Pokémon Go: le recensement

Des millions de personnes, à ce qu’on dit, se sont mises dernièrement à parcourir des lieux réels, téléphone intelligent en main, pour révéler puis capturer des créatures virtuelles. La popularité subite du jeu Pokémon Go offre une superbe occasion d’observer les conséquences inattendues d’une nouvelle technologie. Non pas que la réalité augmentée soit née avec ce jeu, loin de là, mais celui-ci en offre une démonstration particulièrement accessible et à grande échelle. Fasciné par le phénomène, j’ai entrepris de recenser des articles signalant les effets secondaires du jeu. Collectionnez-les tous!

Lire la suite »

[ Mots-clefs : , ]

Person of Interest

Person of InterestUne série que je classe sans hésiter parmi mes préférées pour l’intelligence de sa conception, Person of Interest n’a pourtant pas reçu l’attention qu’elle méritait, manquant de peu d’être retirée des ondes en cours de route comme tant d’autres. L’aspect répétitif des deux premières saisons est sans doute à blâmer. Au moment de leur diffusion, les spectateurs ne pouvaient prévoir que ces épisodes conventionnels (qui se regardent par ailleurs très bien) servaient avant tout à camper les personnages clés et le contexte sociopolitique dans lequel se jouerait le grand jeu. Mais commençons par le début.

L’histoire se déroule à New York de nos jours. Après les attentats du 11 septembre, Harold Finch (Michael Emerson de Lost) crée une intelligence artificielle capable de lire et d’interpréter les renseignements informatiques dans le monde entier afin de détecter l’imminence d’une nouvelle attaque. Appels, messages, vidéos, enregistrements, factures et dossiers, tout est utile pour noter des schémas sinistres se dessiner. La Machine est vendue en secret au gouvernement, qui s’empresse de mettre sur pied des escouades de tueurs chargés d’éliminer les menaces. Mais la Machine voit tout, les terroristes comme les criminels ordinaires. S’étant ménagé une entrée dans l’AI, Harold Finch reçoit des données sur les citoyens que le gouvernement juge sans importance dans le contexte de la sécurité nationale. Parce que l’AI a été intentionnellement limitée par Finch pour ne pas devenir un danger à long terme, elle ne fait que fournir des listes de numéros d’assurance sociale. S’agit-il de personnes en danger ou de criminels en puissance? À Finch de le découvrir. Pour ce faire, il embauche un ex-agent secret à la dérive, mais extrêmement doué, nommé John Reese (Jim Caviezel). Cas par cas, le duo tente de prévenir les meurtres avant qu’ils ne se produisent, tout en évitant d’être repérés.

Lire la suite »

La bibliothèque de la fin du monde

Vieux livresTout le monde a sans doute entendu parler de survivalisme. Il s’agit du mode de vie d’individus qui se préparent à une catastrophe d’ampleur en emmagasinant des provisions et des munitions, en construisant des bunkers ou des abris autosuffisants, en apprenant la survie en plein air, etc. Outre les scénarios de type guerre totale, pandémie ou désastre environnemental, il y a celui de la tempête solaire ou d’une cyberattaque et de leurs effets sur le réseau électrique, dont la société occidentale est devenue absolument dépendante. Si ce réseau devait cesser de fonctionner, l’infrastructure servant à répondre aux besoins essentiels, comme la nourriture et les soins médicaux, ne fonctionnerait plus. L’activité humaine s’en trouverait si perturbée que peu de gens surviviraient aux premiers mois, et les citoyens qui s’attendent à voir les secours arriver déchanteraient vite. Les livres sur le survivalisme, c’est bien beau, mais ils n’expliquent pas comment redémarrer une société.

Les survivants devront apprendre les techniques utilisées avant l’avènement de l’électricité, sauf que ces techniques ne sont plus enseignées. C’est là que la Survivor Library entre en jeu. Son administrateur a collectionné au fil des ans des centaines d’ouvrages traitant de tous les sujets utiles, allant de l’agriculture à la construction de barrages, en passant par l’exploitation du charbon, la dentisterie, la couture et la navigation. Sur ce site, vous trouverez l’ensemble des connaissances des 19e et 18e siècles — connaissances perdues par notre adoption enthousiaste d’une vie industrielle et technologique. Ces traités sont accessibles tant et aussi longtemps que l’informatique se porte bien, avis aux intéressés…

P.-S. Pas besoin d’être alarmiste pour profiter de la bibliothèque de l’Apocalypse. Les auteurs qui font dans l’historique ou le steampunk pourront également tirer parti des mégaoctets d’informations qu’elle contient.

[ Mots-clefs : , ]

Entreprendre d’écrire

Depuis un an ou deux, j’observe chez les écrivains québécois un certain découragement. Beaucoup s’inquiètent de la santé du marché du livre et, par là même, de la viabilité du métier d’écrivain. Certains examinent leur propre carrière et en arrivent à un bilan désolant.

Je n’échappe pas à ce découragement, mais l’envie me vient de mieux le saisir pour bien lui botter le derrière. De réfléchir, de chercher des pistes de solution. Ce faisant, je me trouve à identifier quelques paradoxes. Certains aspirants écrivains ne sont pas nécessairement conscients de ces paradoxes et finissent par s’y heurter d’autant plus fort. Certains en sont conscients, mais n’en prennent pas toute la mesure. Nous sommes doués, après tout, pour rêver et nous raconter des histoires. Notamment celle où ce sont les autres, pas nous, qui se heurteront aux obstacles.

Voici déjà un paradoxe: pour devenir écrivain, on a intérêt à devenir aussi autre chose. À devenir, carrément, un entrepreneur. Si l’on ne veut pas pratiquer un autre métier à côté pour gagner sa vie, il faut en quelque sorte s’imposer une vocation supplémentaire.

Lire la suite »

The Fireman — Joe Hill

The Fireman - Joe HillAprès avoir lu plusieurs romans de Hill de longueur standard, j’ai été surprise de découvrir que son dernier titre dépassait les 750 pages. Cela donne en théorie une marge généreuse pour développer des protagonistes, une intrigue ou un univers. En théorie. Dans les faits, cette histoire m’a paru télégraphiée. Je n’ai pas retrouvé ces petits détails qui donnent de la personnalité aux bouquins de Hill, ou si peu.

Les prémices sont des plus classiques. Le monde est frappé par une pandémie et s’enfonce dans le chaos. J’accorde volontiers des points d’originalité à la nature de la maladie véhiculée par une spore baptisée Draco incendia trychophyton, ou « Dragonscales » : ceux qui en sont atteints périssent par combustion spontanée au bout de quelques jours et, très vite, des villes sont ravagées par les flammes. L’héroïne, Harper Willowes, est larguée par son mari instable lorsqu’elle commence à présenter des symptômes. Enceinte et sans ressource, elle trouve refuge dans une colonie de contaminés au camp Wyndham. Ces gens ont trouvé moyen de stopper leur propre embrasement en se rassemblant mentalement dans une sorte de lumière, le « Bright ». Néanmoins, le danger est partout, que ce soit les équipes de quarantaine chargées d’enfermer les malades, ou les escadrons de crémation civils qui exécutent tous les citoyens soupçonnés d’être atteints. Et c’est sans parler des individus ordinaires, comme le mari de Harper, qui sombrent dans la folie.

Lire la suite »

Obduction, la bande-annonce

Cyan, l’entreprise qui a créé la série de jeux vidéo Myst, a annoncé la sortie prochaine de sa dernière création intitulée Obduction. Financée collectivement via Kickstarter, la création du jeu a connu quelques problèmes lorsqu’un distributeur s’est mêlé au projet, ce qui a repoussé l’achèvement à 2016. Nous y sommes! Je n’ai pas encore examiné les exigences techniques pour faire rouler ce jeu, et j’espère qu’il sera compatible avec la plateforme que j’utilise actuellement. Je me croise les doigts!

[ Mots-clefs : , , , ]

The Magicians — Saison 1

The Magicians - Saison 1

Je suis en train de lire le dernier volume de la trilogie des Magiciens de Lev Grossman, une sorte de version pour adultes des romans du genre Harry Potter et Narnia (avec de nombreux clins d’œil aux classiques pour les fans de fantasy). Syfy a eu la bonne idée d’adapter l’œuvre en série télévisée et, après avoir vu la première saison, j’avoue que le résultat est à la hauteur.

Parce que les livres n’ont rien de simple — on y trouve beaucoup d’introspection, de scènes d’étude aride de la magie, de voyages dans le temps et l’espace, et de personnages aux histoires parallèles —, la version télé se permet de grandes libertés en reconstruisant l’ensemble, et c’est sûrement pour le mieux. L’essentiel est toujours là, avec un héros mal adapté dans notre monde ordinaire qui est appelé à fréquenter Brakebills, une école secrète de magie. Entre ses cours, ses mésaventures et ses beuveries, il tente de démêler le mystère entourant Fillory, un univers imaginaire créé par un célèbre auteur pour enfants, univers qui se révélera très vite réel.

Quentin Coldwater, de son vrai nom, est accompagné d’une bande d’amis disparates, chacun ayant son boulet personnel à traîner. Il y a Alice, la « Hermione » du groupe, qui cherche à comprendre comment son frère a péri dans cet établissement; Penny, un macho capable de se téléporter qui est victime d’assauts psychiques; Elliot, un homosexuel qui a découvert ses pouvoirs en causant la mort d’une brute qui le harcelait; Margo (Janet, dans les romans), une fille troublée qui entretient une façade à la fois dure, moqueuse et aguicheuse. Julia Wicker est également présente dans cette saison, même si son histoire n’est narrée que dans le deuxième volume. Refusée par Brakebills, elle cherche désespérément à étudier la magie par tous les moyens — et ces derniers s’avéreront puissants et dangereux au fil des rencontres étranges qu’elle fera parmi la faune cachée de New York.

Lire la suite »

Chasing Shadows — Hartley et DeLonge

Chasing ShadowsDans un billet précédent, je parlais d’une entrevue de Tom DeLonge sur Coast to Coast AM dans laquelle il donnait les grandes lignes d’un projet multiplateforme visant à expliquer le phénomène ufologique, et ce, du point de vue des gens qui en cachent normalement l’existence — et avec leur bénédiction de surcroît. L’un des volets de ce projet consiste en une série de romans « basés sur des faits réels » signés par A.J. Hartley, avec la collaboration de DeLonge. Le premier titre, Sekret Machines: Chasing Shadows, est paru le mois dernier.

Comme il y a beaucoup d’informations à transmettre, l’histoire est racontée du point de vue de plusieurs personnages qui se retrouvent jusqu’aux coudes dans un aspect ou l’autre du secret ufologique. L’avantage évident est ainsi de pouvoir aborder différents angles sur plusieurs années. Entre les aventures des principaux protagonistes se glissent des apartés, ceux-ci couvrant des moments marquants dans l’histoire récente des ovnis : l’enlèvement de Betty et Barney Hill, la vague d’ovnis en Belgique, l’apparition d’un vaisseau au-dessus d’une base à missiles du Montana, etc. Ce premier roman ratisse très large et on nous promet de continuer.

Lire la suite »

[ Mots-clefs : , , ]

La folle aventure ufologique de Tom DeLonge

Tom DeLongeIl y a quelques semaines, je me suis abonnée au podcast de Coast to Coast AM, une émission où il est souvent question de toutes sortes de thèmes inhabituels comme la cryptozoologie, le paranormal et l’ufologie. Les épisodes sont très inégaux, il faut séparer le bon grain de l’ivraie comme partout ailleurs, mais il y a des perles à ne pas manquer. À la fin du mois de mars, j’ai écouté une entrevue des plus surprenantes avec Tom DeLonge, l’ancien guitariste de Blink-182 et fondateur du groupe Angels and Airwaves. J’ignorais que l’homme était depuis toujours un passionné d’ufologie qui avait l’habitude de dévorer des bouquins sur le sujet pendant ses tournées.

DeLonge a récemment quitté Blink-182 pour se consacrer à Angels and Airwaves et sa nouvelle entreprise transmédia baptisée To the Stars. Et ce qu’il compte mettre en branle sort complètement de l’ordinaire. Au cours de ses années de recherche, il a établi des contacts avec des personnes liées de près ou de loin au gouvernement, à la communauté scientifique et au domaine de l’ufologie. Un retraité d’une importante entreprise d’aéronautique lui a demandé de présenter le grand patron lors d’un rare événement où des scientifiques et des ingénieurs œuvrant normalement dans la plus grande confidentialité ont pu emmener leur famille sur les lieux de travail (pas dans les établissements ultra-secrets bien sûr, mais dans le stationnement). DeLonge a accepté à condition d’avoir quelques minutes seul à seul avec le patron, ce qui lui a été accordé. Lors de ce bref moment, DeLonge a présenté les grandes lignes d’un projet multiplateforme visant, entre autres objectifs, à freiner le cynisme des gens envers le gouvernement et le complexe militaro-industriel. J’ignore ce que DeLonge a dit exactement, car il assure ne pas avoir mentionné les ovnis de peur d’être éjecté, mais le patron a été intéressé par son idée.

Lire la suite »

Pause publicitaire

Je suis en pleine flemme printanière ces jours-ci. Mes billets reprendront leur cours normal sous peu, dès que j’aurai terminé mes lectures laissées en plan et réglé certains détails informatiques. Ne désespérez pas. Pour vous remercier de votre patience, voici un lémur.

Vol d’un ovni à Roswell

En mars dernier, la réplique d’un ovni appartenant au musée de l’UFO Museum & Research Center de Roswell a été volée par une bande de jeunes troglodytes en mal d’action. Normalement encastrée dans le mur du musée en guise de décoration humoristique (voir la partie gauche de la photo ci-dessous), la fausse soucoupe volante est tombée de son perchoir lors d’une grosse tempête de neige. Une fois remise à neuf, elle a été entreposée à l’arrière du musée en attendant que des températures plus clémentes permettent de la réinstaller sur la façade. Les trois demeurés ont été filmés en train de voler la décoration et de la charger dans un pick-up avant de quitter les lieux. Peu de temps après la diffusion de la vidéo, l’ovni a été retrouvé en pièces à quelque trois kilomètres à l’extérieur de Roswell, rappelant bizarrement l’incident qui a fait la réputation de la ville en 1947. L’un des suspects a récemment été arrêté, mais son nom n’a pas été diffusé parce qu’il s’agissait d’un mineur.

Ce n’est pas la première fois que le musée fait l’objet d’une blague douteuse. Fred l’extraterrestre, un mannequin d’une valeur d’environ 3500 $, a été enlevé en 2004 à bord d’un camion brun. Il n’a jamais été retrouvé.

UFO Museum & Research Center de Roswell

UFO Museum & Research Center de Roswell

[ Mots-clefs : , ]

Valérian et Laureline au grand écran

Luc Besson est en train de filmer l’adaptation des aventures de Valérian et Laureline, agents spatio-temporels, créés par Pierre Christin et Jean-Claude Mézières. Avec une sortie prévue pour 2017, le film aura pour titre Valerian and the City of a Thousand Planets. Le rôle de Valérian sera tenu par Dane DeHaan et celui de Laureline par Cara Delevingne. Ça me donne envie de relire l’intégrale…

The City of a Thousand Planets

Le geek religieux

Que voilà une charmante idée! Je ne connaissais pas du tout cette chapelle que j’ai découverte au détour d’une séance de navigation. Située dans la commune de Saint-Jean-de-Boiseau en Loire-Atlantique, la chapelle de Bethléem a été restaurée dans les années 1990. Certains des pinacles devant être remplacés, le sculpteur Jean-Louis Boistel a hérité du projet. Certaines des chimères ornant les angles ont été scupltées à l’effigie de personnages de la culture populaire, c’est-à-dire les Gremlins, Alien et Goldorak. Trop chouette…

Gargouille 1
 
Gargouille 2
Lire la suite »

Out on Foot — Rocky Elmore

Out on Foot - Rocky ElmoreEn cherchant sur YouTube des podcasts et autres émissions sur les cryptides, j’ai trouvé une entrevue avec Rocky Elmore, un ex-agent de la patrouille frontalière américaine. Aujourd’hui retraité, il a publié en 2015 ses mémoires dans un livre intitulé Out on Foot, une expression faisant référence au code donné au central lorsqu’un agent quitte son véhicule pour investiguer à pied, une situation particulièrement risquée dans ce métier. A priori, ce n’est pas le genre de sujet qui m’intéresse, mais comme l’entrevue que j’ai écoutée portait sur des événements paranormaux dont Elmore ou ses collègues ont été témoins, je me suis procuré le bouquin par curiosité.

En fin de compte, la lecture est très édifiante. Avec un humour caustique, Elmore décrit les aspects surprenants d’un travail qui n’a rien d’ordinaire. Les agents frontaliers ne sont ni des policiers ni des militaires, bien que leur travail exige des compétences et un entraînement dignes de ces métiers. Les rondes sont toujours risquées, surtout celles qui sont faites de nuit. Il arrive que des agents doivent se déplacer seuls puisque le territoire à couvrir est vaste et les ressources, limitées. Les dangers ne manquent pas, allant des lions de montagne aux guides armés (ces gens, surnommés « coyotes », qui dirigent les immigrants illégaux à travers la frontière), en passant par les contrebandiers, les gangs et autres membres des cartels. Pire que ça, il y a peut-être les bureaucrates bien-pensants de Washington.

L’essentiel du livre est consacré aux méthodes employées pour capturer des gros groupes d’illégaux, ce qui donne lieu à des anecdotes parfois amusantes et parfois enrageantes. Elmore est clair sur le sujet, si les immigrants sont souvent des bonnes gens qui cherchent une meilleure vie, les coyotes font partie de la lie de l’humanité, n’hésitant pas à voler, terroriser ou abandonner leur charge. Les gens qui les suivent leur doivent une obéissance totale, ce qui explique comment les agents capturent de vastes groupes : il leur suffit de mettre la main au collet du coyote pour que le reste du troupeau les suive au poste.

Lire la suite »

[ Mots-clefs : , , ]

The X-Files — Saison 10

X-Files saison 10La série The X-Files a atteint son apogée pendant la deuxième moitié des années 1990. Histoire de situer la décennie pour ceux qui n’étaient pas encore nés, c’était l’époque des modems 14,4 kbit/s qui se connectaient après une éternité de bruit infernal, des téléphones portables dotés d’une antenne dodue, des écrans cathodiques de la taille d’une corbeille à papier, et des données sauvegardées sur des disquettes de 1,44 Mo. Quinze ans plus tard, la série reprend dans une Amérique post-11 septembre transformée. L’autoroute de l’information est devenue une bruyante mégapole étroitement surveillée par les gouvernements, où fleurissent canulars, théories du complot et révélations-chocs.

À cet égard, je dirais que la série s’est bien adaptée. La paranoïa de Mulder est devenue la norme dans une certaine partie de la société, et n’est plus l’apanage d’une poignée de marginaux comme c’était le cas à la fin du vingtième siècle. La méfiance à l’égard du pouvoir, qu’il soit public ou privé, se fait entendre de façon ouverte sur Internet, comme illustré par le personnage de Tad O’Malley, une sorte d’Alex Jones qui aurait pu travailler pour Fox News s’il n’était pas du genre à se méfier aussi des médias traditionnels.

Je m’attendais à une saison un peu plus longue, car six épisodes font un peu court, même si l’on ne cherche qu’à tâter le terrain. Mulder et Scully réintègrent le FBI sans anicroche, ce que je trouve un peu douteux vu leurs frasques passées, mais il fallait que l’histoire reprenne le fil le plus rapidement possible. Surprise! L’arc mythologique a été remanié à fond, abandonnant le pan de l’invasion extraterrestre prévue le 21 décembre 2012 et remplaçant cet événement par des étapes un peu fumeuses menant à une pandémie brouillonne. Chris Carter aurait plutôt dû sauter sur l’occasion pour retisser tous les fils qui pendaient à la fin de la neuvième saison. Ce n’est pas la première fois qu’il préfère recourir à une sorte de remise à zéro afin de se lancer dans une nouvelle direction. Le coup de la pandémie mondiale — vue uniquement aux États-Unis — fonctionne un peu mieux que ce qu’on avait entrevu dans la série Millennium, les moyens technologiques étant aujourd’hui à la hauteur. Sauf que du point de vue narratif, l’idée ne fonctionne pas. Qui pense sérieusement qu’effacer une partie de la population va régler les problèmes de la Terre? Et qui a envie de régner en maître sur un cimetière? Je donne néanmoins une bonne note sur l’emploi condensé des nombreux thèmes chers à l’ufologie et les théories du complot, allant de l’ununpentium 115 mentionné par Bob Lazar en 1989, aux chemtrails (ces traînées « suspectes » laissées par les avions de ligne), en passant par l’énergie libre alimentant des vaisseaux spatiaux construits sur Terre.

Lire la suite »

Un blogue, trois auteurs, une multitude d'univers à explorer.