Altered Carbon

Altered Carbon
Netflix doit nager dans l’or, car ses productions gagnent en qualité et en somptuosité. Sa dernière série de science-fiction, Altered Carbon, nous présente une histoire inhabituellement compétente dans le genre cyberpunk sous forme de 10 épisodes d’une heure. Le concept se base sur le roman éponyme de Richard Morgan (Carbone modifié, en français); comme celui-ci s’inscrit dans une trilogie (avec Broken Angels et Woken Furies), nous aurons peut-être encore droit à deux saisons de plus. Je le souhaite, en tout cas!

Si je me fie au résumé du roman sur Wikipédia, la série a pris quelques libertés avec les antécédents des personnages, mais conserve néanmoins l’essence du premier roman. Dans un futur indéterminé, la découverte d’une technologie extraterrestre permet à l’humanité de faire le grand saut vers le transhumanisme. La conscience est maintenant téléchargée dans un disque greffé sur la nuque dès l’enfance. À la mort d’une personne, son disque peut être fixé sur un nouveau corps humain appelé « enveloppe ». En théorie, le processus pourrait être répété indéfiniment, assurant l’immortalité à tous. Cependant, un trop grand nombre de transferts dans une nouvelle apparence provoque à la longue une forme de psychose. Il y a deux exceptions : les individus ayant reçu un entraînement mental spécial pour devenir aptes à évoluer dans tout corps et tout environnement; et les très riches, qui peuvent se payer des clones et des copies de sauvegarde de leur conscience. Il en résulte une société régie par une classe d’immortels, les Math (pour Mathusalem), et hautement militarisée.

À noter, les catholiques font bande à part. Persuadés que l’âme ne peut aller au Paradis tant que la conscience est enveloppée, ils refusent que leur disque soit greffé à nouveau à leur mort. Ils deviennent ainsi une proie facile pour les meurtriers, car leur religion interdit que leur disque soit réactivé pour permettre à une victime d’être interrogée.

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Twin Peaks (1990-1991)

Twin Peaks

J’avais vu la première saison de cette étrange série à l’époque des vidéocassettes et des magnétoscopes. J’y suis revenue récemment (via iTunes) pour voir la deuxième saison que j’avais ratée et pour me rafraîchir la mémoire sur l’ensemble. Ce qui m’intéresse ultimement est de regarder le reboot qui se déroule 25 ans plus tard, comme l’avait prédit l’avatar d’un des personnages.

La plupart des gens connaissent maintenant les prémices. Twin Peaks est un petit patelin de l’État de Washington situé à deux pas de la frontière canadienne. L’économie locale repose sur les activités d’une scierie, de l’hôtel The Great Northern et de petits commerces, en parallèle avec des affaires illicites, dont le trafic de drogues transfrontalier. La ville se trouve à proximité d’une forêt (spécifiquement une étendue appelée Ghostwood) caractéristique de la côte ouest. Un jour, le cadavre de Laura Palmer, une collégienne populaire, est retrouvé enveloppé dans du plastique. Le FBI dépêche alors l’agent spécial Dale Cooper pour résoudre ce crime qui secoue la communauté, car un meurtre semblable avait été commis dans la région un an plus tôt, ce qui laisse à penser qu’un tueur en série est à l’œuvre.

Le succès de la série de David Lynch et Mark Frost repose en partie sur une galerie de protagonistes hauts en couleur qui sont mêlés à toutes sortes d’intrigues et de secrets parfois inavouables. Nous avons un manchot aux personnalités multiples, une dame qui ne se sépare jamais de sa bûche, un psy amateur de culture hawaïenne, un major de la US Air Force ayant participé au projet Blue Book, plusieurs bandits au degré d’aptitude variable, des beautés fatales à la vie amoureuse compliquée… Twin Peaks n’a rien d’ordinaire! Et l’agent Cooper, qui se retrouve au milieu de cette faune, n’est pas fade non plus, notamment avec son habitude de raconter son quotidien à un magnétophone portatif.

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Acceptance — Jeff VanderMeer

AccpetanceDernier volet de la trilogie du Rempart sud, Acceptance est le roman le plus difficile à suivre, peut-être parce que l’auteur essaie de résoudre plusieurs intrigues qui touchent une galerie de personnages variée. Le résultat est ambigu, voire frustrant, pour les lecteurs qui aiment les explications claires et les conclusions nettes. Ceux qui ont des attentes plus souples, par contre, pourront se laisser habiter par l’écriture opulente de VanderMeer et les divers tableaux physiques et psychologiques qu’il brosse avec subtilité.

La Zone X a fini par avaler le Rempart sud et ses employés. Il n’est pas précisé si la progression de l’anomalie a aussi englouti le reste de la Terre, d’autant plus qu’il se produit des distorsions spatio-temporelles surprenantes, mais je crois que c’est sous-entendu. Au moins, on comprend maintenant sans équivoque qu’elle est d’origine extraterrestre ou interdimensionnelle, à la manière de « La Couleur tombée du ciel » de H. P. Lovecraft, mais avec des résultats inverses. Quelles que soient sa nature et ses véritables intentions, l’intelligence procède en assimilant les êtres vivants, la seule méthode de communication qu’elle connaisse : elle en crée une copie parfaite et adaptée à la Zone X et transforme l’original en quelque chose de fondamentalement différent. De ce processus naît un environnement luxuriant et pur, ce qui est sans doute un mal pour un bien vu l’état normal de la planète.

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Solaris 205

Solaris 205Solaris 205 est paru! Sous une illustration d’Émilie Léger, le numéro d’hiver 2018 vous propose des fictions d’Enola Deil, Samuel Lapierre, Julien Chauffour, Hugues Lictevout et Jérémie Bourdages-Duclot. Le Prix Joël-Champetier, s’adressant aux auteurs de nouvelles non canadiens qui écrivent en français, dans les domaines de la SFF, a été décerné à Feldrik Rivat pour « Le Contrat Antonov-201 ». Toujours au rendez-vous, Les Carnets du Futurible de Mario Tessier présentent un article sur Omni (souvenirs, souvenirs), ou « l’étrange et scandaleuse histoire d’une revue ». Vous trouverez aussi des critiques des parutions d’ici et d’ailleurs en SF&F.

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People of Earth — Saison 2

People of Earth 2

La deuxième saison de cette désopilante série ne perd rien en qualité. Est-ce que le secret réside dans sa brièveté, avec seulement une dizaine d’épisodes d’une vingtaine de minutes? Il est facile de se laisser tenter par un marathon lorsqu’on a accès à une saison complète. Je me forçais à ne regarder que deux épisodes par jour pour faire durer le plaisir, sinon ces quelque 200 minutes auraient été vite consommées.

Nous reprenons tout de suite après le cliffhanger de 2016 : Ozzie et Gina venaient d’apprendre que les membres de StarCrossed avaient été ensemble à bord d’un vaisseau spatial pendant leur enfance; Gerry s’était ENFIN fait enlever par les extraterrestres; et Richard découvrait la véritable identité de Nancy l’androïde et de Jonathan le Reptilien.

Les aventures se poursuivent avec l’ajout de deux nouveaux personnages. Alex Foster, agente gaffeuse du FBI, débarque à Beacon avec l’intention de mettre la main au collet de Jonathan Walsh, soupçonné de fraude à grande échelle. Elle s’intéresse tout de suite aux membres de StarCrossed qu’elle prend pour des timbrés avec leurs histoires d’extraterrestres. À bord du vaisseau spatial, un changement d’administration s’effectue à la suite d’une fusion. Éric, le nouveau patron, se présente sous la forme d’un cube flottant doté d’un œil lumineux, un hommage à 2001, l’Odyssée de l’espace combinant le monolithe et HAL. Flanqué des membres de Daft Punk, il régente le travail de chacun à coup de clichés joviaux du style « Teamwork is dreamwork! », mais il a des plans plutôt sinistres à l’égard de StarCrossed.

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Le retour de la fée des étoiles

Noël 2017Ces jours-ci, il est question d’objets volants dans le ciel n’ayant rien à voir avec le traîneau du père Noël. Du coup, qui sait si les mystérieuses activités dans les chaumières sont bien dues aux elfes farceurs et non à un tout autre genre de petit être vert? Je me demande s’il faut laisser un verre de lait et des biscuits près de la cheminée, ou plutôt l’adresse de notre leader bien-aimé (avec la mention « Emmenez-le avec vous! »).

Comme les temps changent…

Passez tous de très belle fêtes en famille et entre amis. Prenez du bon temps, profitez-en pour vous reposer si vous en avec besoin et n’oubliez pas de jeter un coup d’œil vers les étoiles. Ce n’est jamais du temps perdu.

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Le début d’un dévoilement?

OVNI survolant le Nimitz

Au mois d’octobre, le musicien Tom Delonge annonçait le lancement d’une initiative commerciale de son entreprise To The Stars, flanqué d’ex-employés de diverses agences du complexe militaro-industriel. Le but? Éduquer les masses sur l’existence des ovnis, ou plutôt des PANIs (phénomènes aériens non identifiés), alias les UAP en anglais. Et oui, le terme ovni est incorrect dans la mesure où certaines manifestations peuvent être des masses d’énergie flottantes plutôt que des objets volants. Mais trêve de digression, le projet a été accueilli avec beaucoup de cynisme de la part de la communauté ufologique pour toutes sortes de raisons, à commencer par son aspect commercial. J’ignore quelle sera la réaction générale maintenant que les choses prennent un nouveau tournant.

Avec l’accord des autorités concernées, To The Stars a rendu publiques des scènes filmées par l’armée américaine montrant un OVNI — pardon, un PANI. Surnommé « the Tic Tac UFO », l’objet vole à toute vitesse contre le vent à proximité du USS Nimitz, un porte-avions des É.-U. Nous entendons en arrière-plan les commentaires ébahis des pilotes dépêchés dans les airs (lisez une entrevue ici). La vidéo peut être vue sur le site de To the Stars si vous parvenez à la charger. Sinon, des extraits sont affichés un peu partout sur Internet.

En soi, le truc volant n’est pas très impressionnant. Ce qui fait que cette histoire sort complètement de l’ordinaire est l’attention des médias de masse, qui ont pour tradition de courir dans l’autre direction dès qu’il est question d’ufologie. Une partie de la sphère anglophone y va du sien : le New York Times, la BBC, Politico, Business Insider, des médias canadiens, britanniques, etc. Vérification faite, il y a également des infos du côté français (Le Parisien). Rien encore du côté des médias québécois évidemment.

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Authority — Jeff VanderMeer

AuthoritySuite directe d’Annihilation, Authority nous projette dans un nouvel environnement : les bureaux du Rempart Sud (« the Southern Reach »), ce mystérieux complexe resté en arrière-plan jusqu’ici. Alors que le premier volet donnait une drôle d’impression impersonnelle avec ses quatre exploratrices sans nom, celui-ci ne fait pas du tout dans l’anonymat malgré les efforts du héros, John Rodriguez, de se faire appeler Contrôle. L’homme a été envoyé par Central (un organisme militaire) au Rempart Sud pour prendre la relève de la directrice qui a disparu. On l’apprendra assez vite, elle faisait partie de l’expédition d’Authority sous l’identité de la psychologue. Et ceci est loin d’avoir été l’unique secret de cette femme déterminée, comme le découvrira Contrôle en passant au peigne fin le fouillis de notes compulsives et hétéroclites qu’elle a laissées derrière elle.

Ce que nous perdons en richesse faunique et florale, nous gagnons en relations humaines, même si elles sont gangrenées. Contrôle traîne un passé entaché par une faute professionnelle et subit l’ascendant de sa mère dominatrice, elle aussi un agent de Central — à la différence qu’elle est non seulement très efficace, mais également d’une grande froideur et d’une absence totale de scrupules. Contrôle voit de plus son travail saboté par Grace, l’adjointe dévouée de l’ex-directrice, qui l’a pris en grippe. Pour compliquer la situation, le patron anonyme de Contrôle le manipule en douce en poursuivant des objectifs bien personnels. Les scientifiques du Rempart, quant à eux, affichent une façade parfois sympathique, mais ils ont leurs limites. Bref, personne ne se fait confiance sous les sourires forcés. Les relations restent tendues et paranoïaques d’un bout à l’autre du roman. Par ailleurs, la biologiste d’Annihilation est revenue au Rempart, cette fois sous le pseudo de Ghost Bird. Personne ne sait comment elle a réussi à émerger de la Zone X. La tâche de tirer les vers du nez de cette femme peu loquace échoit à Contrôle, qui devient vite fasciné.

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Stranger Things — Saison 2

Stranger Things 2La deuxième saison reprend quelques jours après la finale de la précédente. Secouru du Monde à l’envers, le jeune Will Byers a retrouvé sa mère Joyce, son grand frère Jonathan et sa bande d’irréductibles amis, c’est-à-dire Mike, Dustin et Lucas. De Onze, l’adolescente psychokinétique issue des expériences du Dr Martin Brenner, il ne reste plus trace depuis son spectaculaire affrontement avec le monstre échappé de la dimension obscure ouverte par les activités du Laboratoire National de Hawkins. Le shérif Jim Hopper, quant à lui, fait des pieds et des mains pour que la communauté n’apprenne rien des événements qui ont failli semer la destruction à grande échelle.

Mais les choses sont-elles vraiment revenues à la normale à Hawkins en Indiana? Officiellement, le Dr Brenner et son équipe ont été décimés, mais le complexe gouvernemental n’a pas mis fin à son travail pour autant. La distorsion spatio-temporelle existe toujours, avec en prime une fissure donnant sur le Monde à l’envers d’où s’échappent des émanations qu’il faut constamment surveiller. Will Byers est tourmenté par un lien psychique avec cette dimension, et il est progressivement possédé par un monstre lovecraftien fait d’ombre et de fumée qui tente de s’introduire dans l’univers des humains. Onze n’a pas réellement disparu non plus : elle est cachée par le shérif dans une cabine au fond des bois pour éviter que le gouvernement ne la capture. Sa vie cloîtrée ne lui convenant pas, Onze a tôt fait de prendre la poudre d’escampette pour en apprendre plus sur sa mère biologique, une victime du programme MK-Ultra. De leur côté, Dustin et Lucas font connaissance de Max, une nouvelle venue à l’école, qui finit par se joindre à la bande pour traquer un curieux amphibien mutant issu du Monde à l’envers. Enfin, Nancy (la grande sœur de Mike) s’allie à Jonathan dans le but de faire tomber le Laboratoire National de Hawkins, responsable de la mort de sa meilleure amie.

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Annihilation — Jeff VanderMeer

Annihilation – Jeff VanderMeerSi les ovnis littéraires ou le style weird piquent votre curiosité, la trilogie du Rempart Sud (the Southern Reach Trilogy) de Jeff VanderMeer devrait se trouver sur votre pile de lecture. Le premier tome a d’ailleurs remporté le prix Nebula 2014 du meilleur roman. Annihilation a l’avantage d’être court et de se lire vite, ce qui vous permet de vous faire tout de suite une idée du ton. En version française, le titre éponyme est paru aux éditions Au diable vauvert sous une traduction de Gilles Goulet.

L’histoire se déroule dans le sud des États-Unis, vraisemblablement en Floride. Un groupe de quatre femmes volontaires — une biologiste, une psychologue, une anthropologue et une géomètre qui ne seront jamais nommées autrement que par leur titre — sont envoyées dans la Zone X, un territoire ceint par une barrière invisible où la nature a repris le dessus. Il s’agit officiellement de la douzième entreprise de ce genre dépêchée par le Rempart Sud, un complexe militaro-scientifique chargé d’étudier le phénomène. Les expéditions précédentes se sont toutes soldées par un échec : plusieurs membres ont été décimés, d’autres sont revenus affligés de graves problèmes psychologiques et physiques.

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Musique pour enfants de la nuit

Il est temps de remballer la citrouille, mais pas de rendre les armes pour autant. En cette époque damnée où certains commerçants hissent les décorations de Noël avant même l’arrivée de l’Halloween, il n’en tient qu’à nous de résister. À la joie imposée, nous pouvons opposer nos sombres rêveries; nous pouvons enterrer les sempiternels refrains de Noël sous une musique plus endiablée.

Si vous en avez le goût vous aussi, je vous propose donc ces quelques liens musicaux.

Trent Reznor et son collaborateur Atticus Ross nous offraient dernièrement leur version d’un classique de l’horreur: le pièce principale du film Halloween. La rencontre des textures de Nine Inch Nails et de la mélodie obsédante de John Carpenter s’avère plutôt réussie. Carpenter, ayant réalisé lui-même la trame sonore de la plupart de ses films, a aussi produit deux albums, Lost Themes et Lost Themes II (la revanche), dans lesquels il s’offrait le plaisir d’explorer le même genre d’ambiances sans la pression liée à la production d’un film. Vous pouvez écouter et vous procurer le premier ici. La version Reznor/Ross d’Halloween a été produite pour souligner la sortie du nouvel album de Carpenter, dans lequel le cinéaste reprend les thèmes de ses films avec les musiciens des Lost Themes. C’est via Horreur Québec que j’ai non seulement découvert le premier lien ci-dessus, mais aussi appris que Carpenter viendra jouer ses pièces en personne à Montréal le 13 novembre.

Un autre classique réinterprété: Scandroid vous propose sa version du « Thriller » de Michael Jackson, à grands renforts de synthétiseurs. (Et pour les nostalgiques: le vidéo-clip original).

De retour au cinéma: le podcast de la revue Clair/Obscur proposait dans son onzième épisode un double palmarès de trames sonores de films d’horreur. On y retrouve un bel éventail, dont quelques incontournables (Carpenter toujours) et quelques pièces plus obscures ou récentes, extraits à l’appui.

Et pour terminer, pourquoi pas, un court-métrage autour d’une guitare satanique. C’est à la fois sanglant, drôle et niaiseux: vous savez si c’est votre genre ou non.

Et souvenez-vous: où que vous soyez, si vous pensez à elle, la citrouille est avec vous.

Solaris 204

Solaris 204Le voilà sorti, le numéro d’automne 2017 de Solaris! À l’intérieur, des fictions de Mathieu Arès, Yves Meynard, Frédéric Parrot, Mario Tessier et Jean-Louis Trudel; des articles de Mario Tessier (Les Carnets du Futurible : « Les Chants de la science-fiction lointaine ») et d’Ariane Gélinas (« Espaces de la revenance »); les critiques littéraires de ce qui s’est produit ici et ailleurs; la chronique Sci-néma de Christian Sauvé. Le tout est illustré par Sagana Squale, Marc Pageau, Suzanne Morel et Ariane Gélinas.

La couverture est de moi et vous pouvez voir la version en grand sur mon site Web (qui a besoin d’être mis à jour dans ma bio de la revue, tiens).

Bonne lecture!

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A Traveler’s Guide to the Afterlife — Mark Mirabello

A Traveler’s Guide to the AfterlifeTraditions and Beliefs on Death, Dying and What Lies Beyond

Toutes les cultures ayant leurs traditions et leurs mythes concernant la mort et l’au-delà, l’éventail de possibilités — dussiez-vous recevoir un piano à queue sur la tête — est tout sauf monotone. Mark Mirabello, professeur d’histoire à l’université de Shawnee State en Ohio, a créé un condensé regroupant par grands thèmes les croyances d’une multitude de peuples et de sociétés. Le lecteur pourrait s’attendre à devoir s’attaquer à une brique, mais l’essai fait plutôt dans les 170 pages, en offrant des capsules d’informations et une quantité impressionnante de références pour quiconque souhaiterait creuser un sujet en particulier. Au menu se trouvent des ouvrages comme le Bardo Thodol des Tibétains, le Livre pour sortir au Jour des Égyptiens, la Katha Upanishad des Indiens, etc. Y figurent aussi les pratiques de peuples et de sectes un peu plus obscurs dont je n’avais jamais entendu parler.

Dans son introduction, l’auteur révèle qu’il est atteint du cancer, sans préciser toutefois si c’est ce qui l’a poussé à s’intéresser au sujet de l’après-vie ou si ce projet lui trottait déjà en tête avant le diagnostic. Il insiste sur le fait que son guide, comme son titre anglais l’indique, porte moins sur la mort (sujet limité) que sur ce qui se passe après. À la lecture, on se rend vite compte qu’il n’est pas un admirateur des théories dites matérialistes, celles voulant que la conscience s’arrête lorsque le corps cesse de fonctionner. Il qualifie de « nihilistes suffisants » (smug nihilists) et de « personnes souffrant de déficit métaphysique » (metaphysical impaired) ceux qui voient l’être humain comme étant une sorte de zombie dépourvu d’âme et de but existentiel, le produit du hasard de l’évolution. Plutôt déprimant, en effet!

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The Magicians — Saison 2

The Magicians – Saison 2Parlons de magie! La saison s’y prête.

Résumons d’abord l’univers des Magiciens pour ceux qui n’ont pas lu la trilogie de Lev Grossman. Imaginez un jeune homme fasciné depuis l’enfance par la magie et la série Narnia, dont il a lu tous les livres maintes fois au point d’être capable de citer des passages entiers et de dessiner la carte du territoire de mémoire. Imaginez que cet individu mésadapté dans notre monde actuel est invité à un moment critique de sa vie à fréquenter une école secrète de haute magie de type Hogwarts. Il se fait des amis, apprend à pratiquer des sorts et finit par découvrir que Narnia existe réellement dans un univers parallèle et qu’il a la possibilité de s’y rendre avec ses compagnons pour y vivre de nombreuses aventures comme dans les livres, mais en affrontant le danger dans la peau d’adultes. Maintenant, remplacez Narnia par Fillory et Hogwarts par Brakebills, et vous avez la situation dans laquelle se retrouve le héros, Quentin Coldwater. Avec de l’alcool et des drogues en plus.

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Sombres surprises

Qui sait ce qui vous attend au tournant, ou derrière la porte, ou sous le lit? Ici, au moins, une chose est sûre: chaque année, à la mi-octobre, nous hissons les citrouilles et vous offrons un espace où aérer vos angoisses. Nous vous invitons à partager, dans les commentaires de ce billet, de courtes fictions effrayantes d’exactement 31 mots chacune: pas un mot de plus, pas un mot de moins.

Faites-nous frissonner l’espace d’un instant (ou faites-nous rire tout en restant dans l’esprit de la saison… ou visez le rire et le frisson simultanés). Mettez vos amis au défi! Vous avez jusqu’au Jour des Morts pour partager vos meilleures horreurs. Si l’inspiration tarde à venir, jetez un coup d’oeil aux surprises apportées par nos lecteurs et nous-mêmes lors des années précédentes.

(Si vous ne voyez pas encore les couleurs automnales, rafraîchissez la page. S’il manque des images carrément, écrivez-moi SVP.)

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