Survive Style 5+ est un film audacieux et exubérant, une expérience de pur cinéma concoctée par deux japonais possiblement cinglés. Il n’y a pas d’intrigue centrale mais plutôt une poignée de personnages disparates dont les histoires s’entrecroisent. On y rencontre un tueur aux prises avec une femme redoutable; une conceptrice publicitaire aux idées loufoques; un hypnotiseur imbu de lui-même; trois cambrioleurs adolescents; une famille sympathique frappée d’un drame ridicule; et enfin, un Britannique menaçant (Vinnie Jones, annoncé en lettres énormes dans le générique) et son interprète.
Inutile de résumer l’histoire: elle est trop échevelée et ne constitue que la moitié du tout, l’autre moitié étant le style. Les spectateurs nourris au cinéma occidental y verront un soupçon de Tarantino (pour le jeu de structure, l’utilisation de la musique, les personnages parfois saugrenus) et de Guy Ritchie (quelques transitions ingénieuses, et Vinnie Jones). S’y ajoutent des combats très stylisés, de belles touches de fantaisie et beaucoup de bizarrerie japonaise concentrée. Le réalisateur (Gen Sekiguchi) et le scénariste (Taku Tada) en sont apparemment à leur premier long métrage, mais sont tous deux issus du monde de la publicité où ils se sont forgé un style imparable. Les images sont épatantes, présentant des personnages et des décors très colorés et chargés de bibelots pour créer une esthétique baroque-pop-kitsch très poussée.
Les intrigues s’entrecoupent parfois trop serré pour permettre à chaque scène d’atteindre son plein effet, mais ce n’est rien de grave. Certains moments, pourtant, sont étirés alors que le film complaît dans sa propre excentricité, et c’est là que certains spectateurs pourraient trouver l’expérience frustrante. Le film suscite beaucoup de questions et ne répond qu’à certaines d’entre elles. À tout le moins, ça peut donner lieu à des discussions intéressantes par la suite.
On sent que les vérités de ce film sont plus émotionnelles que rationnelles. L’histoire de la petite famille, notamment, est à la fois drôle et touchante, et le film se termine sur une note joyeuse qui rachète ses excès. Difficile d’en ressortir autrement qu’épaté et rafraîchi.
Un commentaire
Je suis entièrement d’accord avec toi ! J’ai adoré, mais je reste consciente que le contenu était parfois mince. Mais le contenant est ellement éclaté que j’ai facilement pardonné le reste. Le visuel est tout simplement époustouflant… et débridé comme seuls les japonais savent l’être ! Une véritable expérience cinématogaphique qui gagnait à être vu sur écran géant ! Une de mes belle expérience « fantasiesque » de l’année 2005.