Horloge bio
Si vous vous sentez déboussolés, déprimés, fatigués, si vous avez frôlé l’accident de voiture ce matin, si vous avez subitement besoin de consulter un psychologue ou, qui sait, de vous faire hari-kiri, c’est que vous ressentez les effets du changement d’heure. On se demande pourquoi les médias déploient tout leur arsenal pour nous faire peur avec la grippe aviaire quand un événement aussi terrible et meurtrier que le changement d’heure nous frappe deux fois par an, sans qu’on puisse rien y faire.
Météo
La tempête tropicale Beta fait des siennes en Amérique latine. Beta? La semaine dernière, je lisais dans le journal qu’on était arrivé au bout de la liste des 21 noms déterminés pour l’année, et qu’on passait à l’alphabet grec. Si je comprends bien, la tempête tropicale Alpha, qui a durement frappé Haïti et la République dominicaine, c’est déjà de l’information ancienne.
Vidéos
Les remakes des vieux succès du cinéma n’ont rien de nouveau, il y en a plusieurs chaque année. Les distributeurs de films DVD y ont vu un petit marché lucratif à exploiter. Quand un remake sort en salles, vous trouverez immanquablement la version originale bien en vue au club vidéo ou dans tout commerce qui se respecte. Je n’ai rien contre le procédé. D’une part, cela permet aux plus vieux de se payer un petit moment de nostalgie. Les cinéphiles, eux, s’amuseront à comparer les deux versions. Et les plus jeunes pourront se familiariser avec ce qui a été tourné avant leur temps… ou non? Ça fait deux fois en peu de temps que je croise des consommateurs perplexes. La première fois, chez Blockbusters, deux hommes se grattaient la tête devant le DVD de War of the Worlds. «Man, je comprends pas. Ce film là, y était en salles au printemps. Je l’ai vu!» Il a fallu l’intervention d’un employé du club vidéo pour remettre les pendules à l’heure. Pause d’étonnement chez les deux clients. «Hon? Y avait une autre version plus vieille, genre?» Hé oui, même à l’époque médiévale où les écrans diffusaient en noir et blanc, les extraterrestres envahissaient la Terre. Prise deux, la pharmacie. Vous avez sans doute remarqué qu’on y vendait maintenant des DVD? C’est pour passer le temps quand on a la grippe. Un gars dans la vingtaine se présente à la caisse avec un DVD du film The Fog. «Hey, j’ai le DVD en main, et le film joue en même temps au cinéma!» C’est le gérant, un gars de mon âge, qui lui a expliqué qu’il s’agissait de la version originale (1980).
C’est fou comment on peut se sentir subitement vieux quand on a dans la trentaine.
10 commentaires
Ah hah… Ce qui est surtout fou, c’est la faune urbaine que l’on peut croiser dans des endroits à haute-teneure en culture que sont les Blockbusters et les pharmacies…
;-)
Au sujet de l’ignorance cinématographique (et, plus largement, culturelle) des gens, ne t’en fais pas, ton « âge » n’est pas en cause, c’est plutôt, encore une fois, un symptôme de l’inculture sans fond de la jeune génération. Et dire qu’il y a des gens pour penser qu’en matière de culture,Internet peut avantageusement remplacer les bibliothèques et les cinémathèques.
Par ailleurs, au sujet de l’heure, Laurine, :o) nous avons déjà eu cette discussion : il n’y a qu’en France qu’on délire autant sur les méfaits du changement d’heure. Si quelqu’un en ressent encore des effets, disons, le surlendemain du changement, c’est que cette personne a des problèmes de santé physique (endocrinienne) ou mentale (dépression latente), ou alors que sa vie est réglée à la minute près (heures de coucher et de lever, etc).
Daniel, je ne sais pas à quelle discussion tu fais allusion au sujet du changement d’heure, mais il est faux de prétendre que cette hystérie annuelle n’atteint que les Français. Chaque année, on doit se farcir les mêmes articles sur les effets du changement d’heure sur l’organisme. On va même interviewer des «spécialistes» pour qu’ils nous disent quoi faire. Le journal La Presse s’y mettait cette semaine. Ça devient agaçant, à la fin.
Quant à l’inculture sans fond de la «jeune génération» (laquelle, exactement?), c’est peut-être généraliser un peu vite. Chaque génération, y compris la tienne et la mienne, ont leurs incultes. Et d’une génération à l’autre, on n’apprend pas les mêmes choses, que ce soit en classe ou venant de notre entourage. Ajoute à ça le facteur bêtement géographique que soulève d’ailleurs Mehdi: je n’aurais pas entendu ces conversations à la Boîte Noire, par exemple.
Ça va pas, non! Ça fait sept mois que je vis en Moselle (tout près d’où est originaire monsieur Norbert Spehner) et là, comme au Québec, on vient de changer l’heure et… je n’ai pas encore vu d’extra-terrestres. De délire, aucun. Bon, ici, à la ferme, j’avoue que depuis au moins une semaine ou deux il fait noir de bonne heure. Mais bon, c’est évidemment la pleine campagne et je peux ENFIN voir les étoiles, bordel! Ce qu’on ne voit pas à Montréal. Et enfin je respire l’air pur et le doux parfum du fumier des vaches. Je suis au nirvana, « stone » à plein temps. Et le seul iti qui est ici, c’est moua. Alors le changement d’heure, les gens de saint-Avold, Vic-sur-Seille, Château Salins et Moyenvic n’en ont rien à se branler. La vie continue quoi.
Un mot sur le changement d’heure… j’avoue que personnellement, je m’y fait, le jour même… Moi, ce qui me déprime, c’est que le soleil se couche si tôt (changement d’heure ou pas, c’est inéluctable ici), en hiver. Je ne sais pas si c’est moi ou si la chose relève de l,explication scientifique, mais il me semble que quand je vis à Vancouver, le soleil se couche plus tard, et ce toute l’hiver. Je précise qu’il ne se lève pas nécessairement plus tard pour autant. Ne pas savoir si c’est normal d’avoir une journée plus longue même en hiver, à Vancouver qu’à Montréal fait-il de moi un inculte de ma génération ? Hehe… J’imagine que ça a à voir avec l’inclinaison de la terre et notre position par rapport à l’Équateur, puisque… en Équateur, justement, le soleil se lève et se couche toujours à la même heure, chaque jour de l’année et que la journée d’ensoleillement dure exactement 12 heures.
Concernant l’inculture sans fonds… hum, je partage un peu l’avis de Laurine sur la question; j’ai l’impression que j’étais très inculte, étant jeune, et qu’avec l’âge, j’ai amassé un bagage culturel… L’inculture à 30 ans est moins excusable, puisque les gens ont tout de même eu le temps de faire autre chose que regarder du hockey…
Je trouve de plus en plus inadéquat le terme inculte puisqu’il implique une absence crasse de culture (équivalent selon le Robert: grossier, ignare, ignorant, barbare, primitif). J’utilise plutôt le néologisme aculturé, dans un sens moins péjoratif, évoquant plutôt un manquement dans la culture. La nuance est subtile mais importante, le préfixe latin in indiquant une négation (inactif étant la négation d’actif), contrairement au préfixe grec a qui indique plutôt une privation ou une absence sans impliquer de négation. Et ce n’est pas de la rhétorique, mais de la linguistique.
P.S.: Je suis sincèrement désolé d’avoir raté le dernier congrès Boréal. Pour avoir collaboré à l’organisation de ceux de Québec, j’ai plus qu’une vague idée de la logistique impliquée. J’en profite pour soulever mon chapeau et me courber bien bas devant les organisateurs, et vous féliciter du succès de l’entreprise. Mes félicitations les plus vives également à tous les récipiendaires de prix ainsi qu’aux finalistes. Et je promets d’y être présent en 2006, mais méfiez vous car je peux être pire que René B. lorsqu’on m’en donne l’occasion. (René: en passant, l’impro fut un succès avec 120+ spectateurs, mais mon équipe n’a pas gagné le trophée).
Je suis désolé mais je ne suis pas d’accord pour dire que les jeunes sont incultes. Pourquoi est-ce qu’un jeune de vingt ans devrait-il savoir qu’il existe deux (et même trois) version de La Guerre des Mondes ou de Fog, surtout si le cinéma n’est pour lui qu’un divertissement et non une préoccupation obsessive comme pour certains d’entre nous. Moi-même, je me souviens que j’étais passablement mal dégrossi à cet âge, c’est plus tard que je me suis éveillé. Je suis un « late bloomer ».
Vraiment, je trouve que l’on est trop sévère envers les jeunes et les clients des clubs vidéo. N’oublions d’ailleurs pas que ces derniers servent surtout à la location de films de sexe et que le reste du commerce n’est qu’une façade de respectabilité.;)
Quand au changement d’heure, je travaillais la nuit où c’est arrivé, j’en suis encore tout déboulonné.
Il m’est déjà arrivé aussi d’entendre des gens traiter les jeunes d’incultes. Pourtant, certains de ces accusateurs n’étaient même pas capable de programmer leur vidéo.
Réponse personelle à Benoit.
Dommage que vous ayez raté la victoire, mais ce devait être fun!
On presque tout essayé pour se dégager, Lily et moi, à un moment donné, pour assister à, au moins, un de vos matches d’impro, mais IL Y A TOUJOURS UNE FOUTUE URGENCE À FAIRE, ces temps-ci. De la visite médicale obligatoire pour l’obtention des cartes pour Lily, aux débats de sourd (règlements en mains à l’appui) pour faire comprendre aux foutus scougneugneus de gens de postes que, oui, on a le droit de se faire envoyer ses propres affaires à soi, quand on émigre, et durant une période de temps sans limite, et que l’on ne peut pas alors, leur imposer dessus des droits de douane. (Ils ont fini par retrouver et relire (ou trouver quelqu’un pour leur expliquer) les règlements et ont compris.
Ou encore installer et faire fonctionner la nouvelle machine à laver le linge… presque aussi électronique que cet ordinateur. Chose faite depuis quelques minutes, je tape aux doux son de l’engin faisant son office.
Ah Benoit, comme me prend parfois la nostalgie de l’époque où il y avait des réunions fréquentes de la « gang de SF de Québec » qui sont maintenant, ou trop occupés, ou disparus dans la nature, ou désintéressés et ou encore… Il y a quand même bien du monde qui écrit et lit de l’Imaginaire ici!
Je me demande parfois encore si on ne pourrait pas « raviver tout cela » avec quelque chose dans le genre des « Déjeuners du Lundi » de Paris, des réunions des amateurs de SF de Lyon ou, mieux encore, dans la tradition des célèbres et joyeux « kebabs » de « la Gang » de Lyon encore, auxquels j’ai souvent participé et qui me redonnait le goût de ce genre de rencontres, bien informelles, amusantes et enrichissantes, sans compter bien « socialisantes » par ici.
Bon sang, même à Montréal il font rien, ou presque, en dehors des Congrès!
Mais Québec avait une bonne tradition, dans le temps, de ce point de vue…
Well, we will see and time will tell here.
Et oui, reviens donc à un Congrès Boréal, cher Benoit. Tu nous manques là… ;-)
Amitiés.
René.