A l’affiche: War of the Worlds

Billet: WAR OF THE WORLDSIl était permis de douter du pire à l’annonce du projet WAR OF THE WORLDS: Qu’en resterait-il après avoir passé à travers du duo Spielberg/Cruise. Quelle dose de saccharine serait déversée sur la satire sociale de H.G. Wells? Quelles manipulations hollywoodiennes serait-elles insérées au milieu de l’invasion pour plaire au grand public?

Mais qu’on soit en mesure de se rassurer: Si WAR OF THE WORLDS (2005) n’est pas un film parfait, il en demeure quand même qu’il s’agit d’un bien meilleur que ce à quoi on aurait pu s’attendre. C’est un film d’horreur bien solide, techniquement admirable, peut-être un peu long et épisodique, mais pas sans sa part d’audace.

Il sera impossible d’en discuter sans commencer par mentionner le côté particulièrement vicieux de certaines scènes. La pièce d’anthologie du film est certainement l’attaque initiale des extraterrestres (le mot « martien » ne s’applique peut-être pas ici), une scène de terreur extrême qui n’a pas peur d’exploiter les images de 9/11 pour parvenir à donner un sentiment d’impuissance à l’audience. Spielberg revient ici à ses origines de DUEL et POLTERGHEIST, n’épargnant aucun truc pour donner une frousse exemplaire. C’est techniquement très bien fait et si ce n’est pas parfait (la scène du sous-sol est trois fois trop longue), c’est bien plus intéressant que prévu. Sur le plan cinématographique, je ne suis pas un fan du style hyperréaliste exhibé ici, mais certains plans de caméras sont excellents sans être trop flamboyant.

Au niveau des acteurs, Tom Cruise ne se fait pas prier pour salir son image de bon gars tout américain: Son personnage est véritablement déplaisant, du moins au début du film. (Mlheureusement, Dakota Fanning semble passer la moitié du film à crier, ce qui devient vraiment agaçant à la longue.)

En ce qui concerne la thématique de l’oeuvre originale, le scénario reste d’une fidélité surprenante au message de Wells. Ici aussi, c’est l’histoire d’un empire suprême dévasté par un envahisseur surpuissant. C’est également la conclusion originale en deus ex machina (ex naturalis?), non sans deux ou trois scènes où des choses explosent grâce aux héros américains. Mais le sentiment d’impuissance devant la force supérieure des envahisseurs demeure entier. Le héros passe tout le film à fuir, même devant ceux qui tiennent à se battre à tout prix. Presque audacieux, considérant la psyché américaine de ces temps-ci. Plusieurs y verront sans doute le côté « soft » de Spielberg; parions qu’ils n’auront pas lu l’oeuvre originale.

Malheureusement, il reste des problèmes. Tel que suggéré plus haut, il y a des longueurs. Il y a des invraisemblances logiques assez énormes, non la moindre étant le pré-positionnement des vaisseaux à des endroits très convenables. Il y a également plusieurs faiblesses dans la structure du scénario et les motivations de certains événements: Si le film contient plusieurs scènes mémorables, le tissus les reliant ensemble est nettement moins convaincant.

Mais en tout et partout, c’est un films surprenant: Il va plus loin que prévu, touche des cordes sensibles, demeure aussi fidèle que possible au thème du livre et laisse à un artisan du cinéma tel Spielberg toute la latitude pour s’amuser un peu. Peut-être pas un incontournable au cinéma, mais (éventuellement) un bon choix vidéo. Se classera probablement dans le cinq meilleurs films de SF&F de 2005.

32 commentaires

  1. J’avais peur de ce que Spielberg et Cruise avaient pu faire de ce classique de la SF et avait décidé de ne pas aller voir ce film — je suis allé voir Fantastic 4 à la place — mais après avoir lu ta critique, ça me donne le goût d’y aller. En espérant qu’il reste à l’écran jusqu’à ma prochaine sortie cinéma.

  2. Ne lisez pas ce commentaire si vous avez l’intention de voir War of the Worlds sans idées préconçues. Je n’ai pas du tout aimé.

    Ça n’a pas toujours été le cas, mais ma patience s’effrite maintenant devant les scénarios d’invasions extraterrestres qui ne tiennent pas debout. Étant donné que le siège d’une ville requiert des connaissances stratégiques solides (voir Return of the King et Kingdom of Heaven), on peut supposer que l’invasion d’une planète demande une planification hors du commun. Heureusement pour l’espèce humaine, les extraterrestres de Spielberg font preuve d’une remarquable imbécillité. Qu’ils sortent sans casque ni scaphandre de leurs vaisseaux annonce déjà la couleur. Mais qu’ils boivent en plus notre eau est complètement saugrenu. Imaginez débarquer sur une planète étrangère et vous désaltérer au premier robinet venu… Hé, je ne ferais même pas ça au Mexique! Ils peuvent bien s’empoisonner!

    L’ennui, c’est que tout le film est un peu conçu comme ça. Le comportement des envahisseurs ne tient pas debout. Comment ont-ils enterré leurs gigantesques vaisseaux sans que personne ne s’en aperçoive? Un personnage suggère qu’ils l’ont fait bien avant que les humains n’apparaissent sur Terre. On parle d’un laps de temps de combien de milliers d’années, là? Et pourtant, capsules et vaisseaux semblent tout à fait compatibles, comme si la technologie ennemie n’avait jamais évolué pendant tous ces siècles. La sortie de ces mastodontes tripodes est spectaculaire, mais j’ai déchanté en les voyant massacrer les humains un par un. Le comble de l’absurde est atteint quand on comprend que les quelques humains happés au passage — une scène calquée sur l’horrifiante image des champs de bébés dans The Matrix — sont jetés dans de vulgaires paniers. Quoi, c’est tout? Non, de temps en temps une tentacule agrippe l’un des captifs, le fait passer à travers un orifice et le vide de son sang pour en arroser le paysage. Là encore, une scène que l’on espère terrifiante mais qui ne rime à rien: pourquoi asperger l’environnement de sang humain? Ben tiens, pour permettre à Tom Cruise de marcher dans un décor à la Clive Barker.

    Maman, j’ai peur.

    Tout est tellement gratuit. Le scénario mise avant tout sur les effets spéciaux, la destruction massive et une sorte de folie des grandeurs non oscarisable qui ne frappe qu’en été. Je ne suis pas impressionnée par le travail de Dreamworks, qui ne réussit jamais à donner le ton juste: les décors (même ensanglantés) ne sont pas si oppressants que ça, et les extraterrestres ressemblent aux fourmis du film Antz. Au moins aurait-on pu faire un effort du côté humain. Danny Boyle réussit sur toute la ligne dans son film de zombies 28 Days Later, mais Spielberg rate sa cible. Rien ne fonctionne, pas même cette scène où Ray se résout, pour protéger sa gamine, à assassiner un type bruyant. On s’en fout complètement. Et le retour miraculeux du fils en fin de film, franchement! On ne pouvait échapper au message pro-famille gnangnan, mais je vais vous dire une chose: quand la Terre se fait envahir par des extraterrestres, c’est bien plus pratique de ne pas avoir de môme à se coltiner. Je parie que Spielberg n’avait pas pensé à ça.

  3. Euh… Est-ce que vous avez vu le même film? Parce qu’à lire Christian, j’avais le goût d’aller voir le film, alors qu’en lisant le commentaire de Laurine, j’ai plutôt l’intention de me faire faire un lavage de cerveau pour oublier ce qu’on a fait avec War of the Worlds.

  4. Alexandre: Je confirme que Laurine a vu le même film que moi. Je suis tout simplement plus généreux. (Enfin, dans ce cas-ci.)

  5. Tout est une question de goût. Les gens jugent un film selon des critères personnels, et il ne faut pas s’inquiéter d’une divergence d’opinions au sujet de War of the Worlds. En réalité, je ne tiens pas à dissuader qui que ce soit d’aller voir ce film (je suggère quand même de viser une séance en matinée).

    Ce que je ne précise pas dans mon précédent commentaire, c’est qu’en plus d’être allergique à Tom Cruise, j’ai depuis plusieurs années un préjugé contre les films de Spielberg. Il a un réel talent pour les spectateurs de douze à vingt ans. Au-delà, on commence à voir les ficelles et le côté artificiel de ses scènes. War of the Worlds ne répond pas à mes attentes parce qu’il ne parvient pas à maintenir un bon suspense: la dangerosité des extraterrestres est tout à fait relative. L’horreur est gratuite et naïve, comme si on racontait une histoire pour enfants. Avec des yeux d’adulte, quand on voit ces mongols certifiés mourir bêtement de la tourista, on appelle ça de la sélection naturelle.

    Spielberg n’arrive plus à me faire peur comme à l’époque où je regardais Jaws ou Poltergeist à l’âge de douze ans. C’est regrettable, mais il ne peut se départir d’un style un peu jeune qui manque de réalisme. Ce ne sont pas des effets spéciaux où des édifices tombent qui pourront compenser.

    Parlant d’incohérences, quelqu’un pourrait-il m’expliquer pourquoi les tripodes tanguent à la fin du film? Fonctionnent-ils avec une transmission manuelle?

  6. Mais est-ce vraiment la faute de Spielberg ? De quelle façon le roman se termine-t-il, lui ?

  7. Je n’ai pas lu le roman, mais j’ai l’impression qu’il se termine en suivant le même principe: les E.T. sont infectés par nos microbes. Le concept passe à l’époque ou Wells a écrit son bouquin. Au XXIe siècle, notre sens critique a évolué. Il y avait sûrement moyen de proposer une conclusion mieux ficelée qu’une dysentrie intergalactique accidentelle. Peut-être que si les humains avaient infecté leurs envahisseurs exprès, en employant une ruse machiavélique… Chais pas.

  8. Aaargh Laurine: La nature deus-ex-machina de la fin du livre est une des meilleures choses à son sujet! Sachant que Wells a écrit le livre comme critique de l’imperialisme britannique (« Et si quelqu’un venait nous faire ce que nous sommes en train de faire ailleurs sur la planète? »), il n’y avait aucun moyen de combattre les envahisseurs. (Un message que Koepp/Spielberg ont parfaitement compris.) D’où la victoire des humbles microbes comme ironie suprême et indicateur subtil que « les impérialistes ne conquissent jamais complètement le territoire ». (À moins que, ais-je souvent pensé, il s’agissait de la seule façon intellectuellement honnête pour Wells de fournir un happy ending a son audience étant donné la situation dans laquelle il a enfermé son roman.) C’est une des touches sous-appréciées d’INDEPENDENCE DAY que la victoire finale passe par… un virus!

  9. Le sens du message dans le roman de Wells ne m’avait pas échappé. C’est précisément pour cette raison que je reconnais que le récit devait bien fonctionner à l’époque de sa parution: les Britanniques devaient recevoir une leçon d’humilité, etc.

    Si ce même message est encore très pertinent aujourd’hui, la façon de le passer laisse à désirer, pour toutes les raisons que j’ai détaillées. Si la contamintation accidentelle est nécessaire pour rester fidèle au récit de Wells, il fallait trouver une façon plus ingénieuse de contaminer les envahisseurs, ces espèces de Prix Darwin clopinants.

    Ce n’est pas tout à fait vrai qu’il n’y avait rien à faire contre les envahisseurs. Le personnage de Cruise réussit à faire péter l’un des tripodes à coups de grenades. Le seul avantage tactique des extraterrestres est ce fameux bouclier protecteur — bouclier qui devient parfaitement inutile du moment que l’engin est attaqué de l’intérieur.

    Pour être convaincue, il m’aurait fallu une espèce clairement intelligente qui se fait malgré tout empoisonner: à ce moment, le retournement de situation aurait eu l’air bien plus miraculeux. Dans le cas de War of the Worlds de Spielberg, il est seulement inéluctable.

  10. Joel Champetier

    Je suis à la fois surpris et amusé par le nombre de personnes qui sont « déçus » de la manière dont les ET sont défaits, ignorant que cette fin respecte le roman. Ca me rappelle mon frère agacé par _Apollo 13_: « Tout est brisé dans le vaisseau, mais les astronautes réussissent quand même à revenir pareil. C’est cliché au max. »

  11. Benoit

    J’arrive tout juste du cinéma, nous étions 7 dans la salle pour voir War of the Worlds. Ici aussi, plusieurs s’étaient dits déçus de la fin et que « ça finit trop brusquement ». J’avais lu le roman il y a plus de 30 ans, et je ne me souviens plus de grand’chose, sauf la fin.

    Passons sur les éléments un peu trop commerciaux du film ainsi que sur Tom Cruise (pour une fois qu’un personnage demande un peu d’émotion…), j’ai bien apprécié le tout. Malheureusement à mon sens, le choix d’actualiser l’histoire (le roman se passait au tournant du XXè siècle, après tout) est ce qui affaiblit le plus la cohérence du tout. Et je partage l’avis de Christian sur le message original de Wells qui critiquait l’impérialisme anglais: Spielberg ne fait que détourner (subtilement, j’en conviens) la critique sur l’impérialisme américain, et le fait si bien qu’il passe presque inaperçu. J’ai trouvé au moins 3 indices dans les premières 30 minutes du film en ce sens, en plus du périple de la famille de New-York vers Boston.

    Ce qui m’agace le plus dans le film, c’est la finale. Alors que tous semblent fuir les grandes villes, une foule appréciable converge vers les ruines de Boston, parmi lesquelles ruines un quartier complet a été ignoré par les envahisseurs, un havre dans lequel on retrouve justement la maison de la belle-famille. Wow! Comme mentalité américaine bonbon, difficile de faire mieux.

  12. Vu le nombre de ces machines que croise le personnage de Tom Cruise, que ce soit à Boston ou ailleurs, on peut se demander combien d’entre elles ont été enfouies au kilomètre carré. J’imagine aussi la tête des extraterrestres qui surgissent de la terre en hurlant «Banzaï!»… avant de se rendre compte qu’ils sont en plein Sahara.

  13. Joel Champetier

    Les tripodes pré-enterrés qui n’attendaient que l’activation d’une capsule venue de Mars est l’exemple parfait d’une idée « wow » qui s’effondre dès qu’on lui accorde deux secondes de réflexion. C’est un des éléments qui m’a le plus agacé: si c’est pour changer un aspect de l’oeuvre originale, pourquoi le faire encore moins crédible?
    M’enfin.

  14. Benoit

    L’autre scène qui m’a le plus agacé est celle où 4 ou 5 créatures se glissent dans le sous-sol. Non seulement je suis d’accord avec Laurine concernant leur consommation d’eau, mais leur présence elle-même est ridicule. De plus, la deuxième visite de l’oeil se termine en queue de poisson: nulle trace d’un tripode qui aurait de bonnes raisons d’investiguer un peu plus loin. En fait, toute la séquence du sous-sol aurait pu être coupée, ou presque.

    Concernant la scène finale, la seule raison que j’y vois est pour permettre d’émouvoir le bon public américain qui, jusque là, avait eu bien peu d’occasions d’éprouver un peu d’empathie pour les personnages. Et elle tombe à plat.

  15. La scène du sous-sol mise entièrement sur l’effet de suspense, mais elle manque de crédibilité. En fait, l’idée de se servir d’un œil «physique» est plutôt risible quand on y pense. Notre bonne vieille technologie terrienne nous permet d’examiner l’intérieur d’un édifice sans y entrer. Ne me demandez pas comment cet appareillage fonctionne, il doit s’agir de détecteurs de chaleur et d’imagerie thermique. L’avantage de cette technologie est de ne pas s’exposer à d’éventuels assaillants en explorant un endroit, et surtout de ne pas trahir sa présence!

  16. Benoit

    Avec le recul de 3 jours, force m’est de constater que malgré les qualités de l’oeuvre (il y en a), il ne parvient tout simplement pas à décoller. C’est finalement la scène finale qui m’a guidé: ce film devrait être bourré d’émotion, mais elle ne passe pas. Ce n’est pas que la conséquence de donner le rôle principal à Tom Cruise, mais en ensemble qui, malgré un bon départ, se désagrège rapidement à partir de la fuite des héros hors de New-York. Le résultat est d’une grande froideur analytique.

  17. Dans la revue Entertainment Weekly (numéro double #834/835 présentement en kiosques), on peut lire ce commentaire dans le courrier des lecteurs:

    Your article stated that there’s « already genuine Oscar buzz » for Dakota Fanning’s performance in War of the Worlds. For what, Best Supporting Shrieking?

  18. Mathieu Fortin

    vous avez remarquez, quand la perturbation atmosphérique est observée par plein de badauds et que plus aucun appareil électrique/électronique ne fonctionne, y’a un gars qui film, avec sa handycam… un gars vraiment chanceux, car sa caméra fonctionne encore alors que les voitures, montres et réfrigérateurs ne fonctionnent plus.

    MM

  19. Benoit

    Ça et le fait qu’une seule automobile soit réparée après le phénomène. Et aussi le traversier. J’exclue volontairement les véhicules militaires: après tout, ce sont des militaires américains!

  20. Joel Champetier

    Sans oublier que sur toutes les routes, tous les automobilistes a eu l’obligeance de garer leur voiture sur l’accotement lorsqu’ils sont tombés en panne, pour garder une voie libre, comme ça Tom Cruise peut rouler à toute vitesse. C’est à ce moment que j’ai commencé à trouver le film vraiment trop cousu de grosses ficelles de mise en scène pour ne pas décrocher.

  21. Si vous voulez jouer au jeu des sept erreurs (et plus), pensez à cette scène où le personnage de Cruise sort du fameux sous-sol à la recherche de sa fille. Les tripodes ont passé la nuit à arroser le paysage de sang. Le sang exposé à l’air libre aurait dû coaguler, virer au brun et attirer des milliards de mouches, mais tout est rouge brillant. Et quelle idée d’asperger du sang humain pour faire pousser ces espèces de racines! Est-ce que tout d’un coup, notre biologie serait devenue compatible à la leur?

  22. Joel Champetier

    Ma dernière intervention sur le sujet (des promesses, des promesses!): ce qui me laisse perplexe avec des films comme _War of the Worlds_ ou _The Terminal_, c’est l’espèce d’impression de frénésie qui se dégage du travail de Spielberg. Dans chaque reportage sur lui, on revient sur le fait qu’il est un réalisateur *rapide*. Le problème, c’est que ça paraît! Aller vite quand le résultat est botché, ça ne m’impressionne pas beaucoup. Et même là:_Catch me if you can_, très bon, a des trous. Une conséquence du fait qu’il a été tourné à un rythme d’enfer, avec des échéanciers de sortie en salle très serrés?
    Ma question est « pourquoi? » Pourquoi est-il si pressé? Qu’est-ce que ça lui donne, en tant qu’artiste, à sortir deux films médiocres tournés en quatrième vitesse pour chaque bon? Il n’a certainement pas besoin d’argent. Qu’il fasse tous les _Terminal_ qu’il veut, mais _War of the Worlds_ est un grand classique de la littérature. N’aurait-il pas dû faire comme Peter Jackson avec _Le Seigneur des anneaux_: prendre son temps, s’imprégner de l’oeuvre, son sens, son esprit, ne pas lésiner sur les détails, s’entourer de conseillers critiques, recommencer quand ça marche pas? On dirait qu’il veut faire beaucoup beaucoup de films! N’importe quoi, mais des films!

  23. Est-ce que ce ne serait pas une question de personnalité? Peter Jackson a peut-être apporté un soin maniaque à *tous* ses projets, même les films un peu underground comme Braindead qui bénéficiaient d’un plus petit budget. Comme je le mentionnais dans un de mes commentaires, le talent de Spielberg est de faire des films pour les 12 à 20 ans. Au-delà, l’esprit critique prend le dessus. Je crois qu’il ne connaît pas d’autre façon de travailler. J’ai récemment vu pour la première fois Close Encounters of the Third Kind. Eh bien, ce film était nettement meilleur tant que je ne l’avais pas vu! Je l’ai trouvé très ordinaire, longuet et mal monté. On va sûrement m’assurer qu’il a fait son effet «à l’époque», mais je pense qu’un cinéaste plus consciencieux aurait créé un film bien plus prenant. Quant au fait que War of the Worlds soit un classique de la littérature, je soupçonne que Spielberg s’en fiche. C’est son nom qu’on voit sur l’affiche au-dessus du titre, pas celui de Wells.

  24. Michel J. Lévesque

    Je suis d’accord avec vous deux, Spielberg a tendance à se relâcher depuis quelques films (Je pense ici à Minority Report que j’ai détesté) mais il faut tout de même faire attention : lorsqu’il s’y met, Spielberg peut vraiment avoir du génie. Pensez simplement à Schindler List. J’ai vu et revu ce film. C’est un pur chef-d’oeuvre. À mon avis, tous les récits ont leur détracteurs. Si on fouille vraiment, on peut arriver à trouver des invraisemblances dans chaque histoires. Le génie, selon moi, c’est de parvenir à les faires passer tout de même, ce que réussit bien souvent Spielberg. Il faut replacer les oeuvres dans leur contexte. À son époque, Close Encounters of the Third Kind a séduit autant la crtitique que le public, comme Jaws à la sienne et E.T. un peu plus tard. C’est notre regard qui a changé, pas l’histoire en tant que telle je crois.

  25. Benoit

    On peut se demander ce qu’aurait été A.I. sans Spielberg?

    Laurine: il y a toujours eu des trous dans Close Encounters, mais la mythique grandissante sur Spielberg a probablement permis d’en oublier beaucoup.

    Michel: Bien d’accord sur Schindler’s List, mais il ne faut pas oublier que Spielberg était émotivement impliqué dans ce film, et le noir et blanc donne une touche plus nuancée. À contraster avec Saving Private Ryan.

  26. Michel J. Lévesque

    N’oublions pas la Couleur Pourpre…
    Là aussi Spielberg a fait fort.

    Pour ma part, j’ai beaucoup aimé A.I.
    Pour la fin.

    Il y a des trous dans chaque histoire, je pense. Mais je ne les voyais pas avant de commencer à en écrire moi-même.

    Dommage.

  27. Benoit

    Ce qui me rappelle: est-ce que quelqu’un sait ce qu’il est advenu de l’adaptation britannique du roman, une réalisation de Timothy Hines je crois? Le film devait sortir en mars ou avril 2005, et il me semble me souvenir que la sortie avait été reportée à la fin de l’été ou de l’automne 2005.

  28. Michel J. Lévesque

    D’après scifidimensions.com, la sortie aura lieu au printemps 2005

  29. Michel J. Lévesque

    Aurait DU avoir lieu, devrais-je plutôt dire…

    Toute l’info sur :
    http://www.pendragonpictures.com/WOTWKEY.html

  30. Benoit

    Michel: J’avais déjà vérifié sur le site de Pendragon Pictures. Si je me fie à ce qu’on y trouve, le DVD serait disponible! Je me demandais donc si le film avait été distribué en Amérique du Nord, ainsi que quelques alternatives (décision de ne pas distribuer à cause du film de Spielberg, soit par les producteurs, mais plus probablement par les distributeurs, soit parce que le film aurait plutôt été vendu à un réseau télé, etc.). Le site ne m’éclaire pas sur son aventure commerciale, s’il en eut une.

  31. Benoit

    Après quelque recherche, voici ce que j’ai réussi à trouver sur la version britanique (et historique!) de War of the Worlds: le film n’aurait pas été distribué, ou alors seulement en Angleterre. Par contre, le DVD est disponible via le site de Pendragon Pictures. Pour en savoir plus, visitez SFCrowsnest:

    http://www.sfcrowsnest.com/articles/media/2005/nz8272.php

  32. David

    bon, la guerre des mondes est un mauvais film, et ça tout le monde en est conscient !
    mais attention, pas touche à minority repport qui est sacrément mieux filmé…

    et surtout, s’il vous plait, l’adaption de jackson du seigneur des anneaux est tout aussi pourrie que celle ci…

    nul ne mentionne non plus un problème récurrent aussi : le scénariste : david koepp est une grosse quiche, que se soit dans son adaption de la guerre des mondes ou pour jurassic park ! ! !

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