Oui, le film est aussi bon qu’on le dit. Les fans de la première heure laissent entendre qu’enfin, un scénario présente le «vrai» Batman. Moi qui n’a jamais éprouvé d’attachement spécial envers ce personnage, je crois comprendre ce qu’ils veulent dire. Batman Begins n’a pas l’air d’avoir été adapté d’un comic book où abondent les Ping! Blam! Whop! et les méchants dont les goûts vestimentaires constituent un crime en soi. Le film donne plutôt l’impression d’avoir été adapté d’un roman dont l’auteur a eu toute la latitude pour texturer son personnage. À vrai dire, ce n’est qu’au bout d’une heure qu’on a l’impression de voir un film de superhéros — et encore, ledit héros se casse la gueule plus d’une fois. Les débuts sont difficiles. J’ai apprécié l’ingéniosité avec laquelle on nous a présenté le personnage de Bruce Wayne, le sens qu’on a donné à sa quête et à ses actions. J’ai enfin un contexte compréhensible, car je ne comprenais pas pourquoi tous les méchants combattus par Batman sortaient invariablement d’Arkham, en plus de porter des costumes et des noms ridicules.
Ce que je n’ai pas entièrement compris, ce sont les motivations de Ducard/Ra’s Al Ghul. Qu’il décrive Gotham comme si Sodome, Gomorrhe, Babylone et Fallouja s’étaient fusionnées dans un élan de synergie hors du commun, dépasse un peu les bornes: n’y a-t-il pas d’autres grandes villes sur la planète? Et il y a Katie Holmes, aussi. Entourée d’acteurs du calibre de Christian Bale, Michael Caine, Gary Oldman, Liam Neeson et Morgan Freeman (pour ne nommer que ceux-là), elle fait pitié avec ses airs d’elfe trisomique importés tout droit de Dawson’s Creek.
Je n’en dirai pas plus, je ne fais que répéter ce qui a déjà été dit. Le film vaut non seulement le coup, mais il mérite d’être revu. Je souhaite que le reste de la série maintienne ce niveau, quoique je ne cacherais pas certains doutes. L’intérêt de l’histoire est de montrer l’évolution d’un personnage complexe et torturé. Une fois les bases installées et le personnage campé, que reste-t-il? L’apprentissage de Robin?
2 commentaires
Eh ben… Tu m’as quasiment convaincu d’y aller.
Joël — indifférent jusqu’à présent à la mythologie batmanesque
Je n’ai que des souvenirs vagues du tout premier Batman, celui avec Michael Keaton dans le rôle titre et Jack Nicholson dans celui du Joker. Même si je n’ai pas détesté le film, il ne m’a pas du tout convaincue de voir les suites. Je ne sais donc pas exactement comment la série cinématographique a évolué, mais en me fiant aux bandes-annonces et aux critiques, je n’avais pas l’impression de rater grand chose. Peut-être que j’aurais tardé un peu plus avant d’aller voir Batman Begins: comme je le mentionne dans mon billet, je ne suis pas une fan de Batman. Ce qui m’a convaincue a été la réaction générale d’enthousiasme, cet espèce de «Enfin!» soulagé et ravi des critiques et des fans, l’impression qu’on avait tourné un film pour adultes et non pas une BD pour adolescents.
Je crois que la réussite du film tient dans sa façon de présenter Batman comme un personnage relativement réaliste: si un type comme lui existait réellement, à quoi ressembleraient ses débuts? Bien sûr, ça reste de la bande dessinée. Personne ne pourrait se battre aussi efficacement dans la vraie vie, peu importe l’équipement. Ce dernier est passablement futuriste, d’ailleurs, et fera surtout la joie des cadres de Hasbro. Mais c’est le développement psychologique du personnage qui accroche — sans compter l’excellente distribution. Liam Neeson, ironiquement, joue une sorte de Qui Gon-Jinn qui serait passé du côté obscur de la Force… avec des expressions faciales en prime!