Archives: septembre 2005
par Éric - mardi, 27 septembre 2005 - 15:59 (Cinéma, Lectures, Montréal et environs, Société)
Me voici donc revenu de voyage et à peu près réadapté à la vie montréalaise et à mon horaire de travail. Vous aurez droit à un rapport de voyage, que vous le vouliez ou non, mais d’ici là, aussi bien commencer doucement pour réchauffer un brin mes muscles de blogueur atrophiés. Voyons ce qu’il peut y avoir d’intéressant dans la blogosphère et dans ma boîte de courriel (qui s’est emplie d’environ 400 messages légitimes pendant mon absence).
Bien en sécurité de l’autre côté de l’océan et heureusement privé de télé, je n’ai entendu que de lointaines rumeurs de l’ouragan Katrina qui, ici, a ravagé la Nouvelle Orléans et les manchettes. Depuis, Ophelia est venue s’essouffler sur les provinces maritimes, Rita vient accabler à nouveau le sud des États-Unis, et ça continue, si bien que l’on craint de manquer de noms (chaque tempête se méritant une nouvelle lettre de l’alphabet). Code Ronin révèle ce qui nous attend à la fin de l’alphabet, et nous expose un aspect inquiétant, voire même obscène, de Rita.
Au Canada, ce sont surtout les troubles sociaux qui m’intéressent. Les employés de Radio-Canada (sauf ceux du Québec et de Moncton, je crois) sont en lock-out depuis maintenant 44 jours. Cela signifie, entre autres, que Radio-Canada n’a pu filmer l’instauration de Michaëlle Jean, la nouvelle gouverneure générale, connue surtout comme journaliste… à Radio-Canada. (Pendant un instant, il était question qu’une capture aurait lieu, mais il semble que non). Ce qui est intéressant, c’est de voir le foisonnement de blogues consacrés au conflit, nombre d’entre eux étant listés sur CBC Unplugged et CBC On The Line. C’est le nouveau visage des conflits de travail: en plus de la compagnie et du syndicat qui ont chacun leur site officiel, chaque personne impliquée peut clamer son opinion sur le web et se mêler à une conversation continue avec ses collègues à la grandeur du pays.
Sur le plan culturel, la nouvelle saison du conte bat son plein à Montréal. Les Dimanches du conte ont repris dans les nouveaux locaux du Sergent recruteur qui, après moult perturbations dues au déménagement et aux rénovations, offre maintenant un plein menu de bières maison. Les Productions Cormoran, dont je fais partie, ont changé leur horaire et offrent maintenant deux soirées mensuelles: tous les détails sont ici. Il y a aussi les Mardi-Gras et une foule d’autres soirées et festivals imminents. Commencez par cette page de liens et vous trouverez de quoi vous occuper.
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par Laurine - samedi, 24 septembre 2005 - 14:31 (Cinéma, Critiques)
Suite et fin du film The Prophecy: Uprising, sur lequel j’avais écrit un billet, Forsaken reprend l’histoire grosso modo quelques semaines plus tard. Allison (Kari Wuhrer) est toujours en possession du Lexicon, cette espèce de Bible qui n’en finit plus de s’écrire. Il semble que tous les anges du paradis et de l’enfer savent à quel rythme avance le texte, sans toutefois en connaître le contenu exact. L’ennui, c’est que la dernière page est censée donner l’identité de celui qui déclenchera l’Armageddon, et au moins une faction angélique souhaite le tuer. C’est qu’après l’Armageddon s’ensuivra le Jugement dernier, où les hommes justes et bons prendront leur place aux côtés de Dieu. Les anges jaloux ne supportent pas l’idée, et surtout un dénommé Starks (Tony Todd), qui embauche un tueur humain (Jason Scott Lee) pour récupérer le bouquin et si possible éliminer la fille. Lucifer (John Light) a d’autres plans: l’idée d’une Apocalypse lui plaît bien, puisque les âmes qui n’auront pas été jugées dignes de Dieu — environ un milliard d’individus — lui seront directement envoyées.
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par Christian - jeudi, 22 septembre 2005 - 21:15 (Congrès Boréal, Montréal et environs, Plogues, SF&F francophone)
Comme l’annonçait Laurine il y a quelques semaines, le congrès Boréal 2005 arrive à grand pas (21, 22 et 23 octobre: notez-le bien sur vos calendriers!) et nous encourageons tous les lecteurs de Fractale Framboise à y assister.
Pourquoi donc? Parce que Boréal, c’est 48 heures (du vendredi, 17h à dimanche, 17h) de pure science-fiction et fantaisie. D’accord, il y a vingt heures de sommeil et au moins quatre heures de repas compris dans ces 48 heures (jetez un œil sur le programme de l’an dernier), mais le reste du congrès est rempli de discussions, de rencontres, de tables-rondes, de présentations, d’ateliers, de jeux avec un thème commun: la science-fiction, le fantastique et la fantasy. Ne laissez pas le mot “congrès” vous impressionner: Boréal, c’est avant tout une rencontre entre passionnés et professionnels. Vous n’êtes pas les seuls au monde à lire Vonarburg, Champetier, Senécal et Sernine: venez rencontrer des gens qui ont au moins ça en commun avec vous! (Et même rencontrer ces quatre auteurs!) Boréal, c’est comme lire Fractale Framboise pendant trois jours. Qui plus est, vous aurez l’occasion tout à fait unique de rencontrer les trois fondateurs de Fractale Framboise dans la même pièce. Et, qui sait, peut-être aurons-nous quelque chose pour les habitués du site…
Tous les détails du congrès (endroit, instructions pour s’inscrire, information au sujet des congrès précédents) se trouvent au site officiel congresboreal.ca. Enfin, presque tous: Si la programmation s’ébauche toujours, c’est que Boréal offre à ses participants la chance de déterminer quels seront les thèmes abordés lors du congrès. Vous n’avez qu’à vous diriger vers le formulaire/sondage de programmation et nous envoyer vos préférences. Avez-vous quelque chose à contribuer à la discussion? Alors inscrivez-vous comme participant! Mais dépêchez-vous: Le sondage entrera dans son cocon dimanche le 25 septembre pour en ressortir quelques jours plus tard, transformé en programme resplendissant.
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par Christian - jeudi, 15 septembre 2005 - 22:01 (Critiques, SF&F autre)
J’avais deux objectifs en tête quand je me suis procuré le coffret DVD “Firefly: The Complete Series” : De un, me préparer pour SERENITY (aka FIREFLY: THE MOVIE) à temps pour sa sortie en salle le 30 septembre prochain. De deux, découvrir pourquoi cette série de SF télévisée semble connaître un tel succès culte chez nos cousins geeks anglophones. S’agissait-il d’une bonne série? Était-ce (eeek!) de la bonne SF ou bien une autre occasion pour la Brigade Whedon de louanger les mérites de leur écrivain préféré?
N’étant pas encore un fan du Buffyverse (cela viendra, je le sais), je connais le nom “Joss Whedon” sans pour autant lui vouer une admiration sans bornes. Mais ce n’est pas le cas pour les légions de fans de Buffy et Angel, qui ont élevé Whedon au rang de demi-célébrité, chose que l’on n’avait pas vu depuis Joe Straczynski et Babylon-5. Firefly a été annoncé à grand coup publicitaire: une série de SF, fortement inspirée par le genre Western, d’un créateur adulé par ses fans. Que demander de mieux?
Hélas, la série n’a pas fait long feu. Maltraitée par Fox dans des créneaux horaires confus, peu prisée par l’audience mainstream, sans doute assez dispendieuse à produire, Firefly fut annulée après la diffusion de seulement onze des quatorze épisode alors complétés. Ce n’est pas un accident si la coffret annonce sans compromis “The Complete Series“: Tout est contenu dans cette boîte disponible à prix modique.
Ce qui nous ramène au contenu de ces quatorze épisodes. Firefly: mythe Whedonesque ou bonne série de SF?
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par Laurine - mardi, 13 septembre 2005 - 19:51 (Critiques, Lectures, SF&F autre)
J’ai terminé, il y a quelques jours, le deuxième volume de la série «Prince of Nothing», The Warrior-Prophet. Bakker garde résolument le cap vers la philosophie mâtinée de métaphysique et de concepts touffus qui touchent au mysticisme. Encore une fois, une lecture difficile, pas tant à cause du déroulement de l’histoire, qui se comprend sans effort, qu’aux tourments qu’éprouvent les personnages. Le guerrier-prophète du titre, c’est Anasûrimbor Kellhus, le moine Dunyain dont il était question dans mon précédent billet. Ses talents particuliers de manipulation lui permettent de se gagner sans peine une place enviable au sein de la cohorte guerrière. La majorité le prend pour le prophète qui justifie tous les massacres; une minorité formée de nobles et de dirigeants, par contre, aimerait s’en débarrasser. Ils y parviennent presque…
Le thème de la guerre sainte est poussé très loin. Kellhus se fera même crucifier, la tête en bas, les membres attachés à une sorte de cerceau. Cet instrument de torture deviendra par la suite son emblème, le Circumfix. Les Fanim qu’attaque l’armée des Three Seas rappellent curieusement les Maures. Parallèlement, une rivalité s’est installée, depuis le tout début, entre l’Empereur et le Shriah, le pape de service. Bref, les références historiques sont assez claires.
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par Christian - jeudi, 8 septembre 2005 - 22:44 (Lectures, Ottawa, Société)

Saviez-vous qu’une recherche Google pour “Crapters” donne 8,320 résultats?
Malgré l’image trafiquée ci haut, j’ai généralement une bonne opinion de la méga-chaîne Chapters/Indigo/SmithBooks/Prospero/Coles: Si vous voulez un livre récent et le voulez maintenant, la plupart des métropoles canadiennes ont un Chapters/Indigo pas trop loin. Presque par définition, cette chaîne de magasin occupe la niche d’un Wal-Mart littéraire: Beaucoup de stock, plusieurs aubaines et la “marque” de la compagnie est tellement répandue qu’elle est devenue synonyme d’achat de livres au Canada.
De dire que la chaîne Chapters/Indigo est là où les Canadiens vont acheter leurs livres n’est même pas une exagération: Grâce aux fusions (pas toutes volontaires) entre 1994 et 2001, une seule entité commerciale contrôle l’essentiel du marché des librairies au Canada anglais. (Le Québec, grâce à des facteurs évidents, est une exception, si bien qu’Archambault et Renaud-Bray se divisent également le gâteau) Ceci est un problème, peu importe le sourire que j’ai sur mon visage dès que j’entre dans un endroit qui stocke plus de 50,000 livres.
C’est un problème pour les mêmes raisons que toutes les monocultures sont un problème: Tous les œufs se trouvent dans le même panier. Notre glorieux système économique contemporain prends comme acquis que chaque marché bénéficie d’une saine compétition, mais ce n’est pas le cas pour les livres: Chapters/Indigo est la seule chaîne avec une présence d’une côte à l’autre. 230 magasins, 6,700 employés et $616M de profit.
Mais, surtout, l’absence d’un compétiteur. Si Chapters décide de ne pas stocker les titres d’un éditeur, tant pis. Si Chapters décide de ne pas payer ses fournisseurs à temps, tant pis. Si Chapters décide de réduire le nombre de livres disponibles dans ses magasins, tant pis. Grâce à leur pouvoir d’achat colossal, Chapters/Indigo peut dicter les termes de toute entente avec les éditeurs canadiens, peut vendre à perte et ainsi terrasser des librairies indépendantes au financement moins solide et peut bannir certains livres quand il ne s’agit pas de magazines. (Pour ne rien dire de l’opinion de leurs propres employés, ici et là et là-bas) En tant que cochon de consommateur, il ne reste plus grand choix. (En vérité, le seul grand compétiteur à donner du fil à retordre au monstre Chapters/Indigo, c’est amazon.ca.)
Mais comme dans Astérix, ce n’est pas toute la Gaule qui est occupée par les Romains. Un petit village d’irréductibles résiste vaillamment à l’invasion: les libraires indépendants. Puisque Allie a classé Fractale Framboise dans sa liste de liens “…à tendance littéraire ou dont l’auteur aime les livres et en parle”, pourquoi ne pas passer quelque lignes à parler de nos librairies préférées?
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par Laurine - jeudi, 1 septembre 2005 - 18:38 (Société)
Je suis un peu distraitement les développements en Louisiane en me disant, avec beaucoup de fatalisme, que nous ferions mieux de nous y habituer. Ce n’est pas comme si la situation globale allait s’améliorer au cours des prochaines années…
Je garde néanmoins l’impression un peu désagréable qu’une démesure semblable à celle de l’ouragan Katrina a été atteinte dans les déclarations à l’emporte-pièce de tout un chacun. Le gouverneur du Mississippi, Haley Barbour, a dit très sérieusement: «J’imagine que c’est ce à quoi ressemblait Hiroshima il y a 60 ans.» Rien de moins! Tant pis si une bombe nucléaire laisse des séquelles bien plus terribles qu’une inondation. Le maire de Biloxi n’est pas en reste: «C’est notre tsunami à nous!» Ah, bon? On dénombre déjà 250 000 morts? Une touriste citée dans La Presse va jusqu’à comparer le pillage de La Nouvelle-Orléans à la situation sévissant au centre-ville de Bagdad! J’avoue cependant que les bandes armées sillonnant les rues en pillant maisons et magasins doivent donner à la ville des airs de MadMax-les-Bains.
Quant au décompte des morts, mieux vaut attendre que la poussière retombe avant de se lancer dans des estimations exagérées. Je crois que nous avons tous eu notre leçon avec le World Trade Center. Prochaine étape, The Big One à San Franciso?
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