Les incontournables de la SFQ (8/10): Tesseracts Q, dir. Elisabeth Vonarburg et Jane Brierley
par Christian - lundi, 2 mai 2005 - 20:00 (Lectures, SF&F francophone)
“What!?“, vous entends-je dire, “Qu’est-ce que d’un livre anglophone vient faire dans cette liste d’incontournables de la SFQ?” Hé oui. Tesseracts Q, dir Élisabeth Vonarburg and Jane Brierley (Tesseracts, 1996) Un livre en anglais. Incontournable. Qu’est-ce qui s’est bien passé pour en arriver là ?
Il faut savoir que Tesseracts, de un, est une série d’anthologies de SF canadienne-anglaise qui a toujours fait (en traduction) une place aux écrivain(e)s francophones. De deux, la maison d’édition Tesseracts était la seule avec l’intérêt et les moyens de solliciter une anthologie “best of” de la SFQ. Avec Tesseracts Q, de trois, les éditrices ont consciemment cherché à présenter un véritable tour d’horizon de la SF d’ici.
Le résultat est sans doute l’anthologie la plus représentative de la SFQ publié à ce jour, peu importe la langue. Vingt-deux histoires s’étalant de 1980 à 1994, traduites en anglais pour conquérir le marché cible des anthologies Tesseracts. Plusieurs classiques dans le lot, et une représentation à peu près complète des auteurs les plus marquants des deux premières décennies de la SFQ. La période couverte est similaire à celle d’Escales sur Solaris, mais Tesseracts Q couvre plus que la production d’une seule revue et réussit ainsi à présenter un aperçu beaucoup plus complet du panorama de la SFQ.
Il y a certainement plusieurs aspects moins plaisants à discuter lorsqu’on aborde ce livre; la mise en page surchargée, faite à la maison; l’impression sub-standard sur ce qui semble être une imprimante laser régulière; le côté de plus en plus daté de la sélection; l’idée même que l’anthologie la plus complète de la SFQ ne soit disponible qu’en anglais.
Mais peu importe: le résultat reste incontournable. Un excellent survol du sujet. Un livre fin prêt à être mis entre les mains de ceux qui dévorent la SF en paperbacks anglais. Si quelqu’un veux faire mieux, hé bien, qu’il(s) ou elle(s) commencent à y travailler.

#1 Daniel Jetté (4 mai 2005 - 10:36)
C’est vrai que cette anthologie est la meilleure de SF québécoise qui ait été faite. Honte à nous! Shame, shame, shame, comme le disait la chanson.
#2 MathieuF (17 mai 2005 - 15:14)
Et si on réunissait tous les textes québécois gagnant des Boréal, Aurora, Solaris, Septième Continent, et qu’on y ajoutait deux ou trois autres très bonnes nouvelles, est-ce qu’on obtiendrait enfin une bonne anthologie en français? Est-ce qu’un tel recueil de textes trouverait sa place sur le marché de l’édition?
MM
#3 Christian (17 mai 2005 - 18:09)
MathieuF: Ce serait un bon début, mais ce ne serait pas tout. En plus des objections habituelles (certains auteur/textes important n’ont jamais gagné de prix, certains oeuvres ont mal vieilli, c’est impossible de mettre autant de matériel dans un livre abordable, les prix “ne sont que des concours de popularité sans importance”, etc.) un tel exercice ne donnerait qu’un résultat à la mesure de son énoncé: Ce serait effectivement une collection de nouvelles primées, mais pas nécessairement une anthologie représentative, important, vivifiante ou agréable à lire.
Pour répondre à la question “Comment sélectionner”, je ne peux que recommander la (re)lecture de l’introduction de Tesseracts Q: Vonarburg y explique qu’un sondage a été fait en 1992-1993, demandant à des fans et experts de sélectionner leurs choix, ce à quoi les anthologistes avaient ajouté trois histoires plus récentes. Élisabeth a sans doute une version francophone de l’introduction dans ses fichiers, tout comme la liste des histoires ainsi sélectionnées; quelqu’un n’aurait qu’à lui demander…
La question “trouver sa place sur le marché de l’édition” est plus complexe, et passe (selon moi) par la voie académique. Puisqu’il n’existe aucun livre de référence pour ceux qui voudraient enseigner la SFQ, une anthologie réalisée avec un oeil sur les besoins des enseignants et des bibliothèques (prix modique, représentativité, structure propice à l’élaboration d’un cours, etc.) pourrait parcourir un bout de chemin financier qu’un simple “best of” spécialisé aurait de la difficulté à franchir. Et à ce moment-là , les “meilleures” histoires ne serait peut-être pas préférables à des histoires plus ordinaires, mais plus intéressantes à étudier. Mais on comprendra que je ne suis pas un éditeur. Et que le travail de promotion peut devenir aussi important que de travail d’édition… en autant qu’il y a quelque chose d’intéressant à promouvoir.
#4 René Beaulieu (22 janvier 2006 - 10:01)
Salut tous et toutes.
Christian écrivait, jadis, que cette anthologie était “la plus représentative de la SFQ publiée à ce jour” et on peut être d’accord, si le “représentative” se rapporte au mot antholologie. Si c’est à “la SFQ publiée à ce jour” , il faudrait rajouter quelques auteurs et quelques textes là. Ceci dit, tant pour sa variété que pour la qualité des textes et des asuteurs présents, elle demeure la meillere des anthologies de SFQ, et de loin, même après tant d’années.
Le fait qu’elle ne soit disponible qu’en anglais et qu’elle date de plus de 10 ans, contitue paradoxe déplorable de plus concernant nos littératures et en dit beaucoup sur la situation pénible de la nouvelle de SF publiée en volume en moment, qu’elles que soient la qualité des textes et des auteurs présents.
On souhaite quelques remèdes apportés, à plus ou moins long terme.
Amitiés.
René.
#5 Jean-Louis Trudel (23 janvier 2006 - 1:24)
J’ajoute en passant que je n’entérine aucunement la traduction de ma nouvelle, qui trahit carrément un des aspects de la nouvelle en français.
#6 Hugues (23 janvier 2006 - 12:06)
Un commentaire sans rapport avec l’antologie elle-même, quoique… si je me souviens bien, côté édition, le choix du caractère et du format de celui-ci, ainsi que l’insertion de cet étrange symbole entre les sections, m’avait apparu un peu amateur pour la qualité du contenu.
Bref, étrangement, le message de René B, ci-haut, ne m’apparaît plus avec des étranges gizmos tout partout… (Comme ça arrive parfois avec les messages en provenance de l’ordi de René), mais cette fois, tous les accents sont plutôt remplacés par des kanjis japonais! Véridique.
Ça ajoute quelque chose d’exotique au commentaire, qui m’a rappelé l’édition de cette antho.
Tk…
#7 Pierre (24 janvier 2006 - 18:09)
Ah, c’est vrai que les commentaires de Réné ne sont pas simples à déchiffer, mais bon, ça me fait relire !
Pour le sujet de ce billet, à savoir l’anthologie SFQ, je pose une question de béotien qui ne vexera personne, je l’espère : faut-il vraiment qu’une anthologie soit québécoise ? Je lis actuellement “Moissons futures”, une anthologie de Daniel Conrad traitant du futur proche de l’agro-alimentaire, qui ne m’apporte pour l’instant que du plaisir. Un seul détail agaçant : elle est sous-titrée “2050, la SF française se met à table”. Faux ! puisqu’un des auteurs de la sélection est Suisse. Peut-être l’éditeur a-t-il pensé que “francophone” aurait fait un peu lourd sur la couverture ? Il n’empêche que pour moi, il m’est bien égal qu’un écrivain soit né à Lyon ou Montréal. Aprés avoir lu des auteurs francophones de toutes nationalités dans différentes revues et anthos, je ne parviens pas à déceler une “marque de fabrique” spécifiquement française ou belge ou autre… La nouvelle peut me plaire ou me déplaire sans considération du passeport.
Toute précision utile : je ne fais pas le même raisonnement avec les prix et concours : je trouve au contraire normal que des revues comme Solaris organisent des concours plutôt réservés aux auteurs québécois. Il faut bien promouvoir les talents au niveau de chaque pays pour éviter de les laisser être étouffés par une production française plus volumineuse.
#8 mathieu f (24 janvier 2006 - 19:30)
Bonjour Pierre… en fait, le billet de Christian portait sur les meilleurs livres de Science-fiction québécois… donc, oui, ici, l’anthologie devait être québécoise… cependant, l’antho est en anglais: serait-ce une preuve que la SF québécoise (donc franco) se cherche encore? serait-ce la preuve que le fandom SF québécois n’est pas suffisant pour permettre la production d’une antho SF franco québécoise? Je me demande vraiment ce qu’on pourrait faire pour amener les amateurs de genre (ils sont légion!) à consommer la production d’ici. Des suggestions?
MM
#9 Jean-Louis (25 janvier 2006 - 4:45)
Notons aussi que l’étiquette de “québécoise” pour l’anthologie Tesseracts Q était encore plus trompeuse que l’étiquette “française” pour l’antho de Conrad. L’antho était réunie par Elisabeth Vonarburg, Québécoise née en France et installée au Québec depuis vingt ans environ. Le second auteur du livre (moi-même) était alors un Franco-Ontarien de naissance et de résidence (également citoyen français au demeurant). On retrouvait aussi au sommaire Alain Bergeron, Québécois né à Paris, Claude-Michel Prévost, Québécois né à Haïti (signalé pour la dernière fois en Colombie-Britannique), et Annick Perrot-Bishop, Terre-Neuvienne née au Viêt-Nam (d’origine indienne et française). Sans parler de Joël Champetier, né de père français…
Il y a des fois que la marque de fabrique québécoise trahit assez largement la réalité de la SFCF…
Mais s’il était réducteur de ramener la réalité canadienne francophone au seul Québec, il était assez justifié de réunir les auteurs canadiens sous une même couverture. En pratique, ces auteurs se retrouvent plus souvent dans des revues ou des conventions canadiennes, ont des collègues canadiens et des lectures canadiennes. En les réunissant dans un livre, on peut étudier ce qui les rapproche ou les distingue, et on peut aussi établir la possibilité d’écrire de la SF pour de nouveaux écrivains. Sauf qu’en français, depuis l’anthologie de la Bibliothèque québécoise, cela reste à faire.
#10 René Beaulieu (25 janvier 2006 - 12:09)
Salut tous et toutes.
Une petite reponse à Pierre, effleurant a peine le sujet… ;-)
Les anthologies de SF Quebecoise (et Anglaises, et australiennes, et americaines, et belges, et suisses, existent parceque l’on en a besoin, si on veut voir les productions des auteurs de differentes nationalités se retrouver régulierement entre deux couvertures…
La tres relative, et fort petite, “ouverture” de la France concernant les auteurs (de SF, d’autres genres et les ecrivains de litterature generale, d’ailleurs) est, justement, assez minuscule, si on la compare aux productions respectives de chaque pays. Nous ne sommes ni les premiers, ni les derniers a faire cette constation: en parler aux suisses et autres belges. Il y a bien quelques auteurs d’ici (dont moi-meme, heureusement pour moi) qui réussissent, plus ou moins regulierement, mais moins qu’ewn se faisant traduire et publier au Canada-Anglais, avous-le egalement ici, meme si c’est un (apparent) paradoxe la… ) a se faire publier dans des supports professionnels Francais, mais ils sont rares (Se comptant probablement sur les doigts des deux mains) et encore plus rarement invites et consideres.
Ce probleme n’est d’ailleurs pas specifique a la Francophonie: les anglophones ont le meme, et il faut voir les difficultes des anglais a etre publies aux States, et pas n’importe qui, des Aldiss, des Ballard et des Priest recents la (parlons pas des gens moins expotables ou a la carriere plus recentes, par exemple des “decouvertes” comme Strauss ou Hamilton n’en sont pas, ils ecrivent et publient depuis longtemps, des decennies, parfois, au Royaume-Uni, des gens comme Pratchett ont du attendre pas mal de temps avant de “sugir” enfin aux States) , des Canadiens-Anglais, et encore plus des Australiens, (relevons, par exemple, George Turner ou Damien Broderick, pour les plus connus et interessants) , et s’ils ne se nomment pas Greg Egan… qui a lui-meme longtemps “rame” et fut bien ignore, publiant surtout dans les revues semi-professionnelles un temps…
De ce point de vue, moi qui suis en train de “creuser” la SF australienne, j’y decouvre bon nombre d’excellents auteurs a peu pres ingnores hors de leur ile, ou a peu presque.
Nous sommes d’ailleurs un certain nombre en ce moment, dont plusieurs americains, auteurs et critiques, a trouver que ce qui se fait de plus interessant, de meilleur et d’innovatreur, en SF anglohpnoe, vient plus de la Mêre-Patrie originelle ou des colonies aux independances les plus recentes….
Les raisons pour cela, et pour les publications uniquement quebecoises, et pour le relatif “protectionnisme” des maisons d’edition quebecoises, francaises et autres sont multiples et fort diverses, et il en fut discute longtemps et moultement en d’autres temps, un peu partout. Elles vont de l’ignorace crasse, au desinteret presque total, a un certain protectionnisme (La SF Fracaise elle-meme se vent assez mal disons, et des auteurs connus, en veine de franchise et de decouragement, m’ont avec des chiffres de vente “atterants” de parfois 150 a 1000 exemplaires, dans un pays a la population lectrice potetielle quad memem assez consequente et qui a des problemes de distribution (et de structues a implanter, de commerciaux a convaincre) autres que les notres, pas ceux de s’installer dans un marche et un pays differents et outre-mer, c’est deja fait pour la France par ici, et ce, de longue date, pour des raisons tant historiques, culturelles qu’economique) , aux “circonstances personelles” (publier les gens que l’on connait et apprecie deja) , a la maniere de considerer l’edition, au manque de places disponibles, aux problemes economiques de l’edition et du travail avec des auteurs “etrangers” (meme si francophones egalement) , aux appreciations diverses de ce qui contitue un bon livre selon les amateurs des differentes contrees, au manque d’audace et d’effet de quebecois dans cette direction parfois egalement, en passant par la politique des subventions et aux gouts des lecteurs et directeurs de collections.
Un certain nombre d’ouvrages et d’etudes specifiques, sur les raisons culturelles, economiques et nationles a tout cela, furent d’ailleurs, en leur temps, et encore aujourd’hui, consacres a ces sujets: par exemple, La
Réception de la Littérature Québécoise en France (pour citer le plus connu) et la discussion de ces problemes remonte aussi loin qu’au temps du critique Ivanohe Beaulieu (Sans parente aucune avec moi, bien entendu… )
Pour le reste, pour repondre a Matthieu, les amateurs de genre au Quebec sont relativement, et proportionnellement assez nombreux, mais la population lectrice ne l’est pas elle, surtout dans un pays avec aussi peu d’habitants. Ceci dit, ce n’est pas tant les fans ou lecteurs qui manquent (Les francais publient des auteurs de chez eux qui, de leur aveu meme, font parfois meme pas mille exemplaires de vente… mais ils continuent… plus ou moins… Reste a savoir pour combien de temps… Le probleme se situe en ce moment au niveau des (tres rares, et de plus en plus reticentes) maisons d’edition prefessionnelles pretes a prendre le risque de la nouvelle, du recueil et des anthologies au Quebec… Proportionnellement aux diverses autres SF nationelles (et en proportion du pourcentage de livres de nouvelles de leurs publications de roman, en general) , notre proportion de publication consacrees a la nouvelle est un des plus bas au monde en ce moment. Faite les calculs statistiques necessaires et vous consterez la chose.
Pour le reste, je continue a n’eprouver des problemes, avec mes signes diacretiques (formates CSA Canada, comme sur la plupart des ordinateurs d’ici, par exemple Guy Sirois, Alain Bergeron ou Claude Bolduc, selon leurs ordinateurs respectifs, a tout le moins… ;-) ) pratiquement qu’avec ce blog-ci et je recois de nombreux messages de tous sur ce meme blog dans etats encore pires que vous ne recevez les miens…
Par contre, les memes gens qui postent regulierement ici recoivent, en general, mes messages personnels correctement et je peux lire les leurs de memes…
J’avais oublie que c’etait le cas, et essaie de corriger la chose ici en ne me servant que le moins possibles des dits signes diacretiques.
J’espere donc que ce message sera plus lisible a l’ensemble des lecteurs et participants de ce blog.
Et qu’est-ce que la fenetre pour ecrire de Fractale Framboise est petite, surtout comparee a celle de mon propre Geai Bleu… Presque pas moyen de se relire correctement…
Voila, voila.
Amities.
Rene.
#11 Benoit (25 janvier 2006 - 15:24)
René: parce que tu te relis?
Baron ;)
#12 Pierre (25 janvier 2006 - 17:50)
Waouw, voila une réponse exhaustive ! Je comprends a quel point ma question tenait du beotien. En fait, j’ai reagi en lecteur moyen. Je ne connais rien au metier d’editeur. Je suis meme souvent effare quand je vois les redacteurs en chef ou autres directeurs de publication s’echanger des editoriaux assassins dans les differentes revues que je recois. Mais c’est un autre sujet…
Pour resumer mon point de vue de lecteur : je suis pret a lire toute la SF francophone qui passe à portee de mes lunettes… pour peu que les editeurs m’en donnent a lire. Et forcement, vivant en France, on me sert plutôt des auteurs français.
Tiens, pour marquer le coup, je vais voir les conditions d’abonnement à Solaris !
(je n’ai pas mis d’accents pour epargner un decryptage a Rene, merci a tous de les imaginer)
#13 Claude (25 janvier 2006 - 18:51)
Sirois, Bergeron et Bolduc: un nouveau trio infernal qui ne demande qu’Ã rendre ton ordinateur fou!
#14 Claude (25 janvier 2006 - 19:24)
Ce n’est peut-être plus le cas maintenant, mais une bonne partie de la richesse de la science-fiction québécoise d’une certaine époque réside dans ses anthos, car non seulement la crème des praticiens du genre s’y donnait rendez-vous, mais il y en a également eu une quantité assez respectable au fil des ans, de ces anthos. Je ne suis pas un collectionneur, mais j’en ai une dizaine sous la main, et elles ont toutes paru entre 1983 et 1988!
C’est bien vrai qu’on n’est plus dans la moyenne.
#15 Joel Champetier (25 janvier 2006 - 20:03)
On ne retrouve dans Tesseract Q, a ce que je sache, aucun texte originellement publié ailleurs qu’au Quebec. Dans ce sens strict, c’est bel et bien une anthologie de science-fiction “quebecoise”, même si 2,5 des auteurs sur 22 vivaient dans d’autres provinces au moment de ces publications originelles. Mais les textes, eux, n’ont pas ete publies dans d’autres provinces; ca fait aussi partie de la realite de la SFCF, Jean-Louis.
Joël
#16 René Beaulieu (25 janvier 2006 - 22:50)
Oui, Benoit, tu as raison: cela devient scandaleux… ou presque risible, c’est selon…
Claude, l’ordinateur est fou depuis longtemps, son proprietaire pense parfois etre en passe de le devenir. Faut pas qu’il en accuse des tiers innocents…
Assez d’accord pour le reste avec toi et avec Joël… Même si Jean-Louis a raison, en partie… Et puis, on sait bien que le signe SFQ recouvre plus que SF Québécoise, comme le sigle SF plus que la stricte Science-Fiction, surtout en ce moment. Tant que l,on s’entend a peu pres sur ce que le sigle poite du doigt… pour citre Knigt et Spinrad ici. Et pour moi, SF Canadienne-Francaise marche egalement.
Je signaler aussi a Pierre que mon intervention etait loin d’etre exautive, mesuree et “balancee” la. C’etait du “a chaud” en quelque sorte… Une anaslyse bien plus fine, nuancée, chiffree, complete et se situant dans la longue duree serait bien necessaire ici pour elever et preciser le debat… C’est le travail d’un serieux article qu’il faudrait avoir le temps d’ecrire… ;-)
Il existe des editeurs, directeurs de collections, ecrivains et lecteurs francais desireux de lire, connaitre et publier de la SF venant du Quebec et d’ailleurs… On ne peut, et ne doit pas generaliser ici, a cent pour cent. Certains l’ont fait, le font et continuent lew faire d’ailleurs… De Martel, Hertzel et Klein en passant par Nicot et, surtout, André-Fracois Ruaud qui, dans nobre des publications qu’il a dirigées, ou dont il fut responsable a publie sa part de quebecois (parfois un peu contre l’avie de son comite de lecture d’ailleurs, mais chut la) et il continuera de la faire, s’il n’en tient qu’a lui. Comme d’autres donnent leur places aux SF espagnole, anglaises, allemandes, russes (quoique) et autres…
Des gens ouverts et curieux et reconnaissants les bons auteurs, il y en a encore… mais les pressions economiques pour la rentabilite rapide et forte, pour le moins de travail et d’investissement, sont des tendeances loudes en edition de nos jours…
Elles menacent d’ailleurs autant la SF francaise de qualite (et ses auteurs) , que les ecrivain ditss difficlles (a lire ou plutot a vendre) et les nouvelliers egalement…
Bon, faut faire avec, et essayer d’ameliorer la situation….
En esperant le densite des fautes de frappes redescendue a un taux presque supportable cette fois, meme si je ne vois pas la moitie de ce que je tape en ce moment… ;-)
Amities.
Rene.
#17 Jean-Louis (26 janvier 2006 - 4:03)
Tesseracts Q, une anthologie de science-fiction québécoise? Si l’étiquette est trompeuse, c’est non seulement à cause des auteurs qui sont inclus, mais aussi à cause des auteurs qui n’y figurent pas. Si on avait inclus Glenn Grant et Donald Kingsbury, par exemple, on aurait eu des textes publiés en Angleterre ou aux États-Unis, et de fort
bonne tenue…
#18 Jean-Louis (26 janvier 2006 - 4:06)
Et si, ma foi, Joël m’objecte que _Tesseracts Q_ s’en tenait uniquement à la SF parue au Québec (en
excluant donc les textes parus ailleurs), cela
voudrait-il dire que les nouvelles parues dans l’anthologie _Island Dreams_ figureraient dans une future anthologie de “science-fiction québécoise”
réunie par Élisabeth?
#19 René Beaulieu (26 janvier 2006 - 9:49)
Salut tous et toutes.
Petite precision ici. Joel ecrivait:
“On ne retrouve dans Tesseract Q, a ce que je sache, aucun texte originellement publié ailleurs
qu?au Quebec. Dans ce sens strict, c?est bel et bien une anthologie de science-fiction
?quebecoise? ”
Euh, si on disait plutot des textes ecrits par des Quebecois (ou Canadiens-Francais, ou Canadiens d’expression francaise) , et ce ou qu’ils aient ete premierement publies, on serait peut-etre plus pres de ce que l’on designe (ou veut designer) ici, comme pouvant faire partie d’une anthologie de SFQ non?
Enfin, me semble…
Et puis, tant que c’est bon, on peut bien publier des Neo-Zelandais ou des Islandais, quant a moi, en autant que la voix de toutes les SF nationales diverses puissent se faire entendre et qu’un maximum de textes de bons auteurs puissent etre publies…
Amities.
Rene.
#20 René Beaulieu (26 janvier 2006 - 9:52)
Il fallait evidemment lire, dans l’intervention precedente:
“et ce ou _que ce soit_ qu?ils aient ete premierement publies”
Pfff…
Mais on avait probablement deja rectifie…
Amities.
Rene.
#21 Joel Champetier (26 janvier 2006 - 19:42)
Remarquez qu’il ne faut pas etre trop exigeant avec les sigles. La SFWA est-elle vraiment ouverte à tous les auteurs de science-fiction des Amériques, meme ceux qui ecrivent en francais, portuguais et espagnol? Mais je veux bien cesser d’asticoter Jean-Louis et reconnaitre que la designation la plus correcte, formellement, est “canadienne-francaise”, dans le cas de _TesseractQ_. Une anthologie de SF “quebecoise” qui contiendrait aussi des textes en anglais d’auteurs anglo-quebecois serait une initiative interessante. Le fait qu’elle serait bilingue illustrerait une realite locale.
Rappelons que _Solaris_ publie une traduction d’un texte anglo-canadien dans presque chaque numéro…
Joël
#22 Alain Ducharme (26 janvier 2006 - 21:01)
Quand on fait référence à l’oeuvre de Jacques Brel, on parle de chanson française, pas de chanson belge. Est-il si terrible d’utiliser l’adjectif québécois lorsqu’il englobe quelques franco-canadiens?
#23 Joel Champetier (27 janvier 2006 - 8:53)
Il aurait fallu parler de chanson *franco*-belge! :-)
#24 Pierre (27 janvier 2006 - 17:54)
Alain marque un point. Sortir l’atout “Jacques Brel” de sa manche, c’est difficile a contredire. Mais le symbole, s’il est fort, ne peut pas pour autant se transposer dans le sujet qui nous interesse.
Parler de Sf française, ou belge, suisse, quebecoise, n’est-ce pas creer des chapelles ?
Parler de SF francophone, n’est-ce pas ouvrir les frontieres en respectant la culture de chacun ?
#25 Claude (28 janvier 2006 - 11:14)
Je vois les choses ainsi: on peut faire une antho de SF francophone (ou, dans mes goûts à moi, de fantastique francophone) et c’est très bien. On peut aussi faire une antho de SF québécoise, et c’est très bien aussi. C’est une simple question de degré de spécialisation.
Il n’est pas impossible (mon manque de connaissance m’empêche de me prononcer) que la SF québécoise, en raison de sa nord-américanité, ait une voix qui lui est propre par rapport au reste de la francophonie.