Un mois de contes à Montréal

Ce n’est pas très souvent que j’annonce mes spectacles ici (j’ai déjà un calendrier pour ça), mais voici une occasion peu commune. Certains connaissent peut-être les Dimanches du conte: une série de soirées de conte qui roule depuis 1998. J’y ai fait mes débuts en tant que conteur, dans la première itération du Sergent recruteur (la série a déménagé, depuis, au Cabaret du Roy). Depuis quelques années, la série présente en mai un conteur du mois qui conte en solo quatre ou cinq dimanches d’affilée et présente entre autres un tout nouveau spectacle. Cette année, j’ai l’honneur d’être ce conteur.

Le mois est déjà entamé. Je présentais dimanche dernier mon nouveau spectacle intitulé L’année du grand Frette. Vous l’avez manqué? Je le reprendrai à la fin du mois. Voici ce qui reste:

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Lauréats, Prix Aurora/Boréal 2012

Tel qu’annoncé plus tôt au Congrès Boréal… les lauréats des Prix Boréal/Aurora 2012:

  • Prix Aurora/Boréal du meilleur roman: Éric Gauthier pour Montréel.
  • Prix Aurora/Boréal de la meilleure nouvelle: Ariane Gélinas pour « L’enfant sans visage »
  • Prix Aurora/Boréal du meilleurs ouvrage relié: Claude Janelle pour Le Dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française
  • Prix Boréal de la création artistique visuelle et audiovisuelle: Valérie Bédard (Couverture, Solaris 177; Illustrations, Solaris 179; etc.)
  • Prix Boréal de la Fanédition: Brins d’éternité (fanzine)

Nos félicitations aux récipiendaires!

Un ajout: Soulignons qu’Éric Gauthier a également remporté le Prix Jacques Brossard pour Montréel, ce qui a aussi été annoncé au Congrès Boréal.

Abraham Lincoln, Vampire Hunter — Seth Grahame-Smith

Abraham Lincoln Vampire Hunter

L’auteur de Pride and Prejudice and Zombies reprend sa formule en apportant une touche de fantastique à un thème connu. Il s’en prend ici à la biographie d’Abraham Lincoln, en pimentant celle-ci par la présence de suceurs de sang. Reconnaissons que le thème du vampirisme se prête bien à cette période tourmentée de l’histoire des États-Unis marquée par l’esclavagisme.

Dans Abraham Lincoln, Vampire Hunter, les vampires européens ont émigré aux États-Unis, terre de liberté, de grands espaces sauvages et de snacks gratuits. Ayant compris les bénéfices qu’ils pouvaient tirer de l’esclavagisme, ils créent une sorte d’alliance avec certains planteurs proéminents du Sud, qu’ils paient en échange de leurs captifs les plus chétifs, y compris les enfants. Mais un groupe d’irréductibles vampires s’opposent à cette source d’approvisionnement amorale et comptent empêcher ces gourmands d’asservir un jour tout le pays. Vaste programme! Il est déterminé que celui-ci ne peut s’accomplir sans l’aide d’un jeune échalas nommé Abraham Lincoln. Encore faut-il lui faire surmonter un peu la haine viscérale qu’il éprouve envers leur espèce depuis le meurtre de sa mère par l’un d’eux.

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Un auteur en Serbie – 3 (fin)

[Suite et fin du récit débuté ici et continué ici...]

En chemin vers la station d’autobus, je passe une manifestation devant le ministère de l’Économie. Puis, muni d’un billet que je ne saurais lire, je repars pour le nord du pays : Donji Milanovac, cette fois, un village posé sur le bord du Danube, face à la Roumanie.

[Forteresse de Golubac]
Un bout de la forteresse de Golubac, aperçue en chemin.

La chambre que j’ai louée s’avère situé dans un appartement de deux chambres; la deuxième étant vide, j’ai tout l’appartement à moi, et pour presque rien.

Au cours des jours suivants, j’apprends à connaître le village. C’est la portion relax du voyage. Je flâne dans les rues et écris au bord de l’eau. Je prends mon pain matinal à la boulangerie du coin et achète des trucs à l’épicerie sans toujours savoir ce que c’est – le plat de pâtes que je me cuisine est si infect que j’en jette les trois quarts. Comme j’ai une télé, je regarde un film à la Alien, américain sous-titré en Serbe, où un extra-terrestre arrive sur Terre à bord de la sonde Viking 2 (« Oh shit! » se dit « Sranje! »). Par un jour de fête, je suis une mini-procession de tracteurs jusqu’au terrain de foot où se joue un match communautaire; l’équipe des gros l’emporte contre les maigres. Je fais la rencontre de deux cyclistes britanniques bien plus aventuriers que moi. J’aboutis souvent sur la terrasse du Teuta, face au fleuve, alors que la noirceur s’installe et que mon netbook prend des airs de luciole.

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HG3: La Révolte — Susan Collins

La revolteOuf. Est-ce une impression que j’ai, ou bien les deux premiers tomes de la série ne nous préparaient pas à une finale aussi sombre? Ça doit être à cause de La Révolte que la série Hunger Games a la réputation d’être violente. L’auteure nous ménage pendant 800 pages et puis, paf, elle rectifie le tir dans la dernière droite.

Si vous n’avez pas encore lu La Révolte, sachez que le billet qui va suivre révèle plusieurs moments clés. Si vous n’aimez pas les spoilers, c’est le moment d’arrêter votre lecture pour aller voir s’il n’y a pas des chouettes trucs sur eBay.

Katniss survit de justesse aux Jeux de l’Expiation grâce à l’intervention des rebelles du district Treize. Il s’avère que cette zone que tous croyaient dévastée abrite en réalité une population souterraine. Organisée, militarisée, mais fragile, cette communauté est dirigée d’une main de fer par l’ambitieuse Alma Coin. Celle-ci laisse à peine de temps à Katniss de digérer l’annihilation du Douze par le président Snow en représailles à son évasion. Elle convainc l’adolescente d’enfiler le costume du Geai moqueur et d’inspirer la révolte contre le Capitole. Ce que Katniss ignore, c’est que le prix à payer pour incarner le symbole de la rébellion sera lourd.

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The Uncertain Places — Lisa Goldstein

The Uncertain PlacesJe ne lis pas souvent des histoires de fées, mais il arrive qu’une couverture sympa ou un billet piquent ma curiosité. Précisons que je ne fais pas allusion ici à la cour d’Obéron et de Titania, ou à la merveilleuse féerie de Brian et Wendy Froud. Il est plutôt question des contes de fées des frères Grimm. Je crois que c’est cette incursion dans le folklore germanique qui a attiré mon attention. Nous ne manquons pas de fées celtiques, après tout; aux dernières nouvelles, certaines se sont syndiquées et d’autres ont trouvé un agent.

The Uncertain Places se déroule en 1971, une époque que l’auteure dépeint avec beaucoup de nostalgie. Les mouvements protestataires, notamment contre la guerre du Vietnam, laissaient entrevoir la promesse de jours meilleurs et d’une société plus égalitaire.

Will Taylor, un étudiant de Berkeley, s’éprend de la belle Livvy Feierabend, qui habite avec sa mère et ses soeurs dans une vaste maison familiale à Napa, en Californie. Aussi loin qu’elles s’en souviennent, les Feierabend ont toujours profité d’une chance qui semble couler de source. Mais le jour où Livvy sombre dans une torpeur inexplicable devant l’apparente indifférence de sa famille, Will et son ami Ben creusent dans le passé de cette étrange lignée. Les réponses se trouvent dans un conte censuré des frères Grimm, mais Livvy n’est pas tirée d’affaire pour autant. Will devra se frayer un chemin vers le monde magique qui garde sa belle prisonnière à la suite d’un marché conclu des siècles plus tôt.

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Spectrum 18

Je tiens à souligner, comme à chaque année, la parution du dernier Spectrum, en l’occurence le numéro 18. L’ouvrage regroupe une magnifique collection d’illustrations professionnelles parues en 2010, ainsi qu’une section consacrée aux pièces en trois dimensions. Des artistes du monde entier soumettent une copie de leurs oeuvres à un jury et il en résulte une anthologie visuelle unique.

Spectrum 18

Je prête toujours une attention particulière aux illustrations réalisées avec des médiums traditionnels. (J’éprouve alors une pointe de regret d’avoir remisé mes pinceaux et de ne pas consacrer plus de temps à une production personnelle pour étoffer mon portfolio. Je n’ai peut-être pas lu assez de livres sur la motivation personnelle.) L’huile et l’acrylique viennent en tête parmi les médiums utilisés, ce qui n’est pas surprenant. Par contre, la magnifique créature en page couverture est une aquarelle de Jean-Sébastien Rossbach.

Les thèmes varient pas mal même si des clients comme Lucasfilm et Wizards of the Coast ont des demandes assez prévisibles: le numéro 18 ne manque pas de C-3P0 ni de guerriers combattant des gros monstres. Les superhéros ne manquent pas de clients non plus.

Détail qui m’agace, je constate qu’il en est de même pour les poitrines avec bonnets de taille FF ou GG. Il faudra m’expliquer comment ces amazones manient leur épée avec les vertèbres en compote: ce sont des glandes mammaires, pas des pectoraux! Et c’est sans parler des poses que prennent les personnages féminins, avec des cambrures qui feraient hurler un chiropraticien. D’ailleurs, je vous invite à lire les billets de Jim Chines et d’un expert en arts martiaux sur le sujet. (Ces deux billets sont en anglais, mais si vous désirez faire votre propre démonstration sur le Web en français, n’hésitez pas à m’envoyer le lien!)

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Nominations, Prix Aurora/Boréal 2012

Les nominations au Prix Aurora/Boréal 2012 sont maintenant connues.  Rendez-vous au Congrès Boréal, qui aura lieu au centre Morrin de Québec du 4 au 6 mai prochain, pour savoir qui seront les gagnant(e)s!

HG2: L’embrasement — Susan Collins

L'embrasementJe poursuis tranquillement la lecture de la trilogie de Susan Collins, dont le succès de l’adaptation au grand écran continue de faire couler l’encre (et les tweets, je parie, puisque le public adolescent ira voir le film plus d’une fois).

Au dernier épisode, non seulement Katniss avait-elle remporté les Jeux de la faim, mais elle avait également permis à Peeta, son partenaire du Douze, de s’en sortir. Son entourloupette a très mal fait paraître les Juges, et par extension, l’autorité du Capitole, y compris celle du tout-puissant président Snow. Comme le jeune couple est devenu trop populaire pour qu’il puisse le faire disparaître, Snow s’ingénie à leur empoisonner la vie. Pourtant, il a des soucis plus urgents. La révolte couve dans les districts depuis que les gens voient en Katniss un symbole de désobéissance civile.

La première moitié du roman paraît un peu statique par rapport à la course effrénée des Jeux. Pourtant, ces chapitres se lisent d’une traite, car la situation quasi idyllique de Katniss et de Peeta, maintenant riches et repus, sombre vite dans le cauchemar. J’imaginais sans peine les jeunes lectrices tourner les pages en voyant le sinistre Snow tendre un piège après l’autre aux malheureux héros. Pour l’occasion, Collins étoffe un peu plus sa dystopie en nous montrant les aspects brutaux, mais aussi plus subtils, d’un régime fasciste à grande échelle. D’un côté, il y a la répression impitoyable des Pacificateurs, la torture, la mutilation ou l’exécution des fauteurs de trouble. De l’autre, il y a la menace voilée que l’on fait planer sur les proches, le chantage, la manipulation, et surtout, la désinformation élevée au rang de système. Le tableau est désespérant et sinistre: c’est comme la Corée du Nord avec des hovercrafts.

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Mind Performance Hacks — Ron Hale-Evans

Mind Performance HacksMind Performance Hacks: Tips & Tools for Overclocking Your Brain est un guide qui se démarque par son approche geek. En intro, Ron Hale-Evans explique que nous avons trop tendance à compter sur notre bloc-notes, notre calculatrice ou notre ordinateur pour faire le travail mental à notre place, comme calculer, mémoriser ou nous rappeler d’une information. Dans un environnement où les données abondent, se créer un six-pack cérébral peut s’avérer utile dans une situation (impensable!) où nous n’avons pas notre précieux BlackBerry à portée de main. Avec ce petit manuel pratique, l’auteur propose un généreux éventail d’exercices pour se muscler la cervelle.

Les méthodes sont classées par thème, chacun formant un chapitre: la mémoire, le traitement de l’information, la créativité, les mathématiques, la prise de décision, la communication, la clarté et la forme mentale (comme dans «forme physique»). Oui, Hale-Evans ratisse large et ses sujets n’exerceront pas un attrait égal chez tous ses lecteurs. Personnellement, je dois encore me résoudre à repasser dans la section des maths, qui montre comment faire ami ami avec les gros méchants chiffres.

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Dernier Rappel: Nominations aux Prix Aurora/Boréal

Profitez de votre stupeur post-pascale ultra-chocolatée pour donner votre avis sur la production SF&F de 2011!  Consultez la liste d’éligibilité pour vous rafraîchir la mémoire, puis envoyez vos nominations en vous servant du formulaire de nomination. Vous avez jusqu’au mercredi, 11 avril pour envoyer vos avis.  Les nominations seront annoncées quelques jours plus tard, et les gagnants seront annoncés au prochain Congrès Boréal, qui aura lieu du 4 au 6 mai à Québec.

Production 2012 [2]

Voici encore deux autres couvertures que j’ai réalisées pour Vents d’Ouest. Dans les deux cas, il s’agit de romans destinés aux adolescentes.

Le roman 30 jours a été écrit par deux enseignantes, Audrey Julien et Geneviève East. L’histoire met en scène Maxim, qui travaille dans une crémerie. Elle en pince sérieusement pour Olivier qui vend des téléphones cellulaires juste à côté. Sauf que le beau garçon ne restera pas là indéfiniment, et Maxim a 30 jours pour gagner son coeur. Plans élaborés, gaffes et malentendus s’ensuivent…

30 jours

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Hunger Games — Susan Collins

Hunger GamesImpossible de ne pas s’attarder le temps d’un billet sur le dernier phénomène littéraire dont s’est emparé Hollywood dans l’espoir d’en faire une franchise lucrative, comme ça s’est produit avec Twilight de Stephenie Meyer. Bien que malheureuse, la comparaison est inévitable puisque les deux séries, en mêlant action et premiers amours, s’adressent aux mêmes lectrices. Seulement, Collins fait dans la science-fiction: avouez que connaître un succès foudroyant dans ce créneau, en visant un public d’adolescentes de surcroît, mérite qu’on lui lève son chapeau. Et aucun de ses protagonistes masculins ne survit dans la forêt en se nourrissant de gel coiffant pour épargner les gentils humains.

J’avais Hunger Games dans le radar depuis quelques mois. Cette oeuvre ne recevant que des éloges, je voulais y jeter un coup d’oeil malgré la franche déception que m’a causée Twilight. Alors sans plus attendre — le risque d’être lassée par le battage publicitaire devenant de plus en plus grand —, j’ai lu le premier tome de la série.

C’est bon.

Je dirais même plus: voilà comment on écrit un roman jeunesse. Collins raconte son histoire à un rythme soutenu, sans commettre l’erreur de s’embourber dans un fouilli de détails en mettant son univers en place. Elle campe sa mise en scène et ses principaux protagonistes en deux courts chapitres, et le récit démarre sans tarder dès les premières pages.

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The Best of Joe R. Lansdale

The Best of Joe R. LansdaleLes lecteurs qui n’ont pas encore eu la chance de se frotter à l’oeuvre de Joe R. Lansdale pourraient profiter de cette anthologie pour découvrir le style savoureux de cet auteur texan. Il narre ses histoires comme un conteur le ferait, sans «internationaliser» son écriture. Lansdale conserve la syntaxe propre à son coin de pays puisque toutes ses histoires s’y déroulent. À travers ses expressions colorées, on sent souvent poindre l’accent traînant du Sud, comme si l’auteur lisait ses textes à voix haute, assis sur sa galerie, une bière à la main.

Il possède un véritable talent pour camper des personnages tordus, mais crédibles. Ses losers, ses durs à cuire et ses petites gens ne sont jamais gâtés par la vie. Il faut voir comment certains d’entre eux décident de ne pas se laisser abattre et de poursuivre leur objectif, quel qu’il soit, dans des conditions qui s’avèrent parfois humoristiques. Et on y croit, malgré le côté caricatural de la situation.

Lansdale se démarque aussi par une écriture très crue et sans pudeur. Le lecteur a droit à des descriptions anatomiques détaillées, sans parler de toutes les fonctions organiques qui se rattachent aux parties mentionnées. Et comme plusieurs nouvelles se déroulent dans le passé, le lecteur doit s’attendre à tomber sur bon nombre de «niggers» et autres expressions peu conviviales.

The Best of Joe R. Lansdale regroupe seize nouvelles de genres différents. Précisons que l’auteur fait dans le polar (voir la série Hap et Leonard) et dans l’horreur (j’ai déjà écrit un billet sur The Complete Drive-In), entre autres choses.

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Prix Aurora Boréal: Il est temps d’envoyer vos nominations!

Les Prix Aurora Boréal 2012 seront remis au Congrès Boréal, qui aura lieu au Centre Morrin à Québec du 4 au 6 mai 2012. Vous pouvez dès maintenant envoyer vos nominations pour les prix: Jetez un coup d’oeil à la liste d’éligibilité pour vous rafraîchir la mémoire, puis complétez le formulaire de nomination. Vous avez jusqu’au mercredi 11 avril pour envoyer vos nominations.

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