Voilà, c’est fait. Deux ans après la parution d’Ilium, voilà que Dan Simmons achève son histoire avec un autre livre de 600+ pages. Si j’insiste sur la longueur de l’oeuvre, c’est que Simmons démontre à nouveau ici un problème qui avait aussi affecté le duo Endymion/Rise of Endymion: Une bonne partie du premier 80% de l’histoire aurait pu être condensée sans grande hésitation. Quand on considère qu’Ilium n’était qu’un prologue et que Olympos batifole pendant 400 pages avant d’éclaircir son mystère, il y a de quoi penser que Simmons pèse un peu trop lourd sur la pédale de son traitement de texte.
Résumer l’histoire serait difficile. Mais commencez par imaginer une structure où s’enchevêtrent une re-création du siège de Troie, un périple de robots à travers le système solaire ainsi qu’une société d’humains sur-choyés jusqu’à l’illettrisme et vous aurez une idée de l’ampleur de tout cela. Et c’est sans compter la mécanique quantique, les univers parallèles, les copieuses références à Proust et Shakespeare, ainsi que les beaux rôles qu’occupent les dieux grecs. Le film TROY est presqu’un pré requis à cette histoire, à défaut de pouvoir citer de mémoire des extraits de l’Iliade.
Pas de doute, Ilium/Olympos est une œuvre ambitieuse. Peut-être trop, car à force de lire des passages sans doute très importants aux étudiants de littérature classique, on en vient à rouler des yeux, passer par-dessus les passages où il ne se passe rien et souhaiter que quelque chose, n’importe quoi, fasse avancer les choses. Heureusement, les deuxième tome accélère le rythme et il y a une centaine de bonnes pages vers la fin du livre, avant un épilogue qui mesure, je ne blague pas, une autre bonne soixantaine de pages. La nature véritablement science-fictionesque du récit tarde à arriver, mais elle frappe fort, rendant évidente la raison pour laquelle on a justement tant parlé de Proust, Shakespeare, Homère et compagnie. Pas mal, pas mal.
On sait qu’Ilium a été nominé pour le Prix Hugo du meilleur roman de 2003. Olympos risque d’en faire autant, si ce n’est qu’à cause du poids du nom « Dan Simmons ». C’est quand même beaucoup de travail pour un résultat guère plus qu’intéressant. Sans doute que les lecteurs avec une meilleure connaissance des classiques et une tolérance pour les longueurs seront plus enthousiastes au sujet de la série. Mais rien n’empêche de penser qu’un auteur moins raffiné, plus agressif et beaucoup plus impatient aurait pu raconter la même histoire en un seul livre d’à peine 500 pages, et qu’elle aurait été beaucoup plus agréable à lire.
4 commentaires
J’ai adoré ilium et attends avec impatience olympos.
Mais je m’insuge, le seul pré-requis possible est
l’iliade d’homère et non cette daube américaine de troy qui fait partir hélène et parîs fonder rome avec énée, oublie la raison du rapt d’hélène (la récompense de parîs pour avoir choisi aphrodite).
Ménélas revient à Sparte qui n’est pas un port avec sa femme aimante, de plus c’est un héros puisque c’est le seul grec avec ulysse qui défend la dépouille de patrocle (amant et frère d’arme d’achille) et il est le héros de nombreux fait d’arme.
Agamemnon ne meurt pas à troie mais Mycène tué avec andromaque par sa femme.
Où sont diomède, héros principal du début du livre et les dieux qui luttent entre eux à travers les hommes : ce lâche d’hector n’aurait pas tué Patrocle si Apollon, son protecteur, ne l’avait pas déshabiller ce qui explique la haine d’Achille à son égard.
Enfin, ce n’est pas achille le héros de la prise de Troie puisque il est mort avant mais tous les autre grecs : diomède, ulysse, les deux aias, et les atréides ménélas et agamemnon
On n’a jamais pris autant de liberté avec un livre patrimoine de l’humanité.
Mon conseil : lire des condensés de mythologie grec ou mieux l’original qui se lit facilement la seule, la vraie l’iliade d’homère.
En ce qui concerne Dan Simmons outre ilium, je conseillerai dans le même style le cycle Hypérion/Endymion et dans des style différent les princes des ténèbres (sa partie pseudo historique sur vlad tepes l’empaleur est fascinante) et mon favori l’homme nu, un superbe hymne à l’Amour
Oniell31
un livre ki déçoit, beaucoup trop long et tu as raison , l’action est d’une lenteur insupportable.
Après avoir avalé Ilium dès sa sortie, puis après avoir bondi sur la version anglaise d’Olympos, j’avais laissé à Dan Simmons une chance de se racheter en (re)lisant Olympos, dnas la langue de Molière… Déception terrible.
Fan absolue de la Mythologie grecque, notamment de l’Iliade, les libertés prises dans le second volet sont trop grandes, elles vident les personnages de leur enssence(notamment Achille, ayant un destin tragique essentiel au personnage d’Homère, et qui, sans Paris, devient de fait invincible)
Mais les libertés, on peut le tolérer, si elles servent l’histoire… Et là, c’est la catastrophe! Toutes les énigmes ont résolues à la va vite, la physique quantique résolvant tout! Sans une seule explication plausible.
Les musulmans, (aidés par les français) sont la cause de la fin du monde, en pratiquant une guerre chimique totale! Et les juifs sont les éternelles victimes. Si dans Hypérion, l’idée de Diaspora éternelle etait géniale, avec à coté les palestiniens déportés sur mars, dans Olympos, rien n’est expliquén si ce n’est le « penchant » naturel du musulman à détruire tout ce qui est affilié au juif… La ficelle est un peu grosse…
Olympos et Ilium (un seul et même bouquin en fait) ont plusieurs niveaux de lecture (tout comme les cantos d’Hypérion) L’histoire pure et simple est décevante au possible. Ensuite, sur la branche « intello » de Dan Simmons, on comprend la démarche : l’esprit humain peut tout. Le pire : cad le Rubicon, avatar de la haine aveugle, comme le meilleur : des univers parallèles crées par le génie humain (Homère, Proust,…), mais on à pas besoin de 1400 pages pour ça!
L’univers d’Hypérion était prenant, sensé dans sa démesure. Celui d’Olympos, à grands renfort de physique quantique et de littérature terrienne, est le paroxysme de la démesure, et semble s’adresser à quelques élites ayant lu tout Shakespeare, tout Proust, tout Homère et quelques autres auteurs majeurs, snobant le simple fan de SF qui était resté shooté à Hypérion, chef d’oeuvre surclassant même Dune…
Espérons que Dan Simmons saura comprendre ses fans et faire un retour aux sources…
Carpe Diem
Kevin
Ouais.
Je suis pas tellement d’accord sur la longueur du (des) roman. Tout ce qui touche à la guerre de Troie est assez énorme, et les combats sont épiques, majestueux. Dans Olympos, c’est vrai qu’on sort complètement du cadre de l’iliade. Mais le côté bourrin d’Achille m’a bien fait marré sur pas mal de passages. Pour le volet « ardisien », il est pas mal non plus je trouve, avec le procédé simmonsien le plus classique, qu’on retrouve dans absolument tous les bouquins de lui que j’ai pu lire: tout et tout le monde se fait déboîter, exploser jusqu’à la lie, et se fait récupérer et réparer au dernier moment. Ces humains illetrés et ignorants s’étoffent de connaissances en même temps que les descriptions des chapitres leurs étant associés gagnent en substance. Je trouve ça pas mal d’un point de vue artistique.
Enfin, les robots: dans ilium, ils sont en galère, seuls, et tous pourris, survivant tant bien que mal. Ici, ils sont avec leurs copaings, en confiance et très systématiques, et le contraste est vraiment sympa.
Bref, je trouve qu’avec la palette de personnages, de façons de voir, et donc de styles de narration, on s’ennuie pas. ET on vois du paysage, des lieux superbes, etc. La brèche atlantique par exemple est fascinante.
En plus, j’y connais rien en Proust et en Sheakspeare, et ça m’a pas du tout gêné. J’ai trouvé ça génial et même incroyable qu’à la lumière de la fresque de Simmons, on puisse trouver dans ces textes classiques des choses qui pourraient presque relever de la science fiction. Il a su trouver des ponts entre de tels textes et et son oeuvre.
De même, plus présente dans Olympos que dans Ilium, la structure de narration que Simmons maîtrise si bien. à la fin de chaque chapitre, j’ai eu l’impression d’arriver à la fin d’un épisode de prison break. EN gros: « who put***, mais pourquoi il change de chapitre?! ». ET puis on se laisse réembarquer par le chapitre suivant, et rebelotte.
Enfin, beaucoup ont l’air de trouver que la mécanique quantique dans cette histoire résout tout, et que c’est un peu facile. Je ne sais pas si vous avez lu des choses sur, ou étudié, la mécanique quantique. En tout cas, tel est mon cas. Et tout ce que dit Simmons est en fait génial, enfin je trouve. Tout correspond à une réalité scientifique, et est très judicieusement utilisé. On pourrait croire qu’il invente des choses pour se faciliter le travail, mais ça n’est pas le cas. J’ai énormément aimé cette dimension du bouquin.
Bon bref, tout ça m’a tenu en haleine sans aucun problème sur 90% des 2 bouquins.
Maintenant les points noirs:
-A la fin, j’en avais raz la nouille des simagrées de harman sur son amour pour Ada, et son gosse, etc… ET qu’il l’aime, et qu’il est tout dur en se rappelant leur première fois, et que et que. au bout d’un moment, ça m’a gavé. Autant dans Hypérion et Endymion, je ne me lassait pas d’en lire sur les idylles multiples peuplant les romans. (J’ai même chialé vers la fin d’Endymion!). Autant là… Un peu lourd sur la fin.
-Là, je vais rejoindre l’avis précédent: Mais qu’est ce que ce sous marin islamique moisi vient foutre dans cette histoire!!!!???? Simmons m’a souvent scotché par son érudition et son imagination. Mais alors là, j’ai eu l’impression de lire une nouvelle sortie des tiroirs d’un patriote américain moyen traumatisé par le 11 septembre, gobant tout ce qu’on dit sur Fox, participant à la parano collective instaurée par la propagande populaire.
Harman ne pense qu’à rentrer à Ardis, à aller aider sa meuf et ça on l’a compris, on se l’ai farci pendant des pages et des pages, son amour. En plus, il est dégoutté qu’on lui ai imposé de marcher des milliers de kilomètres dans la brèche atlantique. Et là, il voit un sous marin, avec un niveau de radiations hallucinant et hop. D’un coup, il en a plus rien à foutre d’Ada et de ses potes, il « faut qu’il sache ». C’est complètement incohérent. Et après, il va vomir de dégout. Et bien sur, les gros méchants c’est les horribles musulmans, qui sont tous extrémistes, et qui veulent butter tout le monde, même s’ils meurrent avec (comme si, déjà, les mollah étaient prêts à crever en personne pour la cause avec laquelle ils bourrent le mou à leurs disciples). C’est absurde, c’est complètement débile et gratuit. Sans parler des ces pauvres juifounets qui une fois de plus sont les pauvrets de l’histoire. On aurait pu attendre d’un auteur apparement si intelligent qu’il n’entre pas dans le débat, qui n’avait absolument rien à faire ici.
Simmons dérappe définitivement avec cet élément qui sort d’absolument nulle part. Après, les Moravec en rajoutent une couche en se lamentant sur le fait qu’on puisse vouloir détruire une si belle planète, mais au nom de quelle idée?!, oh lala mon dieu. c’est ridicule. Dans le même registre, on apprend aussi que les théories socialistes et communistes sont puériles…
-l’épilogue est complètement niais. Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil, même si Simmons essaie de contrebalancer en calant ici et là qu’il y a de la mauvaise bouffe et des putes. ça s’efface derrière la mièvrerie du reste. Une petite phrase m’a fait marrer, personnellement. Les Grecs et les Troyens,
Bourrins sanguinaires boursoufflés de testostérone s’il en est, préparent leur expédition pour désactiver les rayons bleus. Un grec sort une petite vanne et là: « un gloussement amusé parcourut l’assistance ». Un gloussement amusé. des grecs et des Troyens. Un gloussement… Enfin bref, l’épilogue m’a exaspéré.
Mais j’aurais pu le pardonner sans l’histoire du sous marin.
Pareil. Odysseus qui règle tout en 2 secondes… enfin bon.
Bon, pour conclure: deux bouquins géniaux jusqu’au chapitre 74 d’Olympos.
Après, c’est méchants musulmans, pauvres juifs, Un historien qui veut sauver ses copains grecs on sait pas vraiment pourquoi, vu qu’il a assisté à la guerre pendant 10 ans, des rayons bleus mystérieux dont on sait finalement toujours pas à quoi ça sert, un épilogue au sein duquel Bambi donnerait l’impression d’être une brute sanguinaire assoiffée de mort et de viol sauvage, et dans lequel tout le monde à l’air de connaître et d’aimer tout le monde, comme par hazard.
Enfin voilà.