Archives: février 2006
par Laurine - samedi, 25 février 2006 - 14:44 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
J’avance lentement dans la série d’Erikson, mais j’avance! Memories of Ice se déroule pendant Deadhouse Gates et tout de suite après Gardens of the Moon. L’histoire reprend sur le continent de Genebackis que les guerres ont si bien ravagé qu’elles donnent naissance à un nouveau fléau, le Pannion Domin. Dirigées par le Pannion Seer, un tyran timbré, ces troupes sont tellement poussées à la faim qu’elles dévorent leurs ennemis (entre autres occupations peu ragoûtantes). Pour contrer l’avancée des cannibales, une curieuse alliance se forme entre Dujek (officiellement un exilé de l’Empire, mais secrètement à la solde de l’impératrice) et son ancien ennemi, Caladan Brood. À cette alliance se joignent d’autres peuples assaillis, chacun apportant au récit son lot de rebondissements. Au même moment, un dieu déchu et infirme pollue les voies magiques par lesquelles circulent les nombreux sorciers du récit, contaminant du même coup le panthéon des dieux qui n’apprécient pas l’intrusion.
Ceci n’est pas un très bon aperçu de l’histoire, car Memories of Ice est impossible à résumer. C’est un roman de guerre, avant toute chose, où les enjeux sont encore une fois énormes. L’accent est surtout mis sur la progression d’une armée massive et hétéroclite. Le bouquin s’articule autour de deux points culminants, deux sièges majeurs où des villes sont ravagées, la première à l’épée et la deuxième par la magie et les démons. Parallèlement se déroulent des intrigues de plus petite envergure mettant en scène des personnages sacrément colorés, dont une immortelle accompagnée d’une armée punitive de… trois soldats.
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par Christian - jeudi, 23 février 2006 - 21:43 (SF&F autre)
On dira ce que l’on voudra sur l’inutilité des Prix Hugo à représenter ce qui se fait de mieux en SF anglophone, il reste que ça reste un exercice amusant de nominer, lire et débattre des mérites respectifs des œuvres en compétition. Ayant reçu ma confirmation d’inscription à L.A.Con IV (Worldcon 2006, à Los Angeles du 23 au 27 août: au fait, est-ce que d’autres lecteurs de Fractale Framboise comptent y être?) je suis maintenant presque prêt à envoyer mon bulletin de nomination.
Après la (suite…), un survol de mon bulletin de nomination, avec possibilité de m’influencer: Si vous avez des suggestions, il vous reste jusqu’au 10 mars pour me convaincre!
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par Laurine - mercredi, 22 février 2006 - 13:19 (Arts visuels, Plogues)
J’ai des semaines comme ça… Je viens de recevoir mon exemplaire d’un autre roman dont j’ai illustré la couverture, un polar d’Alire, celui-là. Morts sur l’Île-du-Prince-Édouard est la cinquième enquête de Charlie Salter. La série est signée par Eric Wright, un auteur canadien connu pour ses romans policiers (il a remporté quatre fois le prix Arthur-Ellis). Ce n’est pas une série facile à illustrer, car les enquêtes menées par Salter sont très tranquilles — c’est du cérébral, pas des fusillades et des explosions! Même si je ne suis pas la mieux placée pour en juger, ce type d’enquête me paraît très réaliste, justement parce que les cadavres ne s’empilent pas, et que le gros du travail se fait en questionnant les témoins et en brassant de la paperasse.
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par Laurine - mardi, 21 février 2006 - 12:40 (Arts visuels, Plogues, SF&F francophone)
Je viens de recevoir par la poste mes exemplaires des deux derniers Médiaspaul, dont j’ai fait l’illustration des couvertures. Chez Jeunesse-pop, le troisième volume de la série «Les Îles du Zodiaque» de Laurent McAllister (le pseudo d’Yves Meynard et Jean-Louis Trudel) a pour titre Le Maître des bourrasques. Si vous ne connaissez pas cette excellente série de fantasy pour jeunes, shame on you et courez vous la procurer en librairie. Chez Jeunesse-plus, Michel J. Lévesque vient de publier son premier roman jeunesse, Samuel de la chasse-galerie, qui mêle astucieusement récit d’époque et récit contemporain (c’est du fantastique).
J’avoue un certain soulagement en voyant la nouvelle mise en page de Jeunesse-plus: avec une diagonale en moins, la présentation est plus aérée. (L’utilisation du rouge, pour faire un rappel avec le logo, n’est pas une mauvaise idée non plus.)

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par Laurine - dimanche, 19 février 2006 - 12:24 (Arts visuels, Critiques, Techno/sciences)
Comme le laisse entendre son titre, Myst V: End of Ages marque la fin de cette fabuleuse série de jeux vidéo. Plus qu’un simple passe-temps demandant au joueur de résoudre des énigmes, Myst offre un univers de fantasy complexe où l’écriture permet de créer des Âges, de les voir évoluer et, malheureusement, de les détruire si un livre de liaison tombe entre les mauvaises mains.
La conclusion de la série puise dans les quatre premiers volets, et aussi dans Uru, un monde dérivé auquel je n’ai jamais eu accès faute d’équipement adéquat. Le joueur est accueilli par Yeesha, maintenant adulte, qui lui demande de retrouver une tablette investie de pouvoirs. Ce puissant artefact lui permettra de reconstruire D’ni. Pour mettre la main dessus, il faut au préalable rassembler quatre ardoises éparpillées dans plusieurs Âges. Arrive dans le récit un dénommé Esher, un hippie grognon et chauve qui s’oppose à Yeesha. Interviennent aussi les Bahro, des créatures asservies veillant sur les ardoises que récolte le joueur. Le jeu commence à K’veer, qui s’avère à la fois un point de départ et d’arrivée. Un petit monde intermédiaire, Direbo, fait le lien entre les quatre lieux où sont réparties les ardoises: Tahgira (le village dans la neige), Todelmer (l’observatoire astronomique), Noloben (les îles aux menhirs) et Laki’ahn (l’arène). Chaque ardoise retrouvée est utilisée pour progresser dans le jeu, et on peut y tracer des symboles qui obligent les Bahro à recourir à leur magie. Comme d’habitude, l’histoire se conclut avec trois issues possibles, dont une seule est optimiste.
Parmi les comptes rendus sur Internet, vous aurez le lot habituel d’éloges dithyrambiques. Cette fois, par contre, impossible de ne pas aussi remarquer les exclamations de dépit et les critiques grincheuses venant de joueurs frustrés. J’avoue partager l’impression désagréable qu’avec End of Ages, quelqu’un a pris toutes les mauvaises décisions concernant la conception du jeu.
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par Laurine - vendredi, 17 février 2006 - 19:28 (Insolite, SF&F autre, Société, Techno/sciences)
Dans son dernier roman, State of Fear, Michael Crichton avance l’hypothèse que le réchauffement planétaire est une vaste conspiration orchestrée par des scientifiques écolos. Sans doute émus de voir un auteur de renom défendre leur cause, les membres de l’American Association of Petroleum Geologists remettront à M. Crichton leur prix annuel de journalisme. La citation qui tue est attribuée à Larry Nation, porte-parole de l’AAPG:
It is fiction. But it has the absolute ring of truth.
Nous voilà tous rassurés. L’affaire a été rapportée initialement dans le New York Times, auquel il faut être abonné pour visualiser les articles en ligne. Par contre, le texte se trouve dans les pages de Freepress. L’affaire a aussi été relevée dans le dernier numéro du Times canadien et d’Entertainment Weekly.
Je n’ai pas l’intention de lire le roman, en passant, mais libre à vous de commenter si vous êtes passés au travers. J’en profite pour vous orienter vers le billet Remonter à la source (1) de Jean-Louis Trudel, qui a son mot à dire sur le réchauffement global.
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par Christian - mercredi, 15 février 2006 - 21:42 (Insolite, Société)
Je ne suis pas un goth, je ne suis pas particulièrement épris des films d’horreur et ma schadenfreude a définitivement ses limites, mais donnez-moi des statistiques au sujet de la mort et vous venez de me perdre pour quelques minutes. En l’honneur de la sortie du troisième FINAL DESTINATION, voici un document qui énumère vos chances de mourir de tel ou tel accident, tel que basé sur des statistiques américaines de 2002.
Avertissement: Après la (suite…), de l’humour bien noir.
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par Christian - dimanche, 12 février 2006 - 23:39 (Critiques, Lectures, Société)
Personne ne s’attendait à ce qu’un livre de science économique devienne un best-seller national. Publié en mai 2005, Freakonomics est depuis devenu un authentique succès populaire: #15 au palmarès des ventes américaines pour 2005, le livre est encore au sommet des ventes d’amazon.com au moment d’écrire ces lignes. La copie qui se trouve sur mon bureau, trouvé à une librairie à rabais, s’avère la vingt quatrième réimpression du livre, et ce moins d’un an après sa parution initiale.
Si la mission de tout critique est de faire découvrir des petits bijoux méconnus, disons qu’il est un peu trop tard pour Freakonomics, un livre déjà longuement commenté ailleurs sur le web. (Amazon.com compte déjà pas moins de 801 commentaires au sujet du livre!) C’est la saveur du jour en sociologie populaire: un amas d’idées fascinantes qui peuvent ou ne peuvent pas s’avérer d’une importance capitale dans nos vies.
Steven D. Levitt est un économiste: sa spécialité est d’examiner des questions anodines avec les outils de la science économique. Si ses calculs lui suggèrent que l’avortement réduit le crime, que les piscines sont plus dangereuses que les armes à feu, qu’être pusher n’est pas économiquement rentable, que l’influence active des parents en éducation est surévaluée, hé bien pourquoi pas?
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par Éric - mercredi, 8 février 2006 - 22:24 (Insolite, Plogues, Société)
Ce n’est pas la première fois que je mets les pieds dans ce bar, mais c’est la première fois qu’on m’y filme. Un homme à ma droite vérifie l’image et me demande d’ajuster mes lunettes. Le caméraman me pointe sans broncher, impassible malgré le poids sur son épaule. Une femme me pose des questions et j’y réponds. Elle sait ce qu’elle fait; moi, moins. Je tiens là une occasion rêvée de paraître plus sage et intelligent que je ne le suis vraiment, et ce, aux yeux de milliers de téléspectateurs. J’aimerais savoir comment je m’en tire, jusqu’ici. Le bar est plein de gens qui, eux, ont l’habitude du tournage. Même les figurants attablés derrière moi sont là au moins depuis le début de la journée. Plus tôt, alors que j’attendais mon tour devant la caméra, je m’en étais émerveillé: ces gens-là sont donc payés pour boire de la bière et discuter? Non, m’a-t-on expliqué, ils bougent les lèvres en silence et boivent du jus de pomme qu’on a brassé pour le faire mousser.
L’intervieweuse m’incite à avoir l’air plus naturel. Je reprends mon histoire et j’arrive à y mettre un peu plus d’entrain. Au moins, je connais mon sujet.
C’est lundi prochain, le 13 février, que débutera au Canal D l’émission “Légendes urbaines”. Ça s’annonce comme une bonne petite série documentaire, pour le peu que j’en sais. Avec un tel sujet, c’est facile de verser dans le sensationnalisme ou le ridicule, mais les créateurs de ce projet semblent avoir une approche valable. Chaque épisode présentera une poignée de légendes liées à un même thème. Chaque légende sera jouée par des acteurs et commentée par des experts (sociologues et autres) et des conteurs.
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par Laurine - mercredi, 8 février 2006 - 9:16 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
J’entame La Tour sombre, le tome final de la série éponyme de Stephen King, une brique de 900 pages. Je note encore ici et là des tournures de phrases particulières dont je fais une recension partielle. Cette relecture aboutira à une critique (des romans, pas de la traduction) dans la revue Solaris d’ici peu.
Je ne sais pas si je l’ai déjà mentionné, mais il existe un site officiel The Dark Tower, qui est bien joli, mais qui aurait besoin d’une petite mise à jour. On y trouve un glossaire des personnages, un message audio de King, des renseignements sur les artistes qui ont illustré les ouvrages, les concordances avec les autres romans de l’auteur, etc.
Au son de la cloche, tournez la page.
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par Laurine - samedi, 4 février 2006 - 9:12 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
Que serait un blogue de SFF sans un petit billet sur le dernier Potter? Je lis la série un peu distraitement, car, comme je le mentionnais il y a quelques semaines, elle reste résolument dans le créneau jeunesse avec toute la légèreté que cela sous-entend, n’en déplaise à ceux qui assurent que le propos s’assombrit. D’accord, les protagonistes ne se bourrent plus autant de Chocogrenouilles ou de Suçacides. Il n’empêche, quand on jette un sort dont l’effet rappelle le virus Ebola, il suffit d’un coup de baguette magique pour réparer les dégâts. Alors ce n’est pas une armée de morts-vivants émergeant d’un lac qui changera grand-chose au contexte!
L’introduction est brillante. Plutôt que de voir Harry Potter se morfondre chez les Dursley, Rowling nous apprend que le Premier ministre anglais reçoit régulièrement la visite de son homologue sorcier, en l’occurrence Cornélius Fudge. La narration que celui-ci fait des événements se déroulant de son côté de l’univers sert de prétexte à un habile résumé des trois tomes précédents. Dans ce roman-ci, l’arrivée de Voldemort n’est plus une rumeur et, de paranoïaque patenté, Potter est passé au statut d’Élu qui causera la chute du sorcier maléfique. Afin de le préparer convenablement, Dumbledore lui révèle des pans du passé de Voldemort. Pourtant, Potter est surtout inquiété par le comportement étrange de Drago Malefoy et de Severus Rogue. Pour ne rien arranger, Ron et Hermione sont en pleine crise hormonale (finalement, tout ne se règle pas à coups de baguette). Le nouveau prof de potions, un dénommé Slughorn, s’avère un terrible opportuniste, mais c’est dans son cours que Potter apprend l’existence du Prince de Sang-mêlé, un magicien doué dont l’identité reste un mystère.
Ne poursuivez pas la lecture de ce billet si vous n’avez pas lu le roman. Certains rebondissements valent le coup d’être découverts par soi-même, et je n’ai malheureusement pas eu cette chance (merci, Entertainment Weekly).
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par Laurine - jeudi, 2 février 2006 - 8:44 (Critiques, Lectures, SF&F autre, Écrire)
Il y a plusieurs mois déjà, j’ai terminé la lecture du cycle «The Dark Tower» de Stephen King en version originale. Je suis présentement en train de relire les deux derniers volumes en français, c’est-à-dire Le chant de Susannah et La Tour sombre. Petit rappel, pour marquer la conclusion de la série, J’ai Lu l’a republiée en grand format, sous une nouvelle couverture. L’ennui, c’est que la traduction a été intégralement reprise du début et dans des délais apparemment très serrés. Ceci a donné lieu à des erreurs dont j’ai fourni l’exemple en avril dernier dans quatre ou cinq billets intitulés Les flous de la Calla. Le volume 6, Le chant de Susannah, est nettement mieux traduit que le précédent, ce qui n’empêche pas que certains dérapages soient passés sous le nez des réviseurs.
Une erreur qui revient de temps en temps est le mot dim, que la traductrice a pris pour un terme du patois fictif inventé par King dans Les Loups de La Calla. Celui-ci l’avait mis en italiques dans son texte pour marquer l’insistance, ce qui doit être à l’origine de la confusion: «À la fin de chaque arc, le pendule devenait dim.» (Now the bob was growing dim at the end of each swing.)
Du côté des erreurs d’inattention, l’un des personnages se retrouve avec une balle logée «à environ dix centimètres au-dessus du genou, légèrement à droite du tibia» [p.252]. Ailleurs, une phrase mal formulée fait qu’un personnage donne deux fois plutôt qu’une un billet de dix dollars à un chauffeur de taxi [p.394]. Et plus loin encore, une longue période de 24 ans est réduite à 24 heures [p.411]. Dans un autre chapitre, King campe un décor médiéval dans lequel il parle de merlons et d’allure, que la traductrice reprend tels quels. Or si merlons convient aux deux langues, je crois qu’on doit parler de «chemin de ronde» et non d’allure en français.
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