Hotel Beau Séjour

Hotel Beau SéjourUne série présentée par Netflix, Hotel Beau Séjour nous vient tout droit des Flandres en Belgique. Elle ne s’inscrit donc pas dans le mouvement « Scandi noir » façon The Bridge ou The Killing, mais elle s’y apparente. En fait, on retrouve le même soin esthétique dans des productions anglo-saxonnes comme Wallander ou True Detective. Si vous avez déjà regardé l’une de ces séries, vous vous trouverez en terrain connu, quoique dans le cas d’Hotel Beau Séjour, l’histoire se distingue par son angle surnaturel.

Le pilote s’ouvre sur une scène bizarre où une adolescente, Kato Hoeven (incarnée par la superbe Lynn Van Royen), s’éveille dans la chambre d’un hôtel en construction. Sa découverte de son propre corps ensanglanté dans la baignoire la plonge dans un état de choc. Plus étrange, uniquement cinq personnes de son patelin peuvent la voir : son père alcoolique, sa demi-sœur, sa meilleure amie, le cousin schizo de son ex, et un policier véreux. Devenue une sorte de fantôme partiellement amnésique, Kato sait seulement qu’elle a assisté à une fête locale et qu’elle est repartie avec un inconnu. Avec l’aide de cette poignée d’individus pouvant interagir avec elle, la jeune fille tente d’élucider les circonstances de son meurtre.

La petite ville où Kato réside se trouve dans la campagne flamande près de la frontière hollandaise, au milieu des champs et des pâturages. La grisaille omniprésente aurait pu rendre le décor déprimant, mais elle l’enveloppe plutôt de brouillard littéral et de mystère. Elle souligne aussi le mal de vivre des habitants. La mort incompréhensible de Kato ravive des tensions entre trois familles, dont la sienne. Progressivement, au détour de révélations inattendues, elle met au jour les secrets, les mensonges et les manipulations mesquines de tous ces gens qu’elle croyait bien connaître. Ces visages familiers sont autant de masques cachant la honte, la jalousie et la colère. Et c’est sans parler des nombreuses histoires d’adultère, de délinquance et de trafic de drogue… bref, ce mal ordinaire que l’on attribue volontiers aux autres plutôt qu’à son entourage immédiat. En plus de ne pouvoir se fier à quiconque, elle ne peut communiquer avec sa mère pour la réconforter, ce qui donne lieu à des scènes de larmes difficiles.

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Le Fleuve des étoiles — Format poche

Le Fleuve des étoiles – Format pocheAvant d’oublier, je tiens à signaler que Le Fleuve des étoiles de Guy Gavriel Kay est sorti en format poche aux Éditions Alire. Il a fallu remanier un peu la couverture ayant servi au grand format pour l’adapter à la maquette et sa marquise caractéristique.

Aussi, il a fallu rendre l’illustration plus acceptable aux yeux des Chinois de la dynastie Tang en rapetissant le personnage féminin (ahem). Dans la version précédente, la poétesse se trouvait plus haut que le guerrier.

L’ouvrage est une brique de près de 700 pages pour ceux qui aiment la fantasy s’inspirant de l’Histoire.

Solaris 202

Solaris 202Le temps file! Voici que le numéro 202 de Solaris vient de paraître, encore une fois sous une couverture de Tomislav Tikulin (dans le style de Sybiline!). Vous y trouverez des nouvelles de Pascale Raud, d’Ariane Gélinas, d’Isabelle Lauzon, d’Élisabeth Vonarburg et de Jean-Marc Ligny. Côté chroniques, Jean-Pierre Laigle signe « La Décroissance physiologique dans la science-fiction: une jouvence désirable? », et Mario Tessier nous parle de la forme de notre planète avec « Les Figures de la Terre: plate, creuse, excentrique, etc. ». Toujours au menu, les critiques de films de Christian Sauvé et les critiques de livres récents.

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Fin de ronde — Stephen King

Fin de ronde – Stephen KingAvec Fin de ronde (End of Watch en version originale), Stephen Kind conclut sa trilogie des enquêtes de Bill Hodges et de son équipe de détectives en herbe. Cette série s’ouvrait avec le carnage de M. Mercedes suivi du travail acharné de Hodges, alors policier retraité aux tendances suicidaires, pour mettre la main au collet du fou furieux. Le maniaque en question, Brady Hartsfield, se retrouve dans le coma après une tentative d’attentat ratée, ce qui permet l’interlude des Carnet noirs (Finders Keepers), une enquête indépendante menée par Hodges et ses amis.

Dans Fin de ronde, Brady Hartsfield revient au premier plan. À l’insu du personnel de l’hôpital, le jeune homme fait l’objet d’expériences discrètes d’un neurologue ambitieux et peu scrupuleux. S’étant éveillé de son coma, Brady vit dans un état semi-végétatif sur le plan physique, mais très actif sur le plan conscient, ce qu’il cache à tout le monde. Il découvre vite qu’il a développé des pouvoirs psi, notamment une forme de télékinésie rudimentaire, mais aussi une sorte de contrôle mental de son entourage dans certaines circonstances. Cette partie de son cerveau qui fonctionne à plein régime se souvient très bien de son ennemi juré Bill Hodges. Son désir de vengeance occupe maintenant le centre de son existence et Brady commence discrètement à mettre ses pions en place en sautant dans l’esprit des gens comme un parasite.

À la fois complexe et caricatural, Brady Hartsfield est le méchant typique des romans de King, une sorte d’extraterrestre incapable de fonctionner normalement dans la société. Dans le fond, il est une incarnation du Mal avec un grand M dans un corps endommagé. Tout son être n’a qu’une obsession, celle d’infliger de la souffrance, que ce soit en fauchant des vies à bord d’un véhicule volé ou en insinuant des pensées suicidaires dans les esprits fragilisés. Et le voilà aujourd’hui maîtrisant des pouvoirs de persuasion décuplés, sans parler d’un accès à un jeu électronique addictif par lequel il joint un public sans méfiance…

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Prix Boréal/Aurora 2017: Il est temps d’envoyer vos nominations!

Prix Aurora-Boréal

Les Prix Boréal/Aurora 2017 visent à reconnaître ce qui s’est fait de mieux en imaginaire d’ici, et ils seront remis au Congrès Boréal, qui aura lieu à Québec du 5 au 7 mai prochain. Vous pouvez dès maintenant envoyer vos nominations pour les prix: http://congresboreal.ca/prix-boreal/

Jetez un coup d’oeil à la liste d’admissibilité pour vous rafraîchir la mémoire, puis complétez le bulletin de nomination. Vous avez jusqu’au lundi 10 avril pour envoyer vos nominations, alors ne tardez pas!

Pourquoi est-ce que vous devriez participer? Parce que les nominations sont généralement plus représentatives le plus il y a de participants, et que les règlements spécifient un seuil minimal de nominations sans lesquels les Prix ne sont pas remis. Vous n’avez lu que quelques nouvelles ou romans? Inscrivez ceux ou celles qui vous paraissent digne de plus d’attention. Vous n’avez pas à remplir chaque catégorie, vous n’avez même pas à remplir les trois items dans aucune catégorie: inscrivez ce qui vous parait méritoire, et vous aurez fait votre part.

Note importante inspirée des expériences des années dernières: Tout « vote » en réponse à ce billet ne sera pas pris en compte. Assurez-vous de bien utiliser le bulletin officiel.

Into the Badlands — Saison 1


 
J’avais vu la bande-annonce de cette série il y a plusieurs mois en me faisant la réflexion que l’effet général était des plus colorés. Je ne croyais pas si bien dire! Une grosse bande dessinée pour adolescents amateurs d’arts martiaux, Into the Badlands présente un monde dystopique inventif comme on n’en voit pas souvent à la télé.

Dans un avenir indéterminé, la civilisation américaine a fini par sombrer dans le chaos. Quelque part au sud, un système féodal est mis sur pied par des mercenaires pour ramener un semblant d’ordre, même s’il doit être implacable. Chacune des sept baronnies a une couleur, un totem, un uniforme et un type de production distinctifs (par exemple, la baronnie de l’impitoyable Quinn cultive le coquelicot pour faire de l’opium). Les barons ont leur propre armée de soldats entraînés aux arts martiaux. Oubliez les fusils et les munitions. Dans les Badlands, on se bat à l’épée, à la dague, aux shurikens, aux nunchakus — tout l’arsenal ninja y passe. Ce système de classes a aussi ses serfs, les « cogs », qui triment aux champs s’ils n’ont pas de talent pour autre chose.

Ce monde violent repose sur une paix fragile qui est sur le point d’éclater. L’une des baronnies est maintenant dirigée par la flamboyante Veuve qui a pour ambition de défaire Quinn et possiblement d’instaurer un système moins oppressif pour les femmes (ce qu’elle dit). C’est le seul personnage que vous verrez se battre en talons aiguilles et avec une tonne de fixatif dans les cheveux, mais elle casse la baraque en compagnie d’une petite escouade de jeunes tueuses surnommées les Papillons. Arrive dans le décor un adolescent en apparence ordinaire, M.K., qui cache une dangereuse noirceur. Celle-ci peut faire de lui un redoutable combattant si les circonstances s’y prêtent. À la recherche de sa mère, il se met sous la protection de Sunny, le régent de Quinn. Les deux fomentent un plan pour quitter le domaine et tenter leur chance dans les territoires inconnus. Mais les manigances politiques entre Quinn, la Veuve et les autres barons deviennent de plus en plus meurtrières et le temps presse.

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Prix Boréal/Aurora 2017 – Listes d’admissibilité

Prix Aurora-Boréal

Bonne nouvelle!

Le congrès Boréal arrive à grand pas, et avec lui l’occasion de décerner les Prix Boréal/Aurora pour récompenser ce qui s’est fait de mieux en littérature de l’imaginaire d’ici en 2016. C’est avec honneur que j’ai accepté à nouveau cette année d’en coordonner le déroulement. Ne sous-estimons pas l’importance du prix Boréal/Aurora: un regard aux listes des gagnants précédents vous révélera une excellent liste de lecture pour vous familiariser avec la SF&F d’ici.

Vous serez en mesure d’envoyer vos nominations d’ici quelques jours. En attendant, une des traditions du Prix Aurora-Boréal est de fournir des listes d’admissibilité aussi complètes que possible pour guider les nominations. Pour l’instant, vous trouverez les listes actuelles ci-bas.

Mais nous avons besoin d’aide. Vous remarquerez que ces listes sont incomplètes: Si l’essentiel des romans et nouvelles y sont, grâce aux informations fournies par Claude Janelle, René Gagnon et les Passeport pour l’imaginaire, il manque toujours des œuvres éligibles dans les autres catégories: Bande dessinées, poèmes, fanédition et blogues, autres ouvrages, contributions artistiques…

Je vous encourage donc à scruter les listes ci-dessous et nous faire part de toute erreur ou oubli. Laissez un commentaire à ce billet pour que je puisse effectuer le changement pour vous.

(Edit: Vous trouverez maintenant la liste sur le site du Congrès Boréal )

Biocentrism — Robert Lanza, MD

Biocentrism — Robert LanzaRobert Lanza est actuellement le directeur de l’Astellas Global Regenerative Medicine, le fonctionnaire scientifique principal de l’Astellas Institute for Regenerative Medicine et professeur auxiliaire à l’École de Médecine Wake Forest. Il a écrit Biocentrism avec l’aide de Bob Berman, un astronome réputé qui a été l’auteur d’articles pour Strange Universe et Discovery.

D’après Lanza, la physique pourrait bien avoir atteint les limites de sa capacité à expliquer l’univers : la physique quantique est toujours aussi difficile à saisir qu’elle l’était à ses débuts dans les années 30; la théorie des cordes, quant à elle, est indémontrable. Pire, des découvertes récentes ajoutent à la confusion : seulement 4 % de l’univers serait constitué de matière, le reste se répartissant entre de la matière sombre (24 %) et de l’énergie sombre (72 %), bien que personne ne comprend exactement ce qu’est cette dernière. De son côté, la théorie du Big Bang ne parvient pas à expliquer comment et pourquoi l’univers est si apte à favoriser la vie. En tenant compte de ces facteurs, l’auteur propose l’idée qu’on ne peut comprendre l’univers sans inclure la vie et la conscience dans l’équation, car elles ne peuvent pas être un sous-produit quelconque de milliers d’années de processus physiques inertes.

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Vault 7

Logo de WikileaksLe 4 février dernier, Wikileaks a commencé à poster des mystérieux tweets sous le hashtag #Vault7. Constitués d’une simple question accompagnée d’une image sans légende, ces messages ne sont pas typiques de cette organisation, qui tend à divulguer sur-le-champ les documents reçus dès qu’ils ont été traités. Les spéculations vont bon train sur la signification de cette campagne. Visiblement, il est grand temps de divulguer quelque chose, mais quoi?

J’hésite encore à traduire le mot « vault », car j’ignore à quoi il fait référence : une chambre forte, une voûte, une enceinte? Quoiqu’il en soit, le mystère est passionnant.

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The OA — Saison 1

The OA“Well, it’s not really a measure of mental health to be well-adjusted in a society that’s very sick.”

Après le succès de Stranger Things, Netflix récidive avec un autre drame à saveur SF/fantastique bourré de mystère et d’onirisme. The OA est le bébé de Zal Batmanglij et Brit Marling (The East), cette dernière tenant le rôle principal avec brio. En googlant un peu, vous tomberez vite sur des pages qui comparent les deux séries et font ressortir les points communs les plus évidents malgré leur atmosphère respective qui ne pourrait être plus différente l’une de l’autre.

Portée disparue depuis sept ans, Prairie Johnson réapparaît et se fait maintenant appeler « The OA ». Plus étrange encore, alors qu’elle était aveugle depuis l’enfance, elle a aujourd’hui recouvré la vue. Où elle se trouvait tout ce temps et pourquoi son dos arbore de vilaines cicatrices, nul ne le sait, car elle refuse de parler au FBI et ne donne aucune explication à ses parents adoptifs. Mais Prairie/OA est investie d’une mission. À raison de plusieurs séances secrètes, elle rassemble dans une maison vide cinq personnes paumées résidant dans son petit patelin. À ces inconnus suspendus à ses lèvres, elle raconte son incroyable aventure dans l’espoir que le groupe parvienne à sauver les gens avec qui elle a été retenue captive.

The OA n’est pas passé inaperçue. J’ai eu des échos par-ci par-là et lu rapidement quelques critiques : on aime ou on n’aime pas, il n’y a pas d’entre-deux. Tout dépend de l’humeur du spectateur, à savoir s’il se laisse prendre par le scénario ou non. Le traitement est très personnel, très différent; il s’agit plutôt d’un long film raconté par chapitres d’une heure. Le médium télévisuel est sorti de son moule habituel, le genre d’entreprise qu’un réseau comme Netflix peut permettre vu l’absence de pauses publicitaires. On pourrait reprocher au scénario un excès de théâtralité par moment, surtout chez l’actrice principale. Cela dit, ces scènes un peu plus baroques ou émotives ne détonnent pas dans une histoire qui touche à la fois au poétique et au mystique.

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Solaris 201

« SolarisLe numéro 201 de Solaris est paru sous une couverture spatiale de Tomislav Tikulin, tadaa! En primeur : Olivier Paquet a remporté le prix Joël-Champetier avec sa nouvelle « Graine de fer ». Également au numéro, des fictions d’Enola Deil, Josée Lepire, Frédéric Parrot, Jérôme Tousignant et Mathieu Croisetière. Vous retrouverez Les Carnets du Futurible de Mario Tessier avec pour thème, ce trimestre, la quête du jardin d’Éden. Par ailleurs, Marc Ross Gaudreault signe un article sur le discours littéraire et le discours scientifique. Enfin, vous retrouverez vos chroniques et vos critiques préférées avec les rubriques Sci-néma, Les Littéranautes et Lectures.

De quoi faire passer les dernières semaines d’hiver un peu plus vite.

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The Expanse — Saison 1

The ExpanseJe n’ai pas l’impression que cette série a été annoncée à grand renfort de tambours et trompettes comme c’est le cas pour d’autres. Ou peut-être que j’ai été trop distraite pour remarquer sa sortie. Basée sur les romans à succès de James S. A. Corey (le nom de plume de Daniel Abraham et Ty Franck), cette saga a été comparée par certains à une version space opera du Trône de fer, une exagération qui se fonde probablement sur le fait que les deux auteurs ont déjà travaillé avec George R. R. Martin dans le passé. Dans sa forme télévisée, The Expanse comporte un nombre tout à fait raisonnable de personnages et ceux-ci ont le bon goût de ne pas mourir à chaque épisode. Par contre, comme il y a cinq titres dans la version écrite, la comparaison s’applique peut-être plus sous cette forme, je ne sais pas.

Parenthèse, ici. J’ai réalisé avec un peu de retard que Ty Franck est le frère d’Antonia Dodge, une coauteure du site Personality Hacker dont j’écoute le podcast depuis des mois. Ou bien le monde est petit, ou tout est connecté.

Résumons. L’histoire se déroule deux siècles dans le futur. La planète Mars et la ceinture d’astéroïdes ont été colonisées. Au fil des ans, leurs habitants respectifs ont développé leurs propres particularités culturelles, sociales et économiques. Avec la Terre, qui est maintenant gouvernée par les Nations Unies, tout ce beau monde est à couteaux tirés. Martiens et Terriens se disputent les ressources de la ceinture, dont ils traitent les habitants comme des esclaves en les privant d’air ou d’eau comme moyen de pression. Du mécontentement des Ceinturiens naît l’Outer Planets Alliance (OPA), un groupe de revendication considéré par les autorités comme une organisation terroriste. Dans une atmosphère de guerre imminente, la disparition de Julie Mao, la fille d’un richissime homme d’affaires terrien, provoque une série d’événements dramatiques qui révèlent peu à peu l’existence d’un dangereux complot. Les ramifications se dessinent à travers trois trames parallèles. Sur Cérès où la jeune femme a été vue pour la dernière fois, le détective Joe Miller mène l’enquête. Pendant ce temps, le Canterbury, un remorque-glace en route vers Cérès, est détruit par un assaillant inconnu, et les quelques survivants se retrouvent dans la mire des autorités. Sur Terre, une dignitaire roublarde de l’ONU croit d’abord que l’OPA s’est alliée à Mars avant de se rendre compte qu’un nouveau joueur est apparu sur l’échiquier.

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Jonathan Strange & Mr. Norrell

Jonathan Strange & Mr. NorrellIl y a déjà plusieurs années de ça, j’ai commencé la lecture du roman primé de Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr. Norrell, qui abordait l’un de mes sujets préférés, celui de la magie. Contre toute attente, malgré une histoire prometteuse et des critiques élogieuses, j’ai largué le bouquin après quelques chapitres. Trop long, trop lourd, le récit ne parvenait pas à capter mon attention, ce qui est étonnant vu les nombreux assommoirs dont j’étais pourtant venue à bout auparavant. Puis récemment, en écoutant un podcast, j’ai appris que le roman avait été adapté pour la télé. Je me souviens encore de la commentatrice qui louait le traitement visuel et le jeu des comédiens. Ça a suffi pour m’intéresser et je me suis alors procuré la première saison sur iTunes. J’ignore si des saisons supplémentaires sont prévues puisque les sept épisodes d’une heure couvrent la totalité du roman de Clarke. La romancière a par ailleurs coécrit le scénario avec Peter Harness.

Pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire, celle-ci se déroule en Angleterre pendant les guerres napoléoniennes à la fin des années 1700. L’unique magicien pratiquant du pays, Gilbert Norrell propose ses services au gouvernement britannique, qui accepte volontiers lorsqu’il ressuscite miraculeusement une demoiselle morte de tuberculose. Ce que tous ignorent, c’est que Norrell a réussi cet exploit en invoquant un représentant du monde des fées (le Gentilhomme) qui ne cessera de compliquer la vie de chacun par la suite. De son côté, Jonathan Strange décide de devenir magicien à son tour à la demande de son épouse, Arabella, qui souhaite voir le jeune homme désœuvré s’adonner à une occupation. Strange se rend à Londres pour étudier la magie auprès de Norrell. Les deux hommes deviendront vite amis, puis ennemis au gré des circonstances et des manigances de leur entourage. Norrell est extrêmement rigide et veut par-dessus tout donner à la magie un air de respectabilité. Strange, quant à lui, est fortement tenté par la magie naturelle, celle du Roi Corbeau (l’alias de John Uskglass) qui a mystérieusement disparu après avoir fait régner la magie pendant des années sur l’Angleterre.

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La saison des lumières

Noël 2016Tout est en place : les cadeaux emballés, les sapins scintillants, les lumières dans le noir… Nous avons même droit à un tapis blanc cette année, alors profitons-en. (Mais attention de ne pas glisser!)

Fractale framboise vous offre ses meilleurs vœux d’hiver. Que vos Fêtes resplendissent une fois de plus et que la nouvelle année vous apporte inspiration et illumination, des lectures passionnantes et des découvertes inattendues.

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Gaia TV

Gaia TV
Il y a quelques semaines, je me suis abonnée à Gaia TV par curiosité. Une entreprise spécialisée dans les produits de bien-être à l’origine (son logo et ses présentoirs GAIAM — la contraction de « Gaia » et « I Am » — sont bien visibles dans divers commerces), elle a pour public cible des consommateurs achetant des produits répondant à leurs valeurs personnelles. Gaia a pris beaucoup d’expansion depuis, lançant en 2011 Gaia TV, un service très semblable à Netflix, mais axé sur le bien-être et la croissance personnelle. On parle d’un éventail de milliers de vidéos sur le yoga, la santé, la nutrition, la spiritualité, sans parler de tous les documentaires et les entrevues avec des noms éminents dans ces domaines.

Ce qui rend la chaîne Gaia intéressante est la tangente ésotérique qu’elle a prise. Les sujets abordés touchent aussi maintenant l’histoire et la science dites « alternatives », les diverses théories du complot et les sujets paranormaux. Évidemment, il est entendu que le public visé n’est pas celui qui adhère fortement à la vue matérialiste du monde. On retrouvera donc des entrevues sur toutes sortes de sujets menées par des animateurs comme George Noory (Beyond Belief), Regina Meredith (Open Minds) et, plus récemment, Sean Stone (Buzzsaw). Par toutes sortes de sujets, je veux dire la réincarnation, le nouvel ordre mondial, les changements climatiques, l’Atlantide, les armes psychotroniques, les manuscrits de la mer Morte, le système financier magique et j’en passe. Plus intéressant encore est tout le pan réservé au programme spatial secret via des émissions comme Wisdom Teachings, Cosmic Disclosure et Deep Space, où l’on nous explique que les agences spatiales comme la NASA ne sont que des couvertures servant à engouffrer des quantités phénoménales d’argent, qui sont ensuite investies dans l’exploration et l’exploitation du système solaire par le complexe militaro-industriel à l’insu du reste de la planète. Changement de paradigme garanti!

Tout ceci est en anglais, évidemment, y compris les sous-titres. Ce serait bien si des entreprises francophones se lançaient dans ce genre de projet pour permettre à un plus grand pan de la population d’accéder à autre chose que les informations et les émissions ordinaires et prémâchées. En tout cas, les gens bilingues qui pensent avoir épuisé leurs sources de connaissances occultes ont intérêt à jeter un coup d’œil à cette chaîne dont les tarifs sont par ailleurs très raisonnables.

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