Tour d’horizon

Me voici donc revenu de voyage et à peu près réadapté à la vie montréalaise et à mon horaire de travail. Vous aurez droit à un rapport de voyage, que vous le vouliez ou non, mais d’ici là, aussi bien commencer doucement pour réchauffer un brin mes muscles de blogueur atrophiés. Voyons ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans la blogosphère et dans ma boîte de courriel (qui s’est emplie d’environ 400 messages légitimes pendant mon absence).

Bien en sécurité de l’autre côté de l’océan et heureusement privé de télé, je n’ai entendu que de lointaines rumeurs de l’ouragan Katrina qui, ici, a ravagé la Nouvelle Orléans et les manchettes. Depuis, Ophelia est venue s’essouffler sur les provinces maritimes, Rita vient accabler à nouveau le sud des États-Unis, et ça continue, si bien que l’on craint de manquer de noms (chaque tempête se méritant une nouvelle lettre de l’alphabet). Code Ronin révèle ce qui nous attend à la fin de l’alphabet, et nous expose un aspect inquiétant, voire même obscène, de Rita.

Au Canada, ce sont surtout les troubles sociaux qui m’intéressent. Les employés de Radio-Canada (sauf ceux du Québec et de Moncton, je crois) sont en lock-out depuis maintenant 44 jours. Cela signifie, entre autres, que Radio-Canada n’a pu filmer l’instauration de Michaëlle Jean, la nouvelle gouverneure générale, connue surtout comme journaliste… à Radio-Canada. (Pendant un instant, il était question qu’une capture aurait lieu, mais il semble que non). Ce qui est intéressant, c’est de voir le foisonnement de blogues consacrés au conflit, nombre d’entre eux étant listés sur CBC Unplugged et CBC On The Line. C’est le nouveau visage des conflits de travail: en plus de la compagnie et du syndicat qui ont chacun leur site officiel, chaque personne impliquée peut clamer son opinion sur le web et se mêler à une conversation continue avec ses collègues à la grandeur du pays.

Sur le plan culturel, la nouvelle saison du conte bat son plein à Montréal. Les Dimanches du conte ont repris dans les nouveaux locaux du Sergent recruteur qui, après moult perturbations dues au déménagement et aux rénovations, offre maintenant un plein menu de bières maison. Les Productions Cormoran, dont je fais partie, ont changé leur horaire et offrent maintenant deux soirées mensuelles: tous les détails sont ici. Il y a aussi les Mardi-Gras et une foule d’autres soirées et festivals imminents. Commencez par cette page de liens et vous trouverez de quoi vous occuper.

Côté livres et cinéma (sujets chers à Fractale Framboise), on annonce pour le 14 octobre un nouveau film québécois à tendance fantastique: Saints-Martyrs-des-Damnés. C’est un film empreint de joie de vivre qui saura réveiller l’enfant qui sommeille en vous… En fait, non, ça semble plutôt être un cas classique de petite ville bizarre, de prime abord. Le film est écrit et réalisé par Robin Aubert, que j’avais apprécié comme acteur dans la série Temps dur et qui, selon Cyberpresse, a fait jusqu’ici dans le court-métrage et le vidéoclip. L’excellent blogue Twitch offre une critique en anglais, le film ayant été projeté au festival de films de Toronto récemment. Le site web officiel est un de ces engins Flash qui crée une atmosphère mais livre très peu d’information. Passez par ici et cliquez sur le très discret « passer l’intro » en bas à droite pour voir la bande-annonce.

Pendant ce temps, Hollywood continue de massacrer la bonne SF. La victime cette fois-ci est « A Sound of Thunder » de Ray Bradbury, l’une de mes nouvelles favorites. Le film se mérite un 3.9 sur IMDB et un 6% sur le Tomatomètre; inutile d’en dire plus.

Heureusement, je peux me rabattre sur les bandes dessinées. Warren Ellis, auteur britannique au cynisme mordant, tourne à plein régime ces temps-ci. Sa série Desolation Jones est peuplée de personnages dépravés et se distingue par une belle facture visuelle. Ellis reste fort dans l’interaction avec ses lecteurs: sur son site web, il offre un commentaire sur le #1 de Desolation Jones et présente à l’avance les couvertures des prochains numéros. Il lançait dernièrement une autre nouvelle série, Fell, au sujet d’un détective pris dans une ville lugubre, enquêtant sur des crimes dégoûtants inspirés de faits réels. Dans un texte à la fin du numéro un, l’auteur explique en détails la philosophie de la série (offrir à chaque mois une histoire complète en seize pages à prix modique) et offre une adresse courriel où lui envoyer commentaires et photos.

Il y aussi Grant Morrison qui continue son méga-projet Seven Soldiers: sept mini-séries de quatre numéros chacune, plus ou moins simultanées, tissant une histoire à grand déploiement bourrée de l’inventivité qui est la marque de commerce de l’auteur. Ça me plaît jusqu’ici, mais je ne recommanderais pas ça aux débutants.

L’automne est ici: il y a fort à faire, beaucoup à lire et à voir, et mon rapport de voyage ne s’écrira pas tout seul. Je m’y remets, et à bientôt.

3 Commentaires

  1. Wow, je ne savais pas qu’on envisageait déjà l’éventualité de tomber à court de noms d’ouragans sur une année. Et dire qu’on passera à l’alphabet grec ensuite (l’ouragan Pi de force 3,14 est bien vu)! Il faudrait aussi songer à l’alphabet hébreu. J’imagine l’ouragan Aleph d’une force infinie…

  2. Daniel

    J’ai hâte de voir quel nom on attribuera à l’ouragan W…

  3. Hugues

    En fait, Daniel, on passe quelques lettres, comme U et Z, par exemple, pour les tempêtes tropicales de ce côté de l’Atlantique… je ne sais trop pourquoi. Mais il y a bien des W… celui de cette année sera (s’il y a lieu, mais il y a lieu d’y croire, comme nous sommes déjà à Rita…)… Wilma… qui succèdera à Stan, Tammy et Vince.

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