Solaris a 40 ans!

Solaris 192L’Halloween approche et je viens de recevoir par la poste une poignée de bonbons: le numéro 192 de la revue Solaris — spécial 40e anniversaire.

Je lis Solaris avec plaisir depuis… bientôt dix vingt ans, j’imagine (ouais, je vieillis…). Je l’ai vue passer du grand format au format compact, j’ai vu l’intérieur se colorer, le look évoluer, je l’ai vue se dédoubler — version papier et version numérique. Une revue essentielle dans l’évolution de la littérature de genre en français.

Pour ce quarantième anniversaire, Solaris s’offre quarante auteurs. Quarante auteurs ayant déjà publié dans la revue, et qui ont été invités à pondre chacun une fiction de 750 mots maximum sur un thème ou un sous-genre précis: space opera, morts-vivants, post-humanisme… tout y passe.  Vous les trouverez en ordre d’ancienneté, à commencer par Norbert Spehner, le grand fondateur. Celui-ci signe aussi un bref édito sur les débuts de la revue, suivi de Joël Champetier qui parle de ce numéro anniversaire, puis de Jean Pettigrew qui revisite l’avenir de la revue.

Parmi les auteurs, vous trouverez notre équipe réunie: Laurine, Christian et moi-même signons chacun un texte. De plus, Christian vous offre sa chronique Sci-néma habituelle, et vous reconnaîtrez les oeuvres de Laurine sur certaines des couvertures d’anciens numéros reproduites avec chaque fiction (pour chaque auteur, je crois, la couverture associée à sa première publication dans Solaris). Je vous invite à consulter le sommaire pour connaître la liste complète des auteurs, dans laquelle vous reconnaîtrez bon nombre d’incontournables et plusieurs des meilleures nouvelles plumes du milieu.

J’imagine que ce numéro sera disponible en librairie sous peu (si vous l’apercevez, laissez-le nous savoir). C’est à ne pas manquer: pour le calibre des auteurs, pour la variété des textes, pour ce fameux nombre, aussi, ces quarante ans qui constituent tout un exploit. Joyeux anniversaire à Solaris!

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The Bloody Chamber — Angela Carter

The Bloody ChamberLes amateurs de contes pour adultes doivent absolument lire The Bloody Chamber d’Angela Carter, qui propose une version tout à fait personnelle de légendes populaires. Avec une prose élégante et fleurie, elle dépeint des décors d’une fabuleuse décrépitude, des personnages mi-humains et des comportements bestiaux qui contrastent violemment avec l’innocence des héros. Les rôles sont inversés ou réinventés, jetant un éclairage nouveau sur des rebondissements et des dénouements que l’on tenait pour acquis, le tout dans une ambiance gothique presque surannée.

La plus longue nouvelle du lot, « The Bloody Chamber » situe Barbe bleue dans un magnifique château breton coupé de la terre ferme au gré des marées. La jeune épouse du Marquis va bien sûr explorer, alors qu’il est absent, l’unique pièce dont il lui a interdit l’accès, mais vous connaissez l’histoire. Ici, l’horreur se déroule dans un luxe décadent où plane l’odeur lourde et collante des lys dont le Marquis semble raffoler. La mariée, un curieux mélange d’innocence et de rouerie, s’avérera pleine de ressources dans cet environnement somptueux, pourrissant, et dont le passé est entaché de quantités considérables de sang.

Une variation sur La Belle et la Bête, « The Courtship of Mr Lyon » reste assez proche de la formule connue. Le père cède sa fille à un homme monstrueux après avoir commis l’erreur d’avoir cueilli une rose de son jardin. L’intérêt de l’intrigue repose sur la manière délicate dont l’auteure décrit la Bête, intimidante, solitaire, mélancolique, mais ayant conservé toutes ses manières. Et, comme Barbe bleue, cette Bête vit dans un luxe opulent. S’ensuit l’arrivée de la jeune fille et l’apprivoisement mutuel de ces deux êtres fondamentalement différents, qui réussissent néanmoins à établir une curieuse amitié.

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Production 2014 [3]

Les titres continuent de rentrer. Je crois que c’est la première fois que je fais une illustration pour les Éditions Pierre Tisseyre, mais comme c’est un roman de Michel Lavoie des Éditions Vents d’Ouest, je reste en terrain connu. J’ai hâte de recevoir mon exemplaire!

C’est moi, Sarah. Rousse. Yeux plutôt verts. Ni très belle. Ni très laide. Aucun ennemi connu. Ma traversée du secondaire a été tranquille. Rien à signaler. Je me suis rendue jusqu’au bal comme on parvient enfin au port suite à un voyage paisible. Et voilà qu’après la fête, la vie se rappelle enfin de moi et semble même disposée à me récompenser pour mon parcours sans vagues. Philippe, car c’est bien lui, pose enfin les yeux sur moi et va jusqu’à me raccompagner à la maison… Le plus beau gars de l’école ! J’ai le vent dans les voiles! Je file, je fonce. Je dois raconter ça à maman ! Mais elle ne dit rien. Immobile au milieu du salon, son regard aussi sombre que vide ne ment pas. Mon âme chavire… Un raz-de-marée vient de s’abattre sur ma famille. Plus rien ne sera comme avant. Sur qui compter désormais ? Je n’en sais rien. Je ne sais plus…

Sarah
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Le retour du Grand Citrouilleur

Le Grand Citrouilleur ne dort jamais au même endroit. Chaque année un nouveau caprice, une nouvelle tanière; chaque année, la torpeur cachée, tout l’hiver, et au long du printemps, et rien qui ne dépasse l’été non plus. On pourrait le chercher partout, remuer la terre entière, sans jamais le trouver. Personne ne le cherche de toute façon, pas en ces saisons-là. Ce n’est qu’à l’automne que certains esprits se tournent vers lui.

Cette année, le Grand Citrouilleur dormait dans votre sous-sol, insoupçonné. Chaque sous-sol a son recoin où l’on range l’inutile. Et là, juste derrière, essentiel lui, dormait le Grand Citrouilleur. Il sort comme il est entré, dans votre dos. Il déploie ses ailes et repeint tout à son image. Il sème dans les citrouilles des secrets, dans les coeurs un frisson, et dans les têtes, des histoires. Cherchez bien: en avez-vous une à partager?

C’est la tradition: jusqu’à la fin du mois (voire quelques jours après), nous vous invitons à partager, dans les commentaires de ce billet, de courtes histoires effrayantes. Elles peuvent être cruelles, ironiques, loufoques, glaciales, terrifiantes, subtiles ou non… en autant qu’elles évoquent l’esprit de cette sinistre saison, et qu’elles se racontent en 31 mots exactement — pas plus, pas moins. Allez consulter les récoltes précédentes si ça peut vous inspirer. Le Grand Citrouilleur compte sur vous.

(Si vous ne voyez pas les couleurs apportées par le Grand Citrouilleur, rafraîchissez la page.)

Repli de La Courte échelle

L’un des joueurs marquants de la littérature jeunesse au Québec cesse ses activités. Signe des temps ou infortune chronique? Vous pouvez en lire plus sur le site du Devoir et celui de Lurelu.

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Production 2014 [2]

Production 2014 (2)

La rentrée littéraire s’amorce après un spectaculaire été des Indiens. J’ai déjà reçu deux premiers titres dont je vais poster quelques images.

Chaman de Julie Martel est un roman jeunesse publié par Médiaspaul dans la collection Jeunesse-Plus. L’auteure fait une incursion dans le domaine amérindien du côté nord de la frontière (sa précédente série, « Les Fleurs du Roi », s’inspirait de l’univers aztèque si je ne m’abuse).

Jeffrey, adolescent amérindien vivant à Montréal, se prête à contrecœur au rituel consistant à jeûner et à s’ouvrir aux esprits pour faire la connaissance de son totem, son guide spirituel. L’une de ces entités, Ourse Debout, jette son dévolu sur lui, souhaitant faire de Jeffrey le porteur de ses pouvoirs. Mais Jeffrey refuse les croyances traditionnelles de son peuple. La fugue de sa sœur Kathleen, tombée sous l’influence du redoutable Coyote, l’obligera toutefois à surmonter ses réticences.

Il y a ensuite Le Fleuve des étoiles de Guy Gavriel Kay, paru aux Éditions Alire en grand format. La suite de Sous le ciel, l’histoire de déroule toujours dans la Kitai, quelques décennies plus tard.

En quatre siècles, la Kitai a bien changé, et monter à cheval, manier arc et épée avec brio ne sont plus des preuves de valeur pour ses habitants. D’ailleurs, l’armée kitane, autrefois conquérante, parvient tout juste à conserver le territoire actuel, déjà amputé des quatorze préfectures du nord cédées au nouvel empire Xiaolu. Or, dans cette Douzième Dynastie la guerre menace! C’est dans ce climat tendu que Ren Daiyan, né dans une lointaine province du sud-ouest, a décidé très tôt, envers et contre tous, qu’il deviendrait soldat de la garde impériale. Quant à Lin Shan, qui a reçu la meilleure éducation possible même si elle n’est pas un garçon, ses exceptionnels talents artistiques lui offriront son laissez-passer pour la cour de l’Empereur.

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Hannibal — Saisons 1 et 2

HannibalHannibal ne fait pas partie de ces séries que l’on digère facilement, et il est peu probable qu’elle laisse beaucoup de gens indifférents. Malgré des cotes d’écoute ordinaires, elle a su générer un engouement chez une base de véritables mordus qui se surnomment les Fannibals. Pour ma part, après deux épisodes, je pensais abandonner : l’atmosphère lourde et le héros neurasthénique n’auguraient rien de bon. Mais je me suis accrochée et en peu de temps, j’étais captivée. J’ai regardé les deux premières saisons d’une traite. Verdict? Cette série est unique à défaut d’être très gaie.

Elle se base librement sur le roman Red Dragon de Thomas Harris en incorporant à l’occasion des éléments de Hannibal Rising. Le créateur, Bryan Fuller, miserait sur un ensemble de sept saisons qui mènerait progressivement vers les événements de Silence of the Lambs. Ainsi, nous suivons les enquêtes du profileur Will Graham, un homme dont l’empathie excessive lui permet de s’identifier tant aux victimes qu’aux criminels, et que le FBI embauche à titre de consultant. À cause de la fragilité mentale de Will, le patron de l’unité comportementale, Jack Crawford, juge bon de le faire suivre par le très réputé psychiatre Hannibal Lecter. Bien sûr, à ce stade de l’histoire, personne ne se doute encore de la véritable nature de Lecter. Ce dernier trouve Will fascinant et une amitié étrange, tordue, mais réelle se noue entre les deux hommes.

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Joyland — Stephen King

Stephen King – JoylandJoyland est l’un de ces romans un peu curieux qu’on lit sans trop savoir à quoi s’attendre et qu’on termine en ne sachant toujours pas dans quelle catégorie le classer. Et pourtant, malgré le peu de rebondissements, on se laisse prendre par le quotidien du héros et par la découverte de l’univers forain dans lequel il passe l’été le plus marquant de sa vie.

Nous sommes en 1973. Devin Jones, alias Jonesy (comme ce personnage de Carnivàle), vit très mal sa première peine d’amour. Pour gagner quelques dollars, il se fait embaucher à Joyland, un parc d’attractions à l’ancienne situé en Caroline du Nord, au bord de la mer. Il s’y trouve très vite comme chez lui, se fait d’excellents amis, et s’avère un pro dans la peau de la mascotte Howie. Mais sa mélancolie ne le lâche pas, et Jonesy se laisse attirer par la légende locale entourant le meurtre d’une femme qui s’est produit quelques années plus tôt dans la Maison de la Peur. L’assassin n’a jamais été appréhendé et l’on raconte que certains employés de Joyland ont vu le fantôme de la victime dans les couloirs obscurs du manège.

L’histoire prend beaucoup de temps à se mettre en place. Les premières pages n’en ont que pour Jonesy, son cœur brisé et surtout, son apprentissage de la vie de forain pour laquelle il semble avoir un talent naturel. Notez que cet aspect ne manque pas d’intérêt. Le lecteur a droit à un regard fascinant sur les coulisses de la gestion d’un parc d’attractions, le tout étant assorti du jargon coloré utilisé dans ce milieu. L’histoire de meurtre reste en arrière-plan pendant les deux tiers du roman avant que Jonesy ne commence à prendre des mesures pour élucider le mystère. Comble de l’insulte, il n’arrive pas à voir le fantôme qui le perturbe tant!

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Niceville — Carsten Stroud

Carsten Stroud – NicevilleCarsten Stroud est loin d’être un petit nouveau, même si je viens juste de découvrir l’existence de cet auteur canadien exilé en Californie. Il a beaucoup de titres à son actif et j’ai l’intention d’en lire le plus possible — mais peut-être pas tous cette semaine. Après avoir entendu les éloges sur Stroud à propos de Retour à Niceville (The Homecoming, en version originale), j’ai décidé de commencer la série par le début. Et quel début… explosif!

Niceville est une communauté louisianaise en apparence idyllique vivant dans un décor de carte postale. Faisant démentir son nom, le nombre de disparitions au cours des décennies défie les statistiques. Et le mot « disparition » est à prendre au pied de la lettre : la dernière en date est celle d’un adolescent qui s’évapore devant la vitrine d’une boutique, la scène étant même filmée par une caméra de sécurité. La tâche revient à l’enquêteur Nick Kavanaugh de percer ce mystère, ce qui l’oblige à creuser dans le passé de la ville et des familles fondatrices dont sa propre femme, Karen Walker, est une descendante. Compliquant grandement les choses, un vol de banque spectaculaire et sanglant impliquant des policiers corrompus mobilise les forces de l’ordre.

Niceville se place résolument dans la tradition du southern gothic avec tous les éléments clés du genre. Le mal s’insinue dans le quotidien des citoyens et pourrit les bases de cette communauté dont l’histoire est entachée de violence et de drame, même si personne n’en parle ouvertement. D’ailleurs, il arrive de bien terribles choses à ceux qui mettent leur nez dans les secrets du passé. Méfiez-vous des miroirs!

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The River

The River
The River fait partie de ces infortunées séries que l’on annule trop tôt, faute de cotes d’écoute satisfaisantes. Il y a toujours un crétin pour prendre le pouls de l’audience et décréter qu’il vaut mieux achever le patient au lieu d’attendre et voir si les choses vont s’améliorer. Je trouve cette décision d’autant plus regrettable que The River, malgré ses nombreux défauts, parvenait à naviguer en eaux troubles dans cet espace malaisé qu’est l’horreur tout public.

Nous suivons une expédition de fortune partie en bateau fouiller un coin très précis de l’Amazone dans l’espoir de retrouver un explorateur mondialement connu pour son émission de télé — en bref, la version américaine de Steve Irwin. Au fil du temps, cet homme était devenu obsédé par l’existence d’une source possible de la magie localisée au fin fond de la Boiuna. Des cassettes laissées sur son navire abandonné indiquent qu’il a effectivement été en contact avec des pratiquants de cette magie.

La difficulté principale de la série est de nous présenter l’histoire par l’entremise des nombreuses caméras de l’équipe de tournage (l’effet nauséeux à la Cloverfield en moins). Les appareils ont beau se briser comme des œufs, le caméraman trouve toujours le moyen d’installer des dispositifs miniatures pour couvrir les allées et venues de chacun, même dans les recoins obscurs de la jungle. Il y a bien sûr des ratés, car il est impossible de présenter une histoire suivie de cette façon, alors de temps en temps nous passons subrepticement au point de vue omniscient. Il y a de la triche, mais c’est pour le bien général.

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Trois — Sarah Lotz

Sarah Lotz – TroisOn peut déjà dire que 2014 aura été l’année des écrasements d’avions. Le nombre de passagers tués sur une ligne commerciale cette année, de façon accidentelle ou non, défie sans doute les statistiques les plus rassurantes. C’est par une de ces coïncidences malheureuses que j’ai terminé Trois peu de temps avant la destruction du MH17 de la Malaysia Airlines en Ukraine.

Dans ce roman de Sarah Lotz, quatre avions de lignes aériennes différentes s’écrasent en même temps sur quatre continents. À chacun des crashs, un seul enfant survit. Trois sont retrouvés (d’où le titre) avant que l’on commence à soupçonner l’existence d’un rescapé supplémentaire. Les membres du trio sont retournés à leur famille, ou ce qu’il en reste, sous l’œil attentif des journaux du monde entier. Comment ont-ils survécu? Les spéculations vont bon train et pendant que les experts se grattent le crâne, les théories les plus folles circulent. Les uns disent que les enfants ont été remplacés par des copies extraterrestres tandis que les autres assurent qu’ils sont l’incarnation des cavaliers de l’Apocalypse.

Une chose est sûre, comme les proches s’en rendent vite compte, les enfants ne sont plus les mêmes.

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Auteur de SFFQ cherche donneur de cellules

Joël ChampetierLa nouvelle est déjà publique, mais mériterait d’être diffusée plus avant. Joël Champetier, incontournable auteur de nombreux romans de SFFQ et directeur de la revue Solaris, souffre d’une leucémie myéloïde aiguë et recherche un donneur de cellules souches. Si je me fie à l’article paru dans l’Abitibi Express (Joël Champetier en quête de cellules souches), le donneur est loin d’être le premier venu.

Histoire de compatibilité génétique, l’heureux élu a pour l’instant entre 18 et 35 ans, et il est issu d’un cru très sélect.

Nous avons besoin de donneurs potentiels rattachés aux familles Lafrance de La Corne et des environs, mais aussi de Chaudière-Appalaches et du Bas-Saint-Laurent, a précisé Valérie Bédard. Nous recherchons aussi des Pinel du Bas-Saint-Laurent dont l’ancêtre serait un Pinel dit Lafrance de même que des Harton ou Hartung du Bas-Saint-Laurent. Notre appel à l’aide s’étend aussi aux Champetier et aux Deidier de France et, dans une moindre mesure, du Québec.

À noter, le don de cellules n’est pas une opération compliquée ni douloureuse. Le test d’ADN est également indolore en plus d’être posté chez vous. N’est-pas que la science est fantastique?

N’hésitez pas à passer le mot, surtout du côté des Européens. Nous voulons garder Joël!

Pour les lecteurs qui voudraient entendre Joël lui-même parler de son état, il y a maintenant une entrevue radio.

(Photo d’Élisabeth Vonarburg, chipée sur le site d’Ariane Gélinas)

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Solaris 191

Solaris 191 (onglet)Vous n’y échapperez pas! Ma participation dans le Solaris 191 étant à peu près aussi discrète qu’un accès d’affichage sauvage autour d’un chantier de construction montréalais, il est impensable de ne pas ploguer ce numéro éhontément.

Et quel numéro! Imprimées en couleur, même les pubs de la concurrence invitent à la lecture.

Ce trimestre, vous y trouverez le texte ayant remporté le Prix Solaris 2014, « La Colocation » de Josée Lepire. Autres histoires à lire : « Une petite lumière » d’Emmanuel Trotobas, « Éveil » de Geneviève Blouin, « La Décharge » de Francine Pelletier, « La Muse de Versurleau » de Gaël-Pierre Covell, « Emma » de Dave Côté, « Marie-Amélie » d’Isabelle Lauzon et « Attente » de Mathieu Croisetière. C’est l’heure de laisser tomber la lecture du TV Hebdo.

Éric Gauthier, l’un des suspects du line-up de Fractale framboise, nous propose un texte bidonnant sur les droits des lecteurs et les devoirs des auteurs. Spoiler : avocats et multinationales trouvent le moyen de s’en mettre plein les poches. Christian Sauvé, autre figure louche qu’il vaut mieux ne pas provoquer, passe les films récents de SFF dans la benne déchiqueteuse. Et la benne, c’est pour les films qu’il trouve bons.

Faisant toujours preuve d’un goût sûr, Valérie Bédard et Mario Giguère proposent aux néophytes un guide sur les films de zombies. Si vous visionnez l’intégralité de leur liste, vous pourrez soumettre votre candidature pour un doctorat honoris causa en anatomopathologie. Dans Les Carnets du Futurible de Mario Tessier, l’auteur nous dresse un topo sur les cabinets de curiosités, un passe-temps sain consistant à collectionner des scarabées égyptiens, des fœtus à deux têtes et des empreintes de Yéti. Un précurseur de Pinterest, quoi.

Et maintenant, le visuel.

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Japanese Goth

Japanese GothOn dira ce qu’on veut de l’omniprésence de la culture américaine, le Japon ne cède pas sa place en matière de tendances extrêmes. Je laisserai aux connaisseurs le soin d’expliquer la dichotomie nippone opposant l’ultra-conformisme à la faune bigarrée qui ne veut rien savoir des carcans sociaux. Sous un titre évocateur et une couverture toute simple, Tiffany Godoy et Ivan Vartanian classent le mouvement goth japonais en sous-catégories assorties d’une brève description et de nombreuses images. Des lolitas aux vampires en passant par les poupées sinistres et les coiffures excentriques, le propos en ratisse large.

Lolita gothique

We are a group of people that is capable of wearing a tiara one day and the headdress of a servant the next, mixing the sacred and the common, the noble and the vulgar, angel and devil.
— Novala Takemoto

Mots clés : Laforet Harajuku, Atelier Pierrot, Alice and the Pirates, Angelic Pretty, Comme des garçons, Yohji Yamamoto, Mukuro, Yoh’s Monochrome World
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American Horror Story — Coven

American Horror Story – CovenAmerican Horror Story, que plusieurs d’entre vous connaissent déjà, est une anthologie qui présente une nouvelle histoire par saison. Une création de Ryan Murphy et Brad Falchuk, elle modernise des lieux communs, littéralement, de l’horreur : une maison hantée (Murder House), un asile d’aliénés (Asylum), une bande de sorcières (Coven) et bientôt, une foire aux monstres (Freak Show). J’ai vu Murder House que j’ai trouvé pas mal, j’ai sauté Asylum à cause du thème qui me rebute un peu (je corrigerai sans doute le tir un peu plus tard), et je me suis ruée sur Coven dont le sujet m’inspire bien plus.

Dans les grandes lignes, le propos va comme suit : après le pénible épisode de Salem en 1692, les sorcières ont filé vers le Sud pour s’établir à La Nouvelle-Orléans où elles ont fondé l’École pour jeunes filles exceptionnelles de Madame Robichaux. Cette institution accueille les femmes qui se découvrent des talents surnaturels qu’elles ne savent pas contrôler. À la tête du groupe, la Suprême du moment, Fiona (Jessica Lange), est une narcissique atteinte du cancer qui cherche par tous les moyens à trouver le secret de la vie éternelle. Elle veut éviter d’être supplantée par une autre, ce qui serait pourtant dans l’ordre normal des choses.

Mais dans cette ville œuvre aussi une coterie rivale dans les quartiers noirs : une petite communauté vaudoue vit sous la protection de l’immortelle Marie Laveau (Angela Bassett). Celle-ci accepte mal que Fiona libère Madame Delphine LaLaurie (Kathy Bates), une cruelle matrone qui a torturé et tué une soixantaine d’esclaves près de deux siècles plus tôt. Compliquant les choses, un puissant empire financier sert de couverture à une secte masculine se spécialisant dans la chasse aux sorcières.

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