Alien Vs. Predator: pour le divertissement

Il fallait bien que j’achète le DVD, même si le film est loin de s’inscrire dans la fameuse série Alien. Il s’inscrirait plutôt dans la série Predator et ce, pour diverses raisons.

alienpredator1Avant toute chose, je tiens à souligner mon agacement face au titre Alien Vs. Predator. Ces deux séries ont fait entrer au panthéon de la SF cinématographique des monstres originaux. Les titres faisaient alors référence à une caractéristique de chaque créature. Ainsi, Alien illustrait la nature fondamentalement étrangère du huitième passager du Nostromo. Predator, lui, qualifiait le mode de vie de ces chasseurs intergalactiques. Cependant, ces titres se sont imposés de façon si efficace qu’on s’en sert maintenant comme noms d’espèces (c’est encore plus vrai en français puisqu’on ne prend même pas la peine de les traduire). Cette aberration est d’autant plus flagrante quand on envoie ces créatures s’affronter sur Terre: quand on y pense, les Predators sont aussi des extraterrestres et les Aliens sont aussi des prédateurs! Le titre Alien Vs. Predator (notez le singulier) est codé, il ne s’adresse qu’aux fans. Dans le film, les personnages parlent de «serpents» et d’«humanoïdes», ce qui est déjà plus sensé.

Aux gens qui se posent la question «C’tu bon?», je leur réponds: ça dépend du film que vous souhaitez voir. En gros, une équipe de chercheurs menés par le richissisme Charles Bishop Weyland (Lance Henriksen) se rend au beau milieu de l’Antarctique pour explorer une pyramide enfouie à 2000 mètres sous la glace. Ils ne savent pas, bien sûr, qu’il s’agit d’une construction érigée par les Predators il y a des siècles, quand le continent était habitable. Une reine Alien y est maintenue captive et, de temps en temps, on la force à pondre. La stratégie prévoit qu’une poignée d’humains se fasse ensuite infecter pour que la chasse commence. Des jeunes Predators se laissent volontairement enfermer dans la pyramide afin d’affronter les grands serpents et subir leur initiation de chasseurs. L’équipe de Weyland, elle, est attirée par un signal envoyé exprès par les Predators pour piéger des proies dans leur petit jeu.

alienpredator2N’envisagez même pas une sorte d’Alien 5. Le processus de ponte, d’incubation et de croissance se fait à toute vitesse, comme si l’on souhaitait en finir au plus vite avec ces détails techniques que les spectateurs connaissent déjà. C’est un film pour fans, il faut garder ce détail à l’esprit. Le scénario nous propose une reine prête à pondre, des facehuggers prêt-à-porter et des créatures prêtes à tuer. Elles bavent à profusion, grondent, feulent et font, comme toujours, preuve d’une humeur massacrante. Le plus curieux, c’est de voir ces «serpents» se donner beaucoup de mal pour capturer les humains vivants, même s’ils sont lourdement armés. Aucun n’essaie de capturer un Predator, c’est tout de suite le combat à mort. Il n’y a que les facehuggers qui semblent voir un potentiel intéressant chez ces Lenny Kravitz de deux mètres.

Le scénario donne un certain relief aux Predators, puisqu’ils sont humanoïdes et qu’ils peuvent hypothétiquement s’allier aux humains. Les trois chasseurs qui débarquent sont des jeunots venant subir un rite de passage. Pour aviver l’intérêt du film, on a produit une floppée d’Aliens gonflés aux stéroïdes, capables de flanquer une râclée à n’importe quel Predator le temps de faire «Iiiik!». Les scènes de combat sont homériques. Le spectateur comprend vite que le film est basé sur une bande dessinée quand il voit un Predator s’emparer d’un Alien par la queue et le faire virevolter à bout de bras. Le crâne en silicone va percuter les piliers en pierre, les faisant voler en éclats, avant que la créature ne fasse un vol plané à travers la salle. Homérique, je disais donc.

alienpredator3Les humains, qui ne comprennent pas grand chose au départ, mais qui apprennent vite en déchiffrant le scénario sous formes d’hiéroglyphes, sont coincés. La moitié est harponnée par les Predators avant même d’entrer dans la pyramide et l’autre est parasitée par des facehuggers, après avoir couru comme des fous dans cette construction qui se reconfigure toutes les dix minutes (voir Cube). Reste une survivante (c’est un chick flick) qui s’allie au dernier Predator contre une armée de bêtes lovecraftiennes et siliconés. Et c’est là que l’histoire devient vraiment intéressante.

Alors, c’est bon ou pas? En fait, c’est très divertissant à défaut d’être subtil. Le scénario puise gaillardement dans les deux séries sans aucune gêne: la fin va même jusqu’à fusionner la conclusion d’Aliens et de Predator II. Ce qui est assez rigolo, c’est de voir Charles Bishop Weyland, que l’on devine être le cofondateur de la fameuse Weyland-Yutani. Nous savons que cette corporation s’intéressera, dans un avenir éloigné, aux espèces dangereuses dans l’espoir d’en faire des armes biologiques. C’est donc ironique de voir le cofondateur tomber sous les coups d’un Predator. On comprend aussi que cet homme prêtera, de façon posthume, son visage à la série d’androïdes de modèle Bishop.

Dernier clin d’œil: le brise-glace qui emmène l’équipe de chercheurs en Antarctique s’appelle le Piper Maru. C’est le nom de la fille de Gillian Anderson, l’actrice principale de la série The X-Files de Chris Carter. L’un des épisodes de la troisième saison porte d’ailleurs ce titre. Je ne sais pas à quoi rime cette petite blague. Peut-être que le scénariste, Paul W. S. Anderson, était un fan de la série? Détail amusant, Chris Carter a également produit la série culte Millennium où Lance Henriksen tient le rôle principal.

Et pour ceux qui trouvent idiot le concept de faire s’affronter des Aliens et des Predators, que penser de la bande dessinée Aliens vs. Predator vs. The Terminator? On peut s’amuser des heures à effectuer des combinaisons de ce genre, car après tout, Superman les a tous affrontés!

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2 commentaires

  1. Ce qui m’a frustré avec ce film, c’est qu’ils ont non seulement abandonné la tension montante des premiers films, mais qu’en plus ils ont « comblé » ce vide par des clichés de films d’action. Quand deux des héros (je ne dirai pas lesquels) échappent à une explosion monstre à l’aide d’une petite plateforme-remonte-pente que les flammes et l’onde de choc n’arrivent pas à rattraper, j’ai tendance à le prendre comme une insulte. Ce n’est pourtant pas si dur de respecter la vraisemblance…

    Quand aux bédés, il s’en est fait des tonnes mettant en vedette toutes les combinaisons de franchises possibles, y compris RoboCop vs. The Terminator. Un autre héros de DC Comics s’est frotté aux Aliens et aux Predators; il s’agit bien sûr de ce chevalier nocturne, cet obsédé masqué, ce combattant hors-pair, j’ai nommé… Batman!

    Je vois aussi un Judge Dredd vs. Aliens, un Green Lantern vs. Aliens, et j’en passe. Je parlais, il n’y a pas si longtemps, du cinéma combinatoire, mais on voit bien que cette mentalité s’applique aussi à d’autres médias.

  2. Malheureusement, c’est vrai qu’au cinéma, les gens courent, patinent et volent toujours plus vite que le souffle d’une explosion (même nucléaire, voir Starship Troopers). C’est une sorte de loi de l’aérodynamique.

    Ce qui me plaît dans ce genre de série (Alien et Predator, pas Starship Troopers), c’est que j’arrive à faire abstraction des invraisemblances incroyables du moment qu’on me propose des adversaires que j’arrive à comprendre. Leurs agissements ont un certain sens et le spectateur sait pourquoi ils sont bêtes et méchants.

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