comédie.
Est-ce que vos livres ont des qualités sociales ou médicinales?
Médicinale, je ne sais pas, sinon que ça peut empoisonner à long terme. Mais sociale, oui: le texte “Onction Extrême” parus dans Petites danses de Macabré est d’un engagement social certain.
Quelle place vos livres occupent-il dans vos plans de domination mondiale?
Tellement infime que je ne saurais l’identifier.
Quel traumatisme tentez-vous d’infliger à toute la population canadienne avec votre fiction?
Ce n’est pas possible: Avec son tirage très limité, je crois même épuisé, je ne crois pas que ça sera un fléau.
Puisque ceci est une entrevue avec Fractale-Framboise, nous devons demander: Pourquoi n’y a-t-il pas plus de framboises dans votre fiction?
Mais c’est ce que je vais m’empresser de corriger dans le prochain. J’y mettrai des fractales, des framboises, des framboise et des fractales et… quelques myrtilles.
Si un groupe quelconque doit condamner vos histoires et vous désigner comme hérétique, lequel préfériez-vous?
Le gouvernement de Berlusconi.
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par Christian - lundi, 13 mars 2006 - 20:14 (SF&F francophone)
(Troisième dans une série d’entrevues réalisées au Salon du Livre de l’Outaouais 2006.)
Routier de longue date en SFQ, Guy Sirois est connu comme auteur (sous son nom, ou avec Jean Dion en tant que “Michel Martin”), critique, essayiste, anthologiste (Transes Lucides) et commentateur éclairé sur la SF d’ici et d’ailleurs, des pulps à aujourd’hui. Ses deux derniers romans sont Un Voyage de Sagesse et Horizons blancs, tous deux chez Médiaspaul.

Pourquoi les lecteurs devraient-ils se procurer vos livres plutôt que ceux d’un autre auteur?
Parce que… je suis seul à les avoir écrit? Les prochains que je pourrais publier seront aussi mes œuvres à moi. Personne n’est semblable, personne n’est pareil! Je suis unique, -malgré ma modestie- j’en suis bien conscient. Unique dans l’univers, dans l’histoire de l’univers! On ne me répètera jamais! Ceci dit, est-ce que les livres eux-mêmes sont bons? Je crois qu’on peu les trouver bon, qu’on peut les trouver moins bon, selon ce que l’on préfère, ce que l’on aime.
Est-ce que vos livres ont des qualités sociales ou médicinales?
Je crois qu’ils ont une valeur morale. C’est d’ailleurs le projet: J’ai toujours eu une intention morale en écrivant mes livres. Pas autant pour instruire la jeune génération qu’à l’amener à penser aux divers problèmes qui sont introduits dans mes bouquins.
Quelle place vos livres occupent-il dans vos plans de domination mondiale?
Disons que -étant modeste- je ne crois pas pouvoir conquérir la planète avec mes livres. Par contre, si on compare avec mes activités professionnelles, j’ai l’impression que mes livres auront une plus grande influence… toute petite qu’elle soit!
Quel traumatisme tentez-vous d’infliger à toute la population canadienne avec ce livre?
De les faire attendre… la fin ou la suite.
Puisque ceci est une entrevue avec Fractale-Framboise, nous devons demander: Pourquoi n’y a-t-il pas plus de framboises dans votre fiction?
En général, parce que dans les milieux que je décris, il n’y a plus de framboise. C’est le problème. Il y en a eu, mais… C’est un leçon cautionnaire, évidemment: Voulez-vous des framboises? Ou voulez vous que les framboises disparaissent? Choisissez.
Si un groupe quelconque doit condamner vos livres et vous désigner comme hérétique, lequel préfériez-vous?
Le parti Libéral?
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par Laurine - dimanche, 12 mars 2006 - 16:04 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)
Une critique dans le journal Voir laissait entendre qu’à l’image de films comme Troy, Tristan + Isolde et King Arthur, Beowulf & Grendel s’inscrit dans la tendance hollywoodienne du moment qui veut qu’on adapte d’anciennes légendes mythiques en évacuant tout leur contenu fantastique. Ou bien j’ai mal compris la critique en question, ou bien le chroniqueur et moi n’avons pas vu le même film. Beowulf & Grendel est bel et bien un film de fantasy, déjà parce que le troll du titre n’est pas un être humain, à moins que vous connaissiez beaucoup de petits garçons qui portent la barbe. Mettons les choses au point: le fait qu’une pareille créature soit vulnérable aux coups d’épées ne la range pas automatiquement dans la catégorie des homo sapiens. Sinon pourquoi parler de troll? Ajoutons que l’histoire présente une sorcière qui «voit» la mort des gens, et une sorte de sirène (sea hag) dont le nom exact en français m’échappe.
Comme tout le monde le sait maintenant, le film s’inspire du poème épique Beowulf, un truc illisible pour le commun des mortels, mais qui a beaucoup plu à Tolkien, paraît-il. Question d’adapter l’histoire au goût du jour et de la coincer dans un laps de temps de deux heures, le scénariste Andrew Rai Berzins a pris beaucoup de libertés avec le récit original. Résumons. Accompagné d’une poignée de guerriers, Beowulf (Gerard Butler) quitte le Geatland et met les voiles vers le Danemark pour porter secours au roi Hrothgar (Stellan Skarsgård), dont les terres sont dévastées par le troll Grendel (Ingvar Eggert Sigurðsson). (Pause National Geographic: le Geatland, aussi appelé Gothia, Gothland, Gotland ou Gautland, se trouvait au sud de la Suède. On dit que les Goths sont originaires de cette région.) Une fois sur place, le héros se rend compte que les choses ne sont pas aussi claires qu’il l’avait cru. Grendel ne s’en prend pas aux Geats, ce qui laisse soupçonner qu’il reproche quelque chose aux Danois — en effet, Hrothgar et ses hommes ont massacré le père du troll. Pour ne rien arranger, Beowulf s’entiche de Selma (Sarah Polley), la sorcière locale, une paria qui s’est attachée au troll. Enfin, par un malheureux concours de circonstances, surgit à ce moment le moine Brendan (Eddie Marsan), un illuminé épileptique qui profite de la terreur des habitants pour les convertir au christianisme. Même les hommes de Beowulf se laisseront embobiner par les promesses du dieu sauveur.
(suite…)
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