Harry Potter and the Goblet of Fire

Billet: HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIREHurry Spotter, Hairy Pooter, Hurray Pothead… c’est plus simple de trouver des noms débiles à donner à cette série que d’en faire un commentaire original. Est-ce que quelque chose n’a pas été dit au sujet de Harry Potter? Je blaguait avec une collègue que la plupart des critiques devraient se limiter à « Maintenant à l’affiche« : est-ce que la pire critique au monde réussirait à dissuader un seul membre de l’audience potentielle du film?

Alors que j’écris ceci, le succès financier de ce quatrième épisode est indéniable: À $230M trois semaines après sa sortie, il n’est pas impossible que le film dépasse les recettes totales du troisième volet avant la fin de l’année. Feu de paille? Manifestement, non. Stupide succès populaire? Pas plus: Metacritic et Rotten Tomatoes s’entendent pour dire qu’il s’agit d’un des meilleurs films de l’année. Avec cette série, Warner Brothers a réussi à faire une série qui échappe à la critique: Après quatre films tout aussi solides les uns que les autres, Rowling doit s’estimer chanceuse: la probabilité de voir Hollywood réussir une adaptation est minuscule, alors imaginez quatre de suite!

Bref, HARRY POTTER AND THE GOBLET OF FIRE est maintenant à l’affiche et j’ai dû être un des derniers en Amérique du Nord à voir le film, à juger par l’audience éparse dans la salle. Au sujet du film, je suis satisfait mais pas emporté. N’ayant pas voulu lire le livre avant le film (ça viendra d’ici une semaine ou deux) j’ai eu l’impression que beaucoup de matériel est resté dans le livre: le problème est particulièrement criant en matière d’interaction entre les personnages. Je suis toujours aussi agacé par la passivité de Harry et la façon dont il semble profiter de passe-droits énormes. Je me suis même demandé s’il était un très bon magicien plutôt qu’un « gars avec des connections »!

Mais ça, c’est moi. Qu’est-ce que vous en avez pensé?

17 commentaires

  1. Mon opinion ne peut pas vraiment être objectiv
    e mais je suis d’accord avec la passivité d’Harry dont vous parlez.
    Et le soutien des magiciens chevronnés autour de lui est plutôt normal compte tenu de ses parents et de son passé, non?
    Ne doutez pas qu’Harry est le meilleur, il a les gènes pour ça! ;)

  2. Jean-Louis

    Le film? Je l’ai dit ailleurs : un début tellement accéléré qu’il ressemble à une bande-annonce, hormis la scène dans la maison abandonnée, puis un film centré sur la compétition de la Coupe de Feu. Cela fonctionne, mais la richesse de l’univers de Rowling manque plus que jamais au film. (Et je crois que beaucoup de fans s’entendraient pour dire que c’est le livre le plus faible de la série. Hmmm, un mauvais livre qui fait un bon film?)

    Mais qu’est-ce qui vous fait croire que Harry est un bon magicien? C’est ce qui est intéressant : Rowling ne fait pas de Harry l’élu aux pouvoirs immenses à la Neo. Il a un talent pour le Quidditch et, tirant avantage de ses expériences, il maîtrise un sort puissant dans le troisième volume, mais il est en général assez clair qu’il est moins bon magicien qu’Hermione, par exemple, ou moins créatif que les frères Weasley.

    Dans le premier livre, il est sauvé par sa mère. Dans le second, par Dumbledore. Dans le troisième, par son père. Dans le quatrième, par ses parents et Diggory. Dans le cinquième, un proche se sacrifie. Dans le sixième, un autre proche meurt. Dans chaque volume, il bénéficie aussi de l’aide de ses amis parce qu’il leur est souvent extrêmement fidèle, à un degré quasi pathologique. Que ne va-t-il pas risquer pour Hagrid? Ou pour sauver Fleur Delacour dans le quatrième? (Syndrome de l’orphelin qui a grandi sans amis.)

    Maintenant, c’est ce qui va se passer dans le septième volume qui m’intrigue. Une conclusion logique de la série serait que Harry… je vous
    laisse y penser.

  3. Caroline

    De mon côté, bien sûr je préfère les livres aux films (duh !), mais je trouve tout de même que le travaille fait avec ces films est très bon. Mais,comme Jean-Louis dit plus haut, là c’est vraiment au 7e tome que j’ai hâte. Je veux savoir comment ça finit !!! ;-) …mal ??

    La prochaine lecture sur ma table de chevet c’est le 6e tome (on est bien rendu à 6 ? Je finis par être mêlée…)

    Côté dernier film, oui il manquait des trucs, c’est indéniable, mais j’avoue que l’histoire commence à faire un gros tout dans ma tête au point où j’ai peine à me rappeler qu’est-ce qui arrive quand ! Il m’était impossible de dire si certains éléments qui, à mon avis, manquaient dans le film avait été coupés ou si c’était des événements qui se passaient ds le volume suivant… Mais, j’ai fort apprécié ce quelque 2heures et plus. Même les tout-petits étaient tranquilles ! :-)

    Petite déception des deux derniers films (auquel on ne peut rien) : je préférais le 1er Dumbledore. :-( Il semblait plus bienveillant.

  4. Hugues

    Christian: La série Harry Potter fait partie de ces rares exceptions où il est préférable de lire le livre avant. Tellement de choses doivent être laissées de côté en adaptation qu’il est bien de les avoir lues avant et de profiter de ce que le cinéma apporte de plus au livre, plutôt que de souffir ce qui est laissé et de moins apprécier les films que si on a lu le livre avant.
    Tout ce que l’on peut reprocher aux personnages (Harry est passif, par exemple), découle des livres, c’est mieux expliqué (même s’il est passif quand même) et donc, on ne saurait reprocher ces aspects aux cinéastes, non? Avec les 4 films, le scénariste a fait un travail superbe.

    Élyyse: Justement. mais le passé et ses parents et toute la mythologie développée dans la série de livre est beaucoup plus difficile à suivre et assimiler si on ne voit que les films et ne lis pas les livres. Tu as raison, mais pour un cinéphile qui n’aurait pas lu les livres – et imaginons même qu’il n’ait vu les films qu’une fois – le tout est difficile à voir d’un point de vue global. Sans parler du temps qui s’écoule entre les sorties des films.

    Jean-Louis: D’accord avec la majorité de tes commentaires ici, sauf en ce qui concerne le 4e livre. D’après les fans avec qui j’ai parlé, le 4e est même un des livres favoris de la série. Personnellement, même si j’ai beaucoup aimé et admiré le côté plus sombre de ce livre, j’ai encore un faible pour le 3e – presqu’aussi sombre et plus compact et plus révélateurs de cette mythologie globale dont je parlais plus haut. mais c’est une opinion personnelle.

    Caroline: Dumbledore, exactement. La seule faiblesse du film de Mike Newell (et dans une moindre mesure, de celui de Cuaron aussi), mais difficile d’en blamer les créateurs, l’acteur qui l’incarnait si bien étant décédé. Mais oui, le Dumbledore des deux derniers films est un peu moins calme et n’a pas la même prestance, ce qui contraste avec l’image que l’on se fait du personnage à la lecture des livres…

    Conclusion personnelle: Pour ce cinéphile-ci, Harry Potter and the Goblet of Fire est certainement un des meilleur film de 2005, tous genres confondus. Aucun autre film n’a réussi cetet année à combiner intensité dramatique, divertissement, sense of wonder et, avouons-le, plaisir de retrouver des personnages que l’on aime bien.
    J’ajouterais au commentaire de Christian que non seulement cette série peut se vanter de posséder 4 adaptations solides, mais en plus, les films ne diminuent pas en qualité, les deux plus récents étant meilleurs que les deux premiers. Et ça, les amis, c’est très très rare, en cinéma.

  5. Joel Champetier

    Et encore une démonstration, s’il en fallait une après _Le Seigneur des Anneaux_, que les films qui sont *respectueux* de l’oeuvre écrite ont tendance à être bons. On coupe des scènes dans les Harry Potter, parce qu’on n’a pas le choix, mais on n’a pas changé les professeurs pour y caser un Will Smith en train de cabotiner, on n’a pas transformé Hermione en idiote sexy, etc. A comparer avec les infâmes _I Robot_, ou le premier Astérix — des exemples extrêmes de trahison, j’en conviens.

  6. Pierre

    J’ai vu HP et la Coupe de Feu hier, et je suis bien déçu. Mais je me méfie de mes premières impressions. En effet, j’avais eu du mal a « accrocher » le Prisonnier d’Azkaban, mais je dois avouer qu’en le revoyant ensuite en vidéo, j’ai pu mieux enchaîner les événements et finir par l’apprécier. Il se produira peut-être la même chose avec le 4ème film. Mais ce qui me chiffonne, c’est comme l’a si bien décrit Christian, le manque d’interaction entre les personnages. En fait , c’est comme si tous les personnages interessants devaient finalement s’effacer pour ne pas voler la vedette au pistonné Harry. Je pense surtout au jeune homme assez baraqué dont j’ai oublié le nom, qui vient d’un pays Slave. Il n’apporte rien à l’intrigue, alors qu’il est censé être un crac. Par contre, Hermione évolue favorablement, et l’actrice semble être celle qui suit le mieux la progression de son personnage.
    Lucius Malfoy ne semble pas avoir de comptes à rendre aprés s’être dévoilé en tant que disciple de Voldemor en présence de Harry Potter.
    Et je vous réserve ma plus suprême déception pour la fin : Voldemor, ce terrible « vous avez qui… », s’est enfin montré au meilleur de sa forme et, et, …
    flop, un petit chef de bande nerveux, perdant vite son sang-froid, plutôt dans le genre bête et méchant, à peine plus dangereux que Joe Dalton. Franchement, tout ce barouf pour ce gringalet, ça ne valait pas la peine de nous faire attendre 4 tomes.

  7. Élyyse: Et le soutien des magiciens chevronnés autour de lui est plutôt normal compte tenu de ses parents et de son passé, non?

    Bien sûr, sauf que je ne peut pas m’empêcher de penser aux autres étudiants quand Dumbledore dit quelque chose du type « J’ai consulté les autres profs, et ils s’entendent pour dire que Harry Potter est sensass. Il se mérite donc la deuxième place, cent cinquante points, deux morceaux de robots et un doctorat honorifique. » CHOUCHOU!

    Hugues: Livre avant film ou film avant livre? Bof: Le livre reste la version définitive, je préfère passer du « teaser » au véritable article.

    Joël: Films respectueux de l’œuvre écrite: Le respect est sans doute facilité par le fait que tout le monde connaît Potter. C’est à se demander si la plupart des rencontres entre les producteurs sont ponctuées par « Non, on ne peut pas faire ça! Les Potterphiles vont nous tuer! » Plus facile de tout changer au sujet d’un œuvre originale obscure…

    Finalement: Si ma mémoire est bonne, il s’agit de la quatrième adaptation cinématographique d’une livre récipiendaire d’un Prix Hugo du Meilleur Roman, non? Après FLOWERS FOR ALGERNON, DUNE, STARSHIP TROOPERS… (Aussi RIVERWORLD, mais ça c’était pour la télévision)

  8. Joel Champetier

    Christian suggère: « Le respect est sans doute facilité par le fait que tout le monde connaît Potter. C’est à se demander si la plupart des rencontres entre les producteurs sont ponctuées par “Non, on ne peut pas faire ça! Les Potterphiles vont nous tuer!”

    Certes, mais pourquoi les créateurs du premier Astérix ont-ils pensé différemment? Pourquoi ne se sont-ils pas dit: « On ne peut pas rendre Astérix peureux, les fans vont nous tuer! » Même argument avec _I Robot_: l’oeuvre avait sa base de fans, qui ne pouvaient pas ne pas être offusqués de voir le crétin de Will Smith faire de la promotion d’espadrilles.

  9. Benoit

    Désolé Joël, mais je ne crois pas que tu aies pu imaginer un instant voir une adaptation intéressante de I, Robot avec Will Smith en gros plan. Au mieux, un moment divertissant si on n’est pas trop difficile. D’ailleurs, le réalisateur avait bien prévenu que le scénario original était insipide, et que ce n’était qu’en rapatriant les droits du roman qu’il a pu sauver un film poche. On ne peut donc nullement parler d’adaptation au cinéma d’un roman SF puisque ce roman n’a servi qu’à rafistoler un scénario qui ne tenait même pas par un fil. Pour ce qui est du premier Astérix, les scénaristes se sont volontairement cassé la gueule en essayant de mélanger 3 histoires. Avec une telle prémisse, le pari était perdu à l’avance.

    En passant, je n’ai pas détesté I, Robot parce que c’est ce que je m’attendais de voir. Dans cette optique, c’est un film moins décevant que War of the Worlds. Et tant qu’à voir un cabotin, autant me tourner vers quelqu’un qui n’a pas la prétention de faire du Shakespeare. Ou du Faust.

    Ah! Le fantôme de Roger Moore!

  10. Joel Champetier

    Les défauts du premier Astérix sont beaucoup plus profonds qu’un tentative ratée de fusionner trois histoires. Ils ont changé les personnages. Astérix, expliquons pour les chanceux qui n’ont pas vu la triste chose, est devenu trouillard et braillard. Le plus stupéfiant est la transformation de Panoramix en vieillard sénile: j’en étais resté consterné, au point de me demander sérieusement si les scénaristes avaient *lu* les bandes-dessinées.

  11. J’aimerais bien avoir votre avis sur War of the Worlds… Je pense bien être la seule personne sur la planète a avoir été vraiment effrayé!

    Qu’est-ce qu’on lui reproche, au juste? Moi, ça m’a rappellé le jeu Half Life, lui même inspiré de 1984 et du WOTW originial, j’imagine…

    Non, non! Moi, j’ai trouvé ça super bon! La première attaque est tout simplement effrayante, avec les morceaux de linge qui volent partout! Et ce sont qu’ils émettent…

    :-O

  12. J’émerge de mon marasme informatique pour ajouter mon grain de sel au sujet du dernier film Potter. J’ai trouvé The Goblet of Fire bien sympathique dans le sens un peu péjoratif du terme. À l’image du roman, le film reste indécrottablement une histoire pour enfants avec toute la naïveté que cela implique et ce, malgré les critiques qui s’entendent à chaque nouveau volet pour dire qu’il est «plus sombre que le précédent». Oui, le spectateur assiste à deux heures de rebondissements palpitants; oui, les décors et les costumes sont somptueux; oui, les personnages vieillissent bien et font l’apprentissage de la vie. Mais je n’embarque pas complètement.

    L’univers de Harry Potter n’est pas très structuré et le meilleur exemple en est l’usage de la magie, où ceci est permis quand cela ne l’est pas, sans qu’on sache jamais pourquoi. Un exemple? Voldemort et ses fidèles recommencent à semer la mort et la terreur dans l’espèce d’univers parallèle où étudie Potter. Cependant, il est strictement interdit pour un sorcier de 1) contrôler les gestes d’un autre sorcier, 2) infliger une douleur à un autre sorcier, et 3) tuer un autre sorcier, sous peine d’être envoyé à Azkaban (les fameux sortilèges impardonnables). Comme le dit si bien le soldat Hudson dans Aliens: «What are we supposed to use? Harsh language?»

    Tout le concept de la Coupe de feu est farfelu. Hermione le souligne dans une scène, les épreuves sont d’une incroyable cruauté. Même Dumbledore affirme qu’un participant peut y laisser sa peau. Malgré ça, on s’attend à ce qu’un certain nombre d’étudiants (parce que c’est une compétition inter-écoles) donnent leur nom dans l’espoir d’être sélectionnés. Dans l’histoire, cependant, les Mangemorts cause un grand ramdam lors de la Coupe du Monde de Quidditch et, en conséquence, on déclare que seuls des élèves de dix-sept ans et plus pourront participer au Tournoi des Trois Sorciers. Pardon? Parce qu’en temps normal, on envoie des jeunes de quatorze ans affronter des dragons?

    La seule raison pour laquelle nous gobons tout cela sans ronchonner, c’est parce que la série Potter ne s’est jamais adressée aux adultes. Rowling écrit officiellement de la fantasy, mais ce faisant, elle verse aussi dans le fantaisiste, ce qui me pose certains problèmes en tant que lectrice/spectatrice. L’auteure peut sortir ce qu’elle veut de son chapeau sans se justifier.

    P.S.: Mehdi, en ce qui concerne War of the Worlds, as-tu lu le billet de Christian à ce sujet et les commentaires qui ont suivi?

  13. Ah hah! Merci Laurine…

  14. Daniel

    Et, quant à faire, ma critique sur dans le volet en-ligne de Solaris .
    Coudonc, t’es pas censé être magabranché, Mehdi? :o)

  15. Daniel

    Je voulais dire: «Ma critique sur War of the Worlds dans le volet en ligne de Solaris
    Et mégabranché, pas magabranché!
    Tu vois, Christian?
    So there.

  16. Hey! J’ai jamais prétendu être branché!

    Aussi, j’ai été voir la critique de Christian et on en est venu pratiquement aux même conclusions.

    Maintenant, en ce qui concerne Harry Potter, je passe mon tour; je n’en ai pas vu ni lu un seul!!!

  17. Daniel: Magabranché est un néologisme parfaitement acceptable, désignant ceux qui lisent tous les bons magazines… un ensemble qui inclut (bien sûr) Alibis et Solaris.

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