Production 2015 [3]

Les romans de l’hiver commencent à apparaître dans ma boîte à lettres. J’ai reçu mes exemplaires de Mystère à la montagne du Diable d’Odile Paradis et Marcel Poirier, un roman de la collection Nébuleuse des éditions Vents d’Ouest.

Le résumé :

Pour ses 12 ans, Danie reçoit en cadeau un ordinateur. Elle entre alors en communication avec des habitants d’une planète lointaine. Lors d’une balade en forêt, elle découvre de nombreux animaux morts autour de bassins oubliés. Elle vivra un été inoubliable en tentant de découvrir un lien entre ces cadavres.

 
Mystère à la montagne du Diable
 

Et voici les crayonnés…

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Mr. Mercedes — Stephen King

Mr. MercedesMr. Mercedes est une autre incursion de King dans le domaine du polar au même titre que Joyland avec qui il partage certains traits communs. J’y reviendrai. Passé la couverture rébarbative qui semble avoir été réalisée à la hâte (j’avais noté le même problème avec Revival), le roman s’avère sans surprise un page-turner qui repose sur une course effrénée contre la montre ponctuée d’imprévus.

Le roman s’ouvre sur un massacre perpétré par un maniaque qui fonce sur une foule de chercheurs d’emploi faisant la file devant un centre municipal tôt le matin. Malgré les morts et les blessés, la police ne parvient pas à mettre la main au collet du fou furieux. Des mois plus tard, Bill Hodges range son uniforme et prend sa retraite. Il s’enlise progressivement dans un désœuvrement abrutissant, mais un jour, il reçoit une lettre du Tueur à la Mercedes qui a l’air de s’ennuyer lui aussi. Plutôt que de remettre la lettre à ses anciens collègues, l’ex-policier décide de mener sa propre enquête. Un étudiant surdoué et une femme névrosée qui connaît tout sur les ordinateurs finissent par se joindre à lui dans l’espoir de stopper le tueur qui a tout l’air de préparer un grand coup.

Abordons tout de suite le point faible du récit, qui est le même que j’avais remarqué dans Joyland : l’aspect « enquête » est plutôt faible. Tout un mystère entoure la façon dont le psychopathe s’y est pris pour piquer la fameuse Mercedes sans utiliser de clé et sans forcer physiquement la serrure. Nous vivons dans une ère où les bagnoles ne sont ni plus ni moins que des ordinateurs sur roues. Malgré cela, il faut l’intervention d’un surdoué pour soulever l’hypothèse du piratage. Comme énigme, c’est pauvre. Le tueur, aussi, est caricatural — un défaut assez fréquent dans l’univers de King, qui ne cherche pas à nous faire prendre ses méchants en pitié. Le bon côté de la chose, c’est qu’on est content quand Mr. Mercedes s’en prend plein la gueule, notamment quand il commence à commettre des erreurs.

Il reste les héros qui sont bien sympas et plus « ordinaires » — il est aisé de s’identifier à leurs travers, petits et grands. En plus, King nous présente un trio disparate qui couvre trois générations. Chaque lecteur aura son préféré.

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Agents of S.H.I.E.L.D. — Saison 1

 Agents of SHIELD – Saison 1Je ne suis pas montée à bord du train Marvel par la même porte que tout le monde. J’ai travaillé plusieurs années dans une entreprise fabriquant des produits dérivés, et j’ai dû voir passer des dizaines de figurines Spider-Man, Hulk, X-Men et autres mutants. Alors quand Iron Man a débarqué en force dans notre service, suivi par Thor et Captain America, j’ai un peu saturé. Non seulement je ne suis pas allée voir les films à l’époque, mais j’ignorais totalement que Marvel avait lancé son ambitieux projet de superproductions réparties en phases. Avec le recul et en tenant compte du succès mitigé des films de superhéros jusque-là, je vois comment l’entreprise tenait de l’effronterie. Un gazillion de dollars de bénéfices plus tard, il faut avouer que lorsqu’elle ne se transforme pas en éléphant blanc, la mégalomanie paie. Il suffit d’être bien organisé et de trouver les bonnes personnes pour remplir les rôles clés.

Ce n’est qu’en 2014 que j’ai décidé de rattraper le retard. En peu de temps, j’ai regardé les trois Iron Man, les deux Thor, les deux Captain America, le premier Avengers et même Guardians of the Galaxy pour être certaine de ne rien manquer. Le divertissement a fait place à l’enchantement lorsque j’ai compris que tous ces films étaient interreliés d’une façon ou d’une autre, parfois seulement par un clin d’œil à la fin du générique. Les scénarios s’intercalent dans une suite logique. Oui, même Guardians of the Galaxy, qui semble exister hors de la bulle terrestre, se déroule parallèlement aux autres. Il est fort probable que les personnages bleus qui se tapent dessus auront un rôle ultérieur à jouer sur notre planète.

Ayant digéré cette masse d’information, je me suis lancée dans la série Agents of S.H.I.E.L.D, charmée par l’idée que le projet Marvel débordait dans un autre média tout en respectant la chronologie et les événements déjà présentés. De plus, avec Joss Whedon à la barre, difficile de résister.

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Production 2015 [2]

Solaris 193

Solaris 193Fraîchement arrivé dans son nouvel emballage plastique à l’épreuve des dents, Solaris 193 est assorti d’une couverture de Tomislav Tikulin.

On y trouve six nouvelles, la chronique du Futurible de Mario Giguère (« La cartographie réelle du pays des Élois et des Morlocks »), la chronique Sci-néma de Christian portant entre autres sur la domination cinématographique de Marvel (un sujet que j’aborderai brièvement sur ce blogue dès que l’occasion se présentera), et les critiques de livres habituelles pour alimenter votre pile de non lus (ne sifflotez pas d’un air innocent, vous savez exactement de quoi je parle).

Détail moins courant, les six illustrations de nouvelles s’avèrent être de moi. J’en profite pour montrer les crayonnés assortis après le saut.

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Revival — Stephen King

RevivalJe ne sais pas si je suis spécialement accaparée ces derniers temps ou si j’ai atteint une sorte de synchronie littéraire, mais je dois me rendre à l’évidence : King écrit plus vite que je n’arrive à le lire. Il y avait deux titres sur ma liste de Noël cette année, et d’autres titres sur Kobo Store et Amazon que je n’ai pas encore eu le temps d’examiner (dont des nouvelles écrites en collaboration avec Joe Hill). On croirait presque que King écrit à temps plein…

Cela dit, avec seulement 400 pages, Revival ne fait pas partie de ces fameux pavés dont l’auteur a le secret. C’est le genre de roman ni bon ni mauvais qu’il semble avoir écrit sur le pilote automatique. La bonne nouvelle, c’est que le récit se fonde sur une idée intrigante, celle d’une électricité dans l’électricité, et les effets sont décapants.

Revival couvre une période d’environ cinquante ans en suivant les hauts et les bas dans la vie de James Morton. Pendant son enfance dans une petite ville sans histoire de la Nouvelle-Angleterre, il se lie d’amitié avec un nouveau venu, le révérend Charles Jacobs. S’il est piqué de religion, Jacobs est littéralement passionné par les propriétés de l’électricité, sujet auquel il consacre tous ses temps libres. Il parvient même à accomplir un petit miracle de guérison neurologique. Mais lorsque le malheur frappe, le bon révérend doit quitter la ville. Son ami parti, le jeune Jamie grandit, devient musicien et découvre les joies de l’héroïne. À un moment critique de sa vie, il croise à nouveau Charles Jacobs qui a abandonné la profession de révérend pour celle de guérisseur. L’homme a maîtrisé sa mystérieuse électricité à un degré qui lui permet d’exécuter des prodiges. D’abord surpris et admiratif, Jamie commence à remarquer des effets secondaires inquiétants parmi les miraculés, et ce n’est que le début… Jusqu’où l’ancien révérend ira-t-il dans sa recherche effrénée sur cette énergie aux étranges propriétés?

Ce qui s’annonçait comme une histoire de science-fiction prend assez vite une tournure fantastique, et dans ce domaine, l’auteur connaît bien ses classiques.

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Production 2015 [1]

Le numéro d’hiver de Lurelu vient de paraître et vous y trouverez la nouvelle gagnante de la catégorie 5 à 9 ans du concours littéraire annuel. Il s’agit de « La flaque d’eau d’Océane » de Mélissa Ouellet. Je reproduis ici mon illustration.

Également dans ce numéro, puisqu’on en parle, un dossier sur l’intimidation et une nouvelle chronique intitulé Créateurs d’ici. Aussi, plusieurs entrevues et une tonne de bouquins jeunesse!

Lurelu concours 2014

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The Magician King — Lev Grossman

The Magician KingIl y a un bon bout de temps déjà, j’avais parlé du premier volet de la trilogie des Magiciens de Lev Grossman. En commençant le second volume, The Magician King, je me souvenais avoir beaucoup aimé le premier, The Magicians, sans toutefois me remémorer des détails. Certaines scènes clés me revenaient encore à l’esprit, mais la majorité des personnages avaient sombré dans l’oubli — un des défauts de cette série, sans doute, défaut qui ne m’empêchera pas de lire le troisième volume au moment opportun.

The Magician King reprend le récit plusieurs mois après les événements qui ont permis à Quentin et à trois de ses amis de s’installer sur le trône de Fillory, une contrée magique qui a fait l’objet de romans à succès dans notre réalité — au même titre que tous les Harry Potter, Lord of the Rings et Narnia de ce monde. Les choses vont tellement bien que Quentin se morfond d’ennui. Afin de briser la routine, il se lance dans une quête mineure en compagnie de Julia, la seule magicienne du groupe à ne pas avoir appris la magie au collège Brakebills. L’expédition sécuritaire prend un tournant inattendu et voilà que Quentin et Julia se retrouvent, à leur grande horreur, au Massachusetts, dans notre déprimante réalité. S’amorce alors une quête de plus grande envergure pour trouver une porte vers Fillory, puis pour sauver la magie qui a commencé à se dissoudre mystérieusement.

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Meilleurs vœux

Noël 2014Depuis que la porte du Nord s’est entrouverte au solstice, des milliers de petites créatures vêtues d’or et d’argent tintinnabulant s’affairent à travers le monde pour préparer la venue de l’Homme en rouge. En cette heure des lutins, Fractale souhaite à tous ses lecteurs des Fêtes empreintes de magie et d’imagination.

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Production 2014 [5]

L’année tire à sa fin et j’en suis toujours à rayer des éléments de ma Liste de Choses à Faire. Je néglige un peu la correspondance et les billets, mais c’est censé être passager. En attendant, je continue de recevoir des exemplaires des projets sur lesquels j’ai travaillé ces derniers mois. J’avoue que 2014 a été très fournie et variée en matière de titres! La couverture de L’Année de la science-fiction et du fantastique québécois 1994 (Alire) est basée librement sur la nouvelle d’Yves Meynard, « Le sang et l’oiseau ».

 ASFFQ 1994

Après le saut, les croquis.
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Créatures fantastiques du Québec (l’intégral) — Bryan Perro et Alex S. Girard

Créatures fantastiques du QuébecLe temps des Fêtes approche et s’il y a un jeune amateur de surnaturel, de contes et de mythologie dans votre entourage, ce volume saura l’intéresser. Créatures fantastiques du Québec, en version intégrale réunissant les deux tomes, regroupe une tonne d’articles sur toutes les bébites qui hantent l’imaginaire collectif. Un trait typique hérité des colons européens, sous le vernis du catholicisme vous verrez une masse grouillante de frayeurs religieuses et de superstitions païennes. Allant des monstres classiques aux légendes propres au Québec en passant par les incontournables de la cryptozoologie, ce guide encyclopédique fait voyager le lecteur aux quatre coins de la province. Le texte de Bryan Perro est agrémenté d’une superbe mise en page et de fort belles illustrations d’Alex S. Girard. Certains sujets, comme le loup-garou, le sasquatch (mon chouchou) et les revenants, ont droit à des dossiers spéciaux.

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Repli de La Courte échelle

La Courte échelle

L’un des joueurs marquants de la littérature jeunesse au Québec cesse ses activités. Signe des temps ou infortune chronique? Vous pouvez en lire plus sur le site du Devoir et celui de Lurelu.


La suite des mésaventures :

La courte échelle en failliteLurelu

La courte échelle sous la protection de la loi sur la failliteLa Presse

La courte échelle tombe de hautLe Devoir

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Production 2014 [4]

Le moment est venu pour une autre plogue — eh non, ça ne dérougit pas. Le roman Dérapages de Geneviève East et Audrey Julien vient de paraître chez Vents d’Ouest avec une de mes couvertures. Il fait suite au premier volet intitulé En chute libre.
 

Dans les mois qui ont suivi la mort de sa mère, Laurianne a tout osé, quitte à y laisser une partie d’elle-même. Maintenant, elle va mieux. Du moins, elle s’efforce d’y arriver, mais plusieurs situations dérapent autour d’elle. À l’école, à la maison et dans son couple, c’est la confusion. Laurianne reprendra-t-elle le contrôle de sa vie? Quels seront les obtacles qui se dresseront devant elle?

 
Dérapages

Comme d’habitude, je joins le croquis.

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Réflexions en série

Hannibal – à tout seigneur, tout honneur…

Des tueurs en série, je croyais en avoir assez vu. Quand on commence à s’y intéresser, on peut vite devenir fasciné par la psychologie de ces tueurs, l’aspect rituel des meurtres, l’astuce déployée par les enquêteurs… Mais voici qu’ils prolifèrent dans nos fictions au point d’en devenir banals.

Même Hannibal Lecter, énigmatique et inoubliable dans The Silence of the Lambs, n’est pas à l’abri de la surutilisation, de la dilution. Le personnage était excellent à petites doses, mais après cinq films, était-il nécessaire de bâtir une série télé autour de lui? J’ai écouté le premier épisode par pure curiosité. Bien réalisé. Bons acteurs. Mads Mikkelsen, le nouveau Hannibal, me déroutait quelque peu par son jeu très sobre. Anthony Hopkins faisait du personnage une sorte de cobra au regard perçant; Mikkelsen semblait le jouer en alligator, placide, avec la menace sous la surface. Pas un mauvais choix, bien sûr, compte tenu du fait qu’il joue le Hannibal d’avant, celui qui devait prétendre être normal en tout temps, ou presque.

Laurine vous a déjà bien présenté la série; j’abonde dans le même sens qu’elle. Je me suis laissé accrocher malgré certains aspects qui me rebutaient. La nature épisodique, d’abord. La série verse parfois dans la formule du tueur-de-la-semaine, ce que je trouvais problématique puisqu’on parle ici de véritables tueurs en série – une denrée plutôt rare, il me semble. Aussi, l’utilisation de la « mythologie » établie me paraît tantôt satisfaisante, tantôt problématique. Bryan Fuller, principal responsable de la série (le showrunner, comme on dit), disait vouloir couvrir au fil des saisons les événements de chacun des romans, mais il ne se gêne pas pour « brûler » tout de suite des phrases, des images et même des éléments d’intrigue qui devraient apparaître beaucoup plus tard. Tout de même, Hannibal est d’une grande qualité sur tous les plans : on y explore à fond la psychologie tordue des personnages, on y découvre des ambiances et des scènes remarquables, on rit même parfois. (Et on devient témoin de choses horribles qu’on n’aurait jamais imaginé voir à la télé il y a seulement quelques années – avis aux cœurs sensibles.)

Bref, je regarderai volontiers la troisième saison en 2015. Mais ce qui m’amuse pour l’instant, c’est d’imaginer le monde dans lequel Hannibal et autres séries apparentées prennent place.

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Solaris a 40 ans!

Solaris 192L’Halloween approche et je viens de recevoir par la poste une poignée de bonbons: le numéro 192 de la revue Solaris — spécial 40e anniversaire.

Je lis Solaris avec plaisir depuis… bientôt dix vingt ans, j’imagine (ouais, je vieillis…). Je l’ai vue passer du grand format au format compact, j’ai vu l’intérieur se colorer, le look évoluer, je l’ai vue se dédoubler — version papier et version numérique. Une revue essentielle dans l’évolution de la littérature de genre en français.

Pour ce quarantième anniversaire, Solaris s’offre quarante auteurs. Quarante auteurs ayant déjà publié dans la revue, et qui ont été invités à pondre chacun une fiction de 750 mots maximum sur un thème ou un sous-genre précis: space opera, morts-vivants, post-humanisme… tout y passe.  Vous les trouverez en ordre d’ancienneté, à commencer par Norbert Spehner, le grand fondateur. Celui-ci signe aussi un bref édito sur les débuts de la revue, suivi de Joël Champetier qui parle de ce numéro anniversaire, puis de Jean Pettigrew qui revisite l’avenir de la revue.

Parmi les auteurs, vous trouverez notre équipe réunie: Laurine, Christian et moi-même signons chacun un texte. De plus, Christian vous offre sa chronique Sci-néma habituelle, et vous reconnaîtrez les oeuvres de Laurine sur certaines des couvertures d’anciens numéros reproduites avec chaque fiction (pour chaque auteur, je crois, la couverture associée à sa première publication dans Solaris). Je vous invite à consulter le sommaire pour connaître la liste complète des auteurs, dans laquelle vous reconnaîtrez bon nombre d’incontournables et plusieurs des meilleures nouvelles plumes du milieu.

J’imagine que ce numéro sera disponible en librairie sous peu (si vous l’apercevez, laissez-le nous savoir). C’est à ne pas manquer: pour le calibre des auteurs, pour la variété des textes, pour ce fameux nombre, aussi, ces quarante ans qui constituent tout un exploit. Joyeux anniversaire à Solaris!

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The Bloody Chamber — Angela Carter

The Bloody ChamberLes amateurs de contes pour adultes doivent absolument lire The Bloody Chamber d’Angela Carter, qui propose une version tout à fait personnelle de légendes populaires. Avec une prose élégante et fleurie, elle dépeint des décors d’une fabuleuse décrépitude, des personnages mi-humains et des comportements bestiaux qui contrastent violemment avec l’innocence des héros. Les rôles sont inversés ou réinventés, jetant un éclairage nouveau sur des rebondissements et des dénouements que l’on tenait pour acquis, le tout dans une ambiance gothique presque surannée.

La plus longue nouvelle du lot, « The Bloody Chamber » situe Barbe bleue dans un magnifique château breton coupé de la terre ferme au gré des marées. La jeune épouse du Marquis va bien sûr explorer, alors qu’il est absent, l’unique pièce dont il lui a interdit l’accès, mais vous connaissez l’histoire. Ici, l’horreur se déroule dans un luxe décadent où plane l’odeur lourde et collante des lys dont le Marquis semble raffoler. La mariée, un curieux mélange d’innocence et de rouerie, s’avérera pleine de ressources dans cet environnement somptueux, pourrissant, et dont le passé est entaché de quantités considérables de sang.

Une variation sur La Belle et la Bête, « The Courtship of Mr Lyon » reste assez proche de la formule connue. Le père cède sa fille à un homme monstrueux après avoir commis l’erreur d’avoir cueilli une rose de son jardin. L’intérêt de l’intrigue repose sur la manière délicate dont l’auteure décrit la Bête, intimidante, solitaire, mélancolique, mais ayant conservé toutes ses manières. Et, comme Barbe bleue, cette Bête vit dans un luxe opulent. S’ensuit l’arrivée de la jeune fille et l’apprivoisement mutuel de ces deux êtres fondamentalement différents, qui réussissent néanmoins à établir une curieuse amitié.

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