Production 2016 — Solaris 197

Solaris 197 - Couverture À signaler, le dernier Solaris est paru. J’ai eu le privilège d’assurer l’illustration de la couverture et de plusieurs nouvelles présentées à l’intérieur, les autres étant de Suzanne Morel. Je réalise un peu tardivement que le numéro 197 présente la même palette que la couverture de l’ASFFQ 1995, bien que les deux illustrations n’aient pas été réalisées en même temps. Que voulez-vous, quand quelque chose fonctionne…

La fillette et son « maidroid » (mon copyright, pas touche) font référence à l’article de Mario Tessier sur la ville du futur imaginée par Walt Disney, qui était apparemment un véritable visionnaire. Peu de temps avant qu’on me propose de m’inspirer de cet article, j’avais justement écouté un podcast sur ce sujet que je ne connaissais pas du tout. La coïncidence était trop belle! Tout ça pour dire que nous n’avons pas assez de riches visionnaires intéressés par le bien-être des gens. L’argent se gagne, mais les visions sont difficiles à poursuivre et capturer.

Outre l’article « Le Monde de demain, Disney et le futur » de Mario Tessier, vous aurez droit à « L’Audition transtemporelle dans la science-fiction » de Jean-Pierre Laigle, un titre qui a provoqué chez moi une réaction initiale de Minion (« Whaaat? ») avant que je comprenne qu’il est question de capter des sons du passé par divers moyens, une idée avancée dans divers écrits de science-fiction… du passé. Enfin, les chroniques habituelles sont présentes, c’est-à-dire Sci-néma de Christian Sauvé et les nombreuses critiques d’ouvrages dans Les Littéranautes et Lectures.

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Daredevil — Saison 1

Daredevil - NetflixParallèlement à celui de Marvel/Fox, l’univers de Marvel/Disney s’étend depuis quelques mois à Netflix, même si les deux ne se croisent jamais à cause d’une histoire de droits détenus. Dans tout ce que Disney produit en association avec Marvel, vous n’entendrez pas le mot « mutant », puisque ce terme appartient à la Fox. Cela n’empêche pas une forme de taxonomie de se mettre en place, comme on le voit déjà dans la série Agents of S.H.I.E.L.D. dont il a été question sur ce blogue. Ainsi, malgré l’absence de mutants officiels issus de l’évolution, il y a les gens qui acquièrent des pouvoirs de façon artificielle — à la suite d’une expérience de laboratoire, par exemple — et ceux qui naissent avec une faculté quelconque, notamment ceux qui portent un gène extraterrestre Kree.

Le Daredevil de Netflix s’assoit un peu inconfortablement entre plusieurs chaises. Matt Murdock (de son vrai nom) perd la vue dans un accident alors qu’il est encore un garçon, ce qui lui permet de devenir un superhéros. Si vous avez vu le film de 2003 avec Ben Affleck, vous connaissez donc la variante où le jeune Murdock est exposé à un déversement de produit radioactif qui le rend aveugle, mais qui lui donne aussi une perception exceptionnellement affûtée et une sorte de vision sonar. La série de Netflix emprunte une voie différente en laissant entendre que la brusque cécité du héros éveille en lui des pouvoirs qui existaient déjà. Au fil du temps, il apprend qu’il n’est pas le seul à détenir des facultés extraordinaires, et que celles-ci se manifestent de plusieurs façons d’un individu à l’autre.

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Production 2016 — ASFFQ 1995

ASFFQ 1995 - CouverturePetite semaine occupée, notamment à la refonte de mon site personnel. Je vous signale quand même en passant la parution de l’Année de la science-fiction et du fantastique 1995, dont j’ai eu le plaisir de faire la couverture. Le thème s’inspire des Sylvaneau de Joël Champetier qui avait remporté le Grand prix de la SFF cette année-là. Ma version est un peu plus gothique parce que je ne voulais pas donner l’impression d’une créature s’inspirant des elfes de Tolkien — à la rigueur, peut-être qu’il pourrait s’agir d’un parent des elfes noirs de Hellboy ou de Thor, c’est comme on veut. Bref, ne le sortez pas de sa coquille de verre, celui-là.

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Smarter — Dan Hurley

Smarter - Dan HurleyJe traverse à l’occasion des périodes pendant lesquelles j’écoute des balados de TED Talk pour me changer les idées. Bien que les sujets proposés soient d’un intérêt variable, il m’arrive à l’occasion de prendre en note des titres d’ouvrages mentionnés lors de ces présentations. Ainsi, je suis tombée sur Smarter: The New Science of Building Brain Power du journaliste scientifique Dan Hurley. Dans son bouquin, il aborde les découvertes récentes montrant qu’il est possible d’accroître son intelligence fluide, c’est-à-dire sa capacité d’apprendre et de résoudre de nouveaux problèmes — bref, ce qu’on associe communément au quotient intellectuel. Les percées dont il est question vont à l’encontre de l’idée dominante voulant que chaque individu ait un niveau d’intelligence immuable, certains étant plus ou moins bien équipés que d’autres. Et elles intéressent quiconque a de bonnes raisons de souhaiter développer sa matière grise, allant des enfants atteints de troubles d’apprentissage aux adultes qui cherchent à retrouver leur vivacité d’esprit. Avec de telles prémices, difficile de ne pas céder à la curiosité.

L’auteur nous présente d’abord les expériences du psychologue Torkel Klingberg montrant une amélioration de la mémoire de travail d’enfants atteints de TDAH, et ce, grâce à un régime de jeux vidéo spécialement conçus. Sceptiques face aux résultats publiés, les psychologues Martin Buschkuehl et Susanne Jaeggi ont ensuite tenté le coup de leur côté avec un autre groupe de participants exposés à un régime régulier d’un exercice mental particulièrement difficile appelé « dual n-back » (un truc trop long à expliquer dans ce billet, alors je vous fournis un lien). Utilisant la matrice de Raven comme étalon, le couple a noté une amélioration de 40 points auprès des participants lors des tests de mesure d’intelligence.

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Les éclaireurs — Antoine Bello

Les éclaireurs - Antoine BelloIl y a quelques mois, je parlais de cette chouette découverte qu’était Les falsificateurs d’Antoine Bello, le premier volet d’une trilogie. Le deuxième roman, intitulé Les éclaireurs, nous ramène dans les coulisses du Consortium de falsification du Réel (le CFR pour faire plus court) dix ans plus tard. Sliv Dartunghuver, Magawati Donogurai, Youssef Khrafedine et Lena Thorsen se sont taillé une place dans le CFR et continuent activement de produire des canulars qui refaçonnent discrètement le monde.

Au cours de cette décennie qui s’est écoulée, des changements profonds se sont opérés à l’échelle de la planète, à commencer par le raffinement des communications électroniques, sans parler de l’avancée de la science et de la technologie en général. Certaines mystifications ne sont plus possibles à réaliser sans risquer d’être détectées; d’autres s’en trouvent facilités pour tout agent capable de développer ses talents informatiques, comme le fait d’ailleurs Lena Thorsen, la rivale de Sliv, avec toute la virtuosité dont elle sait faire preuve.

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Guiling-guiling, ho ho ho!

Voeux 2015Même si décembre ressemble plus à un été londonien qu’à un aperçu du Pôle Nord, l’esprit des Fêtes est bien là. Qu’elles soient heureuses, chaleureuses et reposantes, et que l’année 2016 vous apporte un regain d’énergie. Joyeux Noël!

P.-S. du 1er janvier : Bonne année 2016!

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Residue — Pilote

Residue – Saison 1

Je trouve de tout sur Netflix, entre autres des séries qui seraient probablement passées sous mon radar dans un autre contexte. Residue est une mini-série difficile à catégoriser, d’abord parce que ce que les concepteurs appellent la « première saison » comporte en fait trois épisodes qui, pris ensemble, constituent une sorte de long pilote. Residue amasse généralement des bonnes critiques un peu partout, surtout pour son traitement. Sur le coup, ces trois épisodes m’ont laissé une impression très mitigée, surtout qu’ils se terminent par un cliffhanger un peu exagéré qui, je le crains, sera peut-être résolu en cinq minutes la saison suivante. Mais une fois la frustration passée, je dois reconnaître qu’une impression favorable a fini par s’installer.

L’histoire, dans les grandes lignes, est assez simple. Dans un futur proche, une bombe explose dans une discothèque londonienne le jour de l’An. Les autorités ont tôt fait d’établir un périmètre de sécurité sans précédent qui s’étend sur plusieurs pâtés de maisons. Les résidents sont forcés d’évacuer leur logis sous prétexte que, sous l’établissement détruit, se trouvait une cache d’armes biochimiques. Plusieurs personnes ne croient pas un mot des explications des autorités, à commencer par une photographe qui se rend compte que les sujets qu’elle capture ont une drôle de mine. Elle finit même par remarquer une ombre curieuse qui semble les hanter sur ses clichés. Et quand les individus en question se mettent à commettre des actes violents, la photographe se lance dans une enquête risquée avec l’aide d’un policier alcoolique ayant perdu sa fille dans l’explosion.

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Utopiales 2015

Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. En arrivant à la porte d’embarquement, je trouve mes confrères : Sébastien Chartrand et Claude Janelle. Nous sommes tous trois publiés par la maison d’édition Alire, qui, on dirait bien, nous a jugés sortables : assez pour nous envoyer à Nantes pour les Utopiales, festival de science-fiction renommé. Bientôt, nous faisons la file sagement en discutant des frontières floues qui délimitent les genres. Claude est l’autorité en la matière, ayant rédigé le DALIAF (le dictionnaire des auteurs des littératures de l’imaginaire en Amérique française). Sébastien, lui, en est au deuxième roman d’une série qui explore, explique et remixe les légendes québécoises : une œuvre un peu dure à classer. Nous discutons d’une nouvelle en particulier où le bruit d’un avion fait la différence entre fantastique et science-fiction.

Embarquement. Décollage. Le bruit d’un avion nous entoure pendant près de sept heures. Puis c’est l’aéroport Charles-de-Gaulle, et un autre avion pour une heure de vol encore.

À Nantes, le chauffeur de taxi nous présente la ville à mesure que nous nous y enfonçons. « Vous devez voir l’éléphant mécanique », nous dit-il. Et il y a peut-être un dragon ou un ptérodactyle, aussi, à moins qu’il ne soit parti. Des bêtes énormes, en tout cas. Ça vient me remuer le cinéma, j’imagine des batailles de kaiju.

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Agents of S.H.I.E.L.D. — Saison 2

Agents of SHIELD – Saison 2Les missions se poursuivent, plus secrètes que jamais depuis l’éviscération de la Strategic Homeland Intervention, Enforcement and Logistics Division lors des événements de Captain America: The Winter Soldier — rappelons que les films de Marvel ont un impact direct sur les événements de la série Agents of S.H.I.E.L.D., un bonus pour les amateurs d’univers se déployant dans plusieurs médias. L’équipe a changé et de nouveaux visages viennent grossir les rangs. Une solide amitié lie ces gens, mais le spectateur averti, voire échaudé, sait maintenant que dans ce milieu, nul n’est entièrement transparent, car le métier exige un degré élevé de mensonges, de manipulations et de duperie, parfois à l’encontre des gens qu’on respecte le plus.

La saison 2 a quand même réussi à me prendre par surprise. Pendant que je concentrais mon attention sur la poignée d’individus ayant clairement des choses à cacher, les protagonistes les plus caricaturaux ou effacés prenaient une toute nouvelle dimension au fil des rebondissements. À la fin, on se rend compte qu’on avait compris une partie de l’histoire à l’envers. Pas mal! Aussi, je suis contente qu’on ait enfin résolu le mystère entourant les origines de Skye, car les scénaristes auraient pu s’amuser à étirer la sauce encore longtemps avec ce McGuffin. Qui sait? Maintenant que Skye a toutes les réponses qu’elle cherchait, peut-être va-t-elle découvrir qu’elle a une jumelle maléfique.

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Penny Dreadful — Saison 2

Penny Dreadful, saison 2Le dur labeur n’est pas terminé pour le club de marginaux réunis autour de Vanessa Ives (Eva Greene) et Sir Malcom Murray (Timothy Dalton). Les vampires vaincus à la fin de la première saison cèdent la place à un nouvel ennemi, un groupe de sorcières adeptes de magie noire, les Nightcomers. Menées par la diabolique Evelyn Poole (Helen McCrory), alias Madame Kali, elles visent Vanessa en s’en prenant aux membres de son entourage, toujours dans le but de faire tomber la jeune femme du côté obscur du demi-monde. Nous en apprenons un peu plus sur les motifs qui poussent ces factions à harceler Vanessa, la réincarnation d’une déesse du panthéon égyptien que se disputent deux anges déchus voulant reconquérir le Paradis.

Plusieurs récits parallèles se greffent au sien, car chaque personnage a ses propres démons à affronter. Ethan Chandler (Josh Hartnett), le loup-garou américain de Londres, a révélé sa véritable nature lors du massacre du Mariner’s Inn. Il est talonné par un inspecteur tenace de Scotland Yard et par un agent corrompu de l’agence Pinkerton chargé par le père de Chandler de le ramener aux États-Unis, bien qu’on ignore les raisons de la chicane de famille.

De son côté, Victor Frankenstein (Harry Treadaway) a cédé à la demande de sa créature (Rory Kinnear) et lui a créé une fiancée, dont les deux hommes s’éprennent aussitôt, ce qui génère évidemment des complications sans fin, d’autant plus que la fiancée en question finit, elle, par s’amouracher de l’immortel Dorian Gray (Reeve Carney). Contrairement au suave Gray, Frankenstein en est à ses premiers émois, un état d’esprit pour lequel son tempérament scientifique rigide n’est pas préparé. Quant à son monstre, rebaptisé John Clare, il se trouve un emploi dans un petit musée de cire spécialisé dans les scènes d’horreur où il se sent tout de suite chez lui. Ô ironie. Mal lui en prend d’ailleurs, car les propriétaires ont bien sûr des motifs cachés et n’ont cure de son âme de poète.

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Scrat spatial

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Diable! — Robert Muchembled

Diable! – Robert MuchembledPour ceux qui ne le connaissent pas, Robert Muchembled est un historien spécialisé dans les mentalités de l’Europe moderne, notamment dans le phénomène de la sorcellerie. Certains se souviendront peut-être de Diable!, paru aux Éditions du Seuil en 2002. En plus d’être un très beau livre abondamment illustré, l’ouvrage trace dans les grandes lignes l’évolution de la représentation du diable de la fin du Moyen Âge à nos jours.

D’abord confiné aux monastères, le diable ne terrorisait que les moines, même s’il n’avait pas encore pris forme du point de vue iconographique. Ailleurs, dans les campagnes, il était un peu le descendant des lutins et des elfes, une créature aux multiples visages avec qui le monde paysan entretenait des liens de familiarité. Les choses ont bien changé avec la Réforme, la Contre-Réforme, les guerres de religion et les missions intérieures par lesquelles on a instillé une sainte frousse de Lucifer à grande échelle, convainquant le peuple que l’âme de chacun était en jeu et que l’Enfer n’avait rien d’une plaisanterie. Le temps des bûchers s’est ensuivi, surtout dans le Saint-Empire romain germanique. Pendant cette période, des milliers de gens (surtout des femmes) que l’on soupçonnait de pactiser avec le Malin ont été soumis à la torture et exécutés.

Le massacre a heureusement pris fin avec l’avènement des Lumières et des avancées de la science, le démon étant relégué à la superstition, pour ensuite devenir une notion plus intériorisée et moins magique. Mais Lucifer n’a pas été oublié pour autant et il est resté un thème populaire dans l’art et la littérature jusqu’à nos jours. Le surnaturel a toujours le vent dans les voiles, entre autres au cinéma et à la télé, sous forme de vampires, de zombis, de monstres en tout genre. Dans la vraie vie, ceux qui le prennent encore au sérieux font partie d’une frange de croyants plus extrémistes. Dans la sphère occidentale, par exemple, mentionnons les prêtres exorcistes et les fondamentalistes américains.

Pour la richesse des informations et les superbes images de l’ouvrage, laissez-vous tenter…

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Sympathy for the Devil — Tim Pratt

Sympathy for the Devil - Tim PrattLa saison des petits diablotins est le moment approprié pour une anthologie de nouvelles portant sur Lucifer en personne et toutes ses variantes se présentant sous d’autres noms. Les fruits du travail de Tom Pratt, Sympathy for the Devil rassemble 36 histoires dont les auteurs vont de China Miéville à Dante Aligheri, en passant par Elizabeth Bear et Theodore Sturgeon.

L’avantage du thème repose sur l’éventail de possibilités et d’aspects à explorer. Ce n’est pas pour rien que le Diable affirme s’appeler Légion. Il se présente sous différents noms et apparences, souvent pour proposer un marché, parfois pour jouer un rôle de trickster et de trouble-fête. Ailleurs, il reste prudemment en coulisses, ne faisant que discrètement sentir sa présence. Il lui arrive de parvenir à ses fins et d’avoir le dernier mot, mais pas toujours : il rencontre des individus plus retors que lui quand il ne tombe pas sur des âmes impossibles à tenter. Ici, il vit dans les détails; là, il pave l’Enfer de bonnes intentions.

Comme dans tout recueil de nouvelles, on trouve du bon comme du passable. L’éditeur a surtout essayé de réunir des idées variées et, de ce côté, c’est réussi : aucune histoire ne se ressemble ni par le propos ni par le style. Même Neil Gaiman, qui apparaît deux fois dans l’ouvrage, offre des récits distincts, l’un inquiétant et l’autre plus léger. L’un de mes titres préférés est « The God of Dark Laughter » de Michael Chabon qui raconte avec une admirable touche de satirisme une histoire de culte ancien impliquant des clowns de cirque.

Mais je vous laisse découvrir le reste par vous-mêmes. En attendant, assurez-vous de ne pas traîner au croisement de deux routes de campagnes à minuit. Qui sait ce qu’on vous fera signer?

La ronde des peurs

C’est la saison où nos peurs nous rattrapent. Et la meilleure manière d’y faire face, c’est peut-être de les écrire. De la mi-octobre au Jour des morts, nous troquons notre framboise pour une citrouille. Comme chaque année, nous vous mettons au défi en vous invitant à partager avec nous des histoires très brèves: 31 mots chacune, pas plus, pas moins. Explorez vos peurs, célébrez-les, dénoncez-les, frissonnez-en, riez-en même. Laissez vos textes dans les commentaires de ce billet. Allez consulter les rondes des années précédentes pour vous imprégner de l’esprit de la saison et nourrir votre inspiration. Mettez vos amis au défi. Amusez-vous! (Si vous ne voyez pas encore les couleurs de la citrouille, rafraîchissez la page.)

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Wilder Mann — Charles Fréger

Wilder Mann — Charles FrégerDans la préface de Wilder Mann ou la figure du sauvage de Charles Fréger, Robert McLiam Wilson se lamente de l’état général du monde moderne inondé de données, d’œuvres et de produits vite consommés et vite oubliés. Il blâme en grande partie l’Internet et les médias pour l’abrutissement qui sévit dans l’hémisphère occidental, à tout le moins chez les nantis qui peuvent se le permettre. Il remarque toutefois ce qui pourrait être un contrecoup de cet état de fait, une volonté de plusieurs (surtout des jeunes) de retourner aux sources à la recherche du « vrai » et du « vieux ». Qu’il s’agisse des amateurs de fantasy et de reconstitutions médiévales, des pratiquants de coutumes jugées dépassées, des groupes qui s’opposent au capitalisme sauvage et à la destruction de l’environnement, Wilson y voit un mouvement de résistance. Il reconnaît qu’ironiquement, ce mouvement est fortement alimenté par Internet.

C’est un peu dans cette optique qu’on aborde l’homme sauvage, une représentation culturelle de l’Autre, du primitif. À travers une série de photos époustouflantes de Charles Fréger montrant des dizaines de costumes utilisés aux quatre coins de l’Europe lors de célébrations ancestrales, nous voyons les diverses incarnations du personnage (surtout sous forme d’ours, de chèvre ou de diable). À la fin de l’ouvrage, de courts textes d’Émilie Botteldoorn et de Sabine Mäuseler nous expliquent les différents rôles que joue ce wild man, et la façon dont il représente les rapports entre l’homme et la nature.

En googlant « Charles Fréger wilder mann », vous aurez un excellent aperçu du contenu de ce très beau livre.
 

Wilder Mann — Charles FrégerBabugeri, Bansko, Bulgarie

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