Solo

SoloÀ l’origine, je n’avais pas l’intention d’aller voir Solo ni même de poursuivre la saga Star Wars, en grande partie à cause de l’épisode VII de 2015, The Force Awakens. Le reboot de la franchise était divertissant avec ses nouveaux personnages (Rey, Finn, Poe, etc.), mais comme son scénario suivait de tellement près ce qui avait été fait dans le passé, je ne comprenais pas l’utilité de l’entreprise. Pour cette raison, je n’ai pas encore visionné Rogue One ni The Last Jedi.

Solo au cinéma, c’était plus pour me changer les idées, même si j’aurais préféré quelque chose dans l’esprit d’Annihilation ou The Arrival.

En fin de compte, le film s’est avéré meilleur que ce que j’avais anticipé. D’accord, cette aventure s’adresse toujours aux enfants (petits et grands) avec un traitement volontairement naïf de l’exploration spatiale. Les vaisseaux font beaucoup de bruit et s’apparentent plus à de vieilles guimbardes qui auraient vu les troisième et quatrième Guerres mondiales, disons. Le cockpit du Faucon Millenium contient un nombre suspect de manettes et de boutons, ce qui laisse à penser que la technologie n’a pas beaucoup évolué malgré la découverte de l’antigravité. Les planètes, elles, sont carrément décrites comme des villes et villages. Entendre dire que l’Aube écarlate a mutilé tous les gens de Savareen fait sourire : il faut croire que ce caillou n’est pas très peuplé. Et ce n’est pas clair comment la grosse créature lovecraftienne qui flotte aux alentours de Kessel se nourrit. Les quelques vaisseaux qu’elle parvient à gober à l’occasion ne risquent pas d’être très rassasiants.

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Production 2018 — Vents d’Ouest

Tout frais sorti (ou tout chaud, c’est selon le point de vue) chez Vents d’Ouest, Le jour de la démouille de Claude Bolduc est un roman de science-fiction humoristique pour adolescents.

Résumé
Ah! vous croyez que les bouleversements climatiques ne sont que broutilles? Parlez-en aux gens de Ridès!

Ridès est un monde de roc et de poussière où la vie est rude et les soleils, dangereux. Pourtant, un phénomène effrayant se déchaîne parfois dans cet univers de sécheresse: la démouille. La démouille projette avec fureur dans l’espace non seulement les précieuses réserves d’eau cachées au cœur de la planète, mais aussi les imprudents qui n’ont pas su se mettre à l’abri. Et le pire, c’est que les prophéties sont formelles: un jour viendra une démouille tellement sauvage et brutale qu’elle fera voler en éclats la planète tout entière. Ce sera l’Ultime Démouille.

Ce jour est proche, mais personne, au sein de la cour de Richard Cœur d’Artichaut – que l’on dit tendre sous son caractère épineux –, ne sait plus à quel point, surtout pas Izé-Lida, le misérable cancrelat dont c’était justement la mission de garder le compte des démouilles. Comment, alors, le roi pourrait-il sauver son peuple de l’anéantissement? Par la pointe de sa barbe royale, il doit bien exister un moyen!

L’illustration que j’ai faite pour la couverture sort un peu de l’ordinaire puisqu’il ne m’arrive que très rarement d’avoir à dessiner des reptiles. Ne vous laissez pas berner par l’attitude ahurie de cet hurluberlu écaillu, cela dit, il joue un rôle crucial dans la destinée d’un monde. Je vous laisse découvrir la suite.

Le jour de la démouille

Pause soleil

Mouette

Les prochaines semaines, mes billets seront moins réguliers maintenant que je peux aller jouer dehors — au besoin, en me faufilant entre les gouttes de pluie et les bourrasques de vent! Je vais tenter l’expérience de passer un peu moins de temps devant mon écran. Souhaitez-moi bonne chance!

Au fait, si vous habitez près de Montréal, allez voir la superbe exposition sur les reines d’Égypte au musée Pointe-à-Callière (en cours jusque novembre) et explorez la nouvelle section interactive de leur collection permanente.

HEX — Thomas Olde Heuvelt

HEXC’est toujours plaisant de découvrir de nouveaux auteurs, surtout lorsqu’ils savent rafraîchir des thèmes classiques. Heuvelt a écrit plusieurs romans, mais je crois que HEX est le seul à avoir été traduit en anglais jusqu’ici (j’imagine qu’il y aura aussi une version française un jour). L’original néerlandais se déroulait en Europe; dans l’adaptation américaine, on a jugé utile de transposer l’action dans la vallée de l’Hudson aux États-Unis.

Nous nous retrouvons à Black Springs, une petite communauté soudée par un mauvais sort. Une sorcière du 17e siècle hante les lieux et se déplace comme bon lui semble dans les limites du patelin et dans les bois avoisinants. Elle peut se promener dans la rue ou passer la nuit dans le salon d’une malheureuse famille. Chacun s’est plus ou moins fait à l’idée de cohabiter avec une horreur muette, et la vie se déroule presque normalement. Par contre, il y a des règles à respecter. La première est de ne jamais retirer les sutures qui ferment les paupières et les lèvres de la sorcière sous peine de catastrophe à grande échelle. Ensuite, il est interdit de rendre publique l’existence de celle-ci, de crainte que des curieux bien intentionnés tentent d’ouvrir les yeux de l’entité. Enfin, une fois que l’on a emménagé en ville, ou si l’on y est né, il est impossible d’en sortir.

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Into the Badlands — Saison 2

Badlands – Saison 2Lors de sa première saison, Into the Badlands nous a présenté un univers post-apocalyptique où les fusils ont fait place à la maîtrise du kung-fu et des armes blanches. Une zone en particulier avait été organisée en sept baronnies, chacune faisant commerce d’une ressource particulière. L’autorité de deux barons était remise en question : celle de Quinn, violent et instable, et celle de sa rivale Minerva (dite « La Veuve »), qui œuvre à briser le système existant pour empêcher l’exploitation des paysans.

De nombreux jeux politiques plus tard, les Badlands ont de nouveau sombré dans le chaos après la mort présumée de Quinn et la prise en main de sa baronnie par son fils Ryder. À l’insu de tous, Quinn a survécu et a mis sur pied une petite armée de combattants pour s’emparer des baronnies. La Veuve, quant à elle, est en guerre contre les barons restants dont elle accueille les esclaves en cavale. Sa position précaire l’oblige à prendre des décisions de plus en plus douteuses, qui poussent les membres de son entourage, dont sa fille et régente Tilda, à revoir leur allégeance.

Le héros de l’histoire, Sunny, ex-régent de Quinn et assassin légendaire, se retrouve prisonnier dans des mines où il fait la connaissance de Bajie, à la fois le comic relief du jour et son nouveau sidekick. Les deux hommes ne tardent pas à s’échapper et à mettre le cap vers les Badlands, car Sunny veut rejoindre sa famille. Ceci sert de prétexte pour donner aux spectateurs un aperçu de l’extérieur des Badlands, qui s’avère être un univers déchu à la Mad Max, mais avec plus de verdure. La misère règne au milieu des ruines d’une civilisation disparue (la nôtre, en fait), dont on réutilise les débris comme on peut. Même les despotes locaux vivent dans la fange, ce qui explique mieux l’existence des baronnies, car elles permettent à leurs dirigeants de maintenir un certain confort. Il est assez ironique de voir Sunny traverser ces dangereux territoires avec l’intention de ne tuer personne; il s’agit d’un vœu pieux, bien sûr, d’une façon de se convaincre qu’il mènera un jour une vie normale et non celle d’un assassin.

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Solaris 206

Solaris 206Solaris 206 vient de paraître! Le numéro contient des fictions de Martine Bourque, Dave Côté, Christian Léourier, Josée Lepire et Karine Raymond. La chronique Les Carnets du Futurible de Mario Tessier vous propose « L’Archéologie spatiale, ou la recherche des technofossiles ».

Comme d’habitude, vous trouverez les critiques littéraires des dernières parutions en SFF et SFFQ.

Illustrations : Tomislav Tikulin, Marc Pageau, Bernard Duchesne, Suzanne Morel.

Bonne lecture!

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Aleister & Adolf — Douglas Rushkoff

Aleister & AdolfCela faisait un petit bout de temps que je n’avais pas lu de BD. Le sujet de celle-ci a attiré mon attention lorsque j’ai entendu Douglas Rushkoff, son auteur, en entrevue. Rushkoff se spécialise d’habitude dans les thèmes sociaux, comme l’influence des grandes compagnies ou de l’Internet sur la vie des gens — pardon, des consommateurs. Ici, il prend un détour historique et politique pour illustrer le même genre d’argument.

Dans les années 90, un jeune designer graphique pour une grosse boîte écoute le témoignage de son fondateur, Roberts (qui se meurt du cancer), sur les origines du logo de l’entreprise. Le vieil homme lui raconte une histoire troublante et extraordinaire sur le rôle qu’il a joué lors de la Deuxième Guerre mondiale, alors qu’il était photographe pour l’armée américaine. Le général Patton lui a donné pour mission de recruter le sulfureux mage Aleister Crowley dans une guerre de propagande contre Adolf Hitler. À Londres, le jeune Roberts ne tarde pas à tomber sous la coupe du Maître et sous les charmes de Daphné, sa Femme écarlate. Il est vite initié à certaines pratiques magiques, ce qui le convainc d’abandonner son athéisme militant.

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The Magicians — Saison 3

The Magicians – Season 3La charmante et très milléniale adaptation de la trilogie The Magicians de Lev Grossman se poursuit avec une troisième saison. Parce que Quentin Coldwater et ses amis ont dû tuer un dieu afin de sauver Fillory de la destruction, la magie a été coupée par d’autres divinités en guise de représailles. Aucun humain n’y a accès, sauf Julia Wicker qui a reçu les pouvoirs du trickster Reynard. Les créatures, elles, ne sont pas affectées puisqu’elles sont l’incarnation de la magie; ceci pose un grave problème au royaume de Fillory, maintenant assiégé par les fées, au grand dam des principaux souverains, Eliot et Margo.

Une nouvelle quête s’offre aux héros : trouver les sept clés d’un conte pour ouvrir la porte située à l’extrémité du monde et restaurer la magie. Puisque les clés détiennent des pouvoirs différents, comme manifester une illusion ou créer un portail, le récit prend des tournures absolument inattendues. Les sept ou huit membres du groupe ont l’occasion de vivre chacun leurs propres aventures selon l’effet des clés auquel ils sont exposés. Existant sous forme astrale, Penny peut être perçu par ses amis au moyen de la clé de la Vérité. Quentin, lui, subit l’effet de la clé de l’Abysse qui matérialise son côté sombre et dépressif. La clé de l’Unité, elle, force le groupe à s’unir dans un nouveau numéro musical — un hommage à David Bowie — pour convaincre un ami exclu de se joindre à eux. Ce ne sont qu’une poignée d’exemples.

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The X-Files — Saison 11

The X-Files – Saison 11The X-Files s’est poursuivie avec de nouveaux épisodes après son retour un peu mitigé en 2016. Il reste à voir si l’aventure va continuer longtemps maintenant que Gillian Anderson a annoncé qu’elle quittait la série. La 11e saison a été un peu à l’image de la 10e avec une poignée de bons épisodes indépendants et un arc mythologique plutôt raté.

Affublé du titre malheureux « My Struggle », l’arc en question s’avère une déception sur plusieurs niveaux. Autant j’aimais bien l’Homme à la cigarette, l’ennemi juré de Mulder dans les belles années de la série, autant sa résurrection inexpliquée passe mal puisqu’il s’était pris un missile dans la trombine en 2002. Et encore, il faisait pitié après son retour des morts, tout brûlé et trachéotomisé. Mais il se porte à ravir en 2018, un grand merci à Scully qui avait en fait halluciné son état lors d’une sorte de syncope induite par son lien télépathique avec son fils hybride William. Vous avez bien lu. Le plus frustrant, c’est que la 11e saison avait suggéré une idée en or qui aurait dû constituer l’arc mythologique revampé, celui d’une Cabale Alt à saveur internationale menée par Barbara Hershey et d’un programme spatial secret. Avec à leurs ordres Purlieu, une entreprise militaire russe (lire : des mercenaires), tout ceci aurait admirablement cadré dans l’air du temps.

Chris Carter et les scénaristes ont plutôt opté pour le thème d’une pandémie, un concept foireux dont ils avaient déjà fait mauvais usage dans la série Millennium. Sitôt revenu d’entre les morts, l’Homme à la cigarette se met en tête d’éradiquer la population mondiale à l’aide d’un virus extraterrestre. La manière dont il compte s’y prendre, lui qui n’a plus accès à ses immenses ressources, ne nous est jamais expliquée. On se contente de nous assurer qu’il a besoin du fils hybride de Scully pour arriver à ses fins. Mulder et Scully tentent donc de sauver William, le MacGuffin de la saison, qui a commencé à utiliser ses pouvoirs comme le ferait n’importe quel ado, c’est-à-dire mal, au point de s’attirer l’attention de dangereux individus. Rien ne fonctionne dans l’histoire, car il a trop d’éléments gratuits. Je pourrais décortiquer l’arc « My Struggle », en sortir toutes les incohérences et envoyer une lettre de plainte à 1013 Productions, mais à quoi bon?

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American Gods — Saison 1

American Gods 1American Gods de Neil Gaiman est probablement l’un de mes romans préférés même si je ne l’ai lu qu’une seule fois, et il y a des années de cela. La nouvelle de son adaptation a été, sans surprise, à la fois une bonne chose et une source d’inquiétude : allait-on respecter l’humeur du roman ou allait-on simplifier celui-ci à outrance? En fin de compte, comme il s’agit d’une série télévisée et non d’un film, le scénario peut s’étendre et prendre le temps de présenter les détails importants qui donnent du relief aux rapports entre les personnages. L’essentiel a été conservé et les quelques modifications observées s’adaptaient à l’humeur du temps.

Dans les grandes lignes, le récit reste le même. Shadow (Ricky Whittle) sort de prison et n’a plus d’avenir devant lui : Laura (Emily Browning), sa femme infidèle, est morte dans un accident de voiture en compagnie de son meilleur ami qui lui promettait un emploi. En route vers son patelin pour assister aux funérailles, Shadow fait la rencontre du mystérieux Wednesday (Ian McShane) qui l’embauche comme homme de main. Très vite, ce boulot tombé du ciel s’avère truffé de dangers et de mystères. Au cours d’un road-trip à travers les États-Unis, Wednesday recrute des gens excentriques pour un projet secret pendant que des individus puissants tentent de lui mettre des bâtons dans les roues. Shadow évolue au milieu d’une guerre qui se dessine entre les dieux anciens venus en Amérique avec les immigrants, et les nouveaux dieux nés de la modernisation effrénée du pays.

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Annihilation (2018)

AnnihilationJ’ai été surprise d’apprendre que parmi l’ensemble la production de SF qui se publie, l’on a choisi d’adapter la trilogie du Rempart sud de Jeff VanderMeer. Celle-ci ne se lit pas du tout comme un scénario à grand budget, ce qui est pourtant un mal répandu dans le milieu de l’édition.

En fin de compte, l’adaptation d’Alex Garland condense les trois romans en ne conservant que l’essentiel de l’histoire. Vous avez sans doute remarqué que les scénarios hollywoodiens se divisent en trois actes, c’est-à-dire la mise en place, la confrontation et la résolution. Ici, ce sont les principaux décors des bouquins qui marquent ces temps : le monde extérieur (y compris le Rempart sud), la Zone X et le phare. Ou bien est-ce mon imagination?

L’envahisseur de l’espace nous arrive avec un gros boum, via une météorite qui frappe un phare et marque le point zéro de son expansion. Avec un périmètre iridescent qui recule inexorablement, la Zone X transforme la faune et la flore sur son passage. Plusieurs expéditions ont été envoyées dans ce secteur gardé par l’armée, mais un seul individu, Kane (Oscar Isaac) en est revenu. Et encore, il est dans un tel état que sa femme Lena (Nathalie Portman) décide de se joindre à l’expédition suivante dans l’espoir de trouver des réponses. La nouvelle équipe est constituée de cinq femmes, chacune ayant des connaissances scientifiques dans un domaine quelconque. De multiples dangers s’ensuivent jusqu’à ce que la petite troupe se fasse une meilleure idée de la nature de l’entité conquérante.

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Les Enfants de la nébuleuse sur le Web

L'été de l'aigleL’auteure Ann Lamontagne, pour qui j’ai illustré deux couvertures chez Vents d’Ouest, a maintenant un site Web où vous pouvez accéder à son œuvre « Les Enfants de la nébuleuse ». En fait, vous pouvez télécharger les cinq tomes gratuitement, avis aux lecteurs adolescents!

Vous aurez donc les titres suivants en format PDF :

Le château de Céans
La montagne aux illusions
L’été de l’aigle
La traversée des ténèbres
L’année du jubilé

Bonne lecture!

Altered Carbon

Altered Carbon
Netflix doit nager dans l’or, car ses productions gagnent en qualité et en somptuosité. Sa dernière série de science-fiction, Altered Carbon, nous présente une histoire inhabituellement compétente dans le genre cyberpunk sous forme de 10 épisodes d’une heure. Le concept se base sur le roman éponyme de Richard Morgan (Carbone modifié, en français); comme celui-ci s’inscrit dans une trilogie (avec Broken Angels et Woken Furies), nous aurons peut-être encore droit à deux saisons de plus. Je le souhaite, en tout cas!

Si je me fie au résumé du roman sur Wikipédia, la série a pris quelques libertés avec les antécédents des personnages, mais conserve néanmoins l’essence du premier roman. Dans un futur indéterminé, la découverte d’une technologie extraterrestre permet à l’humanité de faire le grand saut vers le transhumanisme. La conscience est maintenant téléchargée dans un disque greffé sur la nuque dès l’enfance. À la mort d’une personne, son disque peut être fixé sur un nouveau corps humain appelé « enveloppe ». En théorie, le processus pourrait être répété indéfiniment, assurant l’immortalité à tous. Cependant, un trop grand nombre de transferts dans une nouvelle apparence provoque à la longue une forme de psychose. Il y a deux exceptions : les individus ayant reçu un entraînement mental spécial pour devenir aptes à évoluer dans tout corps et tout environnement; et les très riches, qui peuvent se payer des clones et des copies de sauvegarde de leur conscience. Il en résulte une société régie par une classe d’immortels, les Math (pour Mathusalem), et hautement militarisée.

À noter, les catholiques font bande à part. Persuadés que l’âme ne peut aller au Paradis tant que la conscience est enveloppée, ils refusent que leur disque soit greffé à nouveau à leur mort. Ils deviennent ainsi une proie facile pour les meurtriers, car leur religion interdit que leur disque soit réactivé pour permettre à une victime d’être interrogée.

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Twin Peaks (1990-1991)

Twin Peaks

J’avais vu la première saison de cette étrange série à l’époque des vidéocassettes et des magnétoscopes. J’y suis revenue récemment (via iTunes) pour voir la deuxième saison que j’avais ratée et pour me rafraîchir la mémoire sur l’ensemble. Ce qui m’intéresse ultimement est de regarder le reboot qui se déroule 25 ans plus tard, comme l’avait prédit l’avatar d’un des personnages.

La plupart des gens connaissent maintenant les prémices. Twin Peaks est un petit patelin de l’État de Washington situé à deux pas de la frontière canadienne. L’économie locale repose sur les activités d’une scierie, de l’hôtel The Great Northern et de petits commerces, en parallèle avec des affaires illicites, dont le trafic de drogues transfrontalier. La ville se trouve à proximité d’une forêt (spécifiquement une étendue appelée Ghostwood) caractéristique de la côte ouest. Un jour, le cadavre de Laura Palmer, une collégienne populaire, est retrouvé enveloppé dans du plastique. Le FBI dépêche alors l’agent spécial Dale Cooper pour résoudre ce crime qui secoue la communauté, car un meurtre semblable avait été commis dans la région un an plus tôt, ce qui laisse à penser qu’un tueur en série est à l’œuvre.

Le succès de la série de David Lynch et Mark Frost repose en partie sur une galerie de protagonistes hauts en couleur qui sont mêlés à toutes sortes d’intrigues et de secrets parfois inavouables. Nous avons un manchot aux personnalités multiples, une dame qui ne se sépare jamais de sa bûche, un psy amateur de culture hawaïenne, un major de la US Air Force ayant participé au projet Blue Book, plusieurs bandits au degré d’aptitude variable, des beautés fatales à la vie amoureuse compliquée… Twin Peaks n’a rien d’ordinaire! Et l’agent Cooper, qui se retrouve au milieu de cette faune, n’est pas fade non plus, notamment avec son habitude de raconter son quotidien à un magnétophone portatif.

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Acceptance — Jeff VanderMeer

AccpetanceDernier volet de la trilogie du Rempart sud, Acceptance est le roman le plus difficile à suivre, peut-être parce que l’auteur essaie de résoudre plusieurs intrigues qui touchent une galerie de personnages variée. Le résultat est ambigu, voire frustrant, pour les lecteurs qui aiment les explications claires et les conclusions nettes. Ceux qui ont des attentes plus souples, par contre, pourront se laisser habiter par l’écriture opulente de VanderMeer et les divers tableaux physiques et psychologiques qu’il brosse avec subtilité.

La Zone X a fini par avaler le Rempart sud et ses employés. Il n’est pas précisé si la progression de l’anomalie a aussi englouti le reste de la Terre, d’autant plus qu’il se produit des distorsions spatio-temporelles surprenantes, mais je crois que c’est sous-entendu. Au moins, on comprend maintenant sans équivoque qu’elle est d’origine extraterrestre ou interdimensionnelle, à la manière de « La Couleur tombée du ciel » de H. P. Lovecraft, mais avec des résultats inverses. Quelles que soient sa nature et ses véritables intentions, l’intelligence procède en assimilant les êtres vivants, la seule méthode de communication qu’elle connaisse : elle en crée une copie parfaite et adaptée à la Zone X et transforme l’original en quelque chose de fondamentalement différent. De ce processus naît un environnement luxuriant et pur, ce qui est sans doute un mal pour un bien vu l’état normal de la planète.

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