Production 2016 — ASFFQ 1996

ASFFQ 1996L’Année de la science-fiction et du fantastique québécois 1996 vient de paraître, complétant ainsi la série commencée en 1984 jusqu’à l’an 2000. Je vous invite à lire la page de l’éditeur pour vous familiariser avec le concept si ce n’est pas déjà chose faite.

L’illustration s’inspire d’une nouvelle de Daniel Sernine, « Le voyage de Salah », tirée du recueil Sur la scène des siècles. Daniel avait remporté le Grand Prix de la science-fiction et du fantastique en 1996 (rebaptisé le Prix Jacques-Brossard depuis). Pour en savoir un peu plus sur l’illustration, vous pouvez jeter un coup d’œil à mon site personnel.

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Production 2016 — Vents d’Ouest [2]

Le Héros - Olivier DescampsChez Vents d’Ouest vient de paraître la suite du Némésis intitulé Le Héros. Cette histoire en deux volumes fait s’affronter la notion du Bien et du Mal à coups de concepts philosophiques qui font réfléchir. Ces notions ne sont pas présentées comme on s’y attendrait dans une histoire classique opposant le blanc et le noir : au-delà des apparences, le Némésis a ses vertus et le Héros a ses contraintes. Pour lecteurs avancés!

Dans un monde partagé entre le Némésis, représentant du Chaos et du Mal, et le Héros, représentant de l’Ordre et du Bien, Pierre est pour tous la réincarnation du Héros. Mais sa position le rend plus seul que jamais, et ses problèmes semblent sans fin: il sait n’être qu’un pion dans un vaste Plan établi plusieurs générations avant sa naissance, et dont il ne parvient pas à comprendre l’enjeu. Mais cela semble insignifiant face à ses visions de plus en plus précises de la destruction du monde, qu’il ne sait pas comment éviter.

Au milieu de cette crise qu’il est seul à pouvoir gérer, Pierre a son propre plan. Son but caché est de mettre fin à cette dichotomie, et de rendre aux hommes leur avenir. Parce que l’enjeu est à la source même de la liberté: redonner le choix.

Cette suite du roman Le Némésis est un roman riche et surprenant qui nous décrit une société avec ses coutumes et ses croyances, ainsi que les dérives auxquelles ces dernières peuvent mener.

J’ai réalisé la couverture et vous pouvez voir l’illustration et le crayonné en grand sur sur mon site.

2016-2020 : lendemain de veille

Pshhh…

Trump

Bonne nouvelle, il n’y aura probablement pas de guerre nucléaire entre la Russie et les États-Unis comme semblait le souhaiter Mme Clinton. Mauvaise nouvelle… euh, à vous de dresser la liste.

Ne me cherchez pas, je me suis réfugiée dans mon bunker pour méditer sur la paix et la santé mentale dans le monde.

Élections américaines : le plan D dévoilé

Clinton Salvage PlanJe ne sais pas si vous suivez la campagne présidentielle aux États-Unis. Moi, non. Je me suis bien amusée des palinades de 2008 et des romneyseries de 2012, mais en voyant les candidats républicains de 2016, je me suis lassée de l’immense bêtise qui entache ce qui devrait normalement être une institution. J’avoue avoir eu un petit faible pour Bernie, qui a finalement été tassé — de manière déloyale, paraît-il. Restent deux candidats peu recommandables dans l’une des campagnes les plus bizarres de l’histoire des États-Unis. Ajoutant à l’étrangeté générale, ce document diffusé sur Internet (cliquez sur l’image). Canular? Certainement. Il serait même loufoque s’il ne reflétait pas de réelles inquiétudes d’une frange de la population! On voit à quel point la confiance des gens envers les structures d’autorité s’est effritée.

Dans les grandes lignes, le groupe stratégique Benson analyse la situation, conclut que les chances de Clinton sont minces, et fait l’inventaire des solutions radicales à envisager pour dérégler le processus électoral. Le programme de sauvetage va de la tempête à l’invasion extraterrestre en passant par une épidémie mortelle de variole. Lisez le document en vous disant que mieux vaut en rire qu’en pleurer.

Un échantillon de question / réponses :

Q36 [ Strong Trump Support ] Least trusted polling outfit
Public Policy Polling – I was insulted by them on Twitter … 51%
Monmouth University – They have never called me … 17%
Quinnipiac – Cannot pronounce name, can’t trust … 13%
Rasmussen – They caved in after 2012 … 2%
Nate Silver – He cheats … 14%
Not sure / other … 3%

Cela dit, ce canard n’est pas à confondre avec les documents diffusés par Wikileaks concernant l’intérêt porté par les États-Unis (surtout John Podesta, pour l’instant), voire les Nations Unies, au sujet de la présence d’ovnis et d’extraterrestres. Il s’agit d’une tout autre conversation qui s’inscrit dans les espoirs de divulgation de la communauté ufologique.

Hanaken à l’honneur

HanakenSur le site de Lurelu, on nous annonce que Geneviève Blouin a remporté le prix littéraire Canada-Japon 2016 pour le troisième tome de sa série « Hanaken » intitulé Le sang des samourais.

Ce prix biennal, doté d’une bourse de 10 000 $, est décerné par le Conseil des arts du Canada pour souligner l’excellence littéraire d’écrivains et de traducteurs canadiens qui rédigent, ou traduisent du japonais, un ouvrage sur le Japon, sur des thèmes japonais ou sur des thèmes favorisant la compréhension mutuelle entre le Japon et le Canada.

Oui, étudier l’histoire peut être payant. :-)

Félicitations à l’auteure!

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Bizarro (collectif)

« Bizarro est la porte d’entrée vers trois univers bizarres, trois facettes uniques de la littérature d’horreur. »

BizarroAlors que le voile entre les mondes devient plus mince, l’Halloween est la saison idéale pour parler de cette curiosité qu’est Bizarro, un collectif publié par La Maison des viscères et réunissant des nouvelles de Dave Côté, Éric Gauthier et Guillaume Voisine. Le genre « bizarro » est exactement comme son nom l’indique : il regroupe des récits étranges, surréalistes, voire absurdes. Il dérange, réjouit, déconcerte, amuse. J’ignore la proportion des écrivains francophones qui s’adonnent consciemment au bizarro, mais j’imagine qu’elle n’est pas très large. Du coup, ce bouquin est à mettre sur votre liste de lecture, ne serait-ce que pour faire l’expérience de ce genre.

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Les 20 ans d’Alire au Robin des bois

Cette année, le lancement automnal des parutions d’Alire servait aussi à marquer les 20 ans de la maison d’édition. L’événement s’est tenu le 25 octobre au Robin des bois, un sympathique resto montréalais associé à de bonnes causes.

AlireAlire en a fait du chemin! Ses collections ne cessent de croître comme le montrent les nombreuses nouveautés de la saison. Il y a de quoi étoffer sa liste de Noël… (Je sais, je sais. L’Halloween n’est pas encore passée. Mais si vous pensiez mettre des livres dans les sacs des petits monstres qui sonnent à votre porte, demandez-vous quand même s’il n’y a pas un âge légal pour lire du Senécal).
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Murmures, démons et récits d’automne

SpookyL’automne, on le sait, est la saison des lancements littéraires. Attrapez-les tous! Hier soir se tenait à l’Amère à boire (Montréal) un événement collectif réunissant Les Six Brumes, Clair/Obscur et Brins d’Éternité. S’il m’en manque peut-être des bouts, c’est parce que la salle était bondée et la table, difficile d’accès! L’événement m’a permis de grossir ma pile de lecture, et ce n’est sûrement pas fini…

Au menu :

  • Ce qui reste de démons de Daniel Sernine, avec la possibilité de se procurer le recueil précédent, Petits démons (Les Six Brumes)
  • Les Murmurantes, un recueil collectif de nouvelles de Raphaëlle B. Adam, Michel Châteauneuf, Mathieu Croisetière, Frédérick Durand, Ariane Gélinas et François Martin (tous originaires de la Mauricie, le fil conducteur du bouquin)
  • Entre deux mondes de Laetitia Chicoine (Les Six Brumes)
  • Des numéros de Brins d’Éternité et de Clair/Obscur

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Solaris 200

Solaris 200Le voilà, le 200e numéro de Solaris! Avec plus de 250 pages, ce mammouth est un incontournable. Neuf nouvelles sont présentées, chacune s’inspirant d’une illustration de couverture d’un précédent numéro. Les auteurs sont Éric Gauthier, Ariane Gélinas, Yves Meynard, Hugues Morin, Francine Pelletier, Daniel Sernine, Mario Tessier, Jean-Louis Trudel et Élisabeth Vonarburg. Également, dans sa chronique Les Carnets du Futurible, Mario Tessier nous parle de ces livres qui servent à reconstruire une civilisation après l’Apocalypse (si la littératie survit, bien sûr). Enfin, vous trouverez, fidèles au rendez-vous, la chronique Sci-néma de Christian Sauvé et les critiques littéraires du trimestre.

Je présente ici les crayonnés des illustrations que j’ai faites pour la revue. La version couleur se trouve sur mon site personnel.

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Sur un air d’octobre

Ah! mes enfants de la nuit, quelle musique ferez-vous encore cette année? Nous avons atteint ce point fatidique où, à l’approche de l’Halloween, notre framboise se change en citrouille et nos esprits se tournent vers de sombres réflexions. Et comme à pareille date chaque année, nous vous mettons au défi: faites-nous peur, faites-vous peur, mais soyez brefs. Racontez nous de petites histoires effrayantes en 31 mots exactement — pas plus, pas moins. Il vous suffit de laisser votre oeuvre dans les commentaires de ce billet. Ça vous inquiète? Invitez vos amis et affrontez le défi ensemble. Ça vous semble ardu? Écoutez les troublants concerts des années précédentes pour vous inspirer. Ne tardez pas! Le défi durera jusqu’au Jour des Morts, après quoi la citrouille s’envolera vers son repaire pour ne revenir que l’an prochain. (Si vous ne voyez pas encore les couleurs de la citrouille, rafraîchissez la page.)

[Image par Alexey Akindinov sous license Creative Commons — cliquez l’image pour voir l’oeuvre au complet.]

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Childhood’s End

Childhood’s EndPrésentée sur la chaîne Syfy en 2015, Childhood’s End est l’adaptation sous la forme d’une minisérie de trois heures du roman éponyme d’Arthur C. Clarke paru en 1953 (sous le titre Les Enfants d’Icare en français). Il s’agit vraiment d’une adaptation, car l’histoire de Clarke se déroulait dans les années 1950 pendant la Guerre froide et s’étendait sur plusieurs décennies. La version télé couvre plutôt une période de 20 ans dans un contexte beaucoup plus moderne. Avis aux puristes!

Dans le monde que nous connaissons bien, où la Guerre froide a cédé le pas aux guerres de religion, des vaisseaux extraterrestres massifs descendent du ciel. Par l’entremise du mystérieux Karellen, qui assume le rôle de Superviseur de la Terre, les Overlords (ou Suzerains) viennent apporter la paix et la prospérité à la planète, que les humains soient d’accord ou non. Préférant rester invisible, Karellen jette son dévolu sur Ricky Stormgren, un simple fermier du Mississippi, pour faire office de liaison entre lui et le reste de l’humanité. Cette dernière entre alors dans une sorte d’Âge d’or avec une technologie et une science avancées permettant de régler les problèmes d’inégalité, de santé, de famine. Dans cette prospérité nouvelle qui a pour effets secondaires d’étouffer la curiosité scientifique et l’élan artistique, le scientifique Milo Rodricks se demande d’où viennent les Suzerains et quels sont leurs véritables motifs. Il est l’un des premiers à remarquer que les enfants nés après l’arrivée des vaisseaux démontrent des capacités parapsychologiques nouvelles.

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The Leftovers — Saison 2

The Leftovers - Saison 2La première saison de la série The Leftovers se basait sur le roman éponyme et couvrait l’intégralité du matériel écrit. Le studio ayant renouvelé le contrat de Damon Lindelof et Tom Perrotta, l’occasion était belle de prendre une toute nouvelle direction, à commencer par un générique d’ouverture beaucoup plus ensoleillé. La chanson thème qui l’accompagne est agaçante, mais son sujet est tout à fait à propos alors qu’Iris Dement chante « Let the mystery be » sur fond de scènes quotidiennes où une personne est remplacée par une silhouette transparente.

Dans la tradition de Lost, on mise sur l’étrange et l’inattendu. Dans le tout premier épisode intitulé « Axis Mundi », les dix premières minutes sont consacrées à une femme des cavernes qui perd sa tribu, donne naissance à un bébé et finit par être mordue par un serpent venimeux. La transition se fait ensuite à notre époque au Texas, dans la petite ville de Jarden (oui, comme « Jarden d’Éden ») que le gouvernement a transformé en parc national nommé Miracle lorsqu’on s’est rendu compte qu’il s’agissait de la seule ville au monde à ne pas avoir perdu de membre lors de la grande disparition du 14 octobre. L’entrée est étroitement gardée par les employés du parc national alors que des gens venus des quatre coins de la planète campent en périphérie dans l’espoir d’entrer. C’est à Jarden que nous faisons la connaissance de la famille Murphy, avec qui nous passons le reste de l’épisode avant que Kevin Garvey, le héros de la saison 1, emménage dans la maison d’à côté en compagnie de son amie de cœur Nora Durst, de sa fille adolescente Jill et d’un bébé adoptif. Eux-mêmes ont été précédés de Matt Jamison (le frère de Nora) qui s’est trouvé un boulot dans une église et qui espère que Jarden sera la source du miracle qui sortira sa femme de sa catatonie.

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Arrival

Tiens, un film de SF mature. Venant d’un réalisateur québécois, ce n’est pas quelque chose qu’on voit régulièrement. Ici, c’est Denis Villeneuve qui dirige.

The Leftovers — Saison 1

The Leftovers – Saison 1Le style de la série Lost fait des petits… et le plus encourageant, c’est qu’il ne s’agit pas de bêtes copiés-collés, un signe que la télé peut se montrer bien plus créative que le cinéma. Une création de Damon Lindelof et Tom Perrotta (l’auteur du roman éponyme), The Leftovers est un petit bijou d’atmosphère teinté de mysticisme. Nous y suivons une galerie de personnages bourrés de défauts, mais attachants, qui tentent de donner un sens à leur vie après une catastrophe mondiale, et qui sont témoins de la lente culmination de mystères et de synchronicités étranges.

L’histoire se déroule presque entièrement à Mapleton, un patelin situé dans l’État de New York. La vie a repris un semblant de cours après la disparition inexplicable de 2 % de la population mondiale, dont une centaine à Mapleton même. Aux États-Unis, où la croyance au fameux Rapture est fermement ancrée, la ferveur religieuse a explosé et se manifeste notamment par la prolifération de sectes. Celles-ci sont devenues un tel problème que l’ATF est devenu l’ATFEC, pour Bureau of Alcohol, Tobacco, Firearms, Explosives and Cults. L’une de ces sectes, les Guilty Remnants (ou GR pour les intimes), s’est donné pour mission d’être un constant rappel du 14 octobre 2011 : ses membres revêtent du blanc, fument à la chaîne, restent silencieux et suivent partout les proches des disparus en provoquant souvent la fureur de ceux-ci.

Parmi la galerie de personnages, nous avons la famille Garvey, devenue hautement dysfonctionnelle dans la foulée du 14 octobre. Kevin Garvey (Justin Théroux) est devenu le shérif de Mapleton depuis que son père, Kevin Senior, a été interné pour des troubles psychotiques violents. Impuissant, le nouveau shérif est témoin de la lente érosion sociale de son patelin devant l’assaut constant du GR, et à l’éclatement simultané de sa propre famille. Sa femme Laurie (Amy Brenneman) a joint les GR pendant que le fils de celle-ci, Tom (Chris Zylka), a suivi au Texas un prêcheur éphébophile dénommé Holy Wayne. Enfin, Jill (Margaret Qualley), la fille adolescente de Kevin et Laurie, traverse une période de dépression et de nihilisme qui n’arrange pas les choses. Kevin lui-même manifeste de curieux accès de somnambulisme où il commet des actes de plus en plus graves dont il n’a aucun souvenir.

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Le goût de la viande

FlorideDans un billet de 2012, je signalais que la Floride était agitée par une épidémie de cannibalisme apparent à la suite d’attaques sauvages survenues en milieu urbain. Le cas phare du phénomène, Rudy Eugene, avait arraché à pleines dents le visage d’un sans-abri avant d’être abattu par la police. En 2014, c’était au tour d’Anesson Joseph de faire les manchettes : nu et délirant, il avait agressé un policier à la retraite et mordu un jeune homme au visage avant de se ruer devant les policiers qui n’ont eu d’autre choix que de l’abattre. Les médias se sont empressés d’associer le phénomène à l’utilisation de drogues récréatives, les fameux « sels de bain » qui sont devenus la menace sociale à la mode pendant quelques jours. Cependant, des tests de toxicologie n’ont révélé aucune trace de drogues illicites, d’alcool, de médicaments d’ordonnance ou d’aldultérants dans le système de Rudy Eugene, qui n’avait finalement consommé que de la marijuana. Anesson Joseph, quant à lui, n’avait ingéré qu’un médicament antiépileptique, donc pas le genre de produit qui incite à bouffer le nez de son voisin.

En finale, les causes exactes qui ont poussé ces hommes à se comporter comme des bêtes enragées restent nébuleuses. Quelques théories ont été prudemment avancées au fil du temps, allant du manque de sommeil (!) au délire actif. Aucune n’est vraiment satisfaisante.

Pourquoi revenir là-dessus?

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