Fractale Framboise

Archives: juin 2005

Eric

Fantasia 2005

par Eric - mardi, 28 juin 2005 - 14:12 (Cinéma, Montréal et environs, SF&F autre, SF&F francophone)

Le temps est venu. La neige n’est plus qu’un souvenir, les oiseaux gazouillent, le soleil réchauffe les coeurs: quoi de mieux, alors, que de s’enfermer dans le noir pour écouter des films étranges?

Le festival Fantasia — le rendez-vous annuel montréalais du cinéma fantastique et asiatique — a enfin affiché sa programmation. Le 30 juin, on pourra se la procurer sur papier glacé, DVD inclus, dans de nombreux commerces. Je l’aime bien, ce livret: c’est un catalogue illustré de l’horrible et du ridicule, une brève lumière éclairant les recoins les plus invraisemblables de l’imagination mondiale… Enfin, ça sort bientôt, donc. Les billets seront en vente à compter du 5 juillet.

Cette année, je connais très peu des films qui sont présentés. J’ai donc fouillé un peu et trouvé une vue d’ensemble sur Arrow in the Head (que je lis souvent pour ses critiques de films d’horreur) ainsi que les opinions d’un blogueur inconnu (en deux parties). Ce qui attire mon attention jusqu’ici: Night Watch, le début d’une trilogie russe, du fantastique contemporain bourré d’imagerie frappante écran (que certains comparent à The Matrix, on n’échappe pas à la matrice). Way of the Dragon, pour voir Bruce Lee au grand écran. Mind Game, film d’animation psychédélique. Karaoke Terror, Survive Style 5+, Shutter… des tas de films dont je n’ai pas entendu parler, mais qui piquent ma curiosité.

Tout ça c’est bien, mais la première chose qui a attiré mon attention, c’est ceci. Que Fantasia présente Jason and the Argonauts, c’est bien, mais que Ray Harryhausen lui-même soit sur place pour discuter de son oeuvre, c’est une occasion à ne pas manquer.

Qu’est-ce qui en vaut vraiment la peine, sinon? Toutes vos suggestions sont les bienvenues. Je publierai mes choix ici et vous donnerai mes impressions au long du festival.

Pour ceux qui voudraient s’y aventurer, soyez prêts à faire la file. Il y a beaucoup de logistique impliquée, tant du côté des spectateurs que du côté des organisateurs. Quand ça tourne mal, on se présente une heure à l’avance pour un film qui commence ensuite avec une heure de retard. Et pour en arriver là, il faut d’abord acheter ses billets. Je soupçonne que la meilleure stratégie pour ce faire soit d’acheter par téléphone dès le début des ventes et d’aller chercher ses billets au guichet le plus tard possible, quand ce sera moins achalandé [correction: on me dit qu'il vaut mieux acheter tôt, en personne, à un autre guichet; j'essaierai ça l'an prochain]. La file à l’ouverture du guichet, la première journée, est redoutable. Le petit mince à la casquette rouge, trois personnes plus avant dans la file, a l’air inoffensif, mais en fait il représente un groupe et s’apprête à acheter 207 billets (je n’exagère pas). Il devra nommer ses choix un par un et la personne au guichet devra les entrer un par un dans l’ordinateur, puis faire imprimer les 207 billets. Méfiez-vous de la file.

Pourquoi, alors, risquer tant d’attente? Parce que le festival présente des films qu’on ne trouve pas ailleurs, parce que les créateurs sont parfois sur place et répondent aux questions du public, parce qu’on peut y voir des créations d’ici et prendre plaisir à découvrir l’imaginaire de pays lointains… Parce qu’on est tous un peu fêlés, tiens.

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Christian

Prix Hugo 2005 (7/7): Varia et conclusion

par Christian - dimanche, 26 juin 2005 - 18:40 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Pour mettre fin à notre tour d’horizon des Prix Hugos 2005, nous allons terminer la semaine avec un survol des autres catégories, un dernier examen comparatif des livres en lice pour le prix du meilleur roman et quelque prédictions gratuites.

Si les spéculations ne vous intéressent pas vraiment, dites-vous que nous ne reparlerons pas des Hugos avant le dimanche 7 août, date de la cérémonie de remise des prix. Avec un peu de chance et la réalité des fuseaux horaires, nous serons alors en mesure de terminer la fin de semaine avec un peu d’indignation prévisible.

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Christian

Prix Hugo 2005 (6/7): Les Nouvelles

par Christian - samedi, 25 juin 2005 - 23:18 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Après ce tour d’horizon des romans en nomination pour les Prix Hugos 2005, passons rapidement sur les nouvelles en compétition pour le prix de la novella (17,500-40,000 mots), de la novelette (7,500-17,500 mots) et de la short story (moins de 7,500 mots) de l’année.

Je dis “rapidement” parce ce que, franchement, je suis plus à l’aise à commenter des romans: Plus de matériel à couvrir, plus de choses à dire. Cela n’aide en rien que les nouvelles en nomination ne m’ont pas impressionné outre mesure. Le temps aura son mot à dire, mais je ne crois pas qu’il y a un classique ou un chef-d’oeuvre intemporel dans la sélection de 2005.

Rappel: Quatorze des quinze nouvelles présentement en nomination sont disponibles gratuitement en ligne à partir de la page officielle des Prix Hugos. (La quinzième est disponible pour un prix modique, mais rien de ce que j’ai pu lire au sujet de l’oeuvre ne m’indique qu’elle a des chances d’attirer ma faveur.) Si ça vous dit d’avoir un coup d’oeil représentatif sur l’état de la SF de nos jours, vous savez où aller… mais dépêchez-vous, parce que rien n’indique que les histoires resteront disponibles après la fin de la période de vote.

Sur ce, entrons dans les détails…

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Christian

Prix Hugo 2005 (5/7): Jonathan Strange & Mr Norrell, Susanna Clarke

par Christian - vendredi, 24 juin 2005 - 23:26 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Nous achevons notre tournée des romans en nomination pour les Prix Hugos 2005 avec un authentique bestseller international. Non pas que la chose soit complètement insolite dans les quelques cinquante ans d’existence des Hugos: Cherchez dans la liste des oeuvres gagnantes et vous y verrez des livres biens connus tels Dune, Starship Troopers, Neuromancer et Harry Potter. Mais le fossé entre les genres et le mainstream étant ce qu’il est, il n’est pas déplaisant de voir qu’un des romans les plus populaires de 2004 puisse trouver sa place au coeur du fandom SF.

Couverture: Jonathan Strange and Mr Norrell, Susanna ClarkeOui, Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke a bien vendu à travers le monde. Et pour cause: malgré un propos fantastique assez évident (le livre décrit une uchronie où, au début du dix-neuvième siècle, la magie réapparaît en Angleterre par l’entremise des deux magiciens titulaires.) le tout est réalisé avec un style pseudo-Regency bien accessible aux lecteurs de littérature mainstream. Ceux qui s’ennuyaient des livres à la Jane Austen (peu importe leur attachement à la fantasy) se régaleront à la lecture de cette brique: 782 pages, ce n’est pas rien, surtout quand la narration se veut lente et délibérée.

Vous ne serez donc pas surpris de m’entendre dire que peu importe l’excellence de l’écriture, trop c’est trop: Si on se laisse emporter par le style pendant quelques centaines de pages, le charme s’évapore lentement et avant peu on est naufragé à la page 500, trop investi pour abandonner la lecture mais exaspéré par le rythme hoquetant de l’ouvrage. Certaines sous-intrigues ne décollent jamais et les digressions initialement charmantes finissent par provoquer des roulements d’yeux. Je suppose que les lecteurs avec plus de tolérance pour la fantasy, le style vieillot et les livres interminables auront une meilleure opinion du livre.

Mais je m’en voudrais de paraître rejeter ce livre du revers d’une main fatiguée: En vérité, je reste assez impressionné par l’ambition de Clarke (recréer les guerres napoléoniennes, ce n’est pas rien!) et le style vaut le détour. La narration très British est tout à fait intrusive et ce de façon très plaisante: on imagine l’auteur (comme personnage créé par Clarke) s’offusquer pour nous à la description des événements du livre, et faire sa part pour préserver l’image de marque de l’Empire Britannique. Le roman est doté de notes en bas de page ahurissantes, bourré de références factices et s’étalant parfois sur plusieurs pages.

Très amusant, mais cinq cent pages de ce type de choses auraient été plus divertissant que huit cent pages. Au moins l’intrigue tient debout même si elle n’est nullement la raison pour laquelle lire l’ouvrage. En y regardant deux fois, j’y vois même une allégorie au sujet de Microsoft et du mouvement open-source, mais il est possible que j’imagine ici des choses pour mon amusement personnel. Quel qu’il en soit, je demeure assez ambivalent au sujet du livre: Si je ne suis pas mécontent d’avoir lu Jonathan Strange & Mr Norrell, j’hésiterait à le recommander… et je ne m’imagine pas le relire de sitôt.

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Laurine

La vie, l’univers et la physique quantique

par Laurine - vendredi, 24 juin 2005 - 15:22 (Cinéma, Critiques, Société)

what-the-bleepJ’ai récemment loué le film What the Bleep Do We Know!?, un croisement entre le documentaire et le film à sketches mettant en vedette Marlee Matlin. Elle joue une photographe au bord de la crise de nerfs qui remet en question ses perceptions. L’histoire est entrecoupée d’entrevues fort intéressantes avec des spécialistes en tout genre qui causent de physique quantique, de la réalité, de la conscience et aussi de mysticisme. Tout en démolissant le concept de la pensée positive, qui ne fait que cacher notre insécurité plutôt que la soigner, ils montrent comment nos émotions agissent directement sur notre corps et notre perception des choses. Selon eux, nous ne sommes pas façonnés par notre environnement; au contraire, nous sommes entièrement responsables de qui nous sommes, sauf que nous avons tendance à baisser les bras et à croire que ce qui nous entoure ne peut être modifié, parce que c’est la réalité. Mais qu’est-ce que la réalité et comment notre conscience nous trompe-t-elle? La matière abordée est compliquée mais bien vulgarisée. Le seul problème est qu’on nous explique comment le carcan de notre environnement nous aveugle sans toutefois nous indiquer la porte de sortie! On pourrait aussi taxer ce film de nouvel âgisme, ce qui serait un peu injuste, car c’est aussi un documentaire à la fois philosophique et scientifique qui vaut le coup.

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Christian

Prix Hugo 2005 (4/7): Iron Council, China Mieville

par Christian - jeudi, 23 juin 2005 - 22:41 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Ceux qui nominent des oeuvres pour les Prix Hugos (et qui, plus tard, votent pour déterminer le gagnant) ont des goûts souvent très prévisibles. Neil Gaiman, Lois McMaster Bujold et Robert Charles Wilson peuvent compter sur des fans invétérés qui assurent pratiquement leur nomination, année après année. China Miéville fait maintenant partie de ce groupe d’auteurs privilégiés, après de bonnes prestations pour Perdido Street Station et The Scar au ballot final.

Couverture: Iron Council, China MievilleHélas, les fans peuvent parfois laisser leur affection d’un auteur chouchou prendre le dessus sur la qualité des oeuvres individuelles. Entendons nous bien: Iron Council n’est pas un mauvais livre. Mais après lecture, il est difficile de ne pas croire que la réputation de Miéville (et le regret de ne pas lui avoir décerné un prix pour un des deux livres précédents) a compensé pour les faiblesses de son roman le plus récent.

Iron Council
est un retour à l’univers Bas-Lag, même s’il n’y a pour ainsi dire aucun personnage commun entre les trois livres de la série. Aucun, à l’exception de la cité de New Crobuzon, bien sûr; une fantastique métropole qui domine l’imaginaire de la série même in absentia. Mais dans Iron Council, les choses changent. Le gouvernement totalitaire de la ville va payer pour ses excès: Après des décennies d’oppression, la population de la ville est prête à se rebeller. Ne manque qu’un catalyseur, le conseil d’acier, un groupe ayant réussi à s’échapper dans la nature avec un train…

Les forces du roman sont évidentes: Une écriture époustouflante, des images saisissantes et une maturité politique loin de ce que l’on est habitué à lire en fantasy. L’image finale du livre en est une qui restera longtemps gravée dans la mémoire des lecteurs.

Et pourtant, le résultat final laisse froid. Les merveilles de Bas-Lag commencent à être familières après trois gros romans. Ce qui n’aide pas, c’est que Miéville est maintenant déterminé à utiliser dix mots quand cinq auraient suffis: Son écriture traîne non seulement au niveau phrase-par-phrase, mais souffre également d’égarement structurel. On s’ennuie un peu et on passe un bon moment à se demander quand l’histoire se mettra en marche. De façon plus problématique, Iron Council ne peut pas dépendre sur un protagoniste sympathique comme c’était le cas lors des deux premiers livres de la série. Le golemiste Cutter est à la fois trop puissant et trop absent pour nous impliquer. L’histoire reste donc un peu détachée, privée d’un point de vue solide par lequel on peut saisir toute l’importance des événements.

Dommage; j’étais pourtant bien disposé devant ce livre, et l’idée que Miéville est prêt à changer son univers est tout à fait admirable. Mais en fin de compte, il semble faiblir au dernier moment, et compenser en mettant trop de détail. Une déception légère, soit, mais une déception quand même.

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Christian

Prix Hugo 2005 (3/7): The Algebraist, Iain M. Banks

par Christian - mercredi, 22 juin 2005 - 20:52 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005J’avoue avoir abordé ce troisième nominé Hugo avec une certaine trépidation: Mes expériences avec Iain M. Banks s’étant avérées bien mitigées jusqu’ici, je doutait un peu d’avoir à subir un autre roman très long, aux subtilités valant à peine l’effort de lecture.

Couverture: The Algebraist, Iain M. BanksHeureusement, ça n’a pas été le cas. Malgré quelques longueurs assez importantes, The Algebraist demeure vif, divertissant, bien écrit et surtout très drôle. Ce n’est pas une comédie, et pourtant tout est conté avec un flegme britannique fort jovial, surtout pour un space opera bien épuré.

Je passerai rapidement sur l’histoire, notant rapidement au passage qu’il s’agit d’un livre se suffisant à lui-même et ne faisant pas partie d’aucune série précédente. Ce départ à neuf donne à Banks l’occasion de se laisser aller, d’explorer de nouvelles choses et, surtout, de tout faire sauter lorsque ça lui plaît. Il y a quelque chose de classique et de satisfaisant dans cette histoire de découverte, alors que le protagoniste se voit forcé d’enquêter sur un mystère qui force une révélation après une autre, jusqu’aux plus grands secrets de ce nouvel univers. Une bonne partie des clichés des space operas à grand déploiement sont réutilisés au passage: Intelligences artificielles, empires galactiques, batailles spatiales, races extraterrestres étranges et ainsi de suite.

Heureusement, il y a des idées —pleines d’idées, certaines jetées au passage alors que la narration veut en arriver à autre chose. Et il y a le style: une narration pince-sans-rire qui oscille dangereusement entre l’humour et l’aventure, sans pour autant verser dans la farce. (Citation exemplaire après la (suite…))

Dommage, donc, que le livre s’égare souvent dans des détours inutiles: Au moins cent des 500 pages sont gaspillées sur des tangentes sur la jeunesse du protagoniste qui ne mènent à rien et nous éloignent des véritables attraits du livre. L’autre bémol qu’il faut apporter, c’est que The Algebraist s’adresse principalement à ceux qui ont beaucoup lu d’aventures spatiales. Voila un livre sans doute impénétrable à ceux qui n’ont pas déjà de bonnes connaissances en gadgets SF: non seulement faut-il connaître la quincaillerie utilisée, mais il faut être familier avec le matériel source lorsqu’il est parodié…

The Algebraist ne sera peut-être pas au goût de tout le monde, mais il sera difficile de trouver un meilleur space opera cette année. Si la perspective d’un univers d’empires galactiques tout neuf vous fait déjà plaisir, précipitez-vous sur le livre et amusez-vous bien!
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Christian

Prix Hugo 2005 (2/7): River of Gods, Ian McDonald

par Christian - mardi, 21 juin 2005 - 21:37 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Deuxième oeuvre de cinq pour la catégorie “Meilleur Roman” des Prix Hugos 2005: River of Gods d’Ian McDonald, jusqu’à nouvel ordre disponible uniquement au sein du Commonwealth Britannique. Dommage qu’il n’y ai pas encore d’édition américaine, parce que voici un roman aux antipodes de ce que nous imaginons comme étant la bonne grosse SF made-in-USA, tout en ne reniant aucunement les racines les plus intéressantes du genre.

Couverture: River of Gods, Ian McDonaldLa différence est évidente dès les premières pages, car River of Gods se déroule principalement en Inde, avec une intrigue partagée entre dix personnages qui s’affairent à survivre lors du centième anniversaire de l’indépendance du pays. Centenaire difficile, alors que les IAs sauvages pullulent, que le pays est fracturé en douze nations prêtes à s’entretuer pour des réserves d’eau potable, qu’un troisième sexe dérange tout le monde et qu’un astéroïde en orbite terrestre révèle aux scientifiques un objet impossible.

Il y a des échos cyberpunks dans la fragmentation du récit en une douzaine de personnages, dans l’attention bienvenue portée au tiers-monde, dans l’atmosphère très street-level des technologies explorées ici. Drogues, sexe(s), raves et crimes sont monnaie courante dans ce futur à moyen-terme savamment extrapolé. Alors qu’une bonne partie de la SF contemporaine semble s’enfermer dans des futurs convenus, une partie du plaisir de River of Gods est de voir combien de poncifs SF sont réutilisés de façon astucieuse par McDonald pour construire son Inde circa 2047. Pas beaucoup d’idées originales, mais ce que c’est bien mis ensemble!

Côté technique, le livre est rien de moins qu’époustouflant: Les dix personnages sont tous très bien réalisés, l’écriture est presque toujours limpide et le tout ne cesse de devenir de plus en plus intéressant. Le montant de recherche que McDonald a du effectuer pour parvenir à présenter une vision aussi vivide de l’Inde a du être phénoménal. Heureusement, le roman n’en souffre pas pour autant. Quantité de scènes mémorables se succèdent, rehaussées par le fait qu’elles impliquent des personnages pour qui nous avons développé un certain attachement.

Malgré quelques longueurs (tous ne seront pas également épris des dix-douze protagonistes), River of Gods est le genre de livre auquel la SF devrait aspirer plus souvent; un regard politiquement informé sur un futur possible, présenté de façon magistrale et éminemment accessible à tous. Le livre fait feu des clichés, rehausse l’image de la SF et pourrait être présenté sans embarras à quelqu’un qui ne s’y connaît pas trop en science-fiction. Ça ne m’a pris que quelques pages pour m’enthousiasmer pour ce livre et comme vous pouvez le constater, cet enthousiasme s’est à peine dissipé quelques semaines plus tard. River of Gods est ce que l’on imagine lorsqu’on dit “un des cinq meilleurs romans SF de l’année.”

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Eric

Solaris à la framboise

par Eric - mardi, 21 juin 2005 - 15:26 (Plogues, SF&F francophone, Écrire)

Solaris 155Le nouveau numéro de la revue Solaris, pilier francophone de la science-fiction et du fantastique, devrait sortir en kiosques cette semaine [mise à jour: voilà, c'est fait]. Par un heureux hasard, nous y sommes tous les trois.

Christian Sauvé, critique invétéré, a contribué à la chronique Sci-néma que l’on retrouve dans le volet Internet de la revue (comme il convient à une revue de science-fiction, Solaris est une entité qui s’étale sur deux plans d’existence: le papier et le web). Vous pouvez lire ladite chronique tout-de-suite-maintenant en format HTML tout simple, ou à l’intérieur de l’édition PDF avec images en couleur.

Laurine Spehner dévoile sa critique des Loups de La Calla, après s’être penchée ici sur la qualité de sa traduction. Elle a aussi concocté pour la couverture une illustration mettant en vedette Jules Verne, puisque 2005 marque le centenaire de son décès. On y aperçoit un céphalopode géant, ce qui me fait toujours plaisir. De plus, Laurine a fourni moult illustrations intérieures (moult, dis-je!), dont cette fleur juste assez intimidante qui orne “Au jardin comme à la guerre”, mon humble contribution.

“Au jardin…”, pour ceux qui veulent tout savoir, représente ma première incursion dans la fantasy pure et dure: l’histoire prend place dans un monde imaginaire où il se passe des choses magiques et pas catholiques (passez chez moi si vous voulez un extrait). En l’écrivant, j’ai fait mon possible pour laisser Tolkien tranquille. Je me suis trouvé une approche qui m’intéressait: des protagonistes ordinaires, ni nobles ni chevaliers; peu de races humanoïdes exotiques et surtout pas d’elfes, ni de dragons d’ailleurs. Pour mettre du mordant: des recoins bizarres, des détails grotesques, des gestes immoraux ou amoraux. Rien de révolutionnaire, mais ça me suffit. J’ai écrit une nouvelle frappante à souhait autour d’une idée qui m’était tombée du ciel, voyons voir… le 2 juin 2003. Je l’ai corrigée et raffinée pour réaliser enfin qu’elle ne fonctionnait pas tout à fait. J’en ai donc écrit une autre: “Au jardin comme à la guerre” est ma deuxième histoire dans cet univers, et elle n’a rien à voir avec la première. Elle est plus cohérente et se mérite donc d’être publiée, plus de deux ans après que j’aie commencé à imaginer ce monde. La vie est ainsi faite.

Enfin. Peu importe notre participation, c’est un numéro qui promet. La sélection de nouvelles pique ma curiosité, tout comme les articles bien étoffés sur Jules Verne, la Singularité, la fantasy québécoise et les mangas. Allez, consultez la table des matières, et achetez-le, ce numéro, vous vous sentirez mieux après.

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Christian

Prix Hugo 2005 (1/7): Iron Sunrise, Charles Stross

par Christian - lundi, 20 juin 2005 - 22:38 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Notre première oeuvre en nomination pour les Prix Hugos 2005 est une bonne grosse oeuvre de science-fiction assez classique, réalisée avec l’énergie d’un jeune auteur bourré de talent. Iron Sunrise de Charles Stross commence avec la détonation intentionnelle d’un soleil (avec toutes les conséquences néfastes que l’on peut imaginer) et le reste du livre ne démord pas souvent.

Couverture: Iron Sunrise, Charles StrossCeux qui ont lu Singularity Sky ne seront pas dépaysés, puisqu’Iron Sunrise se déroule dans le même univers “Eschaton” et suit une autre aventure du même couple d’agents spéciaux qui avaient fait le bonheur du premier livre de la série. Au menu: un univers post-Singularité où des Nazis ReFaits ont l’intention ferme de s’attaquer aux quasi-dieux qui contrôlent (peut-être) les milliers de McMondes où sont répartis l’humanité au vingt-cinquième siècle. Mettez une jeune adolescente, un journaliste d’expérience et notre couple d’agents secrets au centre de cet affrontement, et vous obtenez une aventure SF selon les nouvelles règles de l’art.

Ce n’est pas un secret que Stross est un écrivain en voie de béatification à Fractale Framboise, et Iron Sunrise ne fait que confirmer pourquoi il nous intéresse autant: Écrit avec audace et astuce, voila un roman SF peu prétentieux avec un rythme soutenu et une maîtrise à peu près parfaite des conventions de la SF de genre. Branché, accessible et lisible d’un trait, impossible de s’ennuyer au long de ce livre. Entre autres trouvailles, ont note une scène où les protagonistes parviennent à déjouer des capteurs qui captent littéralement leurs moindres faits et gestes. L’écriture de Stross ne cesse de s’améliorer, et la description horrifique d’une insurrection matée compte parmi les meilleurs passages de sa carrière. L’univers “Eschaton” inventé pour les deux livres de la série a ses aspects à la fois fascinants et troublants, laissant toute la place à des vieux conflits ethniques au beau milieu d’un univers optimiste où le voyage FTL est possible…

Si le roman a des points faibles, c’est qu’il est parfois un peu trop branché, et certains détails ne survivront pas très bien au passage du temps. Appeler un journaliste un “warblogger” est une affectation qui sera désuète d’ici cinq ans, pas cinq cent. De plus, Stross s’adresse comme d’habitude à un public bien précis. Si l’expression “Someone set us up the bomb” ne vous dit rien, ou vous agace, dites-vous que vous n’êtes peut-être pas le public cible du livre… public cible qui, de toute façon, sera vraisemblablement déjà bien calé dans les conventions du genre: Iron Sunrise est de la SF de genre avouée, sans tentative d’aller chercher un public plus général.

Néanmoins, voilà une aventure SF légère, bien menée, dotée du quota requis de bonnes idées et animée par des personnages bien sympathiques. L’écriture est mieux maîtrisée que pour Singularity Sky, et le tout se termine par un retournement qui rehausse l’énergie du livre au moment même où l’on pense que tout était terminé. Sans aspirer à quelque chose de plus qu’un bon divertissement, Iron Sunrise livre toute la marchandise. De la SF de genre à son état pur.

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Eric

Bat-réflexions

par Eric - lundi, 20 juin 2005 - 1:07 (Cinéma, Lectures)

Batman!Je n’ai pas encore vu Batman Begins, mais je suis prêt.

Cela fait des mois que je vis les affres du fan (telles que décrites par mon estimé confrère) à l’approche de cette nouvelle adaptation. J’ai lu tout ce que j’ai trouvé de nouvelles au sujet de cette production, j’ai scruté les photos, visionné les bandes-annonces.

J’ai relu Batman: Year One et The Dark Knight Returns, deux classiques de la bat-littérature. J’ai perdu un temps précieux à explorer l’histoire de la Batmobile.

J’ai lu le dernier article de Scott Tipton, un bon résumé pour quiconque voudrait connaître l’origine des deux malfaiteurs que Batman doit affronter cette fois-ci. D’ailleurs, je ne saurais trop vous recommander sa chronique, “Comics 101“, dans son ensemble. Tipton y examine des oeuvres majeures de la bande dessinée anglophone; il a un don pour récapituler simplement l’histoire souvent complexe et parfois ridicule de ces icônes qui reprennent les cinémas d’assaut depuis quelques années. Il y a longtemps qu’il a fait une place de choix à Batman, explorant en détail son origine, ses gadgets et ses incursions précédentes sur nos écrans (le petit comme le grand).

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Christian

Prix Hugo 2005 (0/7): Introduction

par Christian - dimanche, 19 juin 2005 - 18:36 (Critiques, SF&F autre)

Image: Prix Hugo 2005Rappelons d’abord quelque évidences: Les Prix Hugos sont remis à chaque année depuis 1953-54 par les membres de la “World Science Fiction Society” (essentiellement; les membres de la Worldcon). Certains y réfèrent comme étant le grand “prix du public” de la SF, surtout si l’on considère que seuls les fans invétérés ont les moyens d’assister, année après année, à la Worldcon. Ma propre obsession monomaniaque pour la SF ne sera pas suffisante pour me faire embarquer en direction de Glasgow, où se tiendra Intersection, la Worldcon 2005 et la remise des Prix Hugo. Heureusement, je n’ai pas besoin d’y être pour pouvoir voter: Ma présence à Noreascon4 (Worldcon 2004) m’a donné le droit de vote pour 2004 et 2005.

Je ne vous ennuierai pas avec les modalités de nomination ou les subtilités du vote préférentiel utilisé pour déterminer le gagnant. Je partagerai seulement avec vous mes réflexions de lecture, puisque je suis parvenu à lire presque toutes les oeuvres de fiction en nomination. Peu importe ce que l’on pense des prix en général (il y en a toujours un dans l’audience pour révéler que tous les prix ne sont que concours de popularité, qu’ils n’ont aucun rapport avec le mérite, etc.), les roman en nomination cette année sont généralement de bonne qualité et permettent d’obtenir un aperçu de l’état du genre, circa 2004. Il ne s’agit pas nécessairement des cinq meilleur livres de l’année, mais il s’agit certainement de cinq bons livres.

Cette semaine sera donc la semaine “Prix Hugo 2005″ chez Fractale Framboise alors que je vais vous livrer des billets sur les cinq livres en nomination pour le Prix Hugo du meilleur roman, puis un autre sur les autres catégories où j’y connais quelque chose.

Au programme:

  • Lundi: Iron Sunrise, Charles Stross
  • Mardi: River of Gods, Ian McDonald
  • Mercredi: The Algebraist, Iain M. Banks
  • Jeudi: Iron Council, China Miéville
  • Vendredi: Jonathan Strange & Mr Norrell, Susanna Clarke
  • Samedi: Les nouvelles
  • Dimanche: Le reste, et quelques conclusions

Si vous voulez un aperçu complet de ce qui sera discuté, allez consulter la liste des oeuvre en nomination (une liste qui contient des liens au texte de presque toutes les nouvelles). Pour d’autres avis sur les Prix Hugos 2005, allez consulter la fabuleuse liste de critiques compilée par Nicholas Whyte.

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Christian

A l’affiche: BATMAN BEGINS

par Christian - vendredi, 17 juin 2005 - 23:17 (Cinéma, Critiques)

Billet: BATMAN BEGINSTout ce que vous avez entendu au sujet de ce film est vrai: Ce n’est pas une suite au quatre épisodes précédents, mais une “réinvention” (BATMAN REBOOT, tiens). C’est un retour aux origines plus ou moins réalistes pour le super-héros. C’est le film qui mettra finalement Christian Bale au rang des acteurs bien connus. Et, finalement, ce sera effectivement un des blockbusters les plus réussis de l’été 2005.

Vous connaissez sans doute déjà la trame de base: Riche playboy se dotant d’une identité secrète afin de combattre les criminels et ainsi venger la mort de ses parents. Question intrigue, BATMAN BEGINS ne s’éloigne pas trop de la marque laissée par BATMAN (1989) de Tim Burton: Histoire d’origine, accompagnée d’un sinistre complot où les méchants cherchent à répandre un gaz mortel à travers Gotham City. Mais tout est dans la manière de raconter l’histoire, direz-vous…

Et vous auriez parfaitement raison: Les meilleurs aspects de BATMAN BEGINS sont dans la façon de traiter d’éléments connus. La batmobile est un prototype militaire, Bruce Wayne passe des années à s’entraîner pour devenir Batman et même l’origine de la chauve-souris comme symbole est expliqué de façon astucieuse. La réalisation à la fois majestueuse et terre-à-terre de Christopher Nolan réussit même à nous intéresser durant le long processus durant lequel Wayne devient Batman. En comparaison, on reste presque déçus devant l’inclusion de clichés de films de super-héros tel “le sinistre complot qui peut être arrêté au dernier moment”.

C’est loin d’être parfait (Katie Holmes n’a pas la présence requise pour nous faire croire en son personnage, les scènes d’action sont filmées de trop près et la trame sonore manque de panache) mais c’est tout à fait satisfaisant. Dommage que le titre BATMAN RETURNS est déjà pris, parce qu’il serait tout à fait approprié à cet épisode. On se surprend déjà à attendre la suite…

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Christian

Parti pour San Andreas

par Christian - dimanche, 12 juin 2005 - 21:57 (Techno/sciences)

Image: Grand Theft Auto: Time Killer!Ceux qui s’inquiétaient de ne pas voir ma signature depuis quelques jours peuvent se rassurer: Je suis en bonne santé, mais parti en voyage virtuel, direction l’état américain de San Andreas. Non, ne le cherchez pas sur une carte des États-Unis: Il s’agit d’une création virtuelle des gens de Rockstar, concepteurs du jeu vidéo Grand Theft Auto: San Andreas.

Je joue rarement à des jeux vidéo pour une bonne raison: Comme tout bon nerd, ma personalité a une forte composante obsessive. Je connais la facilité avec laquelle je peut me fondre dans un projet et si ce talent peut être utile au travail, c’est dévastateur lorsque le “projet” devient “finir un jeu vidéo.” Je tente donc de me limiter à, au plus, un jeu à chaque année. Sinon, c’est comme flamber son temps libre, et j’ai déja tellement d’autres choses à faire…

Mais je fait exception pour la série Grand Theft Auto (GTA): Étant un fan de première heure (quand la première mouture du jeu avait une perspective top-down), j’ai dévoré GTA3, et GTA: Vice City est resté sur mon disque dur pendant plus d’un an même après sa complétion. Avec GTA: San Andreas, Rockstar Games ont fait plus que créer un jeu vidéo: Ils ont simulé un état au complet.
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Laurine

Ce n’est pas Minas Tirith…

par Laurine - dimanche, 12 juin 2005 - 21:24 (Société)

Mais ça y ressemble. Il s’agit de Rocamadour, deuxième site de France après le Mont Saint-Michel (dont Alan Lee s’est justement inspiré pour dessiner la cité gondorienne, je crois). Construite à flanc de falaise, elle monte sur différents niveaux: les maisons en bas, puis les chapelles et le château qui surplombe l’ensemble à une hauteur vertigineuse.

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