Ghost in the Shell 2: Innocence

Innocence 1Une contribution majeure à la fois au genre cyberpunk et à l’animé japonais, Ghost in the Shell avait soulevé l’enthousiasme des critiques lors de sa sortie en 1995. Le film s’articulait autour d’un solide scénario de science-fiction pour adultes tout en s’avérant un régal pour les yeux et les oreilles, avec ses superbes images et sa musique envoûtante. Il a fallu neuf ans pour produire une suite, Ghost in the Shell 2: Innocence. Nous retrouvons Batô, l’un des héros du premier volet, qui continue de croire que sa collègue, le Major Kusanagi, est toujours vivante, flottant quelque part dans le Net. Lui-même est un cyborg travaillant pour la Section 9, cette unité spécialisée dans les mesures antiterroristes. On le charge d’enquêter sur une série de meurtres sanglants commis par des gynoïdes, des «robots domestiques» construits à l’image d’une femme. Détail curieux, une fois qu’elles ont tué leur propriétaire (et toute personne ayant tenté de s’interposer), ces robots se sont suicidés. En remontant la filière, Batô et son nouveau partenaire découvrent les secrets de la corporation Locus Solus, qui fabrique des gynoïdes plus vraies que nature.

La première fois que j’ai vu le film, l’approche 3D choisie par les artistes m’a un peu rebutée. Je devais être trop attachée au premier volet, entièrement réalisé en 2D, et suggérant un effet de profondeur par des effets de lumière et de mouvement au ralenti. Au deuxième visionnement, j’avais parfaitement intégré la nouvelle approche. Je ne crois pas que l’on trouve cette richesse visuelle ici, en Amérique du Nord. Est-ce que je me trompe? Le film oppose constamment l’ancien monde à une technologie avancée. Nous voyons des cyborgs rouler dans des voitures anciennes, des gynoïdes vêtues comme des geishas, une ingénieure fumer en faisant l’autopsie d’un robot dans une salle réfrigérée. Vers la fin du film, dans une cité futuriste aux constructions colossales, une fête a lieu: une foule vêtue de costumes traditionnels regarde passer des chars allégoriques géants et robotisés. Visuellement, le film est un spectacle à voir.

Du point de vue de l’histoire, les avis sont partagés. Le récit aborde la notion d’humanité, de son rapport avec les robots et les poupées, de son désir de se reproduire/reconstruire, du reflet dans le miroir qui provoque le mal. L’action ne manque pas, ça tire dans tous les coins, mais le propos reste uniformément philosophique. Un détail qui en agacera plusieurs, tous les personnages sont friands de citations (allant de Confucius à la Bible) au point d’en faire des conversations entières. On pourrait arguer qu’un tel scénario manque d’imagination, mais il ne faut pas oublier que les personnages de cet univers ont une mémoire externe greffée au cerveau. Ce genre de référence est donc facilement stockée pour être utilisée au moment opportun.

Certains pourraient également s’interroger sur la sexploitation du corps féminin, avec ses poupées dénudées qui explosent tout partout. Pourtant, dans ce domaine, Innocence n’atteint pas les proportions détestables d’autres animés, comme Ninja Scroll, Perfect Blue, ou Legend of the Overfiend.

L’univers de Ghost in the Shell a largement de quoi fournir assez de matériel pour un troisième volet. Espérons juste qu’il ne faudra pas attendre presque dix ans pour connaître la suite!

Innocence 2

Innocence 3

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18 Commentaires

  1. Caroline

    J’ai vu ce 2e volet l’été dernier, mon souvenir est donc quelque peu flou ne l’ayant pas revu depuis. Ceci dit, sur le coup je n’ai pas trouvé ce 2e volet aussi intéressant (côté histoire) que le premier. Je trouvais que l’histoire partait un peu dans tous les sens et les citations ne faisaient rien pour arranger les choses. Mais peut-être les sous-titres sont-ils à blâmer en partie…

    Le premier film m’avait vraiment marquée, j’avais adoré le clash machine/humain, peut-être que simplement le 2e m’a moins surprise ? Je dois avouer par contre, que lire ta critique me donne envie de le revoir. J’ai trop apprécié le premier pour ne pas donner une 2e chance à ce 2e volet…

  2. Hugues

    Les images que Laurine nous propose sont vraiment superbe, et, en effet, donnent envie de voir le film en entier… ceci dit, où sont les poupées dénudées dont elle parle? Hehe…
    Sérieusement, le mélange techno-antique, j’ai toujours aimé, peu importe l’oeuvre, il y a quelque chose qui m’attire dans cette idée (généralement asssociée au cyberpunk) que malgré les avancées technologiques, le monde se délàbre et une partie des outils que l’on utilisera sera moitié high-tech moitié vieilleries déglingues…

  3. Ce que j’ai particulièrement apprécié de ce film, c’est l’attention au détail et la finesse de l’animation: la poupée-robot qui sert le thé au manoir de son pas saccadé, le chien basset de Batô rendu avec beaucoup de naturel. Ça, et l’intégration de la technologie à la vie de tous les jours ainsi qu’aux opérations de la section 9. Le côté philosophique est traité trop lourdement à mon goût, par contre. Ça donne parfois l’impression que l’auteur se fait plaisir aux dépens du spectateur. Peut-être tenterai-je un deuxième visionnement pour voir si ça s’améliore.

  4. Bon, pour abonder avec tout le monde, je dirais que moi aussi, j’ai été frappé par l’aspect visuel du film, particulièrement la première scène ou Batô se rend dans une ruelle et fait face à une gynoïde qui lui explose en pleine figure.

    J’ai aussi été déçu de ne pas revoir sa partenaire du premier, ou du moins, une émule de celle-ci; elle apportait une profondeur qu’on a peut-être essayé de contrebalancer par un propos philo-blah-blah qu’elle incaranait par ses réflexions silencieuses et son attitude générale.

    Un des point fort, par exemple, qui m’a complètement hypnitisé, c’est cette longue scène qui se répète à l’infini, dans la dernière partie du film. D’ailleurs, ça m’étonne que Laurine ne l’aie pas abordée… peut-être parce qu’elle peut sembler trop longue?

    En ce qui me concerne, elle m’a complètement mystifié. En plus, juste après le défilé somptueux…

    Enfin, dommage que la première partie soit aussi ennuyante, de mon point de vue…

  5. Mehdi, en réalité, je ne sais pas trop comment aborder ce long trip hallucinatoire au château de Kim. Autant j’ai trouvé la sculpture de l’entrée fabuleuse (du moins, sa partie anatomique qui représente un pied décharné) et la petite serveuse de thé (dont parle Éric) rigolote, autant la suite des événements m’a rendue très perplexe. Au deuxième visionnement, ça passait beaucoup mieux parce que je savais à quoi m’attendre. La première fois, ça m’avait semblé un peu longuet — j’admets que c’était nécessaire, par contre. C’est assez choquant de voir tout ce calme déchiré soudainement par les bombardements du navire!

    Autrement, c’est un film qui se digère mieux quand on le revoit, pour toutes sortes de raisons. Comme on a intégré les grandes lignes de l’histoire, on peut alors s’intéresser aux détails.

  6. Complètement d’accord avec toi, Laurine.

    Est-ce que tu as vu les Strand Alone Complex?

  7. Si tu parles des épisodes-télé, non, je ne les ai pas vus. Ça vaut le coup?

  8. Je ne sais pas! Mais je te le dirais plus tard ce soir; je vais les louer. J’en ferais peut-être un petit compte rendu?

    :^)

  9. Alain Ducharme

    Tous les commentaires que j’ai entendus sur Stand Alone Complex font valoir qu’il s’agit d’une des meilleurs séries d’animé à l’heure actuelle. Je vais probablement commencer à la collectionner lorsque j’aurai terminé Cowboy Bebop. La deuxième saison vient tout juste d’arriver sur le marché nord-américain, je crois.

    Il faut par contre savoir que l’histoire de Stand Alone Complex n’est pas relié à celles des films. Comme c’est souvent le cas dans les animés japonais, le lien est thématique car il s’agit d’univers différents.

  10. Daniel

    Malgré certaines réserves (entre autres sur certains points relevés par Laurine), j’avais beaucoup aimé Innocence lorsqu’il était sorti en salles ici. J’avais exprimé mon enthousiasme au début de l’année dans la chronique «Sci-néma» du volet Internet de Solaris.

  11. Stand Alone Complex se compare négativement aux films à mon avis. Les irritants Tachikomas se tolèrent, mais ce qui m’a éteint de la série c’est sa finale qui, sans entrer dans les détails, est très « underwhelming ». En effet la fin ne semble qu’un prétexte à l’arrivé de Stand Alone Complex : The Second Gig, contrairement à la plupart de mes séries d’animations favorites dont la fin est une fin réelle. SAC demeure une des rares série d’animé que j’ai acheté d’un bout à l’autre, mais au bout du compte j’ignores si je vais la réécouter un jour. Peut-êtres qu’à la deuxième écoute j’en tirerais d’avantages.

  12. Caroline

    Je partage l’avis de Christian B. J’ai trouvé que c’était pas mal moins bon que les films (surtout le premier). J’imagine que c’est dû en partie au fait que c’est fait pour la télé, donc de plus courts épisodes. Mais surtout la profondeur des films n’y est pas. Ceci dit, je n’ai vu que quelques épisodes (en plus je croyais avoir acheté des billets pour la suite du film, alors imaginez la déception ! Ça m’apprendra à lire mon programme de Fantasia plus en profondeur avnt d’acheter mes billets… ;-) )

    Bref, les qqs épisodes que j’ai vu ne m’ont pas donné envie d’aller voir plus loin. Et bordel que les petits machins étaient emmerdants !! Les Tachikomas, c’est ça ?? Faites-les exploser qulequ’un SVP !! ;-p

  13. Je l’aime bien, pourtant, cette série (j’ai vu presque toute la première saison). Certains des épisodes sont un modèle de ce qu’une série de SF — animée ou non — devrait être. Les meilleurs commencent par un « hook » immédiatement captivant et balance au spectateur une bonne densité de concepts; l’extrapolation sociale et technologique mène parfois à des portraits poignants des laissés-pour-compte de ce futur cybernétisé à fond. De la réflexion tout plein, et plein de gros fusils et autre hardware intéressant aussi.

    J’en reconnais tout de même les défauts. L’intrigue devient plutôt touffue et cérébrale à mesure que la série avance, ce qui donne lieu à des épisodes constitués presque entièrement de discussion. Les épisodes indépendants (standalone, quoi) sont souvent plus satisfaisants. Les Tachikomas sont ridicules et souvent irritants; ils font l’objet d’une intrigue secondaire qui se déroule lentement et ne mène à rien de satisfaisant (dans ce que j’ai vu, du moins). Ils sont par contre la vedette de courts segments post-épisodes qui semblent conçus pour de jeunes enfants mais jouent, à l’occasion, avec des concepts philosophiques tout à fait sérieux. C’est d’une absurdité toute japonaise.

    Enfin, je ne vous dirai pas de courir acheter toute la série, mais ça vaut au moins un coup d’oeil.

  14. Alain Ducharme

    Pour apprécier les animés japonais, il faut savoir reconnaître qu’ils proviennent d’une société radicalement différente de la nôtre, et fermer les yeux sur certains détails parfois… irritants, pour nous occidentaux. La présence de gags puérils dans les séries les plus sérieuses en fait partie

  15. … tout comme des vaisseaux faisant du bruit dans l’espace pourrait ittiter les orientaux!

    ;^)

    eh heh…

  16. Michel J. Lévesque

    Mehdi, recommence pas…
    ;o)

    DZZZ! FZZZ!

  17. Ok, ok!!!

    ;^P

    Je n’ai pas encore pu les louer (ils le sont par quelqu’un d’autre, du moins en partie), mais j’ai écouté 15 minutes d’Appleseed… Et j’ai trouvé ça vraiment mauvais, à part l’animation.

    Mais même là; j’aime beaucoup plus l’hybride de 3D et d’animation traditionnelle de GITS. Appleseed, tant qu’à moi, a une facture beaucoup plus amateure.

  18. catherine

    au niveau graphisme rien à dire, certaines images sont tellement bien faites qu’on se demande si ce sont des images de synthèses ou réelles.
    côté histoire, c est vrai que par rapport au 1er il y a plus de dictons.comme bcp de personnes le disent, il faut voir 2 fois ce film(la 1er fois pour connaitre en gros l’histoire, et la 2ème pour voir les détails et bien comprendre le sens des dictons)
    sur cela j espère qu’il y aura un 3ème tome(mais pas dans 10 ans lol)

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