The Prophecy: Forsaken
par Laurine - samedi, 24 septembre 2005 - 14:31 (Cinéma, Critiques)
Suite et fin du film The Prophecy: Uprising, sur lequel j’avais écrit un billet, Forsaken reprend l’histoire grosso modo quelques semaines plus tard. Allison (Kari Wuhrer) est toujours en possession du Lexicon, cette espèce de Bible qui n’en finit plus de s’écrire. Il semble que tous les anges du paradis et de l’enfer savent à quel rythme avance le texte, sans toutefois en connaître le contenu exact. L’ennui, c’est que la dernière page est censée donner l’identité de celui qui déclenchera l’Armageddon, et au moins une faction angélique souhaite le tuer. C’est qu’après l’Armageddon s’ensuivra le Jugement dernier, où les hommes justes et bons prendront leur place aux côtés de Dieu. Les anges jaloux ne supportent pas l’idée, et surtout un dénommé Starks (Tony Todd), qui embauche un tueur humain (Jason Scott Lee) pour récupérer le bouquin et si possible éliminer la fille. Lucifer (John Light) a d’autres plans: l’idée d’une Apocalypse lui plaît bien, puisque les âmes qui n’auront pas été jugées dignes de Dieu — environ un milliard d’individus — lui seront directement envoyées.
Ce film n’est pas aussi intéressant que le précédent. Les rebondissements s’enchaînent moins vite, les personnages sont moins captivants, et l’histoire comporte trop d’incohérences et de retournements gratuits. Il y a un problème, par exemple, avec Lucifer. Le type est indéniablement charmant, ce qui semble avoir posé un problème aux scénaristes: on dirait qu’ils se sont donné beaucoup de mal pour rappeler aux spectateurs qu’ils ont affaire au Diable. Il en résulte des scènes incongrues où Lucifer fait exprès d’être méchant sans convaincre personne. Stark, au moins, a l’air menaçant — tout le monde connaît le Candyman de Tony Todd. On a clairement demandé à l’acteur de cabotiner, ce qui passe assez bien quand on connaît les précédentes pitreries de Christopher Walken (Gabriel, dans la première trilogie).
Le scénario commet une maladresse en comparant le Lexicon à une arme de destruction massive et en établissant un parallèle lourdement souligné entre les politiques angéliques et humaines. Le spectateur a la désagréable impression qu’on lui explique toute l’histoire en parlant très lentement, comme s’il était un peu débile. Quatre films ont déjà clairement établi que tout était politique au paradis comme en enfer, alors à quoi bon enfoncer le clou en citant les manchettes du moment? Il y a aussi le titre qui laisse songeur: à quoi rime Forsaken? Uprising avait au moins le mérite de faire allusion aux troubles qui agitaient les Enfers. La couverture du DVD, ensuite, est un peu nunuche: elle montre de façon ostentatoire une petite fille dont le visage est voilé derrière ses longs cheveux. On a déjà vu ça quelque part…
La fin du film laisse présager une suite, peut-être dans un format un peu différent — on l’espère. L’identité du gamin est révélée et plus rien ne permettra de retrouver la page qui cite son nom. Les anges auront peut-être recours au Ouija pour le retracer, qui sait, mais l’Armageddon est en route, que ça leur plaise ou non.

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