Fractale Framboise

Archives: juillet 2005

Éric

Fantasia 2005: Night Watch

par Éric - dimanche, 31 juillet 2005 - 19:10 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

Night WatchNight Watch est un objet rare: une superproduction russe. Le budget n’est pas énorme, en fait, mais l’attitude est là: gros effets spéciaux, gros enjeux, du style et de l’intensité à revendre. Est-ce que ça réussit? Seulement à moitié.

Le ton du film est résolument urbain, sombre et sale. Exception faite d’une courte bataille médiévale dans le prologue, tout se joue dans les rues et les petits appartements de Moscou, où les Autres vivent en secret parmi la populace. Les Autres sont des gens dotés de pouvoirs surnaturels: vampires, sorcières et autres, certains oeuvrant pour la Lumière et d’autres pour les Ténèbres. Depuis longtemps déjà, ils observent une trêve, mais la prophétie veut qu’un Autre d’une grande puissance naisse un jour pour tout chambarder et provoquer la Bataille Finale. Eh oui: ce film, le dernier du festival, est un film à prophétie, tout comme l’était le premier.

Quand nous rencontrons le protagoniste, Anton, il se paie une séance de sorcellerie qui devient vite mouvementée. Nous basculons avec lui dans le monde des Autres et, plus spécifiquement, de la Garde de Nuit, un groupe d’Autres “lumineux” qui veille à ce que les “ténébreux” respectent le fragile équilibre imposé par la trêve Le film lui-même a l’équilibre fragile, oscillant constamment entre innovation et cliché. L’aspect quasi policier fonctionne bien, l’incident chez la sorcière au début a une saveur originale, et ténèbres et lumière sont plus nuancées qu’on s’y attendrait. L’idée d’un “underground” surnaturel n’est pourtant pas nouvelle et serait plus satisfaisante si la plupart des ténébreux rencontrés n’étaient pas des vampires, race surexploitée s’il en est une.

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Éric

Fantasia 2005: Heroes of the East

par Éric - samedi, 30 juillet 2005 - 0:39 (Cinéma, Critiques)

Heroes of the EastUne bonne ration de Fantasia (dix films, dans mon cas) ne saurait être complète sans un film des Shaw Brothers. Leur fameux studio est aux films de kung fu ce que Motown est au soul et au rhythm and blues.

L’an passé, j’avais vu Executioners from Shaolin (1977), une histoire de vengeance — ou surtout d’entraînement en vue de se venger — où l’homme à battre était Pai Mei, un prêtre aux pouvoirs surprenants[1]. Cet homme cruel aux longs sourcils blancs faisait un retour remarqué au cinéma à l’occasion du deuxième volume de Kill Bill, comme quoi le kung fu, à l’instar du rock and roll, ne meurt jamais.

Executioners from Shaolin était l’oeuvre de Chia-Liang Liu, un réalisateur prolifique à qui l’on doit entre autres 36th Chamber of Shaolin (un classique qu’il me reste à voir) et Drunken Master II (du Jackie Chan à son meilleur). C’est une autre de ses oeuvres que j’ai choisi de voir cette année: Heroes of the East (1978), dans la plus pure tradition du “mon kung fu est meilleur que ton kung fu”.

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Laurine

Vous disiez?

par Laurine - vendredi, 29 juillet 2005 - 15:48 (Inclassé)

singeJe n’arrive pas à déterminer si tout va bien dans la province, ou si les Québécois ont un talent rare pour l’euphémisme. Les gens, et surtout les politiciens, n’ont plus de problèmes dans la vie, ils n’ont que des défis à relever.

— Les sondages montrent que votre taux de popularité a chuté de 50%.
— Oui, c’est tout un défi à relever.
— Il paraît que votre cancer est maintenant généralisé.
— Oui, c’est tout un défi à relever.

Maintenant, si un défi devait s’avérer trop coriace, mieux vaut ne pas s’attendre à des réactions trop… spécifiques. Au Québec, plus personne n’est atterré, en colère, chagriné, choqué ou en pétard, à croire que le choc d’une nouvelle vide l’esprit de toute notion de vocabulaire. Les gens sont invariablement décus. Décus d’être 60e sur la liste d’attente pour une transplantation du foie. Déçus d’avoir tout perdu dans un incendie. Déçus que le gouvernement coupe des subventions cruciales. Déçus que des usines, des manufactures, des entreprises ferment en mettant toute une ville à la rue. Déçus qu’une mégaporcherie ouvre ses portes à 500 mètres de leur maison fraîchement construite. Déçus qu’un jugement permette la libération d’une tueuse en série.

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Christian

Haunted, Chuck Palahniuk

par Christian - mercredi, 27 juillet 2005 - 22:00 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Couverture: Haunted, Chuck PalahniukAvec la sortie de Fight Club, Chuck Palahniuk est devenu l’alpha-writer de toute une génération d’Américains. Depuis, il livre régulièrement des livres assez similaires écrit dans un style très particulier: vif, jeune, drôle, brutal, horrifique et définitivement tordu. Chose certaine, le mythe entourant l’auteur ne cesse de grandir. Lors de sa dernière tournée de publicité, ses lectures publiques de sa nouvelle “Guts” ont causé l’évanouissement de plus d’une soixantaine de personnes, au rythme de deux ou trois par lecture.

Avec une réputation pareille, on attendait Haunted avec impatience. Il s’agit -de loin- du livre le plus épais de la carrière de Palahniuk (400 pages versus 200-300), mais aussi du plus inhabituel. C’est à la fois un roman et une collection de nouvelles, un fix-up entourant plus d’une vingtaine de courtes histoires tout aussi… particulières les unes que les autres. Le livre va du réalisme bizarre au fantastique pur, en passant par au moins une nouvelle de science-fiction à saveur très fifties.

Âmes sensibles s’abstenir, et on ne rigole pas: Palahniuk a une réputation à conserver. La première histoire est l’infâme “Guts”, aussi réjouissante que peut suggérer le titre. Les autres ne sont pas moins extrêmes: Les morts grotesques, on les ramasse à la pelle dans ce recueil. Pour Palahniuk, l’humanité n’a rien de glorieux, rien de sacré. On peut mourir d’un accident bête ou aux mains d’un psychopathe sans trouver de sens à la tragédie. Certaines histoires sont efficaces: Je garde un bon souvenir de “Foot Work” (le côté sombre des massages), “Slumming” (jouer au mendiant est amusant jusqu’à ce que quelqu’un meurt), “The Nightmare Box” (où une machine révèle l’Ultime Secret, un secret qui rends fou) et “Product Placement” (morale: ne postez jamais sur le web une critique négative d’un auteur inconnu. Oups.) Pas particulièrement original, mais bien fait et vite lu.

Mais Haunted n’est pas du tout bon. L’intrigue qui englobe les nouvelles a un certain potentiel: Isolé du reste du monde pendant trois mois, des “apprentis-écrivains” décident qu’il est plus facile de saborder leur séjour en odyssée de survie pour vendre leur histoire à Hollywood. Relents d’une satire au sujet de la télé-réalité, mais malheureusement Palahniuk éclabousse ses personnages, étire la blague et finit par perdre notre sympathie. Difficile de s’en faire pour une douzaine d’illuminés qui méritent tout ce qui leur arrive, n’est-ce pas? À un moment donné, on en vient même à se demander qu’est-ce que l’on fait à lire tout ça.

Et c’est là que se trouve le plus grand problème du livre. Palahniuk, depuis Fight Club, est prisonnier d’un jeu de chicken qu’il doit jouer avec son audience: Chaque livre doit être plus écoeurant, plus cabotin, plus extrême. Haunted réussit… mais verse aussi dans un excès qui révèle un côté mécanique au rôle de Grand Guignol que se donne l’auteur. Il essaie trop fort et le tout devient parfois d’un ridicule évident. Hélas, Palahniuk joue ainsi avec sa base littéraire: Il est peu probable que ce livre lui amène des nouveaux lecteurs… mais il n’est pas exclu qu’il en perde quelques-uns.

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Éric

Fantasia 2005: Jason and the Argonauts… et Harryhausen

par Éric - mercredi, 27 juillet 2005 - 14:30 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

Jason and the ArgonautsCe serait inutile de critiquer pour elle-même cette oeuvre que bien des lecteurs auront déjà vue. Plaçons cette projection dans son contexte: le film nous était présenté par nul autre que Ray Harryhausen.

En quelques mots: Harryhausen est un pionnier des effets spéciaux et un grand maître de l’animation stop motion, dite aussi “image par image“. (Pour la version longue, essayez ces quelques liens). À quatre-vingt-cinq ans, les cheveux blancs un peu longs à l’arrière, la voix lente et grave, il fait figure de retraité sympathique, fier de son oeuvre sans être arrogant pour autant. Il a le sens de l’anecdote. Pour le grand plaisir des fans, il est arrivé accompagné d’une vedette: l’un des sept squelettes qui font leur apparition triomphante dans Jason and the Argonauts.

C’était une “nouvelle épreuve 35mm” qui nous était servie après une courte présentation par Harryhausen, mais il ne s’agissait pas là d’un travail de restauration épatant; l’image et le son étaient d’une qualité variable. Plus de quarante ans après sa sortie, le film semble maladroit sur certains points: jeu d’acteurs exagéré et raccourcis flagrants (surtout en ce qui concerne l’amour soudain de Médée pour Jason). On y trouve un élément précieux, cependant: une bonne dose d’innocence, une simple volonté d’émerveillement qui se fait rare dans le cinéma d’aujourd’hui. Les dieux sont très présents dans cette histoire et en arrivent parfois même à être majestueux.

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Éric

Fantasia 2005: Survive Style 5+

par Éric - mardi, 26 juillet 2005 - 22:00 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

Survive Style 5+Survive Style 5+ est un film audacieux et exubérant, une expérience de pur cinéma concoctée par deux japonais possiblement cinglés. Il n’y a pas d’intrigue centrale mais plutôt une poignée de personnages disparates dont les histoires s’entrecroisent. On y rencontre un tueur aux prises avec une femme redoutable; une conceptrice publicitaire aux idées loufoques; un hypnotiseur imbu de lui-même; trois cambrioleurs adolescents; une famille sympathique frappée d’un drame ridicule; et enfin, un Britannique menaçant (Vinnie Jones, annoncé en lettres énormes dans le générique) et son interprète.

Inutile de résumer l’histoire: elle est trop échevelée et ne constitue que la moitié du tout, l’autre moitié étant le style. Les spectateurs nourris au cinéma occidental y verront un soupçon de Tarantino (pour le jeu de structure, l’utilisation de la musique, les personnages parfois saugrenus) et de Guy Ritchie (quelques transitions ingénieuses, et Vinnie Jones). S’y ajoutent des combats très stylisés, de belles touches de fantaisie et beaucoup de bizarrerie japonaise concentrée. Le réalisateur (Gen Sekiguchi) et le scénariste (Taku Tada) en sont apparemment à leur premier long métrage, mais sont tous deux issus du monde de la publicité où ils se sont forgé un style imparable. Les images sont épatantes, présentant des personnages et des décors très colorés et chargés de bibelots pour créer une esthétique baroque-pop-kitsch très poussée.

Les intrigues s’entrecoupent parfois trop serré pour permettre à chaque scène d’atteindre son plein effet, mais ce n’est rien de grave. Certains moments, pourtant, sont étirés alors que le film complaît dans sa propre excentricité, et c’est là que certains spectateurs pourraient trouver l’expérience frustrante. Le film suscite beaucoup de questions et ne répond qu’à certaines d’entre elles. À tout le moins, ça peut donner lieu à des discussions intéressantes par la suite.

On sent que les vérités de ce film sont plus émotionnelles que rationnelles. L’histoire de la petite famille, notamment, est à la fois drôle et touchante, et le film se termine sur une note joyeuse qui rachète ses excès. Difficile d’en ressortir autrement qu’épaté et rafraîchi.

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Laurine

Flightplan: Mauvais plan?

par Laurine - mardi, 26 juillet 2005 - 16:45 (Cinéma)

flightplanCurieuse bande-annonce que celle de Flightplan, le prochain film de Jodie Foster. Sa sortie est prévue pour le mois de septembre, ce qui laisse amplement le temps de spéculer sur l’histoire. En tant que tel, le film est présenté comme un thriller: une petite fille disparaît dans un gigantesque avion en plein vol et sa mère, qui est la conceptrice de l’appareil, fait des pieds et des mains pour la retrouver. Détail embêtant, ces quelques scènes de Flightplan rappellent un autre film (de science-fiction celui-là), The Forgotten. Comme ce dernier n’a pas connu un très grand succès en salles, je trouve étonnant qu’on prenne le risque de semer la confusion chez les spectateurs.

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Éric

Fantasia 2005: P

par Éric - samedi, 23 juillet 2005 - 17:21 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

PUne jeune thaïlandaise quitte sa vie rurale et devient danseuse érotique dans un bar de Bangkok. Elle n’arrive pas les mains vides: elle connaît d’anciens secrets de sorcière qui pourront lui venir en aide ou causer sa perte.

P commence tranquillement. On croirait d’abord assister à un docudrame alors que la pauvre Dau s’enfonce dans un monde sordide dont elle ne connaît rien. Toute cette portion est traitée avec une certaine délicatesse, puis il s’opère une coupure, comme si le réalisateur surcompensait pour la lenteur du début. Dau s’adapte trop vite à sa vie de danseuse et tombe trop facilement dans les pièges de sa magie. L’actrice qui la joue, Suangporn Jaturaphut, reste tout de même convaincante et rend bien tant l’innocence initiale que les aspects plus sombres de son personnage.

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Éric

Fantasia 2005: Ghost House

par Éric - samedi, 23 juillet 2005 - 15:20 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

Ghost HouseLe générique du début est accompagné de gravures mouvantes, des images d’épouvante qui se fondent dans la première scène en une transition impeccable. Notre héros, Pil-Gi, fait l’acquisition d’une maison fort jolie et pas sinistre du tout. Un flashback juste un peu long (surtout si tôt dans le film) nous aide à comprendre pourquoi il s’acharner à vivre dans cette maison très hantée.

Ghost House (Gwishini sanda en coréen) annonce vite ses couleurs: c’est une comédie légère et sympathique qui nous invite à rire du héros plutôt qu’à partager sa terreur. Pil-Gi, tel que joué par Cha Seung-won, est un lointain cousin de Ash (le souffre-douleur de la série Evil Dead) et de certains personnages de Tom Hanks (notamment dans The Money Pit et The ‘Burbs). On passe de l’humour physique à la comédie de colocataires et enfin à quelque chose de plus sérieux sans tomber trop creux dans le mélodrame. La charmante Jang Seo-hee s’adapte bien à tous ces aspects du film.

La maison hantée titulaire fait preuve de beaucoup d’acharnement et d’inventivité. On a droit aux bibelots volants et aux lettres de sang sur les murs, mais aussi à un divan belliqueux et bien plus encore: même le corps du pauvre Pil-Gi lui cause problèmes. Le réalisateur présente tout ça de façon dynamique à coups d’effets spéciaux satisfaisants pour la plupart et d’images divisées en plusieurs volets. Cette dernière technique est mise à très bon usage lors d’une séquence d’exorcismes qui se termine sur l’un des plus gros rires du film. On remarque bien une référence à Poltergeist et une autre parodiant Ringu, mais en général le film est drôle par ses propres moyens et devient même touchant par moments.

Il y a bien quelques faiblesses. La petite amie du héros est sous-utilisée; on vient à peine de la rencontrer qu’on la perd de vue pour un bon moment. Vers la fin, quand la maison est menacée, le timing est trop forcé; la tension aurait pu être haussée par de meilleurs moyens. On assiste aussi à une bagarre dont le ton cadre mal avec le reste du film. Ce sont des défauts qu’on pardonne aisément à ce film drôle et divertissant d’un bout à l’autre.

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Éric

Fantasia 2005: Breaking News

par Éric - jeudi, 21 juillet 2005 - 20:20 (Cinéma, Critiques)

Breaking NewsDes films de policiers et de bandits made in Hong Kong, il y en a eu plein. Breaking News se démarque tout de même par son angle d’approche et son efficacité.

On y découvre une bande de voleurs particulièrement audacieuse qui s’attire les foudres de divers acronymes policiers et notamment d’un flic si increvable que ça en devient un peu ridicule. Une fusillade bien nourrie et bien bruyante établit dès le début que les deux camps jouent dur. Les criminels se réfugient dans un immeuble à logements où se déroulera une grande portion du film.

Le réalisateur, Johnnie To, utilise cet environnement avec une belle assurance. Déploiement frénétique des policiers dans les corridors, fugitifs entrevus dans les cages d’escaliers, désordre domestique des appartements, tout déboule à bon rythme et donne lieu à quelques images fortes (un plan en coupe d’un puits d’ascenseur, entre autres). Les personnages aussi s’en soucient, des images, car tous comptent sur les médias pour leur donner l’avantage. Le film devient vite un duel entre l’inspecteur Rebecca Fong, qui dirige l’opération policière comme une campagne publicitaire, et Yuan, le chef de bande qui décide de jouer le jeu lui aussi. On ajoute donc la télé, l’appareil photo numérique et Internet à l’arsenal traditionnel de pistolets, grenades et mitraillettes. L’utilisation de technologies de communication récentes est au moins semi-réaliste et constitue une nouveauté bienvenue pour ce type de film.

Johnnie To crée une bonne tension en alternant scènes d’action et moments plus calmes. L’action est parfois douteuse: les bandits marchent à découvert sans se prendre une seule balle, et ils disposent d’une quantité illimitée de grenades qu’ils sèment comme une bouquetière ses pétales [1]. Les scènes tranquilles sont parfois drôles et aident à camper les personnages (le “lunch break” est excellent). Kelly Chen (Rebecca) est froide et autoritaire mais non sans nuances; Richie Ren (Yuan) dégage un charisme de gars futé qui le rend plus sympathique que le policier lancé à ses trousses. Leur histoire se termine sur une conclusion un peu stylisée qui fait l’effet d’une chute de nouvelle.

Elle arrive vite, cette fin: Breaking News est presque trop court, offrant sa petite fable médiatisée avec tant d’entrain qu’on ne voit pas le temps passer.

[1] D’autres comparaisons possibles: “comme le beagle de Pâques ses oeufs” ou “comme AOL ses CD promotionnels”. Choisissez la tournure de phrase que vous préférez, c’est une critique dont vous être l’éditeur.
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Christian

Old Man’s War, John Scalzi

par Christian - lundi, 18 juillet 2005 - 22:41 (Critiques, Lectures, SF&F autre)

Couverture: Old Man\'s War, John ScalziLes habitués de la blogoSFère anglophone connaissent bien John Scalzi: Son blog, Whatever, roule depuis 1998 et a depuis accumulé un lectorat se chiffrant dans les milliers de visiteurs par jour. Ce qui frappe chez Scalzi, c’est l’aisance avec laquelle il peut écrire sur n’importe quel sujet de façon intéressante. Sa “voix”, perfectionnée au fil d’années d’écriture professionnelle, est claire, amusante et passionnée.

Toutes ces qualités se retrouvent maintenant dans son “premier” roman. (Son véritable premier roman, Agent to the Stars, est disponible en-ligne et sera bientôt publié par le petit éditeur Subterranean Press.) Une variation sur la SF militaire à la Starship Troopers, Old Man’s War raconte les aventures de John Perry, un homme qui -une fois ses 75 ans arrivés- décide de… s’engager. Il a des bonnes raisons, direz-vous: non seulement les marines coloniaux doivent affronter toute une galaxie pleine de méchantes bestioles, mais le service militaire fournit un traitement de réjuvénation!

Il n’y a rien de particulièrement innovateur dans ce roman, mais ne laissez pas ce fait vous décourager d’y jeter un coup d’oeil. Scalzi n’est définitivement pas un militariste, et le résultat est un roman de SF militaire qui demeure prenant d’un bout à l’autre. Scalzi sait raconter son histoire, et son style limpide ne perd pas une page pour nous accrocher. Beaucoup de détails bien maniés nous donnent l’impression d’un roman de SF compétent, à l’affût des conventions du genre et non sans une certaine sentimentalité bien menée.

Old Man’s War demeure tout de même un roman d’un auteur débutant. Si le style narratif est particulièrement raffiné, on ne peut pas en dire autant de l’intrigue. John Perry est soit extrêmement chanceux, ou bien l’auteur a tendance à faire avancer son histoire à l’aide de coïncidences hideuses. Des rencontres improbables mènent le développement des péripéties du livre et si on aurait pu pardonner à Scalzi une telle offense unique, c’est moins drôle à la troisième coïncidence…

Pourtant, je garde une très bonne impression d’Old Man’s War: Le style à lui seul est d’une accessibilité exemplaire, ce qui n’est pas évident dès que l’on discute de SF militaire. Scalzi manie avec adresse les détails, l’action, les émotions et l’humour nécessaire à ce genre d’histoire. Connaissant le style de l’auteur, je m’attendais à apprécier Old Man’s War. Ce que j’étais loin de me douter, c’est à quel point le livre peut être accrocheur!

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Christian

A l’affiche: Fantastic Four

par Christian - samedi, 16 juillet 2005 - 16:10 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

Billet: FANTASTIC FOURA l’affiche depuis une semaine, mais bon: FANTASTIC FOUR est toujours sur les écrans, et si sa bonne performance lors de sa première fin de semaine ($50M) est une indication, ce film finira comme un des bons succès de l’été 2005. Les critiques n’ont pas été tendres au sujet de ce film, mais s’agit-il vraiment d’un désastre artistique?

Pas tout à fait. En revanche, le premier mot qui vient à l’esprit au sujet de FANTASTIC FOUR (surtout si peu de temps après BATMAN BEGINS), c’est “ordinaire”. Rapidement suivi de “terne”, “morne” et “convenu”. Si le film livre au moins le strict minimum de ce que l’on s’attends à voir lors d’un film de super-héros, l’effort s’arrête là, à peine au-dessus du seuil de satisfaction. Le scénario est l’équivalent d’une peinture par numéros, la réalisation ne croque jamais dans le matériel et les acteurs laissent toute la place à des effets spéciaux moins que fantastiques.

L’intrigue est certainement la partie la moins intéressante du film: cinq personnes se voient transformées par des rayons cosmiques lors d’une expérience qui tourne mal. Un d’entre eux devient maléfique et doit affronter la bande des quatre autres. Hé oui, une autre histoire d’origine.

Pour la profondeur psychologique, on repassera: s’il y avait des possibilités à explorer les personnalités menant aux super-pouvoirs (Ben Grimm comme le gars solide, Richard Reed comme celui qui s’étire dans trop de projets, Johnny Storm comme la tête brûlée du groupe, etc.) le scénario et le calibre des acteurs ne s’intéresse pas à ces choses: Jessica Alba comme Sue Storm parvient à peine à trouver le registre émotionnel d’un personnage condamné à vouloir être invisible. Comme hottie de service, ça va. Comme incarnation d’une fille réprimé, certainement pas! Si le film réussit de temps en temps, c’est à représenter la joie de Johnny Storm à la découverte de ses pouvoirs: autrement, les tentatives de dramatiser l’exclusion que les pouvoirs imposent aux personnages semblent plus maladroites (re; l’épisode de la bague de fiançailles) qu’affligeantes.

De façon plus globale, FANTASTIC FOUR faillit spectaculairement à intégrer les conventions bêtes des super-héros dans un contexte réaliste. Avouons-le: les BDs super-héroïques se sont développés dans une insolation émotionnelle qui a rendu le sous-genre incompatible avec le monde tel qu’il existe. (Une objection aussi valide pour la SF, note.) Ce n’est pas trop mal lorsque ça reste confiné à une BD de vingt-quatre pages, mais dans un film, il faut soit adapter le monde ou bien le super-héros en conséquence pour qu’il y ait parité tonale (ce que BATMAN, X-MEN et SPIDER-MAN ont très bien fait). Ce n’est pas le cas ici: toutes les invraisemblances inhérente aux scénarios de super-héros viennent s’échouer sur l’idée du monde réel qui entoure les personnages: on passe le film a grincer des dents et dire “oui, mais…” Et ne parlons pas des dialogues!

Bref, imaginez mon haussement d’épaule comme réaction finale au film. Difficile d’être plus enthousiaste après que BATMAN BEGINS, les SPIDER-MANs, les X-MENs et plus particulièrement THE INCREDIBLES aient démontré la “bonne” façon de livrer un film de super-héros aux audiences d’aujourd’hui.

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Éric

Fantasia 2005: R-Point

par Éric - vendredi, 15 juillet 2005 - 10:52 (Cinéma, Critiques, SF&F autre)

R-PointTout est calme au quartier général quand soudain émerge de la radio une voix basse et tendue: “Beetle, this is Donkey Three”… Les soldats en poste s’agitent soudain, mais personne n’ose répondre à cet appel au secours. C’est que l’unité Donkey Three a été décimée il y a des mois…

R-Point est un film coréen qui donne dans l’horreur militaire, un sous-genre assez peu exploité jusqu’ici. En pleine guerre du Viêt Nam, un groupe de soldats coréens est dépêché dans une zone présumée tranquille où plusieurs hommes manquent à l’appel. Le haut commandement veut qu’on lui confirme le sort des soldats disparus.

Or, cette zone nommée R-Point n’a rien de rassurant. On y trouve un avertissement lugubre, le supposé tombeau collectif de nombreux morts vietnamiens, un temple en ruines, et surtout un immeuble en béton des plus rébarbatifs qui, faute de mieux, servira de camp. Au fil des jours, l’ambiance se fait de plus en plus inquiétante et la frontière entre la vie et la mort devient de plus en plus floue.

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Éric

Les zombis de Montréal

par Éric - jeudi, 14 juillet 2005 - 22:13 (Insolite, Montréal et environs)

S’il fait 37 degrés à Kuujjuarapik, comme l’a signalé Laurine, c’est que la fin du monde approche. Non, vraiment! Et si vous ne me croyez pas, sachez qu’à Montréal les morts se sont mis à marcher [trouvé via mikel.org]. Difficile de faire mieux, comme signe.

Je suis vraiment triste d’avoir manqué ça: une horde de zombis a pris d’assaut le parc du Mont-Royal il y a deux dimanches de ça. Dimanche au pied du Mont-Royal, c’est le temps des tam-tams. Aux percussionistes s’ajoute toute une variété de gens y compris des férus de combat médiéval simulé qui, cette fois-ci, ont dû avoir la surprise de leurs vies. Vous trouverez d’autres photos ici et l’explication de cette marée de morts-vivants ici.

(Bonus! Combien de titres amusants pouvez-vous trouver pour ce billet? J’ai commencé à me creuser les méninges mais j’ai vite arrêté en faveur d’un titre sobre, sinon j’aurais passé plus de temps sur le titre que sur le billet lui-même. Le mieux que j’ai trouvé jusqu’ici: “Un dimanche à Mort-réal” et “Montreal dead meat“. Allez, vous pouvez faire mieux…)

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Laurine

Réchauffement

par Laurine - jeudi, 14 juillet 2005 - 18:47 (Société)

Un article dans La Presse d’hier titrait: «37 degrés à Kuujjuarapik!». L’endroit se trouve au nord, près de la baie d’Hudson. Réchauffement global? Il faudra surveiller la température les prochaines années pour en être certain. Le propriétaire d’une auberge commente: «C’est rare de voir des Inuits en short.» À mon avis, c’est le moment idéal pour leur vendre ce fameux congélateur.

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