A l’affiche: Petit film de SF obscur

Image: Billet d\'entrée, Star Wars Ep.3Hé oui, c’est le grand jour: pas moins d’un mois après le dernier épisode de Star Trek, voici que le dernier Star Wars arrive sur nos écrans. (Dans les deux cas, les paris sont ouvert pour voir combien de temps le « dernier » restera dernier) Que reste-t-il à dire sur ce film? Peu importe les critiques (généralement positives, il est vrai), vous irez le voir. Bon, mauvais, peu importe: La seule question qui reste à élucider, c’est « est-ce que c’est satisfaisant? »

Ce n’est pas une question sans importance, puisqu’elle présuppose (raisonnablement) que le but le plus important d’Épisode 3 n’est pas d’être un bon film plutôt que de remplir les attentes d’un public déjà tout prêt. Ce public connaît déjà le début et la fin de l’histoire; reste à lui livrer quelque chose qui frappe toutes les bonnes notes en chemin.

Il aurait été permis d’en douter après la déception des épisodes 1 et 2, mais il faut croire que ça a pris tout ce temps pour que George Lucas apprenne à maîtriser ses instruments. Sans être un chef d’oeuvre, l’épisode 3 correspond aux attentes et fait bien le lien entre tous les épisodes. La longue séquence d’ouverture est exactement ce que l’on s’attends d’un film titré « guerre des étoiles » et les effets spéciaux représentent le meilleur de ce qu’ILM a à offrir. L’intrigue est plus sombre, et le film vous comblera si vous avez un fétiche pour la décapitation robotique. Mieux encore: Jar-Jar n’y est que pour trois secondes. (Hélas, il n’existe aucun lien direct entre « décapitation robotique » et « Jar-Jar »)

Mais il faudra être un fan pour apprécier: La structure narrative du film ne tiens pas debout sans le support des autres films de la série. Pire encore: à nouveau, l’écriture du film est à en hurler de rire, allant de mièvreries à des évidences plates, en passant par un traitement superficiel d’enjeux politiques clairement trop sophistiqués pour l’approche brute du scénariste. Les acteurs ne font pas vraiment mieux, pris comme ils le sont avec des répliques boiteuses: seuls Ewan McGregor et Ian McDiarmid s’en tirent mieux que les autres (les Écossais à la rescousse!) Nathalie Portman est sacrifiée dans un rôle de poupée de porcelaine. Je prédit que la réplique de Yoda « Good relations with the Wookies, I have » deviendra une punchline de service dans les conversations entre fans. (Déjà 11 résultats sur Google -dont un article immanquable du Weekly Standard-, et ce billet-ci sera le 12e!)

Peu importe, bien sûr: je serais surpris que vous lisiez ceci avant d’avoir vu le film. Allez-y, amusez-vous: il faudrait être particulièrement grincheux pour ne pas être satisfait par le résultat. Mais c’est une fin attendue et appropriée à une série qui a déja trop longtemps durée: en matière de SF au cinéma, il serait peut-être temps de ranger ses jouets et de passer à autre chose.

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5 commentaires

  1. Daniel Sernine

    Au début de ton texte, Christian, tu évoques «le dernier Star Trek» qu’on aurait pu voir voilà un mois? Tu ne parles quand même pas du cinéma? Il y a «passer inaperçu» et «passer inaperçu» !

  2. Daniel: Mais non; je parle du dernier épisode de Star Trek: Enterprise.

  3. Hugues

    SW:ROTS aurait pu être encore moins obscur… si plus de copies étaient à l’affiche en dehors des grands centres… les cinémas indépendants ne l’ont pas ouvert en primeur, une fois de plus à cause des conditions demandées par Lucas/Fox. Intéressant de voir aussi comment chacun des deux joueurs en présence renvoient la balle à l’autre… Quand je négociais Épisode II, Barry Newstead de Fox à Toronto nous disait suivre les ordres de Fox L.A. qui eux, nous disaient suivre les indications de Lucas himself…
    Évidemment, lors des articles dans les médias parlant de ces conditions assassines, Lucas rejetait la faute sur Fox, avec qui il a un contrat mais dont il ne se mêle pas des affaires et de distribution…
    Mon opinion… ? Mon oeil! :)
    Juste un commentaire comme ça… pour mon opinion sur le film, comme elle a été achetée (hehe), il vous faudra attendre la publicatio du prochain no. de la revue solaris…

  4. Joel Champetier

    Hugues: dans combien de semaines est-ce que la proportion payée aux proprio de salles par Lucasfilm va redevenir décente? J’attend ça pour aller le voir: Valérie et moi le boycottons en attendant.

  5. Michel J. Lévesque

    J’ai toujours été un fan de Star Wars mais j’ai trouvé difficile d’être confronté à des erreurs de scénario (et pourrait-on dire de continuité)pendant le visionnement de ROS.

    Exemple :
    Dans le retour du Jedi, Luke demande à Leia si elle se souvient de sa VRAIE mère. Elle lui répond que c’était une femme très belle mais qu’elle était aussi très triste… Leia était agée d’à peine 30 secondes lorsque sa mère est morte !!! À moins d’être dotée d’une mémoire exceptionnelle, comment peut-elle se souvenir d’une chose pareille?

    Second exemple :
    Dans A New Hope, Ben remet un sabre laser à Luke et lui dit que « c’est celui de son père. »
    Hein???
    Ben lui dit aussi que ce sabre devait lui revenir, que « c’était la volonté de son père. »
    Quoi ??? J’en ai manqué un bout.
    Il ajoute quelque chose qui ressemble à : « Un jeune Jedi nommé Darth Vador à traqué et tué tous les Jedi dans la galaxie. »
    Dans la galaxie, vraiment ? Il a à peine fait le tour de l’académie Jedi sur Coruscant. Et depuis quand Vador est-il un Jedi? Mais peut-être est-ce là un simple problème de doublage, c’est possible, je n’ai pas vérifié.

    Troisième et dernier exemple : Dans ROS, vous souvenez-vous avoir entendu quelqu’un désigner les Jedis par des titres militaires, comme colonel ou général ? Pourtant, dans A New Hope, il est clairement établi par la princesse Leia que Ben a déjà été appelé le « général Kenobi ».

    Et pourquoi diable Obi-Wan a-t-il confié le jeune Luke à Owen et Béru Lars, sur Tatooine ?? C’était prendre un risque inutile.

    Je suis peut-être un peu maniaque mais c’est le genre de détails qui gâche réellement mon plaisir.

    MJ

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