Fractale Framboise

Archives: août 2005

Laurine

The Darkness that Comes Before — Scott Bakker

par Laurine - mercredi, 31 août 2005 - 21:13 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

princeofnothing1Même sur le site officiel, je n’ai pas trouvé combien de volumes comportera la série «The Prince of Nothing» de Scott R. Bakker. Deux sont déjà sortis, The Darkness that Comes Before et The Warrior-Prophet. J’ai cru lire quelque part (était-ce sur Amazon?) qu’il y en aura trois, mais la complexité du premier volet laisse songeur.

Je pourrais résumer The Darkness that Comes Before en quelques mots: une guerre se prépare dans un royaume et, à l’insu de tous, un mal très ancien menace de refaire surface. On reconnaît là le schème de la série de George Martin et de plusieurs autres, ce qui ne rend pas justice à l’ouvrage de Bakker. L’écriture de celui-ci se distingue par sa façon d’aborder les situations d’un point de vue philosophique et parfois métaphysique. Autant les personnages de la série de Martin sont intelligents, autant ceux de Bakker sont savants.

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Christian

Market Forces, Richard Morgan

par Christian - lundi, 29 août 2005 - 21:36 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Couverture: Market Forces, Richard MorganImaginez Dilbert dans DEATHRACE 2000. Michael Bay réalisant un scénario de Naomi Klein. Une critique du capitalisme, rehaussée de filles bien roulées. Un livre où une adaptation hollywoodienne devrait réduire le nombre de poursuites automobiles et de scènes de nudité. Voilà ce qu’est Market Forces de Richard Morgan.

Vers 2050, l’Angleterre est divisé entre les rares ultra-riches et les masses pauvres. Les corporations investissent dans les sales petits conflits civils des pays du tiers monde. Et quand des hommes d’affaire ne s’entendent pas sur quelque chose, ils règlent leurs petits problèmes sur l’autoroute, en tentant de détruire leur adversaire à coups de roue et de fusils. C’est, bien évidemment, une satire. Mais ça n’empêche pas Morgan de critiquer l’hyper-capitalisme avec une ferveur tout à fait féroce.

Ceux qui sont familiers avec les romans précédents de Morgan (Altered Carbon et Broken Angels, tous deux recommandés) ne seront pas surpris de constater, à nouveau, que Market Forces est un roman pour grands garçons friands de violence et de poitrines gonflées. Les femmes sont soit des épouses invisibles, des séductrices dangereuses ou des harpies à éliminer. Les hommes ne s’en tirent guère mieux, bourrés comme ils sont de testostérone et d’une soif insatiable de pouvoir. Ceci n’est clairement pas un roman à mettre entre toutes les mains.

Mais quelle énergie! Dès le départ, Market Forces démarre en grande vitesse et lâche rarement l’accélérateur. Morgan sait écrire pour accrocher son lecteur, même à travers le la transformation du protagoniste en brute impitoyable, même à travers les scènes cotées X. Les quelques quatre cent pages de ce livre roulent à toute allure. On ne s’ennuie pas, et on récolte en passant quelques idées provocantes sur l’exploitation du tiers monde par le nôtre. C’est sans doute le seul roman de poupounnes-et-carabines à se terminer par une bibliographie citant Michael Moore et Noam Chomsky. S’agit-il d’un livre pour vous? Ça dépends: aimeriez-vous lire un croisement entre MAX MAX 2: THE ROAD WARRIOR et THE CORPORATION?

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Eric

La route du conte

par Eric - vendredi, 26 août 2005 - 17:26 (Plogues)

Je vais me faire rare sur ce blogue (oui, plus encore que d’habitude) au cours des prochains jours. Quelques confrères et consoeurs et moi-même avons formé un petit groupe appelé “Les Pelleteux d’légendes” et nous partons de ce pas en tournée européenne pour conter nos histoires en des terres nouvelles. Bon, il ne s’agit que de quelques spectacles en Bretagne, mais le terme “tournée européenne” a plus de panache et n’est pas faux, après tout.

J’en appelle donc à nos hypothétiques lecteurs français: venez nous écouter! Vous trouverez notre ittinéraire dans mon calendrier de conteur. J’offre un verre à quiconque viendra me voir après l’un de nos spectacles et mentionnera le nom de ce blogue.

Si vous habitez Montréal, soyez prévenus: la nouvelle saison du conte débute très bientôt. Je vous recommande tout particulièrement les spectacles organisés par les Productions Cormoran, dont je suis un humble artisan. (Consultez notre page de liens pour découvrir d’autres soirées de conte.)

Voilà, je pars, je déguerpis, je sacre mon camp pour ne revenir qu’à la mi-septembre. Je penserai à vous, chers lecteurs, et j’espère bien récolter quelques anecdotes dignes d’être publiées ici pour votre divertissement et votre édification.

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Christian

Olympos, Dan Simmons

par Christian - jeudi, 25 août 2005 - 21:36 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Couverture: Olympos, Dan SimmonsVoilà, c’est fait. Deux ans après la parution d’Ilium, voilà que Dan Simmons achève son histoire avec un autre livre de 600+ pages. Si j’insiste sur la longueur de l’oeuvre, c’est que Simmons démontre à nouveau ici un problème qui avait aussi affecté le duo Endymion/Rise of Endymion: Une bonne partie du premier 80% de l’histoire aurait pu être condensée sans grande hésitation. Quand on considère qu’Ilium n’était qu’un prologue et que Olympos batifole pendant 400 pages avant d’éclaircir son mystère, il y a de quoi penser que Simmons pèse un peu trop lourd sur la pédale de son traitement de texte.

Résumer l’histoire serait difficile. Mais commencez par imaginer une structure où s’enchevêtrent une re-création du siège de Troie, un périple de robots à travers le système solaire ainsi qu’une société d’humains sur-choyés jusqu’à l’illettrisme et vous aurez une idée de l’ampleur de tout cela. Et c’est sans compter la mécanique quantique, les univers parallèles, les copieuses références à Proust et Shakespeare, ainsi que les beaux rôles qu’occupent les dieux grecs. Le film TROY est presqu’un pré requis à cette histoire, à défaut de pouvoir citer de mémoire des extraits de l’Iliade.

Pas de doute, Ilium/Olympos est une œuvre ambitieuse. Peut-être trop, car à force de lire des passages sans doute très importants aux étudiants de littérature classique, on en vient à rouler des yeux, passer par-dessus les passages où il ne se passe rien et souhaiter que quelque chose, n’importe quoi, fasse avancer les choses. Heureusement, les deuxième tome accélère le rythme et il y a une centaine de bonnes pages vers la fin du livre, avant un épilogue qui mesure, je ne blague pas, une autre bonne soixantaine de pages. La nature véritablement science-fictionesque du récit tarde à arriver, mais elle frappe fort, rendant évidente la raison pour laquelle on a justement tant parlé de Proust, Shakespeare, Homère et compagnie. Pas mal, pas mal.

On sait qu’Ilium a été nominé pour le Prix Hugo du meilleur roman de 2003. Olympos risque d’en faire autant, si ce n’est qu’à cause du poids du nom “Dan Simmons”. C’est quand même beaucoup de travail pour un résultat guère plus qu’intéressant. Sans doute que les lecteurs avec une meilleure connaissance des classiques et une tolérance pour les longueurs seront plus enthousiastes au sujet de la série. Mais rien n’empêche de penser qu’un auteur moins raffiné, plus agressif et beaucoup plus impatient aurait pu raconter la même histoire en un seul livre d’à peine 500 pages, et qu’elle aurait été beaucoup plus agréable à lire.

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Eric

C’est la faute à Elvis

par Eric - mardi, 23 août 2005 - 15:28 (Écrire)

S’il y a une chose que les écrivains font bien, c’est de se pencher sur leur propre fonctionnement et sur les mystères de leur métier quand ils devraient plutôt être en train de rédiger leur prochain roman. Il faut dire que la curiosité du public y est pour quelque chose. Pour qui n’écrit pas, l’existence de la fiction suscite de nombreuses questions, dont la sempiternelle “Où prenez-vous vos idées?”

Divers auteurs ont tenté d’y répondre de diverses manières. Harlan Ellison prend un malin plaisir à révéler l’existence d’un certain “Idea Service” à Schenectady, NY qui lui livre des idées fraîches à chaque semaine.[1] Stephen King, lui, a écrit une histoire sur le sujet: “The Ballad of the Flexible Bullet”. Neil Gaiman a rédigé un bon essai où il explique entre autres que les idées sont la partie facile du processus. Il met aussi le doigt sur un principe tout simple: tout le monde a des idées, mais les écrivains sont plus adeptes à remarquer quand ça leur arrive.[2]

Quand on me posait la question, avant, je parlais d’observation, d’entraînement, des curieuses associations qui naissent quand on heurte ensemble des éléments disparates. Tout ça avait un certain sens, mais était-ce satisfaisant?

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Laurine

Je lis Montréal

par Laurine - lundi, 22 août 2005 - 20:20 (Arts visuels, Montréal et environs, SF&F francophone, Société)

beaulieu
Natasha Beaulieu

Présentement, vous pouvez admirer sur l’avenue McGill College une exposition photographique intitulée Je lis Montréal. Huit photographes ont croqué des images variées sur le thème de la lecture, dont quelques portraits d’écrivains du milieu de la SFFQ. Cette exposition dure jusqu’au 15 octobre. Rappelons que Montréal s’est affublé du titre un peu pompeux de «Capitale mondiale du livre» et entend bien souligner la chose par divers événements au cours de l’année. Cette exposition s’inscrit justement dans ce cadre. Alors profitez du temps clément pour jeter un coup d’œil à ces photos géantes exposées sur le trottoir. Vous pouvez même les prendre… en photo!

sernine
Daniel Sernine

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Christian

Boston: Triomphe et désastres d’ingénerie

par Christian - samedi, 20 août 2005 - 23:24 (Insolite, Techno/sciences)

Photo: Boston, Tour HancockL’an dernier, ma destination-tourisme fut Boston, coïncidant avec Noreascon4, la mouture 2004 de la Worldcon. En bon petit touriste débutant, je me suis naturellement plongé dans la lecture d’ouvrages et de ressources au sujet de la ville. Étant immédiatement sympathique aux grands projets d’ingénierie, je suis tombé, chemin faisant, sur une coïncidence étrange: Comment Boston (en plus d’être la ville hôte du célèbre MIT) s’est avéré être au centre du plus grand projet d’ingénierie civile de l’histoire des États-Unis, mais aussi le site de ce qui aurait pu être sa plus grand catastrophe.

Après la pause: Tous les détails, agrémenté de photos prises lors de mon voyage à Boston en septembre 2004.
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Eric

lost boy lost girl vs. From a Buick 8

par Eric - vendredi, 19 août 2005 - 17:22 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

lost boy lost girl vs. From a Buick 8Résumons deux livres en une phrase: un jeune homme, accablé par la mort d’un parent, devient obsédé par un objet mystérieux qui pourrait mener à sa perte. Dans From a Buick 8, de Stephen King, il s’agit du fils d’un policier qui découvre l’existence d’une voiture que personne ne peut expliquer. Dans lost boy lost girl, de Peter Straub, un adolescent cherchant à s’expliquer le suicide de sa mère se trouve fasciné par la maison abandonnée qui fait dos à sa propre demeure. Je les ai lus immédiatement l’un après l’autre, ces deux romans; une juxtaposition appropriée, les deux auteurs étant tous deux vétérans de l’horreur et ayant déjà écrit deux livres ensemble. Comparons, et voyons quelle oeuvre l’emportera.

Dans le coin gauche, lost boy lost girl commence par la voix de Tim Underhill, un personnage que Straub trimballe depuis quelques romans déjà. Underhill est un auteur et, par là même, un narrateur compétent. On plonge vite dans le petit mystère du suicide de sa belle-soeur et c’est ainsi qu’on rencontre Mark, le fils de la défunte, et son ami Jimbo. Tous deux sont des adolescents au bord du stéréotype (désoeuvrement et planches à roulettes), mais ils n’en deviennent pas irritants pour autant. C’est Mark qui s’intéresse soudain à la maison voisine et qui, poussant son exploration de plus en plus loin, découvre en personne ce que son oncle Tim se fait expliquer au cours de sa propre enquête. C’est une belle construction horrifique, cette maison: on la soupçonne d’être une maison hantée et un repaire de tueur en série, on y trouve des recoins horribles, on en sort des secrets à pleines poignées.

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Laurine

Boréal 2005, inscription

par Laurine - mardi, 16 août 2005 - 19:21 (Congrès Boréal, SF&F francophone)

boreal2005Les préparatifs de Boréal 2005 sont en cours. Je viens de mettre à jour l’information sur le site officiel. Les tarifs sont affichés et il est maintenant possible de télécharger un formulaire d’inscription. Si vous avez déjà la ferme intention de faire un tour, ne reportez pas votre inscription à plus tard: envoyez votre chèque avant la fin du mois d’août et il ne vous en coûtera que 20 $. Christian est présentement en train de plancher sur la liste des panels, il vous tiendra au courant le moment venu.

Incidemment, sachez que les membres de Fractale Framboise seront au Congrès Boréal pour signer des autographes (pas de flashs, s’il vous plaît).

Pour ceux qui ne le sauraient pas, le Congrès Boréal est un événement annuel qui rassemble une bonne partie du milieu de la science-fiction et du fantastique québécois. C’est l’occasion de voir vos écrivains préférés parler de leurs romans, débattre de sujets divers et, plus généralement, se prendre aux cheveux. Des auteurs étrangers sont également de la partie. Tous les détails se trouvent sur le site de Boréal, que je vous suggère de visiter régulièrement pour les mises à jour. Ces explications ne sont qu’une pure formalité. En fait, retenez ceci: PATRICK SENÉCAL Y SERA (pas de flashs, s’il vous plaît).

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Christian

The Big Over Easy, Jasper Fforde

par Christian - dimanche, 14 août 2005 - 20:02 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Couverture: The Big Over Easy, Jasper FfordeSi vous n’avez encore rien lu de Jasper Fforde, je vous envie; vous avez maintenant cinq livres tout à fait délicieux à découvrir. En commençant par The Eyre Affair, Fforde a réussi à se tailler une place enviable de fantaisiste à la fois original et accessible. Romancier post-moderne s’il en est un, Fforde s’amuse à remixer des siècles de littérature et à nous amener à l’arrière-scène de la fiction.

Après les quatre tomes de l’excellente série Thursday Next, Fforde récidive avec un roman plus ou moins situé dans le même méta-univers, mais avec un thème et des personnages plutôt différents (ce malgré des liens amusants avec The Well of Lost Plots). Croisement entre le roman policier et une fantaisie humoristique, The Big Over Easy traque l’enquête de deux policiers alors qu’ils tentent d’élucider le meurtre de… Humpty Dumpty.

Le tout se déroule, bien sûr, dans une Angleterre où Humpty Dumpty, oeuf libidineux et philantrophe, peut parfaitement bien exister, tout comme tant des personnages de comptines. Un monde où les détectives se doivent d’écrire leurs enquêtes abracadabrantes pour publication dans Amazing Crime Stories. Un monde loufoque mais réaliste, dans lequel Fforde peut laisser aller sa folie particulière.

Que les amateurs de Thursday Next se rassurent: The Big Over Easy ne perds rien du charme ou de la lisibilité des quatre premiers livres de Fforde. À nouveau, on se laisse emporter avec plaisir par la façon amusante dont l’histoire tordue nous est racontée. Un peu plus terre-à-terre, un peu plus contrôlé que ses livres précédents, The Big Over Easy n’est rien de moins qu’un charme. Seul bémol pour les lecteurs d’origines non anglophones: Le livre dépend beaucoup sur des satires de comptines qui peuvent ne pas être familières à ceux qui ne les ont pas entendu avant l’âge de cinq ans. (J’ose à peine imaginer le travail que représentera la traduction de l’ouvrage.)

Mais il n’est pas nécessaire d’être un expert en comptine pour apprécier ce livre, tout comme on peut y plonger sans rien connaître des autres livres de Fforde. Gageons seulement qu’une fois celui-ci lu, vous ne serez pas capable de ne pas lire le prochain… et ni vous n’êtes pas convaincus, allez jeter un coup d’oeil à l’archipel de sites web qu’entretient l’auteur, en commençant à Fforde Grand Central.

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Laurine

A Song of Ice and Fire — George R. R. Martin

par Laurine - vendredi, 12 août 2005 - 18:12 (Critiques, SF&F autre)

martin1Je l’aurai finalement commencée, cette série! Me voilà au même point que tout le monde, frustrée d’arrêter en si bon chemin pour attendre la suite. Je comprends l’inquiétude de ceux qui craignent d’oublier les grandes lignes du récit d’ici la sortie du quatrième volume. Quelle saga!

La tapisserie de A Song of Ice and Fire est complexe, il va sans dire. Les lecteurs qui aiment bien suivre les péripéties d’un ou deux personnages phares s’arrangeront pour prendre des notes, faute de quoi ils seront engloutis par les lieux et les gens. On suit l’histoire de familles entières, selon des points de vue différents. L’approche de l’auteur est originale (en tout cas, je ne l’ai pas encore vue ailleurs). Chaque chapitre est consacré à un protagoniste, bon ou méchant, ce qui fournit au lecteur tout un prisme d’images et d’opinions. On se prend à haïr untel, que l’on trouve vil et méprisable, mais dès que le projecteur se braque sur lui, ses motivations prennent une nouvelle teinte. La même chose peut être dite des «gentils» officiellement répertoriés: ils ont leurs faiblesses, et pas les plus jolies.

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Laurine

Déjà vu [1]

par Laurine - lundi, 8 août 2005 - 20:00 (Insolite)

frodopotter

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Christian

Behemoth, Peter Watts

par Christian - dimanche, 7 août 2005 - 21:48 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Couverture: Behemoth B-Max, Peter WattsPeter Watts, le prince glauque de la science-fiction canadienne-anglaise, est de retour avec βehemoth, concluant ainsi une trilogie amorcée avec Starfish et Maelstrom. Le résultat est non seulement à la hauteur des attentes, mais réussira peut-être même à convaincre certains de jeter un second regard sur les deux premier tomes de la trilogie.

Ceux qui connaissent bien Watts savent déjà que “glauque” est un euphémisme lorsque l’on considère son oeuvre. Biologiste de formation, Watts ne souffre d’aucune sentimentalité lorsque vient le moment d’aborder “l’humanité” de ses personnages. βehemoth commence cinq ans après les événements du volume précédent, cinq ans après qu’une pandémie ait ravagé l’Amérique du Nord, tuant des centaines de millions de personnes et (horreur!) rendant l’Internet inutilisable.

βehemoth représente ni plus ni moins que la résolution de tous les petits sales conflits entre les personnages de la série. La première moitiée (β-Max) se déroule dans l’environnement claustrophobe d’une station sous-marine, alors que s’affrontent finalement “rifters” altérés et “corpses” corporatifs. La deuxième moitié (Seppuku) se déroule sur terre, entre Boston et Sudbury, alors qu’éclate le triangle dramatique entre Clarke, Lubin et Desjardins (hé oui, le Grand Méchant est un Québécois!), chacun des trois ayant sa propre petite idée de ce qu’est la responsabilité, la culpabilité et la destinée…

Couverture: Behemoth Seppuku, Peter Watts“Glauque”, ais-je dit: Chacun des trois personnages principaux est personnellement responsable de la mort de centaines, milliers, millions de personnes. Chacun est sadique, abusé ou assassin, et parfois les trois à la fois. Mais cette étude en teintes de noir s’avère fascinante: Où commence la raison et où se termine l’émotion lorsque la torture délibérée d’une seule personne s’avère plus dérangeante que le génocide net et systématique de milliers d’inconnus? Sommes-nous des automates prisonniers de nos circuits neuronaux? Et si l’émotion s’avérait plus éthique que la raison?

Ouf. Il ne s’agit certainement pas d’un livre destiné à tous. Entre autres pré-requis, il est impératif d’avoir lu, aimé et compris les deux premiers tomes de la série. La séparation de l’histoire en deux volumes séparés est également un problème pour quiconque a à payer pour ses livres de SF. Peut-être serait-il plus pratique d’aller demander des exemplaires à la bibliothèque municipale?

En revanche, cette conclusion rehausse rétrospectivement mon opinion des deux premiers livres: Je comprends maintenant l’ampleur de la vision de Watts, et les inconforts des premiers livres sont aussi beaucoup plus compréhensibles. Behemoth est un autre solide roman de hard-SF canadienne (les détails technoscientifiques sont excellents) qui plaira sans aucun doute aux fans de l’auteur. Dommage que le congrès Boréal l’ait déjà invité en 2003; je ne détesterait pas lui parler à nouveau…

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Christian

Mises à jour

par Christian - dimanche, 7 août 2005 - 17:29 (Plogues, SF&F autre)

Oui, j’aimerais mieux être à Glasgow à ce moment-ci.

Pas seulement parce que c’est Glasgow, mais surtout parce que c’est là que se déroule présentement Interaction, la mouture 2005 de la Worldcon, le grand congrès annuel du monde de la science-fiction écrite. Pendant quelques jours, une fraction importante des professionnels et des amateurs du monde de la SF se rencontrent à un seul endroit et ceux qui ne peuvent pas y assister sont… jaloux. (Heureusement, on peut y assister par proxy en se fiant sur l’excellent travail de Cheryl Morgan, qui remplit un service public essentiel en collectionnant toutes les mentions de Worldcon à partir du blog d’Emerald City. Mais attention: faut être fan invétéré pour comprendre toutes les allusions.)

C’est donc en attendant anxieusement les résultats des Prix Hugo que j’écris ceci. (À quand la rediffusion de la cérémonie par satellite?) Pour passer le temps, j’ai pensé réexaminer quelques-uns de mes billets des quelques derniers mois, question d’y apporter quelques mises à jour et de discuter de ce qui s’est passé depuis. Ceux qui n’ont aucun intérêt dans les Prix Hugo, Grand Theft Auto, Accelerando, Old Man’s War ou bien Westercon58 sont avisés de ne pas aller plus loin que (suite…)

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Laurine

E.T. fais-moi peur

par Laurine - jeudi, 4 août 2005 - 19:38 (Cinéma, SF&F autre)

Je ne reviendrai pas sur mes réticences face à War of the Worlds, mais cette discussion fait néanmoins ressortir une question qui me turlupine. Une floppée de films nous proposent toutes sortes d’espèces extraterrestres ayant des velléités de conquête et de destruction. Pourtant, ces créatures qu’on se donne la peine de créer n’atteignent pas nécessairement leur cible. Mettons tout de suite de côté les comédies à la Independance Days, car une invasion qu’on ne prend pas au sérieux n’a rien de bien inquiétant, même si la tour Eiffel est détruite. Quels films (ou quels romans, tiens) ont su créer des extraterrestres qui posaient un danger crédible? Ceux qui me viennent spontanément à l’esprit sont bien sûr Alien et Predator, mais aussi The Thing (de Carpenter, dans mon cas). Voilà des films réussis parce que le spectateur arrive à croire que ces créatures sont vraiment menaçantes. On peut sans doute en trouver aussi dans les séries télévisées.

Quelles sont les règles à suivre pour qu’un extraterrestre ne fasse pas rire de lui? Il doit être intelligent, peu importe son apparence. Je suppose qu’il doit préférablement avoir l’air effrayant. Il doit être très difficile à détruire aussi, pour limiter les moyens du héros. Pourtant, même en suivant cette recette, un scénario peut se casser la gueule. Alors…?

(Je me demande s’il est prudent d’inclure aussi l’intelligence artificielle dans la catégorie «envahisseur sanguinaire». Terminator a bien fonctionné.)

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