par Christian - jeudi, 31 mars 2005 - 20:32 (Ottawa)
Il doit y avoir quelque chose dans l’air. Poisson d’avril, changement d’année fiscale, arrivée soudaine des températures dépassant les dix degrés. Soudainement, le centre ville d’Ottawa est recouvert de nouvelles boîtes distributrice de journaux, comme deux infestations virales ayant pris d’assaut la capitale nationale.
L’une est verte, l’autre est noire.

Inoffensifs. Jusqu’ici (Coin Bank/Laurier)
Il s’agit de l’arrivée de deux journaux quotidiens gratuits. Si vous vivez à Boston, New York ou Paris, ces créatures vous sont sans doute familières: Disponibles dans toutes les bonnes station de transport en commun, ces journaux de quelques pages (format tabloid) sont conçus pour être lus d’un endroit à l’autre en quelques minutes, à fort accompagnement publicitaire. Un site bien détaillé, Free Daily Newspapers, saura tout vous enseigner sur le sujet.
À Ottawa, la dernière guerre de journaux a eu lieu en 2000, alors que deux hebdomadaires avaient tenté (sans succès) de faire compétition au vénérable X-Press. Mais cette tentative-ci est différente: C’est la première fois que l’expérience d’un quotidien gratuit est tentée à Ottawa, alors imaginez une chaude lutte entre deux nouveaux journaux. Mais est-ce vraiment une concurrence? La suite de l’histoire pourrait vous surprendre…
Metro International est, pour ainsi dire, déja une institution dans le monde des quotidiens gratuits. Pour leur laisser la parole…
Metro is the largest and fastest growing international newspaper in the world. 45 daily Metro editions are published in 67 major cities in 17 countries in 16 languages across Europe, North & South America and Asia. Metro has a unique global reach - attracting a young, active, well-educated audience of more than 15m daily readers and over 33 million weekly readers.
Ouf! Déjà présent à Toronto, Montréal et Vancouver, Metro attaque Ottawa avec le support de TorStar (éditeur du respectable Toronto Star) et de CanWest (éditeur du, euh, aussi respectable National Post) ainsi que de
1,500 boxes situated in high-traffic locations including transit stops, university campuses and highly populated business districts. Initial daily distribution for the Ottawa region will be 60,000.
(Source: Communiqué de presse, METRO LAUNCHES EDITION IN OTTAWA, 30 Mars 2005 (Adobe Acrobat) )
La première édition est parue, et il s’agit d’un produit rassurant: Seize pages, dont sept dédiées à la pub, des articles-éclairs tirés du Toronto Star, de l’agence de presse Reuters et de l’équipe de Metro Ottawa. Temps de lecture total: Dix minutes. Pas mal.
Dose, en revanche, semble être un produit différent. Les boites de distribution noires et rouges annoncent déjà les couleurs: Jeune! Vif! Branché! Pour ne citer que leur site web…
April 4th is the day your life will change. Prepare yourself for the launch of Dose, a revolution in Canadian media. Dose is brand-new source of relevant news, information and ideas. While others have talked down to you or simply ignored you, the Dose experience is you.
Racolleur, ça? Voyons. Citons une autre page…
Not everything. Just everything that matters. We’ve committed ourselves to bringing you the best, the brightest, the funniest and the most important. (…) We think we’re ready. Are you? (…) Don’t worry about finding us. We’ll find you. Dose will be everywhere you are and everywhere you need it to be: street corners, coffee shops, bus stops, campuses, retail shops as well as online and mobile. Because we’re multi-platform, you’ll find us where you work, play, study, shop, drink and eat.
Avec ce type de rhétorique, je m’attends pratiquement à ce que le journal soit livré directement dans ma salle de bain. Plus jeune que ça, le texte serait écrit en 133t-sp34k.
Mais là où tout se corse, c’est que Dose , qui sera lancé simultanément à Ottawa, Toronto, Vancouver, Calgary et Edmonton (remarquez l’absence de Montréal) est également une production de CanWest, qui possède non seulement le Ottawa Citizen, mais aussi un tier de Metro Ottawa.
Qu’est-ce qui se passe? Déja que l’association entre TorStar et CanWest était inhabituelle, voici que CanWest entre, la même semaine, en compétition avec soi-même dans un nouveau marché. (Pour la concentration de la presse, on repassera: Metro, Dose, National Post et Ottawa Citizen) Reste à voir les produits, bien sûr, et s’il peut y avoir “compétition” entre deux journaux gratuits. On ne peut qu’applaudir la parution de nouveaux journaux, mais dans ce cas-ci, il y a aussi moyen de se demander… n’y avait-il pas moyen de faire les choses de façon moins étrange?
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par Christian - mardi, 29 mars 2005 - 20:59 (Lectures, SF&F autre)
Les voici, les voilà: Les beaux, les bons, les très British livres en nomination pour les Prix Hugo 2005, catégorie meilleur roman.

Il n’y a qu’au Canada qu’une seule librairie peut vous fournir l’échantillonage ci-haut: En effet, deux des oeuvres (Banks et McDonald) ne sont pas encore disponibles aux États-Unis, alors que l’image ci-haut présente deux romans britanniques (Miéville et Stross) en édition américaine.
Peu importe. Je plonge dans le tas. Avec un peu de chance, je serai en mesure de vous donner un compte-rendu avant le mois d’Août…
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par Christian - samedi, 26 mars 2005 - 18:21 (Cinéma)
Un des avantages de l’internet à haute vitesse, c’est de pouvoir se permettre une visite au site d’Apple pour consulter les dernières bandes-annonces de films à venir.
Un des gros canons de la prochaine saison estivale semble être The Island de Michael Bay, un réalisateur que j’apprécie envers et contre tous. La bande annonce, en tout cas, annonce bien qu’il s’agit de l’oeuvre de ce réalisateur précis: on y reconnait des prises de vue tirées toutes droit de Bad Boys II, Pearl Harbour et The Rock. Hélas, on recconnait aussi des éléments de Matrix, The Prisoner, Seconds et maintes autres histoires familières aux amateurs de SF. Est-ce pour autant un gage d’échec? Pas vraiment; le raffinement visuel des productions de Bay est tel qu’il peut rehausser des intrigues convenues… et rien n’empêche un scénario familier d’être bien fait.
De toute façon, l’été sera bien servi en matière de belles images sans profondeur. Si le côté rigolo des bandes annonces de Stealth, Fantastic Four ou bien XXX: State of the Union ne vous a pas séduit, il reste toujours Sin City d’ici là…
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par Eric - mardi, 15 mars 2005 - 13:19 (Cinéma)
(NDLR: j’avais composé ce billet avant la sortie d’Alien vs. Predator; ceci est une version révisée.)
Ah, Alien vs. Predator. Ce qui a longtemps été un passe-temps de fans acharnés ("mon héros est plus fort que ton héros!") est devenu une recette apparemment lucrative pour nos chers génies hollywoodiens[1]. Dans ce cas-ci, l’idée était loin d’être neuve, les deux races s’étant déjà affrontées dans tous les médias (bande dessinée, jeu vidéo, figurines) autres que le cinéma. L’annonce du film m’a intrigué. J’ai vu tous les films des deux séries, et j’admire particulièrement le premier Alien. Cette nouvelle extravagance ne promettait rien côté qualité, mais avait un avantage: puisqu’elle ne réutilisait aucun des personnages des films précédents, elle ne pouvait opérer le genre de trahison émotionnelle qu’on retrouve dans certaines suites. Je sais, il restait les extra-terrestres, mais ceux-ci ne suscitent guère d’attachement sentimental, sans compter qu’il ne s’agissait pas des mêmes individus. En autant que quelques détails essentiels étaient respectés, me disais-je, le film pourrait au moins réussir en tant que jeu de massacre peu réfléchi. Puis, j’ai réalisé qu’on avait classé le film PG-13, une première pour ces deux séries chères aux amateurs de chair fraîche. Ajoutez à ça les réactions des critiques, et ça augurait mal.
J’ai payé pour voir le film. C’était fort mauvais; inutile d’en dire plus ici. En fin de compte, le film a rapporté à peu près autant que cet autre monstrueux face à face, Freddy vs. Jason. Il a coûté presque deux fois plus cher, par contre. J’ai préféré Freddy vs. Jason: non pas que c’était bon, mais la baisse de qualité était moins marquée par rapport aux films précédents, et c’était satisfaisant de voir Freddy faire pleurer Jason comme un bébé.
Les deux films sont tous deux sortis à la mi-août, à un an d’intervalle. Y aura-t-il d’autres affrontements du genre à pareille date cette année? Dans le domaine, certains se sont amusées à proposer d’autres combinaisons gagnantes, voire même un tournoi qui couronnerait une fois pour toutes le plus dur d’entre tous les durs (libre à vous de choisir vos vainqueurs). Personnellement, je m’imagine bien John Malkovich vs. Christopher Walken: un film en huis clos, les deux acteurs assis chacun dans un La-Z-Boy, en conversation, essayant de se montrer chacun plus désaxé et intimidant que l’autre[2]. Depuis que John Malkovich est devenu un personnage, c’est un tout nouveau type de cinéma qui s’offre à nous.
Reste à voir si la formule s’applique à d’autres marchés. Le cinéma québécois est moins axé sur les franchises, mais il y a toujours moyen de se débrouiller. Au premier abord, je peux déjà penser à Séraphin Poudrier contre Ovila Pronovost: un affrontement historique. Dans le même domaine, on peut profiter d’une autre tendance (les films de doubles) et placer dans un même film deux personnages de Marina Orsini, disons Émilie Bordeleau (Les filles de Caleb) et Shehaweh (Shehaweh, tsé). Dans le plus moderne, il y aurait peut-être Les Boys contre Elvis Gratton, mais bon, je préfère ne pas y penser.
[1] Je sais, le concept de la rencontre des monstres n’est pas une nouvelle tendance, mais j’ai l’impression d’assister à une petite renaissance dans le domaine.
[2] Si cette idée vous intéresse, je ne saurais trop vous recommander Sleuth, un magnifique face à face entre deux acteurs de renom qui se sont clairement amusés dans leurs rôles respectifs. C’est un de ces films (basé sur une pièce de théâtre, mentionnons-le) où toute l’action se passe dans un seul lieu et où tout l’intérêt est dans le dialogue et dans le jeu des acteurs. Lawrence Olivier vs. Michael Caine: pas aussi étrange que Malkovitch vs. Walken, mais fascinant tout de même.
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